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Titre original de l’ouvrage:
Die Herausforderung
der christlichen Theologie und mehr…

Auteur:
Missionnaire Ewald Frank, Krefeld (Allemagne)

Copyright © by Freie Volksmission e.V., Krefeld (Allemagne)
ISBN 3-920824-0 1-6

Traduit de l’allemand. Tout droit de reproduction, même partiel, est réservé.

 

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Table des matières

AVANT-PROPOS ET PROPRES REFLEXIONS. 4

INTRODUCTION.. 6

Chapitre 1. 8

MISE A L’EPREUVE — RECHERCHES SPIRITUELLES ACTUELLES. 8

Chapitre 2. 13

LE CHRISTIANISME PRIMITIF ET LES EPOQUES CONSECUTIVES. 13

Chapitre 3. 17

TRAGIQUE CHANGEMENT DE VOIE — COMMENCEMENT DES CALAMITES. 17

Chapitre 4. 21

LES PRETENTIONS INFONDEES DES PAPES. 21

Chapitre 5. 25

QUI EST MARIE?. 25

Chapitre 6. 28

QU’EST-CE QUE “LE CULTE A MARIE”?. 28

Chapitre 7. 33

LA REFORMATION — UN NOUVEAU COMMENCEMENT. 33

Chapitre 8. 36

LA DIVINITE. 36

Chapitre 9. 39

LE TEMOIGNAGE DE DIEU LUI-MEME. 39

Chapitre 10. 42

LE CORPS SPIRITUEL DE DIEU.. 42

Chapitre 11. 44

LA GLOIRE DU SEIGNEUR. 44

Chapitre 12. 46

ISSUS DE DIEU.. 46

Chapitre 13. 50

LE NOM DU SEIGNEUR. 50

Chapitre 14. 53

COMPARAISONS UTILES. 53

Chapitre 15. 55

JESUS EST LE SEIGNEUR. 55

Chapitre 16. 58

CELUI QUI CONFESSERA JESUS….. 58

VRAIE OU FAUSSE CONFESSION?. 58

Chapitre 17. 61

L’HOMME JESUS, LE CHRIST. 61

Chapitre 18. 65

LE BAPTEME. 65

Chapitre 19. 70

LE SOUPER DU SEIGNEUR. 70

Chapitre 20. 74

LA CHUTE. 74

Chapitre 21. 79

JUSTIFICATION.. 79

Chapitre 22. 82

RENOUVELLEMENT ET NOUVELLE NAISSANCE. 82

Chapitre 23. 86

LA SANCTIFICATION.. 86

Chapitre 24. 89

LE BAPTEME DE L’ESPRIT. 89

Chapitre 25. 94

ELECTION — PREDESTINATION.. 94

Chapitre 26. 99

Chapitre 27. 104

L’EMPIRE ROMAIN ET SON IMPORTANCE PARTICULIERE AU TEMPS DE LA FIN.. 104

Chapitre 28. 116

CONCLUSIONS ET REFLEXIONS SUR LE CHIFFRE MYSTERIEUX DE 666. 116

POSTFACE. 122

Sources de références: 123

 

 


 


 

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Si Ta Parole ne devait plus avoir cours,
Sur quoi donc devrait reposer ma foi?
Des millions d’univers pour moi ne sont rien,
Sinon que de pratiquer Ta Parole.
(Comte de Zinzendorf)

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AVANT-PROPOS
ET PROPRES REFLEXIONS

 

C’est en raison du mouvement qui se dessine clairement en Europe et qui implique le rassemblement d’une constellation religieuse et politique d’importance mondiale, que je me sens poussé à écrire cet exposé. Je suis persuadé que, juste maintenant, le thème que je veux traiter est des plus actuels. Il ne pourrait probablement pas être apporté aux hommes quelque chose de plus opportun que cela. Il a fallu aborder ouvertement des thèmes critiques et présenter des faits historiques pour pouvoir aller au fond des choses. Le développement du christianisme doit être une nouvelle fois éclairé depuis son commencement.

Je vois que le moment est venu maintenant de faire paraître la Vérité au grand jour. Je me suis efforcé d’écrire d’une manière simple et compréhensible pour tous, n’utilisant volontairement aucun vocabulaire théologique ou philosophique spécialisé.

Comme ce livre sera publié en plusieurs langues et en divers pays, je tiens à faire la remarque suivante: c’est que j’ai de la considération pour toute religion à laquelle les gens adhèrent et envers toute idéologie particulière qu’ils ont à l’égard du monde, même si personnellement j’ai une autre conviction à ce sujet. C’est ce que j’ai sans cesse pratiqué lors de mes voyages missionnaires qui m’ont conduit dans plus de 100 pays. Prendre garde à la dignité de tout être humain devrait aller de soi, même lorsque la foi d’autrui et sa manière d’agir nous paraissent étranges et singulières. Par conséquent, si pour plus de 800 millions d’Hindous la vache est sacrée, je dois pouvoir l’accepter. Si, le matin, les Hindous strictement religieux s’enduisent le front de la cendre de bouses sacrées de vaches, je ne puis les empêcher de le faire. Quand la religion des Sikhs demande à chacun d’enlever ses souliers et de prendre un bain de pieds avant d’entrer dans le Temple d’Or d’Amritsar, c’est ce que chacun doit faire alors, s’il veut visiter ce lieu. Dans les sanctuaires musulmans comme dans les temples d’autres religions, je dois toujours me comporter selon les coutumes en vigueur en ces lieux.

C’est ainsi que j’ai presque toujours trouvé des portes ouvertes et que j’ai parlé dans des congrès et des conférences de croyants inter-confessionnels du monde entier. J’ai parlé comme hôte d’honneur dans les communautés les plus diverses à l’occasion de leurs conventions. Dans l’église catholique romaine d’Afrique du Sud, dans laquelle j’ai prêché, je me suis également soumis au déroulement traditionnel du service divin. Je respecte littéralement chaque idéologie que peut avoir quelqu’un, je reconnais à chacun le droit de décider par soi-même ce qu’il veut croire et ce qu’il veut faire.

A plusieurs reprises, dans la Basilique St-Pierre, j’ai vu comment des personnes de tous pays baisaient les pieds de la statue de Pierre. J’ai vu là-bas, comme du reste ailleurs, bien d’autres choses encore. A ces occasions-là j’ai souvent ressenti une très profonde douleur intérieure car j’aime les hommes. Nous traiterons donc dans ce livre de ce qui est juste et de ce qui est faux. Il est laissé au lecteur adulte la faculté de se former un jugement personnel à ce sujet.

J’ai été contraint d’examiner en premier lieu “l’institution mondiale” catholico-romaine sur la base de la Parole de Dieu venant des Saintes Ecritures, pour l’éclairer et la placer face à cette Parole. C’est en effet uniquement à la lumière de la révélation divine que nous pouvons voir la Vérité et avoir ainsi la possibilité de reconnaître les tromperies et les erreurs.

La prétention qu’avait l’église romaine d’être la seule à pouvoir sauver a été reprise par plus ou moins toutes les autres confessions chrétiennes qui, si elles ne le disent pas tout haut, le pensent tout bas. Toutes veulent faire le salut des hommes à leur propre manière, et c’est précisément ce qu’il est impossible de réaliser. Cependant, une église qui se réclame de Christ, de Pierre et des apôtres, doit se laisser éprouver en ce qui concerne les prétentions qu’elle élève.

Je souhaite à chaque lecteur une riche bénédiction de la part du Dieu Tout-puissant.

 


 

 


INTRODUCTION

De nos jours, il n’est pas simple d’approcher les gens pour s’entretenir avec eux du thème de Dieu et de la foi en Lui. Les uns considèrent ce sujet comme étant dépassé, totalement périmé. Les autres cherchent le divin en eux-mêmes et dans la nature, d’autres nient l’existence d’un Dieu personnel, alors que d’autres parlent seulement d’une puissance supérieure. Singulièrement, lors d’une catastrophe, ceux-là mêmes qui prétendent ne pas croire disent: «Pourquoi Dieu permet-Il ces choses?».

Depuis que tout ce qui s’est fait, et se fait encore au Nom de Dieu sous le couvert de la religion, est notoirement connu, toujours plus de personnes perdent leur confiance en la justice, cela parce qu’ils placent l’institutions religieuse au même plan que Dieu. Au cours des siècles, des historiens ont rempli de nombreux livres de comptes-rendus relatant les fautes commises à diverses époques par des gens religieux. Mais ce que de courageux auteurs ont précisément porté à la lumière tout dernièrement est en fait un fardeau accablant.

Dans toutes les religions se trouvent des personnes conscientes de ce qu’il existe non seulement un domaine terrestre mais aussi un domaine supraterrestre. Il est clair que l’homme n’est pas né pour mourir mais pour vivre.

A la vérité, peu de personnes sont réellement convaincues qu’avec la mort tout prend fin. Et ceux qui le croient constateront plus tard, à l’heure de la mort, qu’ils ont fait fausse route.

Toute personne est née dans un certain pays, avec une certaine religion ou une certaine vision du monde, c’est-à-dire avec une idéologie, et tout naturellement elle pense que c’est celle-là qui est juste.

Le progrès presque incompréhensible de cette génération, l’évolution du char à cheval aux plus modernes fusées de transport, de la diligence aux véhicules de l’astronautique, confirme ce que le Seigneur Dieu a dit il y a presque six mille ans lors de la construction de la tour de Babel: “… et maintenant ils ne seront empêchés en rien de ce qu’ils pensent faire” (Gen. 11.6) La conséquence fut que l’homme crut de plus en plus en lui-même et en son pouvoir, et en même temps il douta de plus en plus de Dieu et de Sa Parole, au point de rejeter celle-ci.

Déjà dans le jardin d’Eden l’adversaire de Dieu mit en doute la Parole du Créateur, sans toutefois La nier, en disant: “Dieu a-t-Il réellement dit?…” (Gen. 3.1 — Segond). Aujourd’hui c’est lui qui inspire les philosophes dans leurs considérations intellectuelles et scientifiques et leurs divers arguments, lesquels engendrent la rébellion envers leur Créateur. La Parole de Dieu est mise en doute par beaucoup de gens parce qu’ils regardent aux actions humaines défaillantes de ceux qui prétendent représenter Dieu.

Quiconque se persuade qu’il n’y a pas de Créateur, mais que la création tout entière est venue d’une explosion ayant eu lieu à l’origine, devrait regarder une fois attentivement un endroit où une explosion a eu lieu! Celui qui soutient la théorie de l’évolution doit aussi nous éclairer sur la raison pour laquelle existent toujours les diverses formes de vies inférieures, puisque tout aurait continué d’évoluer. Celui qui croit que tout être vivant serait sorti d’une cellule originelle doit aussi nous dire qui a appelé à la vie cette cellule originelle. Le Créateur dit dans Genèse 1.24: “Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce…”. Et encore aujourd’hui il en est ainsi. Toute chose venant à la vie dans le monde est littéralement un miracle de création qui se répète journellement des millions de fois.

Les affirmations, tendant à nous porter loin des réalités qui sont démontrées chaque jour, viennent toutes de la même source. Elles visent un même but, c’est-à-dire rendre incrédible ce que la Bible dit au sujet de la création du monde et présenter également le Créateur comme étant superflu.

On ne peut trouver dans l’histoire aucun prophète envoyé de Dieu qui ait fondé une nouvelle orientation de la foi biblique, ou qui ait été le fondateur d’une nouvelle religion. Que ce soient Enoch ou Noé, Abraham ou Moïse, Elie ou Esaïe, aucun prophète réellement envoyé de Dieu n’a fondé de religion. La signification de cette constatation est très grande. Tous ces prophètes n’ont fait que transmettre ce qu’ils avaient reçu de Dieu. C’est la raison pour laquelle l’Ancien Testament tout entier forme un tout harmonieux. Un Seul avait l’autorité de parler et d’agir, soit le Seigneur Dieu, Lequel confiait Ses plans à ceux qu’Il avait Lui-même appelés. De tels hommes étaient Ses porte-voix. Ils ont vécu en des temps divers et ont apporté la part de prophétie qui leur était attribuée pour l’accomplissement du plan du salut annoncé à l’avance par Dieu. Bien qu’ils aient paru dans des siècles ou des millénaires différents, nous ne trouvons aucune contradiction dans leurs écrits, mais tout, au contraire, est en parfait accord.

Les apôtres envoyés de Dieu n’étaient pas davantage des fondateurs de religions. Ils ont, dans l’humilité et la simplicité, apporté la preuve irréfutable que les prophéties de l’Ancien Testament avaient été accomplies à la lettre. Mais en ce qui concerne la fondation de l’Eglise de Christ et son édification, ils s’en s’ont entièrement remis au Seigneur de gloire qui avait dit: “JE bâtirai mon assemblée” (Mat. 16.18). Dieu n’a pas davantage confié cette tâche à Pierre qu’à Paul ou quelqu’un d’autre.

Le Seigneur a sans contredit placé différents ministères dans l’Assemblée pour son édification (Eph. 4.11; 1 Cor. 14.28; Rom. 4.28; 12.4-8). L’Assemblée biblique des rachetés n’est pas une institution organisée par l’homme mais bien un organisme vivant. Elle est la seule institution spirituelle de Dieu sur la terre et Elle est formée de rachetés, de personnes ayant trouvé grâce devant Lui. Elle est aussi appelée le Temple de Dieu (Eph. 2.21; 2 Cor. 6.16), ou la Maison de Dieu (Héb. 3.6). Dieu n’habite pas dans un temple ou une maison sacrée faits de main d’homme (Es. 66.1,2; Actes 7.48-50). Il habite uniquement dans le coeur des siens. C’est pourquoi il est absolument nécessaire que nous retournions à l’origine, au commencement, pour expérimenter ce qu’est réellement l’Eglise de Dieu (1 Tim. 3.15), de quelle manière Elle croit, ce qu’Elle enseigne, comment Elle baptise, etc. Seul le Livre de la Vérité, la Bible, la Parole de Dieu, nous donne la réponse à ce sujet. C’est aussi sur ce fondement et dans une pleine responsabilité devant Dieu que ce livre a été écrit.

Parmi les nombreuses traductions bibliques existantes, ayant chacune ses qualités propres, je me suis finalement décidé à utiliser presque exclusivement celle du Dr. Hermann Menge [pour la traduction française: Darby — N.d.T.].


 

Chapitre 1

MISE A L’EPREUVE —
RECHERCHES SPIRITUELLES ACTUELLES

Si j’ai été encouragé à écrire ouvertement, c’est par le fait qu’aujourd’hui les choses ne sont pas considérées simplement comme allant de soi. Un exemple frappant nous en a été donné en septembre 1988 par les media. Il s’agit du “suaire de Turin”. Pendant des siècles, il fut reconnu comme absolument authentique et fut révéré comme une relique. Le monde entier a donc été étonné d’apprendre qu’après que ce suaire eût été éprouvé en Angleterre, aux Etats-Unis et en Suisse, indépendamment les uns des autres, le résultat unanime de cette épreuve fut qu’il datait du Moyen âge et qu’en aucun cas il ne pouvait être le suaire de Jésus-Christ. Cependant, à travers une déclaration, les gens furent encouragés à continuer de vénérer cet objet falsifié comme s’il était une relique et à persévérer dans cette erreur pourtant rendue publique.

En octobre 1988, le Révérend Dr Ian Paisley d’Irlande du Nord a fait au Parlement de l’Europe, à Strasbourg, ce qu’aucun protestant n’avait osé faire depuis le temps de la Réformation. Il éleva une affiche où il était écrit: «Jean Paul II = Antichrist» et par ce geste il provoqua une agitation tumultueuse. Il protestait contre la présence du pape dans la salle. Les media ont relaté ces choses et la plupart des quotidiens en ont reproduit des photographies et donné un compte-rendu en première page. Le lendemain, bien peu de personnes parlaient encore de cela et finalement tous revinrent à l’ordre du jour. Il est évident qu’une nouvelle chasse l’autre.

Malheureusement en tout temps érudits et laïcs ont mis Dieu et l’église “dans le même panier”, et parce que la désillusion apportée par l’institution qu’on pensait venir de Lui était si grande, beaucoup se sont détachés de l’Un et de l’autre. Malheureusement bien des personnes sont tombées victimes de cet argument trompeur, triste et regrettable. Je n’oublierai jamais ce certain soir passé dans un kibboutz à environ 15 kilomètres à l’ouest de Jérusalem. En tant que conducteur du groupe, je rassemblai les participants pour une courte méditation après le repas du soir. Un certain nombre d’autres hôtes se joignirent à nous, et parmi eux se trouvaient des Juifs. Cela ne créait aucun problème pour moi, et je lus quelques passages des Ecritures dans l’Ancien Testament, en montrant leur accomplissement dans le Nouveau Testament. Subitement une immigrante juive, de Varsovie, saisie intérieurement, s’écria: «J’ai lu le Nouveau Testament, et j’aurais pu croire que Jésus-Christ était notre Messie, si du moins Il n’avait pas été catholique. Parce que les Polonais qui sont réellement si catholiques nous ont tant fait souffrir!». Nous étions tous consternés. Je dis alors: «Madame, le Messie n’était pas catholique. Il était Le Rédempteur venu dans la chair. Et Marie, elle non plus, n’était pas catholique». Elle n’arrivait pas à concevoir cela.

Dans le domaine de la religion, précisément, l’ignorance est telle qu’elle fait se dresser les cheveux sur la tête. Ce christianisme, sans relation personnelle et vivante avec Christ, est devenu une religion qui, comme certains le prétendent, est de l’opium pour le peuple. Cet exposé est écrit dans le but de découvrir tout ce qui n’est pas biblique, ce qui est faussement appelé “chrétien”, et de montrer ce que sont ces légendes religieuses qui persistent même si leur origine remonte à des milliers d’années.

Lorsqu’il s’agit de croire Dieu et Ses desseins envers l’humanité, nous devons conseiller aux gens de consulter le Livre des livres. L’expression: «Je ne crois en rien ni en personne!» n’est juste que lorsqu’elle se rapporte aux hommes, mais elle ne peut être appliquée au Tout-puissant et à Sa Parole. Il est, et demeure, le Seul digne d’être cru. Sa Parole est la Vérité accomplie et confirmée et c’est pourquoi la Bible, qui est la Parole de Dieu, est notre Absolu. Elle s’élève au-dessus de tout doute. Dieu n’est pas mort, comme certains le prétendent; Il vit et tout ce qui a vie vit par Lui. Sa Parole est aujourd’hui comme autrefois une réalité vivante.

De tout temps il y eut des hommes qui avaient pour mission d’accomplir une tâche particulière. Dans l’histoire de l’humanité se distinguèrent des poètes et des compositeurs, des rois et des empereurs, des soldats et des politiciens, et cela jusqu’aux hommes d’Etat de notre temps. Il en est de même dans le domaine de la science et des recherches scientifiques. Nous pourrions donner ici toute une liste d’inventeurs bien connus de chacun, sans lesquels le monde d’aujourd’hui aurait une tout autre apparence. Nous trouvons pareillement dans l’Ancien Testament et au commencement du Nouveau Testament des hommes de Dieu qui, durant leur vie ici-bas, avaient une tâche particulière à accomplir dans le cours de l’histoire du salut. Dans l’âge consécutif à celui des apôtres, jusqu’au concile de Nicée (325 p. Ch.) apparurent également certaines personnalités. Pendant le moyen âge il y eut aussi des hommes qui jouèrent un rôle important dans l’histoire de l’Eglise. Mais les noms des hommes qui se levèrent depuis la Réformation nous sont plus spécialement connus.

Les hommes qui avaient obtenu de Dieu une grâce toute spéciale ont toujours reçu un mandat universel s’étendant au loin par-dessus les démarcations des églises et des religions en faveur de tous les hommes. Ceci est conforme au dernier ordre missionnaire du Seigneur Jésus, lequel incluait le monde entier: “Allez donc, et faites disciples toutes les nations…” (Mat. 28.19). Celui qui est réellement envoyé de Dieu publie la Parole de Dieu en accord avec tous les prophètes et les apôtres. Celui qui apporte de nouvelles doctrines et de soi-disant “révélations”, qui ne peuvent pas être soutenues par les Saintes Ecritures, se disqualifie automatiquement. Dieu ne peut pas se contredire, pas plus qu’il ne peut changer Ses desseins. En tout ce qui est fait ou enseigné l’on doit se poser ces questions: «Est-ce exact? Est-ce écrit de cette façon?» ou: «Que disent les Saintes Ecritures à cet égard?».

Ici nous ne nous intéressons pas aux idées des hommes mais bien à ce que Dieu nous a fait connaître au travers d’hommes qu’Il a appelés d’une voix audible à Son service. C’est aux prophètes de l’Ancien Testament qu’il a été accordé de publier le développement de l’histoire du salut, alors que la tâche des apôtres était de démontrer à leur tour l’accomplissement des prophéties données autrefois. Chacun, selon l’appel et le mandat qu’il avait reçu, avait la responsabilité, par son ministère, de nous montrer clairement les desseins de Dieu, Son plan de salut. Celui-ci était conservé dans les Saintes Ecritures, et c’est ainsi qu’aujourd’hui encore la Parole vivante parle à tous ceux qui se laissent interpeller par l’Esprit de Dieu. Il n’est pas nécessaire que l’un interprète cette parole à l’autre; il suffit que tous croient du fond du coeur, et cela de la manière que dit l’Ecriture, et de cette façon ils seront enseignés de Dieu Lui-même par Sa Parole (Es. 54.13; Jean 6.45). Nous ne voulons pas représenter ici la pensée doctrinale d’une église, qu’elle soit indépendante ou non, encore moins celle d’une secte, mais nous voulons exposer la façon de voir de Dieu telle qu’Il l’a laissée dans Sa Parole.

Celui qui a approfondi l’histoire de l’Eglise sait très bien comment les historiens jugent et décrivent d’une façon différente les actions de personnes ayant vécu dans la même période. Les thèmes que l’on retrouve dans les discussions ne sont pas nouveaux. Mais ce qui afflige un croyant biblique, c’est le fait que lors de leurs recherches, les critiques remettent en question le Nouveau Testament même. Que les différentes parties du Nouveau Testament, les évangiles et les épîtres, aient été rédigées tout d’abord en hébreu, en araméen ou en grec, puis qu’elles soient apparues finalement comme canon dans les textes grecs n’est pas déterminant en soi pour la chose même. Ce qui est sûr, c’est que Dieu Lui-même s’est placé au côté des Hébreux. Moïse et Aaron reçurent l’ordre de dire à Pharaon: “L’Eternel, le Dieu des Hébreux, s’est rencontré avec nous…” (Ex. 3.18). Que Jésus-Christ n’ait pas parlé le grec mais l’araméen, c’est-à-dire la langue hébraïque populaire, est évident; qu’Il ait été instruit ou pas, laissons ce débat et ces disputes aux érudits. Ce qui pour nous est important est que le Seigneur ressuscité parlait encore hébreu. C’est le témoignage qu’avait Paul dans Actes 26.14: “Et comme nous étions tous tombés à terre, j’entendis une voix qui me parlait et qui disait en langue hébraïque: Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu?”.

De même, l’argument que d’autres épîtres encore auraient circulé n’enlève en rien la valeur de celles qui sont véritables. Il va de soi que, dans le christianisme primitif, d’autres épîtres auraient pu êtres écrites par les apôtres ou par d’autres auteurs et être en circulation. Dès le premier verset de son évangile, Luc nous informe que beaucoup avaient entrepris d’écrire un récit des événements. Il y avait naturellement d’autres informateurs. Ce qu’on appelle les “apocryphes du Nouveau Testament” ne sont apparus que plus tard. Mais le Seigneur Lui-même a pourvu pour que ne soit inclus dans le canon de la Parole de Dieu que ce qui avait été écrit selon Son ordre et Sa volonté, c’est-à-dire seul ce qui nous était nécessaire.

L’important est que nous respections cette Parole qui nous a été laissée comme étant la Parole de Dieu (1 Thess. 2.13) et que nous croyions que toute Ecriture est inspirée de Dieu (2 Tim. 3.16). Lorsque nous trouvons dans le Nouveau Testament l’expression “comme dit l’Ecriture” ou “il est écrit”, c’est toujours à l’Ancien Testament que l’on se réfère. Cependant le Nouveau Testament fait tout autant partie des Saintes Ecritures, car les deux ensemble forment un tout. Nous pouvons lire ceci dans Luc 24.44,45: “… qu’il fallait que toutes les choses qui sont écrites de moi dans la loi de Moïse et dans les prophètes, et dans les psaumes, fussent accomplies. Alors il leur ouvrit l’intelligence pour entendre les Ecritures”.

Le Seigneur disait aux Juifs de Son temps, dans Jean 5.39: “Sondez les écritures, car vous, vous estimez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui rendent témoignage de moi”. Quand Paul donne un résumé de l’évangile, il dit que: “… Christ est mort pour nos péchés, selon les écritures, et qu’il a été enseveli, et qu’il a été ressuscité le troisième jour, selon les écritures” (1 Cor. 15.3,4).

L’apôtre Pierre se réfère à Esaïe 40.8 et amène cette Parole de l’Ancien Testament, ainsi que la Parole du Nouveau, sous un dénominateur commun: “… mais la parole du Seigneur demeure éternellement. Or c’est cette parole qui vous a été annoncée” (1 Pier. 1.23,25). Le Nouveau Testament est le résultat des prophéties de l’Ancien Testament.

Le Dr Clarence Larkin, lequel est un homme dont les compétences sont internationalement reconnues, a démontré dans son livre “Dispensational Truth” que lors de la venue de Christ, 109 prophéties de l’Ancien Testament se sont littéralement accomplies de la façon la plus exacte. Les prophéties déjà réalisées de la Bible sont le signe de Son origine Divine.

Lorsque l’on veut éprouver et traiter une chose, il faut pouvoir l’aborder sans préjugés ni sentiment d’aversion. Lorsque le théologien Carl Schneider écrit: «Les falsifications ont commencé à l’époque du Nouveau Testament et elles n’ont pas cessé depuis lors» (K. Deschner, Der gefälschte Glaube, S. 20), il a parfaitement raison. Cependant, de là à prétendre que nous aurions un Nouveau Testament falsifié il y a une grande différence! Mais déjà en ce temps-là comme aujourd’hui des choses non autorisées avaient été introduites comme fausses doctrines et interprétations. Malgré toutes les distorsions desquelles nous parlerons encore, la Parole originelle demeure, et nous pouvons L’accepter comme étant pour toujours la Parole originelle. Dans quelle mesure les allusions destructrices à l’épître de Pierre soi-disant falsifiée peuvent-elles apporter cette remarque importune: «… le Saint Livre, la Bible, regorge de faux documents»? (K. Deschner, Der gefälschte Glaube, S. 20). C’est là une affirmation inouïe, et de plus un méchant mensonge. En cela nous nous rapportons à des érudits, qui déjà ont accompli un bon travail de préparation. C’est de la présomption que de reprocher à ceux qui ont écrit le Nouveau Testament de L’avoir faussé et ainsi de les déclarer trompeurs, et par conséquent de présenter les croyant bibliques comme des gens trompés! On ne peut, par de telles manoeuvres fallacieuses, obscurcir le rayonnement de la Vérité.

Bien sûr, les quatre évangélistes étaient des hommes simples. Que le récit des événements qu’ils ont rapportés soit partiellement différent l’un de l’autre, prouve seulement qu’ils ne l’ont pas copié l’un sur l’autre. Chacun écrivait comme il était conduit à le faire, selon qu’il l’avait personnellement entendu ou vécu, ou éventuellement selon le témoignage qu’il avait reçu de quelqu’un d’autre. Ce qui est décisif, ce sont les faits eux-mêmes qui ont été démontrés, et non les phénomènes qui les ont accompagnés.

Le Dr Konstantin Rösch, théologien et traducteur catholique de la Bible, a montré la diversité des quatre évangiles par les quatre êtres vivants: lion, veau, homme, aigle, tels qu’ils sont décrits dans Apocalypse 4.6-8 et en d’autres passages de l’Ecriture. Irénée déjà, dans le christianisme primitif, les a désignés comme étant les symboles des quatre évangiles. La Bible, en fait, a été écrite en langage imagé et en paraboles. Matthieu est symbolisé par un lion, Marc par un boeuf, Luc par un homme et Jean par un aigle qui vole. Dans le premier chapitre d’Ezéchiel, il nous est dit des quatre êtres vivants que tous avaient une face d’homme (v.5) et que sous leurs ailes se trouvaient des mains d’homme (v.8). Chaque être vivant avait quatre faces mais ne présentait qu’une face à la fois. Chacun des évangiles décrit en détail la même apparition du Sauveur; cependant chacun d’eux Le présente sous une autre face. Intérieurement, tous ces êtres vivants sont semblables, bien qu’individuellement ils présentent une face différente. Ainsi en est-il des quatre évangiles. En fait, à l’intérieur, dans le coeur, ils sont tous pareils. Cependant l’un présente davantage le Seigneur en tant que Fils de l’homme; l’autre met l’accent sur Sa divine puissance dans le symbole du Lion, qui est le roi des animaux; Marc Le présente comme le Serviteur, le porteur de fardeaux; alors que le quatrième évangile Le caractérise comme l’Aigle qui s’élève dans les sphères divines.

Dès lors, si l’un des évangélistes relate une chose alors qu’un autre ne le fait pas, ou si chez l’un d’eux apparaît une tout autre chose comme très importante alors qu’elle ne l’est pas chez l’autre, cela est tout à fait insignifiant. Lorsqu’un évangéliste écrit que le Seigneur a nourri 4000 personnes avec sept pains, et qu’un autre écrit qu’Il en a nourri 4000 sans compter les femmes et les enfants, c’est que tous les deux ont raison. La seule différence vient de ce que l’un a donné plus de détails que l’autre. Lorsque l’un décrit comment, aux portes de Jéricho, deux aveugles ont été guéris et que l’autre dit qu’il n’y en avait qu’un, de nouveau les deux ont raison. L’un était présent lorsque cela arriva; l’autre évangéliste, venu ensuite, ne rencontra que l’un des aveugles guéris et c’est ce qu’il rapporte. Un évangéliste nous dit que les deux brigands crucifiés avec Jésus se moquaient de Lui (Mat. 27.44); l’autre nous dit que le brigand se trouvant à la droite de Jésus se repentit et Lui dit:“Souviens-toi de moi lorsque tu viendras dans ton règne” (Luc 23.39-42). Là, de nouveau, les deux ont raison. Tout d’abord les deux se sont moqués, puis l’un a trouvé grâce et reconnu au dernier moment Qui était celui qui était crucifié avec lui et il implora Son secours.

La réponse que le Seigneur lui fit: “En vérité, je te le dis: Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis” est mal comprise, comme beaucoup d’autres, par les critiques. D’après leurs conclusions, Jésus, en conséquence, aurait dû être présent quelques jours dans le Ciel après Sa mort, bien que l’Ecriture ait dit qu’Il est descendu dans les lieux inférieurs. Ils n’ont pas compris que le lieu où se trouvaient les bienheureux, jusqu’à la crucifixion et l’entrée en vigueur de la Nouvelle Alliance, n’était pas dans les lieux célestes, mais en bas. Luc 16 nous relate clairement que le lieu où se trouvaient les bienheureux (le lieu qui est appelé “sein d’Abraham” au v. 22), n’était séparé du lieu où se trouvaient les damnés que par un abîme et qu’aucun ne pouvait avoir accès à l’autre lieu. Tous ceux qui avaient placé leur espérance dans le Sauveur qui devait venir, étaient retenus dans ce lieu de repos comme dans une prison. Puis, conformément à Matthieu 27.52, ils sont ressuscités avec Christ. Depuis ce moment-là seulement, le paradis, le lieu où se trouvent les sauvés, est dans les lieux célestes et non plus en bas. Christ est descendu dans les lieux bas et, lors de Son ascension, a emmené avec Lui tous ceux qui avaient cru à Sa venue et qui étaient là, retenus prisonniers (Eph. 4.8-10).

Il n’y a pas davantage de contradiction quand l’un des évangélistes relate que lors de la résurrection de Jésus, deux anges s’adressèrent aux femmes (Luc 24.4), et que l’autre dit qu’il y en avait un seul (Mat. 28.2; Marc 16.5). Et il n’y a pas non plus de contradiction lorsqu’ils sont présentés à l’intérieur du tombeau par l’un des évangélistes et que l’autre les présente à l’extérieur. Cela veut dire que tout est exact. Les anges à l’intérieur indiquaient le lieu où le corps de Jésus avait été placé; au dehors ils annonçaient qu’Il était ressuscité. C’est ainsi que cela se rapportait au lieu et à la position. Même si deux étaient présents, un seul d’entre eux a parlé et c’est pourquoi il est plus particulièrement fait mention de lui. Dieu merci, il n’y a pas seulement des personnes qui se nomment elles-même des “critiques”, mais il y a eu des hommes éminents qui nous ont montré, d’une manière convaincante, l’harmonie des Ecritures. Le Dr C.I. Scofield, traducteur de la Bible internationalement connu, et érudit, est l’un d’eux. Il a écrit une introduction sur les évangiles qui ne laisse subsister aucun doute à cet égard.

D’une manière générale les critiques n’ont en somme pas compris le caractère prophétique du Nouveau Testament. Ils reprochent par exemple à Paul de s’être trompé dans son attente eschatoloqique parce qu’il a écrit: “Nous ne nous endormirons pas tous, mais nous serons tous changés…” (1 Cor. 15.51). “Nous, les vivants qui demeurons jusqu’à la venue du Seigneur…” (1 Thess. 4.15), et ainsi de suite. Paul devait écrire dans la forme du présent parce que le Saint-Esprit agissant en lui connaissait le cours futur de l’histoire du salut ainsi que sa durée. Tout le Nouveau Testament est composé de telle manière que pendant l’ensemble du temps de la grâce ces paroles étaient valables pour chaque époque; on pouvait prêcher sur la Parousie et la croire possible à tout moment, jusqu’à la dernière génération qui verra s’accomplir les passages bibliques mentionnant cette Parousie. Le même Paul écrit à propos de lui-même: “… Le temps de mon départ est arrivé. J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi. Désormais m’est réservée la couronne de justice que le Seigneur juste juge me donnera dans ce jour-là” (2 Tim. 4.6-8). D’ailleurs il y a toujours eu des personnes qui, en leur temps, ont compté sur le retour du Seigneur. Celui qui ne compte pas sur ce retour n’aura pas part à la première résurrection parce qu’il ne porte pas en lui-même une espérance vivante. Martin Luther croyait lui aussi que la fin était proche et il s’attendait au retour de Christ. Il désignait même l’antichrist comme étant le “End-christ”. Il écrivait: «En cet an 1540, le nombre des années est exactement de 5500 ans, c’est pourquoi nous pouvons attendre la fin du monde, parce que le 6ème millénaire ne s’accomplira pas pleinement. De même que les trois jours où Christ était dans la mort n’ont pas été pleinement accomplis» (H. Heinz, Zwischen Zeit und Ewigkeit, S. 137). Le croyant portant en lui une espérance vivante s’attend au retour de Christ. Il en est ainsi aujourd’hui encore. Il y a des personnes qui, à cause de l’accomplissement des prophéties bibliques, comptent fermement sur cet évènement en cette génération.

Le comble de l’aveuglement ayant atteint les critiques est manifesté quand ils prétendent que cette prophétie de Christ: “En vérité, je vous dis: Cette génération ne passera point que toutes ces choses ne soient arrivées”, a échoué (Mat. 24.34). Pourtant dans ce passage il est question des Juifs en tant que race et non pas d’une génération d’un certain nombre d’années. Malgré les meurtres les plus cruels perpétrés contre les Juifs, leur race a été maintenue jusqu’aujourd’hui comme Dieu l’avait prévu dans Son plan de salut et comme Jésus l’a dit. La citation de Matthieu 10.23: “Vous n’aurez point achevé de parcourir les villes d’Israël, que le Fils de l’homme ne soit venu” a été complètement incompris et confondu avec Son retour. N’est-Il pas apparu à Jean sur l’île de Patmos comme le Fils de l’homme marchant au milieu des sept chandeliers d’or, s’avançant pour entrer dans Sa puissance et Sa majesté royale? “Sa tête et ses cheveux étaient blancs comme de la laine blanche, comme de la neige; et ses yeux, comme une flamme de feu; et ses pieds, semblables à de l’airain brillant, comme embrasés dans une fournaise; et sa voix, comme une voix de grandes eaux” (Apoc. 1.14,15). Ainsi ce que Jésus avait dit s’est littéralement accompli. Chaque argument destiné à remettre en question la Parole de Dieu peut être réfuté par Elle.

Ni Jésus, ni les apôtres ne se sont trompés, mais ce sont bien les apologistes et exégètes critiqueurs de la Bible qui se sont trompés tout au long de l’histoire de l’Eglise. Jusque dans le temps présent ils parlent et écrivent selon les mêmes tromperies dont ont été victimes ceux qui leur ont transmis ces paroles, et cela sans en être conscients, mais ils montrent ainsi leur ignorance à l’égard du plan de salut de Dieu. S’ils sont capables d’exposer les choses de façon convaincante concernant la partie historique, c’est-à-dire les erreurs de développement à l’intérieur du christianisme, et cela plus spécialement à l’égard de l’église universelle, ils échouent lamentablement lorsqu’ils parlent de la Parole et des choses du Royaume de Dieu. En tant que croyant biblique de Christ, l’on ne peut tout simplement pas accepter en silence tous les points d’interrogations que présentent des gens qui n’ont aucun accès aux Saintes Ecritures, ni aux mystères cachés et révélés en Elles sur le plan du salut. Ils parlent de grandes falsifications, n’y voient que contradictions sur contradictions, et cela après avoir eux-mêmes interprété les choses avec des erreurs grosses comme le poing.

Nous n’avons pas besoin d’une preuve historique de l’existence de Jésus-Christ car Il est le point central de l’histoire du salut, et non pas de ce que les hommes ont pu retenir de l’histoire. Le fait que Josèphe ou quelque autre historien ait écrit ou non à Son sujet n’entre pas en ligne de compte; les prophètes et les apôtres ont parlé de Lui parce qu’ils en avaient reçu directement la charge. Cela est digne de foi et nous suffit. Pour ma part, je crois tous ceux qui étaient présents lorsque quelque chose de surnaturel est arrivé, et qui nous l’ont communiqué. De la naissance de Christ jusqu’à Son Ascension nous avons des témoins authentiques, ayant vu de leurs propres yeux et entendu de leurs propres oreilles. Aujourd’hui comme alors, l’on reste muet comme la tombe à l’égard des choses surnaturelles que Dieu fait encore sur la terre. Parce que cela n’arrive pas dans les églises et religions établies, cela n’atteint nullement les informateurs des journaux. Pour le croyant, le témoignage en a été suffisamment rendu et personne n’éprouve le besoin d’entendre les faux témoins de la Parole, lesquels se sont présentés beaucoup plus tard seulement.

Lorsque en critiquant, les historiens de l’Eglise parlent de falsifications et de foi manipulée, il est impossible qu’il puisse être question par là de l’Eglise primitive et des actes des apôtres, c’est-à-dire du christianisme primitif et de l’ensemble du Nouveau Testament. La foi manipulée et faussée, les doctrines et messages falsifiés, sont ceux qui ne concordent pas avec les Saintes Ecritures et qui ne sont apparus que plus tard seulement.


 

Chapitre 2

LE CHRISTIANISME PRIMITIF ET
LES EPOQUES CONSECUTIVES

Dans l’histoire de l’Eglise, les différents âges qui suivirent le christianisme primitif sont amplement décrits. C’est pourquoi, dans notre exposé, nous nous occuperons aussi brièvement que possible de ces différentes époques. La durée de ces âges peut être approximativement divisée ainsi: Le temps de l’Eglise primitive jusque vers l’an 100 p. Ch.; l’époque suivante est celle de l’âge post-apostolique, qui commence au deuxième siècle et se développa jusqu’au Concile de Nicée (325); puis c’est l’établissement de l’église d’Etat dans l’empire romain; puis une période allant jusqu’au moyen-âge; ensuite apparaît la Réformation qui apporte un nouveau commencement; après cela viennent les divers mouvements de réveil, l’introduction du Plein Evangile et enfin le rétablissement de l’Eglise dans son état originel, lequel précède le retour de Christ.

Les divers exposés sur l’histoire de l’Eglise ne présentent entre eux aucune image uniforme. Beaucoup ont émis des suppositions qui, par la suite, sont devenues des légendes, rapportées par d’autres comme des faits déjà réalisés. En plus de cela, il est clair que pour un historiographe orienté vers le catholicisme les choses apparaissent tout autres que pour celui de tendance protestante.

Une vue d’ensemble sur chacune de ces époques en particulier et sur son développement propre est nécessaire pour pouvoir tirer une comparaison avec le christianisme primitif. Ce n’est que de la bouche des apôtres que nous avons reçu la “doctrine des apôtres”. Un écrit, qui fut découvert en 1873 dans un couvent et publié dix ans plus tard, et que l’on supposait avoir été rédigé entre les années 80 et 120 p. Ch., a été arbitrairement appelé “Symbole des apôtres” ou “Didache”; cet écrit n’a véritablement rien de commun avec l’enseignement des apôtres du Seigneur Jésus. Il en est de même en ce qui concerne le “Credo apostolique” dont on a délibéré et que l’on a préparé au 4ème siècle seulement lors de différents conciles: cela ne peut pas être attribué aux apôtres. C’est de cette manière que prirent involontairement naissance les falsifications et les altérations de la Parole de Dieu qui furent cependant considérées comme vraies. C’est uniquement dans le livre même des Actes des apôtres, ainsi que dans les épîtres écrites par les apôtres, lesquelles sont contenues dans le Nouveau Testament, que nous trouvons la vraie doctrine apostolique. Ceux-ci étaient des hommes ayant entendu la Parole de Dieu de la bouche même de leur Seigneur, et ils L’ont transmise selon Son ordre. Par eux l’Eglise du Nouveau Testament a reçu la pure Parole de Dieu, la Parole non falsifiée, Laquelle seule porte le Sceau divin.

Paul, qui avait été appelé d’une manière surnaturelle pour être destiné à être un instrument choisi, avait été adjoint aux apôtres primitifs par le Seigneur Lui-même. C’est lui qui, sur la base d’une mission directe reçue du Seigneur, pouvait dire: “Car moi, j’ai reçu du Seigneur ce qu’aussi je vous ai enseigné…” (1 Cor. 11.23). Il a écrit la plus grande partie de toutes les épîtres, c’est-à-dire exactement 100 chapitres contenant 2325 versets, alors que, par exemple, Pierre n’a écrit que 8 chapitres avec 166 versets. Paul avait reçu l’Evangile de la même manière que les prophètes avaient reçu la Parole: par révélation (Gal. 1.11,12). C’est pourquoi l’avertissement qu’il nous donne dans Galates 1.8 nous pénètre jusqu’à la moelle des os: “Mais quand nous-mêmes, ou quand un ange venu du ciel vous évangéliserait outre ce que nous vous avons évangélisé, qu’il soit anathème”. Ce qui n’est pas en accord avec l’évangile primitif des premiers apôtres se trouve sous la malédiction. De ce point de vue-là c’est réellement à un christianisme faussé que nous avons à faire, lequel se trouve donc sous la malédiction; c’est cela que les critiques avaient sous leurs yeux lors de leurs exposés.

Les quatre évangélistes rendent témoignage du Sauveur. Ils décrivent Sa vie, Son action, de Sa naissance jusqu’à Sa mort, Sa résurrection et Son Ascension. A ce sujet les synoptiques des évangiles de Matthieu, Marc et Luc, en se complétant l’un l’autre, nous donnent une vue d’ensemble. Par contre, Jean ne s’occupe ni de Bethléhem, ni de la généalogie, mais il fait un “vol en hauteur”, et dès le premier verset du 1er chapitre il montre tout de suite qui est véritablement Christ. Les quatre Evangiles donnent une vue d’ensemble du salut que Dieu a accompli en Christ ici sur terre. Les quatre évangiles sont dignes de foi parce qu’ils nous ont été laissés en partage par des témoins oculaires, lesquels ont également entendu de leurs propres oreilles ce qui a été dit (2 Pier. 1.16-18; 1 Jean 1.1-3).

Les Actes des apôtres nous présentent en premier lieu comment l’Eglise primitive a été fondée de manière surnaturelle par l’effusion du Saint-Esprit (chap. 2). Il s’agit là réellement d’un événement qui vient du Ciel. Dans sa première prédication, l’apôtre Pierre, rempli du Saint-Esprit, annonce de la part de Dieu à ceux qui veulent devenir croyants la nécessité d’une repentance, d’une conversion, d’un baptême biblique dans l’eau (v.38), et d’une même expérience que celle faite par les 120: celle du baptême de l’Esprit. Il leur dit de la part de Dieu: “… car à vous est la promesse et à vos enfants, et à tous ceux qui sont loin, autant que le Seigneur notre Dieu en appellera à lui” (v.39). Dieu seul sauve et ajoute à Son Eglise, par le Saint-Esprit, ceux qui deviennent croyants (Actes 2.47).

L’Eglise primitive était formée de personnes ayant réellement fait une expérience avec Dieu. Ceux qui étaient devenus croyants furent baptisés dans l’eau, puis d’une manière surnaturelle dans le Saint-Esprit, afin qu’ils deviennent des membres d’un seul Corps (1 Cor. 12.13). Ils étaient munis des dons de l’Esprit (1 Cor. 12.7-11), ils portaient les fruits de l’Esprit (Gal. 5.22,23). Ainsi, de même que Dieu avait en Christ un corps comme temple, dans lequel Il habitait et par le moyen duquel Il agissait, ainsi l’Eglise primitive, composée de la troupe des rachetés, formait le Corps du Seigneur (1 Cor. 12.12) dont Il était la Tête (Col. 1.18) et qu’Il employait afin de continuer Son ministère. Jésus dit: “Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie” (Jean 20.21). Afin que les multiples tâches de ce Corps puissent être réalisées, Il établit dans l’Eglise des apôtres, des prophètes, des pasteurs, des docteurs et des évangélistes (Eph. 4.11).

Dans le christianisme primitif il n’y avait pas de dignitaires. Il y avait seulement des hommes dignes de la haute vocation à laquelle ils avaient été appelés, et qui accomplissaient leur ministère sous la direction et l’inspiration du Saint-Esprit. Les premiers chrétiens ne connaissaient pas de clergé ni de prédicateurs fonctionnaires, mais au contraire c’était l’ensemble de l’Eglise des rachetés nés de nouveau qui était une sacrificature royale et un peuple saint (1 Pier. 2.9; Apoc. 1.6). Les cinq ministères que nous venons de mentionner ne limitent pas leur activité à une église locale mais ils sont destinés à l’ensemble de l’Eglise. Les dirigeants des églises locales, c’est-à-dire les surveillants ou anciens prenaient soin des églises locales, souveraines. Ceux qui parmi eux avaient la direction étaient appelés évêques et devaient être mariés (1 Tim. 3.1-7; Tite 1.5-8). Il y avait même des assemblées locales avec plusieurs évêques, c’est-à-dire avec plus d’un ancien pour diriger l’Eglise (Phil. 1.1). Ceci est en accord avec Jacques 5.14 où il est écrit que lorsqu’un croyant tombe malade, celui-ci doit faire venir les anciens de l’église. Lorsque Paul et Barnabas vinrent à Jérusalem, ils y furent reçus par l’assemblée des apôtres et des anciens (Actes 15.4). Dans le christianisme primitif régnait encore cet ordre divin de l’Eglise.

Pour prendre soin des tâches pratiques de l’église locale, des diacres avaient été nommés, lesquels devaient être également mariés (1 Tim. 3.8-13). Ceci était nécessaire pour que les évêques et les diacres puissent, par leur expérience pratique, conseiller et aider les membres de l’assemblée à s’en sortir dans leurs divers problèmes conjugaux et familiaux. L’Eglise primitive ne connaissait pas du tout la fonction d’évêque telle qu’elle est exercée aujourd’hui. D’après 1 Timothée 3.15, l’Assemblée du Dieu vivant, fondée par Christ, est le fondement ainsi que la colonne, c’est-à-dire l’élément qui soutient la Vérité. Ni des interprétations particulières, ni le mensonge et la fausseté n’ont en aucune manière de place en Elle. C’est au travers d’Elle, en tant qu’institution divine sur la terre, que la volonté de Dieu devrait être faite sur la terre comme dans les Cieux.

Dans le premier temps qui suivit la fondation de l’Eglise du Nouveau Testament, on trouvait en Elle la pure proclamation de l’Evangile, les doctrines bibliques et la pratique de la Parole exercée par les apôtres. L’Eglise primitive était un organisme imprégné de la Vie de Christ et conduit par l’Esprit; c’est-à-dire qu’elle n’était pas une dénomination organisée.

Plus tard, Paul et les autres apôtres eurent déjà à s’expliquer avec des docteurs qui apportaient l’hérésie, ainsi qu’avec des séducteurs. Dès lors commença un développement pluraliste. Plusieurs courants spirituels progressèrent parallèlement et simultanément. L’un d’eux était composé de véritables croyants dirigés par la Parole et l’Evangile de Dieu tels que les apôtres établis par Dieu avaient apportés, et qui vivaient ces choses dans la pratique de chaque jour. Jean le confirme par ces paroles: “… celui qui connaît Dieu nous écoute; celui qui n’est pas de Dieu ne nous écoute pas; à cela nous connaissons l’esprit de vérité et l’esprit d’erreur” (1 Jean 4.6).

Les autres orientations de foi consistent en un mélange de vérité et d’interprétations propres, mélange qui tourna plus tard en doctrines. De tels hommes sont désignés par les Saintes Ecritures comme de “faux frères” qui s’introduisent dans le ministère sans avoir reçu un appel divin. Paul le résume ainsi: “… et cela à cause des faux frères furtivement introduits, qui s’étaient insinués…” (Gal. 2.4). C’étaient des hommes qui annonçaient un autre Jésus, qui avaient reçu un esprit différent et prêchaient un évangile différent (2 Cor. 11.4). Pierre met en garde les croyants contre les faux frères qui introduisent furtivement des enseignements de perdition (2 Pier. 2.1-3). L’apôtre Jude s’exprime ainsi sur cette tendance par ces paroles: “Malheur à eux, car ils ont marché dans le chemin de Caïn, et se sont abandonnés à l’erreur de Balaam pour une récompense, et ont péri dans la contradiction de Coré” (Jude 11). Les faux frères ont faussé la Parole, ceux qui se sont trompés ont conduit dans l’erreur. C’est ainsi que les différentes orientations religieuses sont apparues.

Jean voit, en ces courants qui s’écartent de la Parole, le commencement du mouvement antichrist. “Anti” signifie “contre” et par conséquent tout ce qui n’est pas en accord avec Christ et Sa Parole est contre Lui, et par là même est “antichrist”. Il écrit: “Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n’étaient pas des nôtres; car s’ils eussent été des nôtres, ils fussent demeurés avec nous; mais c’est afin qu’ils fussent manifestés comme n’étant aucun d’eux des nôtres” (1 Jean 2.19). Paul appelle de telles gens des “loups cruels” (Act. 20.28-30). Dans Apocalypse 2.2 il est dit des croyants véritables qui étaient capables de discernement: “… et tu as éprouvé ceux qui se disent apôtres et ne le sont pas, et tu les as trouvés menteurs”. Comment pouvaient-ils éprouver à coup sûr et constater que ces hommes se prétendant apôtres ne l’étaient pas? C’est en vérifiant s’ils prêchaient ce que Pierre et Paul avaient prêché. Ce qui est à éprouver doit toujours l’être en le comparant avec la prédication et la pratique apostoliques, lesquelles sont la seule échelle de référence valable. Donc la question se posait déjà en ce temps-là de savoir quelle était la Vérité, et quelle était l’erreur.

Dans les passages bibliques que nous venons de citer, il est clairement question de bifurcations, de faux courants religieux se développant parallèlement à la foi de l’Eglise de Jésus-Christ. Avant la fin du premier siècle il y avait déjà différentes fausses doctrines et du mélange; les uns se tenaient à l’enseignement de Balaam, les autres à la doctrine des Nicolaïtes, d’autres encore écoutaient une femme désignée du nom de Jésabel, laquelle prétendait être prophétesse et enseignait (Apoc. 2.20).

Afin que nous sachions exactement ce qui est juste, la pure doctrine des apôtres nous a été laissée en héritage dans les Saintes Ecritures. On y trouve mentionnées également les diverses doctrines introduites par des personnes non autorisées. L’injonction: “Eprouvez toutes choses” (1 Thess. 5.21) est encore et toujours valable. Beaucoup se sont approprié cette Parole, mais dans la pratique ils ne l’emploient pas correctement. Ils ont éprouvé les autres selon le niveau de leur propre connaissance, selon le point de vue de leur propre doctrine et pratique, et ce faisant ils ont complètement perdu de vue qu’auprès de Dieu il y a une seule échelle des valeurs capable d’éprouver toutes choses, et qui peut être employée en toutes circonstances. Cette échelle est le témoignage complet de la Parole de Dieu, qui se trouve être la Bible.

Au 2ème siècle, les diverses orientations religieuses se développèrent à côté de l’Eglise du Dieu Vivant, Laquelle croit et agit pour toujours de la manière dont Christ l’a enseigné au travers des apôtres. Les enseignements qui avaient déviés de la Parole devinrent de plus en plus en vogue. On avait élargi le chemin étroit ainsi que la porte étroite. Chaque tendance religieuse s’efforçait d’appeler à soi le plus grand nombre de membres possible, comme c’est d’ailleurs encore le cas aujourd’hui. Cependant cette promesse est toujours valable pour la véritable Eglise de Jésus-Christ: “Ne crains pas, petit troupeau, car il a plu à votre Père de vous donner le royaume” (Luc 12.32). Les brebis du petit troupeau ne prennent garde qu’à la voix du Bon Berger, Celui qui a donné Sa vie pour les brebis; c’est-à-dire qu’elles ne prennent garde qu’à Sa Parole. Cette “ecclesia” a été de tout temps la petite troupe de ceux qui ont entendu l’appel à sortir de la confusion et qui suivent le Berger sans compromis.

Dans les temps post-apostoliques s’élevèrent Polycarpe († 155), lequel avait encore cheminé avec l’apôtre Jean, ainsi qu’Irénée († 202), un disciple de Polycarpe, lesquels se distinguèrent comme défenseurs de la vraie foi. Cependant, en examinant les choses de plus près, on voit qu’il ne s’agissait déjà plus exclusivement de la publication du pur héritage de la foi apostolique primitive. On peut voir clairement que, de l’organisme divin de l’Eglise primitive, le pas vers l’organisation humaine avait été fait.

Le développement de cet âge jusqu’au concile de Nicée en 325 p. Ch. est contradictoire. Vu uniquement de l’extérieur, le christianisme dégénéré se propagea toujours plus, sous toutes ses formes, jusqu’à être reconnu par l’Etat du temps de l’empereur Constantin, de telle manière qu’il devint alors une puissance qui était à prendre au sérieux dans l’empire romain tout entier. La foi devint une nouvelle philosophie. Les traditions orientales, mélangées avec la culture helléniste, diluèrent fortement la substance de la foi primitive. Les controverses sur ce qu’on appelle la “christologie” entrèrent en lice et agitèrent les âmes.


 

Chapitre 3

TRAGIQUE CHANGEMENT DE VOIE —
COMMENCEMENT DES CALAMITES

Aussi longtemps que l’Evangile demeura sur sol juif et principalement parmi les communautés juives, il n’y eut point de discussions sur la divinité. C’est alors que survinrent, dans les discussions sur la christologie, les pensées romaine, grecque et païenne sur les dieux et déesses. La vision prophétique spirituelle, qui était préfigurée dans l’Ancien Testament en ombre des choses à venir et qui était apparue dans le Nouveau Testament comme une réalité, se perdait de plus en plus, bien que Tertullien insistât sur le fait que: «L’Ancien et le Nouveau Testament concordent et que la prophétie constitue le lien entre l’Ancien et le Nouveau Testament» (F. Hauss, Väter der Christenheit, S. 30). Le christianisme fut, doctrinalement parlant, de plus en plus déplacé du fondement juif sur le terrain du paganisme. Ces choses arrivèrent en opposition avec la foi des apôtres et des disciples qui les suivirent directement. On n’utilisait l’Ancien Testament en rapport avec des passages du Nouveau Testament uniquement lorsqu’on pouvait les diriger contre les Juifs. Déjà au 2ème siècle, des conducteurs spirituellement aveugles se levèrent, de même que des empereurs romains penchant pour l’antijudaïsme [l’expression “antisémitisme” employée seulement en rapport avec les Juifs n’est pas correcte car tous les peuples arabes sont également des Sémites — remarque de l’auteur].

L’empereur romain Constantin, qui était un grand stratège, mit à profit pour lui-même le christianisme qui se mondanisait, mais il ne diminua pas pour autant ses rapports avec le paganisme. Il favorisa aussi bien la construction de temples païens que l’édification d’églises. Déjà en l’an 315, Constantin déclara que la conversion au judaïsme était un crime capital. Un Juif amenant un chrétien à se convertir au judaïsme, de même que le converti, devaient tous deux expier cela par la mort. En 321, la célébration du dimanche fut décrétée légalement. Mais cela n’était pas suffisant: sous la menace de sanctions, les Juifs furent contraints à renier le sabbat et à “sanctifier” le jour du dimanche. Ainsi Constantin proclama ce que les évêques, qui en ce temps-là étaient déjà des personnalités en vue, lui avaient suggéré.

Lors du Concile de Nicée, en 325, Arius et Athanase en furent les deux orateurs principaux. Leurs exposés ont été largement transmis à l’histoire de l’Eglise. Visiblement Arius n’avait aucune connaissance de Christ. Par contre, Athanase témoigna franchement «qu’en Jésus, Dieu Lui-même nous est apparu; que Dieu Lui-même s’est fait connaître à nous et nous a sauvés; que nous avons en Lui le Père même… qu’en Jésus, le Père Lui-même nous a rachetés» (K. D. Schmidt, Grundriss der Kirchengeschichte, S. 98).

A partir de ce moment commença la constitution de l’église romaine. Au temps du concile de Nicée, il n’y avait encore aucun pape, aucun cardinal. Aucun évêque de Rome ne s’était présenté en revendiquant le premier rang. A cet égard l’histoire de l’Eglise a été partiellement antidatée, manipulée ou carrément faussée. C’est l’empereur Constantin qui convoqua le Concile de Nicée et le patrona. Son but était d’unir en une seule église les diverses orientations et de les placer au service de l’Etat. L’union de l’Etat et de l’église eut lieu et c’est ainsi que naquit “l’église d’Etat”.

En 380, Théodose le Grand et Gratien mirent fin à la liberté religieuse générale. «Lors du 2ème Concile Oecuménique (381), les évêques sanctionnèrent l’édit proclamé par l’empereur Théodose Ier février 380 selon lequel tout citoyen romain était contraint d’accepter la foi chrétienne trinitaire telle qu’elle avait été formulée au Concile de Nicée de 325… La foi trinitaire, laquelle implique la trinité de Dieu le Père, Fils et Saint-Esprit, est valable sous cette forme comme confession de foi pour tous les chrétiens et elle a été élevée au rang de religion d’Etat obligatoire» (B. Harenberg, Chronik der Menschheit, S. 212). «Grégoire de Nysse fut une figure centrale du 2ème Concile Oecuménique de Constantinople et il soutint la confession de foi de Nicée. Il prit une part décisive à la formulation de la doctrine de la trinité» (B. Harenberg, Chronik der Menschheit, S. 214). «Chaque citoyen avait dorénavant l’obligation d’être un chrétien orthodoxe; le paganisme et l’hérésie étaient devenus des crimes contre l’Etat» (K.D. Schmidt, Grundriss der Kirchengeschichte, S. 83). Tous ceux qui, pour des raisons de conscience, ne suivaient pas ce Diktat et n’entraient pas dans cette religion d’Etat étaient stigmatisés comme hérétiques. Depuis ce moment-là commença aussi contre l’Eglise biblique qui avait pris naissance à Jérusalem la persécution de la part de “l’église chrétienne de l’Empire Romain”.

Sous la direction du pape Léon le Grand (440-461), l’église universelle prit un immense essor. C’est lui que la plupart des historiens de l’Eglise désignent comme étant le premier pape. L’historien Herder, dans la liste des papes qu’il constitua, où 264 papes sont indiqués, y compris Paul VI, donne le 45ème rang à Léon Ier. Derrière les 15 premiers noms qui, selon sa liste, commencent par Pierre, il place un point d’interrogation. La majorité écrasante des historiens protestants placent ce point d’interrogation à côté des 44 premiers noms. En tous cas on est unanime pour dire généralement que l’histoire des papes commença seulement avec Léon Ier. Lui-même, lors du Concile de Chalcédoine (451) dut se contenter d’être placé à égalité avec l’évêque de Constantinople. Là non plus on ne vit pas encore la primauté de l’un d’entre eux, mais cette pensée se frayait déjà un chemin.

L’institution de “l’église d’Etat” fut terminée sous le règne de l’empereur Justinien (527-565) lorsqu’il établit les prêtres comme “fonctionnaires d’Etat”. Manifestement ce n’est pas Christ qui est le fondateur de cette “église de l’empire” universelle, mais bien des dominateurs politiques et religieux dont l’intérêt était de réunir en une seule masse cette puissance à l’ensemble de l’empire romain. Du point de vue de l’histoire de l’église, et à partir des quatrième et cinquième siècles, nous n’avons pas seulement affaire à l’histoire du salut dans l’Eglise de Jésus-Christ, ainsi qu’à diverses déviations qui se sont développées jusqu’à déboucher sur la formation d’une grande église; mais à cette époque-là nous avons affaire avant tout à la plus cruelle histoire des calamités causées par une institution mondiale “pagano-chrétienne”.

Les évêques devinrent des dignitaires munis de pouvoirs religieux et politiques. Tout d’abord ils portèrent tous le même titre parce qu’ils se firent considérer comme des pères spirituels. Puisque Rome était regardée comme la capitale de l’Occident, les évêques romains se mirent systématiquement en avant et revendiquèrent l’un après l’autre les différents titres honorifiques. Ils commencèrent par celui de “Pontifex Maximus”. Ce titre avait été porté auparavant par les grands-prêtres païens et les empereurs de l’empire romain, y compris Constantin. Là encore, ce faux développement de l’église papale, qui était reliée à des positions de force et accompagnée d’honneurs, est pour de multiples raisons presque incompréhensible. «Depuis le temps de Boniface VIII (1294-1303), la foi dans le pape est même devenue indispensable au salut car tous les habitants de la terre lui sont soumis. C’est aussi ce que disait Grégoire VII (1073-1085) dans son “Dictatus papae”, affirmant que seul le pontife romain sera appelé à juste titre universel» (H. Heinz. “Zwischen Zeit und Ewigkeit”, S. 176). Il en résulta un “christianisme” clérical dans lequel plus aucune valeur n’était attribuée à une relation personnelle avec Christ, mais seulement à l’appartenance à cette institution. De plus en plus l’autorité fut systématiquement enlevée à Christ et à la Parole de Dieu, pour n’être reportée que sur cette institution et sur ses représentants. De même que Christ est la Tête de Son Eglise, ainsi le pape actuel est devenu la tête suprême de cette église universelle.

Dans cette église d’Etat, les personnes étaient baptisées par contrainte et, plus tard, elles devinrent des membres de cette institution dès leur naissance, sans qu’aucune d’elles ait la possibilité de prendre sa propre décision. C’est ainsi que cette pratique non biblique du baptême, en vue de faire des membres d’église par contrainte, fut le fondement de l’église populaire, de même que l’introduction de l’impôt ecclésiastique créa le fondement de la puissance financière de l’église papale.

Parallèlement à ce qui avait déjà été instauré de si bonne heure, c’est-à-dire le développement “de l’éloignement de la Parole de Dieu”, s’accomplissait le détachement d’avec le judaïsme, puis plus tard également d’avec les communautés judéo-chrétiennes. Ils n’en restèrent pas là. Déjà Justin, l’évêque de Smyrne ( 167), s’était exprimé défavorablement à l’égard des Juifs en disant que maintenant les chrétiens étaient “l’Israël de Dieu” et que, par contre, les Juifs étaient des infidèles et des déchus. L’apôtre Paul voyait la chose tout différemment: “Car ni la circoncision (les Juifs), ni l’incirconcision (les nations) ne sont rien, mais une nouvelle création. Et à l’égard de tous ceux qui marcheront selon cette règle, paix et miséricorde sur eux et sur l’Israël de Dieu!” (Gal. 6.15,16). L’apôtre Pierre s’était déjà exprimé sur ce sujet en ces termes: “En vérité, je comprends que Dieu ne fait pas acception de personnes, mais qu’en toutes nations celui qui le craint et qui pratique la justice, lui est agréable” (Actes 10.34,35).

La polémique anti-juive avait pris son cours déjà très tôt et elle devint de plus en plus agressive. L’évêque Ignace d’Antioche (98-117) souffla la discorde par ses déclarations. Les déclarations anti-juives que firent déjà dans les premiers siècles des représentants de l’église officielle, de même que leurs écrits, eurent pour résultat qu’en ce temps-là déjà plus d’un million de Juifs furent stigmatisés comme étant des meurtriers de Christ et de Dieu, et furent d’une manière ou d’une autre mis à mort. Pour l’église de Rome le commandement: “Tu ne tueras point!” fut rendu nul.

Le docteur de l’église, Chrysostome (354-407), l’un des pires ennemis des Juifs, enseignait: «Avec les Juifs, on doit être aussi peu en relation qu’avec le diable. Ils ne valent pas mieux que des cochons et des boucs… La synagogue n’est pas seulement qu’un théâtre, elle est une maison de prostituées, une caverne de voleurs, un repaire de bêtes impures, une demeure du diable… Les chrétiens ne doivent consulter aucun médecin juif mais ‘plutôt mourir’, ils doivent se détourner d’eux comme de la peste et de tout fléau touchant la race humaine» (K. Deschner, Kriminalgeschichte des Christentums, Bd. I, S. 134).

Cyrille ( 444), patriarche d’Alexandrie, présentait déjà la “solution finale” de la question juive, laquelle atteignit au 20ème siècle son point culminant. Cyprien et Tertullien, Athanase et Jérôme, Grégoire de Nysse, Ambroise et Augustin, Justinien et beaucoup d’autres firent plus ou moins accroître la haine des Juifs, laquelle se transmit au travers des âges à l’ensemble du clergé. Celui-ci fit en sorte que l’anti-judaïsme s’implante dans la conscience du peuple. Les Juifs furent rendus responsables de tous les malheurs, si bien qu’on essaya par tous les moyens de les exterminer. Ce que le Fils de l’homme avait prophétisé sur Ses disciples se réalisa généralement aussi envers les Juifs: “Ils vous exclueront des synagogues; même l’heure vient que quiconque vous tuera pensera rendre service à Dieu. Et ils feront ces choses parce qu’ils n’ont connu ni le Père, ni moi. Mais je vous ai dit ces choses, afin que, quand l’heure sera venue, il vous souvienne que moi je vous les ai dites” (Jean 16.2-4).

Effectivement, les meurtriers étaient persuadés de servir Dieu et l’église, leur devoir étant de maintenir ainsi le christianisme trinitaire pur du judaïsme monothéiste. La persécution s’étendit ensuite contre les chrétiens qui se savaient unis à Christ et qui ne pouvaient accepter ce système entaché de sang. Martin Luther lui-même, ce réformateur apprécié, ne put arriver à se débarrasser de la haine du Juif qui avait pénétré en lui en tant que moine. Vous pourrez lire ceci dans “Le Judaïsme” de J. Gamm (p. 64) «Luther dit encore, dans sa dernière prédication du 15 février 1546 à propos des médecins juifs, qu’ils prescrivent des remèdes qui conduisent plus tard à la mort ceux qui les prennent».

De siècle en siècle, la haine augmenta et les slogans anti-juifs devinrent de plus en plus virulents. On prit une partie des versets de l’Ecriture pour justifier ces cruautés. Quand Jésus parle des Juifs incrédules, c’est une chose, mais lorsqu’Il parle des Juifs croyants, c’est une autre chose.

En présence de ce que l’église de Rome, avec la hantise de poursuivre son but, a fait aux Juifs, aux païens et à ceux qui croyaient différemment d’elle, cette église se doit de répondre à la question de savoir si c’est le salut ou le malheur dans sa dimension la plus cruelle qu’elle a apporté. Les guerres qu’elle a menées dans son propre intérêt doivent encore être ajoutées à cela. Elle a persécuté, tué, exproprié de telle sorte qu’au moyen âge elle était propriétaire d’un tiers de l’ensemble du territoire européen. Elle s’appropriait aussi bien la fortune des vivants que celle des morts. Les princes et les rois n’osaient pas s’élever contre cela; au contraire ils participaient avec zèle à cette façon de faire. «Rodolphe de Habsbourg déclara en 1286 que les Juifs, en personnes et en biens, appartenaient à son trésor» (J. Gamm, “Judentum”, S. 84).

Toutes les malédictions qui furent sans cesse prononcées, tout spécialement par les papes, les évêques et la curie, ont constitué une base pour que dans tous les âges les Juifs et les autres croyants soient poursuivis sans pitié par l’église romaine. Lors du jugement dernier sera manifesté si les six millions de Juifs qui furent assassinés en Europe pendant le IIIème Reich ne sont à mettre qu’à la seule charge du peuple allemand, ou bien aussi sur le compte de l’église catholique romaine qui avait préparé les conditions propices à cette tuerie. Pour les catholiques Hitler, Himmler et le jésuite Goebbels, le terrain était préparé depuis longtemps. Déjà des papes avaient sans cesse parlé de la “Providence”, comme le fit aussi Hitler, le “Führer séducteur”. Le pape Pie XI déclara en février 1929 en parlant de Mussolini: «… l’homme que la Providence nous a fait rencontrer» (E. Paris, “Histoire secrète des Jésuites”, p. 210).

Qui lit les différents ouvrages relatifs aux papes et à leurs actions jusqu’aux temps les plus récents est bouleversé. Les Juifs et autres croyants étaient tout simplement considérés comme rien. Le pape jésuite Léon XIII (1878-1903) déclarait: «Anathème à celui qui dirait: le Saint-Esprit ne veut pas qu’on tue les hérétiques!» (E. Paris, “Histoire secrète des Jésuites”, p. 279). Depuis quand le Saint-Esprit tue-t-Il? Selon le témoignage des Ecritures, l’Esprit rend vivant. Mais l’église romaine qualifiait de faux docteurs et d’hérétiques tous ceux qui n’étaient pas fidèles à sa ligne de conduite, et le clergé s’arrogeait le droit de liquider ces personnes. De ce point de vue nous devons aussi observer le comportement du pape Pie XII à l’égard du pogrom qui eut lieu avant et pendant la 2ème guerre mondiale. A un jet de pierre du Vatican, la Synagogue juive était en flammes sans que le pape dise un seul mot pour condamner cela. Puis, dans la synagogue reconstruite, le pape actuel se fit célébrer comme le Messie même par les Juifs frappés d’aveuglement lorsqu’à son entrée le Psaume 150 fut chanté.

Lors de la première rencontre du Seigneur avec Abraham, le Seigneur lui fit cette promesse: “Et je te ferai devenir une grande nation, et je te bénirai, et je rendrai ton nom grand, et tu seras une bénédiction; et je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront” (Gen. 12.2,3). Ceux qui prétendaient croire Dieu et Sa Parole auraient bien fait de garder cette Parole devant leurs yeux.

Le strict monothéisme, qui était l’apanage exclusif de la foi judaïque, faisait obstacle à la pensée d’origine païenne des évêques. Tout d’abord ils ne voulaient rien avoir de commun avec les Juifs ni avec le Dieu des Juifs. Ainsi, à la place du mot hébraïque “Maschiah” (Messie), ils mirent le mot grec “Christos” (Oint). A la place du mot hébraïque “Yahschua” (Yahwé Sauveur), ils mirent le mot grec “Jésus”. Les formulations concernant la Divinité prirent leur source à cette époque dans la pensée hellénique, et cela d’une manière totalement étrangère au peuple d’Israël et au Dieu d’Israël. Le Nouveau Testament non plus ne connaît aucune hostilité envers les Juifs, comme certains historiens le prétendent. Il semble que ce qui ait échappé à tous, c’est cette déclaration du Seigneur Jésus: “… car le salut vient des juifs” (Jean 4.22).

Déjà les prophètes de l’Ancien Testament avaient prophétisé que les nations auraient aussi part au salut de Dieu: “Moi, l’Eternel (Yahwé), je t’ai appelé en justice; et je tiendrai ta main; et je te garderai; et je te donnerai pour être une alliance du peuple, pour être une lumière des nations…” (Es. 42.6). “… je te donnerai aussi pour être une lumière des nations, pour être mon salut jusqu’au bout de la terre” (Es. 49.6b). C’est avec les Juifs que le Seigneur Jésus a commencé et Il a dit à Ses disciples: “… mais allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël” (Mat. 10.6). Pierre fut le premier apôtre à être témoin de quelle manière un centenier romain du nom de Corneille fut sauvé avec toute sa maison (Actes 10). Le Seigneur dit à Paul: “Va, car je t’enverrai au loin vers les nations” (Actes 22.21). Lorsque le Seigneur donna Son ordre de mission à Ses disciples, Il donna déjà cette claire directive: “Allez donc, et faites disciples toutes les nations…” (Mat. 28.19). L’Eglise du Dieu vivant est formée de tous peuples, langues et nations.

Parce que l’empire romain était présent partout, l’église de l’empire pouvait mettre en jeu tous les moyens temporels pour atteindre son but. En réalité une “christianisation” n’eut pas lieu mais bien une “catholisation” du monde d’alors. Les peuples ne devinrent pas des croyants en Christ par la prédication de l’évangile, ils furent en fait contraints d’accepter “la religion d’Etat” catholique. Pendant les mille ans environ que dura la monarchie de l’église catholique romaine, la terre entière fut arrosée du sang des martyrs. Leur nombre est diversement évalué, mais dans l’ensemble on estime à environ 68 millions le nombre des martyrs. Tous ceux qui croyaient différemment étaient traqués comme du gibier. Même la “Contre-Réforme” a été une occasion de verser le sang en utilisant les moyens du monde, et elle n’avait rien à faire avec la publication de l’évangile du salut; au contraire il en résulta de nouvelles calamités causées par la puissance ecclésiastique unie à la puissance laïque. Qui donc n’a pas entendu parler de l’Inquisition en Espagne, des procès intentés aux sorcières et de leur mort sur le bûcher, de l’expulsion des Vaudois et des Mennonites, de la persécution dans toute l’Europe de ceux qui avaient une foi différente? Dans la nuit de la St-Barthélémy (du 23 au 24 août 1572), lors de ce que l’on a appelé les “Noces de sang”, 3’000 Huguenots furent assassinés rien qu’à Paris, et dans la France entière il y en eut plus de 20’000. «Le pape Grégoire XIII célèbre le meurtre des Protestants français par un ‘Te Deum’» (B. Harenberg, Chronik der Menschheit, S. 437).

Cette église entreprit des changements de doctrines, de telle manière qu’on ne put plus retrouver ce qui faisait partie du trésor de la foi originelle. La lecture des Saintes Ecritures fut interdite sous peine de châtiment. Il est déjà bouleversant de constater qu’en particulier des Juifs et des chrétiens croyant la Bible furent brûlés avec la Bible qu’ils lisaient par cette église de Rome. Pourquoi cette église doit-elle donc tant craindre la Bible?


 

Chapitre 4

LES PRETENTIONS INFONDEES DES PAPES

Comme nous l’avons déjà exposé de façon convaincante, l’église catholique date en effet d’environ 1600 ans, et non pas de 2000 ans. Il n’est donc pas étonnant que pas une seule doctrine et pratique de cette église soit en accord avec l’Eglise primitive. Les notions doctrinales telles que celles “du baptême, du Repas du Seigneur, de la repentance, etc.” sont demeurées, cependant elles ont une signification tout autre, et dans la pratique elles sont appliquées d’une manière complètement différentes qu’elles ne le furent dans le christianisme primitif.

A aucun endroit des Saintes Ecritures il n’est question d’un pape, tout comme il n’est jamais non plus fait mention d’un “successeur de Pierre”, d’un “vicaire de Christ” ou d’une “succession apostolique”. On a fait violence à la vérité de certains passages bibliques pour justifier des prétentions tout à fait arbitraires, en citant en particulier cette parole de Jésus dans Matthieu 16.18: “Et moi aussi, je te dis que tu es Pierre (petros); et sur ce roc (petra) je bâtirai mon assemblée, et les portes du hadès ne prévaudront pas contre elle”. Le Seigneur n’a pas dit à Pierre: “… je bâtirai sur toi mon assemblée”, mais bien: “… et sur ce roc…”. Le mot “petros” signifie pierre; mais l’Eglise, Elle, devait être bâtie sur le roc — “petra”.

Quiconque veut en prendre la peine peut lire en grec les passages de l’Ancien et du Nouveau Testament où il est question d’un roc (petra) (Mat. 7.24,25; Luc 6.48; 1 Cor. 10.4). Que le Seigneur du Ciel ait fondé Son Eglise sur un homme, même s’il eût été le plus grand des prophètes et des apôtres, est tout simplement absurde. Pierre était une pierre (petros) qui pouvait être facilement déplacée et non point un roc (petra) inébranlable. Juste 5 versets plus loin il est dit que le Seigneur se retourna vers lui en lui disant: “Va arrière de moi, Satan, tu m’es en scandale; car tes pensées ne sont pas aux choses de Dieu, mais à celles des hommes” (Mat. 16.23).

En fait, Pierre venait de recevoir la révélation de la personnalité de Jésus, c’est-à-dire qu’Il était le Christ, et c’est sur cette révélation de Jésus-Christ que devait être fondée l’Eglise. Avant de lire le verset 18, il est indispensable de lire le verset 17: “Et Jésus, répondant, lui dit: Tu es bienheureux, Simon Barjonas, car la chair et le sang ne t’ont pas révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux”. Il ressort clairement du contexte que Pierre venait de recevoir une révélation céleste concernant Jésus-Christ et il l’exprima au verset 16: “Et Simon Pierre, répondant, dit: Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant!”. Le Seigneur Jésus, au verset 15, avait posé la question: “Et vous, qui dites-vous que je suis?”. La réponse était une révélation divine faite à Pierre par le Père, et c’est sur cette révélation de Jésus-Christ que l’Eglise est fondée.

Le verset 19: “Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux…” a également été interprété dans une intention intéressée. Il est bien question dans ce passage des clefs du Royaume des cieux. Jean-Baptiste avait prêché, disant: “Repentez-vous, car le royaume des cieux s’est approché” (Mat. 3.2). Nous lisons au sujet de notre Seigneur qu’il est dit dans Matthieu 4.17: “Dès lors, Jésus commença à prêcher et à dire: Repentez-vous, car le royaume des cieux s’est approché”. Dans Luc 16.16 nous est montré le contexte de cette approche du Royaume des cieux: “La loi et les prophètes ont été jusqu’à Jean; dès lors, le royaume de Dieu est annoncé (litt. est évangélisé) et chacun use de violence pour y entrer”.

Le jour de Pentecôte, les premières âmes se pressèrent pour entrer dans le Royaume de Dieu, et elles étaient privilégiées par rapport à Jean-Baptiste qui, lui, n’avait pu que l’annoncer: “En vérité, je vous dis: parmi ceux qui sont nés de femme, il n’en a été suscité aucun de plus grand que Jean le baptiseur: mais le moindre dans le royaume des cieux est plus grand que lui. Mais, depuis les jours de Jean le baptiseur jusqu’à maintenant, le royaume des cieux est pris par violence, et les violents le ravissent” (Mat. 11.11,12). Le jour de Pentecôte, Pierre, revêtu de l’autorité divine, employa la clef du Royaume des cieux de la bonne manière. Il donna dès le commencement à l’Eglise du Nouveau Testament les ordonnances qui seraient à jamais valables.

Le symbole de la clef est très simple à comprendre. Celui qui a la clef d’une maison peut y entrer; celui qui a la clef d’une voiture peut partir avec elle. Celui qui possède la clef du Royaume des cieux a accès au Royaume de Dieu; par elle il ouvre les choses qui jusque-là étaient fermées et il lui est révélé ce qui était caché. En vertu d’un appel divin et d’un établissement dans le service, les ordonnances valables pour toute la durée de l’Eglise du Nouveau Testament ont été établies ce jour-là de manière obligatoire et elles ne doivent pas être changées.

Le Seigneur fit aux conducteurs spirituels de ce temps-là un sérieux reproche: “Malheur à vous, les docteurs de la loi! car vous avez enlevé la clef de la connaissance; vous n’êtes pas entrés vous-mêmes, et vous avez empêché ceux qui entraient” (Luc 11.52). Se pourrait-il que nous trouvions aujourd’hui la même situation?

Ce que Jésus dit encore à Pierre dans ce contexte a été de même entièrement mal compris et faussement appliqué: “… et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux; et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux” (Mat. 16.19). Ce que l’apôtre Pierre a déclaré avoir force de loi lors de la fondation de l’Eglise, c’est-à-dire la repentance, le baptême d’eau et le baptême du Saint-Esprit a été dit sous la direction du Saint-Esprit. C’est pourquoi la chose est valable aussi bien dans le Ciel que sur la terre. C’est là la véritable signification des clefs.

Cette pleine autorité divine ne fut cependant pas limitée à Pierre qui parla le premier à l’heure de la naissance de l’Eglise du Nouveau Testament, et qui publia les ordonnances conformes à la doctrine, mais cette autorité divine a été reportée sur toute l’Eglise. C’est ce qui ressort sans l’ombre d’un doute de Matthieu 18.18 où les mêmes paroles sont dites au pluriel: “En vérité, je vous dis: tout ce que vous lierez sur la terre, sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel”. Nous voyons donc que la même pleine autorité reçue par l’homme de la première heure pour établir les doctrines obligatoires est reportée sur l’ensemble de l’Eglise car Elle est chargée de publier les mêmes doctrines. Comme on le voit clairement dans ce contexte, ceci est valable également lorsqu’il s’agit d’émettre un avis à propos d’une circonstance touchant personnellement un croyant. Au cas où la personne concernée ne prenait pas garde à ce qui avait été arrêté par l’Eglise, conformément à la Parole, elle était classée parmi les personnes incrédules. Cette Toute-puissance divine n’est donc pas reliée à un seul homme, mais bien à l’ensemble de l’Eglise. Ainsi elle ne doit pas être employée arbitrairement, mais uniquement en accord avec la Parole de Dieu. Alors s’accomplit ce qui est écrit précisément dans le verset suivant: “Je vous dis encore que si deux d’entre vous sont d’accord sur la terre pour une chose quelconque, quelle que soit la chose qu’ils demanderont, elle sera faite pour eux par mon Père qui est dans les cieux” (Mat. 18.19).

Nous devons aussi écrire un mot d’éclaircissement sur Jean 20.21,22. C’est là que le Seigneur dit aux apôtres: “Paix vous soit! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. Ayant dit cela, il souffla en eux, et leur dit: Recevez l’Esprit Saint. A quiconque vous remettrez les péchés, ils sont remis; et à quiconque vous les retiendrez, il sont retenus”. Ce passage de l’Ecriture a aussi été totalement incompris et interprété d’une manière entièrement non biblique par l’église romaine. Aucun homme n’a à faire avec le pardon des péchés. C’est Dieu seul qui nous les pardonne (Marc 2.7). Lors d’une prédication les hommes reçoivent la certitude, par la foi en Jésus-Christ, que par l’oeuvre de rachat pleinement accomplie au travers de Lui, l’Agneau de Dieu, Dieu leur a pardonné. Il est évident qu’aucun homme ne peut se pardonner lui-même ses péchés, et il ne peut pas davantage pardonner les péchés d’un autre. Au contraire les Saintes Ecritures disent clairement: “… et que la repentance et la rémission des péchés fussent prêchées en son nom à toutes les nations en commençant par Jérusalem” (Luc 24.47). “Et vous, lorsque vous étiez morts dans vos fautes et dans l’incirconcision de votre chair, il vous a vivifiés ensemble avec lui, nous ayant pardonné toutes nos fautes…” (Col. 2.13).

Que signifie donc réellement cette déclaration faite au pluriel dans Jean 20.13: “A quiconque vous remettrez les péchés, ils sont remis…”? A qui donc était-elle adressée et dans quelles circonstances a-t-elle été faite? Indubitablement cette parole s’adresse aux apôtres après la résurrection de notre Seigneur et c’est en rapport avec leur envoi dans le ministère. Il s’agit ici du péché commis contre un prédicateur de l’Evangile qui a été mandaté par le Seigneur. Alors que notre Seigneur Jésus accomplissait Son ministère, beaucoup ont péché contre Lui en disant qu’Il était Béelzébul et en Le traitant de toutes sortes de choses. Mais Lui répondit: “C’est pourquoi je vous dis: tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes; mais le blasphème contre l’Esprit ne sera pas pardonné. Et quiconque aura parlé contre le Fils de l’homme, il lui sera pardonné; mais quiconque aura parlé contre l’Esprit Saint, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle, ni dans celui qui est à venir”(Mat. 12.31,32). Cela se rapporte donc au péché commis contre les hommes qui, depuis l’effusion de l’Esprit à Pentecôte, exercent un ministère mandaté par Dieu en vertu de leur vocation divine.

Lorsqu’une personne blasphème contre un serviteur envoyé par Dieu, qu’il le persécute et le lapide, ce même serviteur peut lui pardonner ce péché. Jésus Lui-même nous en a donné un exemple lorsqu’Il dit: “Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font” (Luc 23.34). Lorsque Etienne fut lapidé, il s’écria dans sa prière:“Seigneur Jésus, reçois mon esprit! … Seigneur, ne leur impute point ce péché” (Actes 7.59,60). Mais par contre, si quelqu’un pèche contre l’action du Saint-Esprit, contre les dons de l’Esprit se manifestant à travers un envoyé de Dieu, en blasphémant contre cela, c’est alors un péché qui ne peut être pardonné, un péché qui est retenu contre lui. Un homme de Dieu ne peut pardonner qu’à celui qui a péché contre lui personnellement, comme cela est exprimé dans le “Notre Père” pour le pardon: “… et remets-nous nos dettes, comme nous aussi nous remettons à nos débiteurs” (Mat. 6.12). “Et quand vous ferez votre prière, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez-lui, afin que votre Père aussi, qui est dans les cieux, vous pardonne vos fautes” (Marc 11.25). Chaque fois que quelqu’un pèche contre une autre personne, même si cela arrivait soixante-dix fois sept fois, ils doivent se pardonner les uns aux autres (Mat.18.21-35).

Par conséquent, si quelqu’un blasphème contre un véritable serviteur de Dieu, le pardon peut être accordé. Mais si le Saint-Esprit est à l’oeuvre au travers de cet homme et que quelqu’un blasphème contre cette action de l’Esprit, alors cela ne concerne nullement l’homme que Dieu emploie, car cette action est dirigée directement contre le Saint-Esprit. Par conséquent le blasphémateur est coupable devant Dieu d’avoir commis le péché contre le Saint-Esprit, péché qui ne peut pas être pardonné et qui lui est retenu. C’est le “péché à la mort” conduisant à la séparation d’avec Dieu (1 Jean 5.16). Au demeurant, tout homme est pécheur devant Dieu et c’est de Lui qu’il reçoit le pardon de ses péchés et de ses fautes, car Lui seul peut pardonner: “C’est lui qui pardonne toutes tes iniquités…” (Ps. 103.3).“Bienheureux ceux dont les iniquités ont été pardonnées et dont les péchés ont été couverts” (Rom. 4.7).

Je m’exprime d’une manière modérée lorsque je dis que la pratique de l’église catholique romaine est non biblique. Tout au long de la vie de ses fidèles, de leur naissance à leur mort, cette église leur déclare que leurs péchés sont pardonnés par son intermédiaire. Après leur mort, on communique solennellement à ceux qui sont restés que malgré tous les sacrements, y compris l’extrême-onction, celui qui est décédé se trouve dans le purgatoire. C’est là qu’il doit être purifié de ses péchés qui cependant lui ont été pardonnés tout au long de sa vie par les pratiques de sa religion. Quel paradoxe! Du reste le purgatoire, comme toutes les doctrines et les dogmes de cette organisation, n’est qu’une pure invention.

Le réformateur suisse Huldrych Zwingli disait à cet égard: «Puisque en fait le purgatoire — c’est ainsi qu’on se plaît à nommer cette expiation illusoire par le feu — ne se trouve nulle part dans la Parole de Dieu, comment se fait-il que nous soyons si stupides de prêter foi à de tels radotages fades et douteux? Nous voyons cependant que les mêmes personnes qui défendent le purgatoire et nous enseignent la manière de l’éteindre, se proposent en même temps eux-mêmes comme extincteurs de ce feu. Ils disent: Tu dois donner de l’argent afin que le feu se laisse le plus rapidement étouffer, et cela arrive en particulier lorsque celui qui prend l’argent lit honnêtement la messe, prie et chante les psaumes. Ainsi ils lisent la messe, et ils tendent en même temps la main pour demander de l’argent…» (Zwingli Hauptschriften, Der Theologe, II.Teil, S. 193,194).

Depuis l’établissement de cette église universelle, des quantités de choses ont été introduites, enseignées et même proclamées comme dogmes, lesquelles n’ont absolument rien à voir avec le christianisme primitif. Les croyants de ce premier âge ne connaissaient pas davantage les cierges que l’encens et l’eau bénite. Il en est de même pour ce qui concerne la béatification et la canonisation des morts et leur vénération. Dans l’Eglise primitive il n’y avait point de sacrifice quotidien de la messe, point d’invocation à la “mère” de Dieu et point de couvent. J’ai devant moi une liste, qui sera publiée plus bas, de différentes proclamations faites jusqu’à la déclaration d’infaillibilité du pape en l’an 1870, Cette dernière, malgré une forte opposition jusque dans leurs propres rangs, a été acceptée (rien qu’en Allemagne, 79 théologiens étaient opposés à cela et 25 seulement y étaient favorables!); et en 1950 on édicta le dogme selon lequel Marie serait montée au Ciel en son corps et son âme. Toutes ces choses sont dénuées de tout fondement biblique. C’est ainsi qu’il est par exemple écrit dans la Bible: “Et personne n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme…” (Jean 3.13).

Cette proclamation du pape Pie XII doit donc être classée comme antichrist parce qu’elle est en flagrante contradiction avec la déclaration de Christ. C’est seulement en 431, au concile d’Ephèse, que Marie a été déclarée “Mère de Dieu”. Après cela, on commença à lui donner différents titres comme: “Notre Dame”, “Reine du Ciel”, “Médiatrice”, “Celle qui secourt”, “Celle qui intercède”, “Mère de toutes grâces”, “Mère de l’Eglise”, et aussi “Celle qui a écrasé le serpent”, etc. etc. Beaucoup de ces désignations, qui se rapportaient à Christ, ont été transférées de Christ à Marie, et c’est la raison pour laquelle elles sont également antichrist. Jésus, Lui, est Le Roi, Il est Le Médiateur, Il est L’Intercesseur, et Lui seul a écrasé la tête du serpent. Si Marie avait fait tout cela, et qu’elle soit tout cela, qu’est-ce donc que Christ peut bien avoir fait Lui-même? Et finalement, Qui est-Il?

Ce qui peut être retenu des décisions prises par les conciles, ainsi que des déclarations des papes, est exprimé d’une façon frappante par le réformateur Martin Luther. Les paroles qu’il a prononcées à la Diète de Worms le 18 avril 1521 sont entrées dans l’histoire: «La raison pour laquelle je ne crois pas davantage au Pape qu’aux Conciles vient du fait qu’ils se sont souvent trompés et se sont emmêlés dans leurs propres contradictions. Si je ne suis pas convaincu par des témoignages écrits et par des arguments bien clairs, je le suis du moins par les témoignages des Ecritures cités par moi et qui sont renfermés dans la Parole de Dieu. Je ne peux pas me rétracter, et ne le veux pas non plus, car agir contre la conscience n’est pas sûr ni salutaire. Que Dieu me soit en aide. Amen!» (F. Hauss, Väter der Christenheit, S. 147). L’histoire rend témoignage de la faillibilité des papes: «Jusqu’à la fin de la guerre de Trente ans il y eut 245 papes. Parmi ceux-là, 24 papes étaient des “anti-papes”. Et selon la vérité historique qui fut longtemps tenue pour fable, il y eut une ‘papesse’. 19 papes ont quitté Rome, 35 ont régné à l’étranger, 8 papes n’ont pas régné plus d’un mois, 40 ont régné un an, 22 jusqu’à 2 ans, 54 jusqu’à 5 ans, 57 jusqu’à 10 ans, 51 jusqu’à 15 ans, 18 jusqu’à 20 ans et seulement 10 papes ont régné plus de 20 ans. Des 245 papes, 31 furent déclarés usurpateurs ou hérétiques. Tandis que parmi les papes légitimes 64 moururent d’une mort violente, 18 papes furent empoisonnés, 4 furent étranglés et 13 moururent de diverses manières» (E. Rosenow, Wider die Pfaffenherrschaft, Bd. I, S. 42).

Rome, pour mieux dire le Vatican, s’est approprié l’autorité universelle, ce qui n’est en aucun cas légitimé par la Parole. Elle n’est qu’une puissance purement mondaine sous le couvert de la piété. La légende selon laquelle Pierre aurait été à Rome et même qu’il aurait exercé dans cette ville le ministère d’évêque durant presque 20 ans est une tentative désespérée de justifier une assertion, certes inventée, mais de la plus haute importance pour cette église. Les historiens parlent uniquement d’un certain Simon Magus qui a fait une grande impression au sénat romain par ses trucs magiques. Du reste les Ecritures nous décrivent assez clairement les voyages missionnaires de Paul, ainsi que ceux de Pierre, pour qu’il ne subsiste aucun doute à ce sujet. Si Pierre avait réellement entrepris un voyage à Rome, cela aurait été une chose exceptionnelle, faisant même sensation, et nous en aurions eu le récit.

D’après Galates 2.9, Pierre, Jacques et Jean donnèrent la main d’association à Paul et Barnabas, convenant que Paul et Barnabas agiraient parmi les païens, alors que Pierre, Jacques et Jean s’occuperaient des Juifs. Paul, qui a écrit l’épître aux croyants de Rome, y salue à la fin vingt-sept personnes en citant leur nom, mais celui de Pierre ne s’y trouve aucunement. Pareillement, dans les nombreuses épîtres qu’il écrivit de Rome aux églises et aux particuliers, pas une seule fois le nom de Pierre n’est mentionné.

Après un examen plus rigoureux de la Parole de Dieu et du développement religieux, il devient clair qu’aucune des doctrines introduites par l’église romaine ne peut résister à l’épreuve des Saintes Ecritures. L’acceptation de l’autorité papale est absolument incompréhensible. Dans l’histoire tout entière de l’église, il n’est pas mentionné une seule fois qu’un pape aurait reçu une vocation divine. Il est au contraire bien connu de tous que les papes sont élus par le collège des cardinaux (le conclave).


 

Chapitre 5

QUI EST MARIE?

Nous voulons voir ce que Dieu d’une part, et les hommes de l’autre, ont fait de la vertueuse Miriam, car c’est ainsi qu’est appelée la jeune Marie. Elle était la vierge en qui s’accomplit la promesse faites par le Seigneur Dieu à travers le prophète Esaïe: “Voici, la vierge concevra et elle enfantera un fils, et appellera son nom Emmanuel” (Es. 7.14).

Lorsque dans les nouvelles traductions de la Bible on traduit le mot “vierge ”par “jeune femme”, c’est une grave atteinte au sens du mot. Au temps de l’événement divin, Marie n’était pas une “jeune femme”, elle le devint plus tard. Elle était “vierge” lorsque le Saint-Esprit la couvrit de Son ombre. Les marques distinctives d’une vierge sont sa pureté et le fait qu’elle n’a pas été touchée par l’homme.

“Or la naissance de Jésus Christ arriva ainsi: Sa mère, Marie, étant fiancée à Joseph, avant qu’ils fussent ensemble, se trouva enceinte par l’Esprit Saint” (Mat. 1.18).

Joseph fut tellement déçu d’elle qu’il voulut l’abandonner. Nous pouvons très bien nous mettre à sa place pour ressentir ce qui se passa en lui. “Mais Joseph, son mari, étant juste, et ne voulant pas faire d’elle un exemple, se proposa de la répudier secrètement” (Mat. 1.19). Il ne voulait point faire de scandale, mais il était tellement blessé et affligé qu’il voulut se séparer d’elle. “Mais comme il méditait sur ces choses, voici, un ange du Seigneur lui apparut en songe, disant: Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre auprès de toi Marie ta femme, car ce qui a été conçu en elle est de l’Esprit Saint” (Mat. 1.20).

Nous trouvons ici la première indication dans les Saintes Ecritures que, de fiancée, Marie devint plus tard l’épouse de Joseph. En continuant dans la lecture de ce récit, nous pouvons constater que Joseph agit exactement selon la directive qui lui avait été donnée. “Or Joseph, étant réveillé de son sommeil, fit comme l’ange du Seigneur le lui avait ordonné, et prit sa femme auprès de lui; et il ne la connut point, jusqu’à ce qu’elle eût enfanté son fils premier-né; et il appela son nom Jésus”(Mat. 1.24,25). Ceci est assez clair. Ce n’est qu’après la naissance de Jésus que Joseph eut des relations avec Marie en tant qu’époux avec son épouse. De ce mariage naquirent quatre fils, et ils eurent aussi plusieurs filles dont le nombre ne nous est pas connu. “Celui-ci n’est-il pas le fils du charpentier? Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie? Et ses frères, Jacques, et Joses, et Simon, et Jude? Et ses soeurs ne sont-elles pas toutes auprès de nous?” (Mat. 13.55,56). C’est la vérité biblique; toute autre histoire n’est qu’invention formulée pour rendre honneur à Marie.

Déjà dans Matthieu 1.16 Joseph est présenté dans le registre généalogique comme étant le mari de Marie. Nous allons prouver par d’autres témoignages de la Bible la réalité du fait qu’une union a existé, de laquelle des enfants sont issus. L’évangéliste Marc en parle au chapitre 6, verset 3 et Luc nous fait savoir que Sa mère et Ses frères vinrent un jour Le chercher. Les gens dirent à Jésus: “Ta mère et tes frères se tiennent dehors, désirant te voir. Mais lui, répondant, leur dit: Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique” (Luc 8.19-21).

Jésus n’était pas venu pour établir un rapport de parenté terrestre, c’est pourquoi Il ne pouvait user d’aucun ménagement particulier envers Sa mère naturelle, ni envers les fils nés d’elle. Il fit la correction convenable en faisant ressortir quels sont les véritables enfants de Dieu, c’est-à-dire ceux qui agissent conformément à la Parole de Dieu.

Sans contredit, la fausse inspiration existait déjà en ces jours-là. L’Ecriture ne nous le cache pas: “Et il arriva, comme il disait ces choses, qu’une femme éleva sa voix du milieu de la foule et lui dit: Bienheureux est le ventre qui t’a porté, et les mamelles que tu as tétées. Et il dit: Mais plutôt, bienheureux sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent” (Luc 11.27,28). Cette voix qui s’éleva là-bas n’était-elle pas typiquement de la vénération? C’est pourquoi le Seigneur fit sur-le-champ la correction nécessaire.

Afin de pouvoir favoriser le culte rendu à Marie avec une apparence de justesse, on a falsifié le texte de Luc 1.28 en traduisant faussement le passage suivant: “Et l’ange étant entré auprès d’elle, dit: Je te salue, toi que Dieu fait jouir de sa faveur! Le Seigneur est avec toi”. Dans le catéchisme catholique nous pouvons lire ce qui suit: “Je vous salue, Marie, pleine de grâces, le Seigneur est avec toi”. Il y a une différence énorme entre une personne qui jouit de la grâce de Dieu et celle qui est pleine de grâces.

Marie suivit le même chemin que tout autre jeune fille. Avant que l’ange Gabriel ne s’adresse à elle, elle était fiancée à Joseph et son intention était de l’épouser. C’est à cette Marie déjà fiancée que l’ange dit: “Ne crains pas, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu” (v. 30). Il est naturel qu’elle ait été étonnée de voir le messager céleste et d’entendre le message qu’il lui apportait. Le verset 38 confirme une fois encore que Marie n’était pas pleine de grâces mais bien, comme il est écrit, qu’elle avait “trouvé grâce auprès de Dieu”. C’est pourquoi elle dit: “Voici l’esclave du Seigneur; qu’il me soit fait selon ta parole” (Luc 1.38).

Il ne se trouve aucun passage des Saintes Ecritures déclarant que nous dépendrions de la grâce de Marie ou même de la faveur de Joseph. Au contraire: La grâce de Dieu s’est fait connaître à nous par la Parole faite chair, Laquelle a habité au milieu de nous (Jean 1), et cette grâce se trouve aujourd’hui encore uniquement dans le Rédempteur. “Car, de sa plénitude (pas celle de Marie), nous tous nous avons reçu, et grâce sur grâce. Car la loi a été donnée par Moïse; la grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ” (Jean 1.16,17). A cet égard aussi, un témoignage clair nous a été laissé dans les Saintes Ecritures.

Le Fils ne se trouve pas plus sur le sein de Marie que dans Ses bras, comme nous le montrent d’innombrables images pieuses, mais bien, comme il est écrit, dans le sein du Père: “Personne ne vit jamais Dieu; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître” (Jean 1.18). Toutes ces images soi-disant miraculeuses, et toutes ces représentations symboliques de la mère et du Fils, ont été reprises des cultes païens de la fécondité, et de ses déesses et divinités. Cet égarement éloigne le croyant du vrai culte qui devrait être rendu à Dieu seul, pour le conduire au culte des idoles. Jésus n’est pas, comme on l’enseigne faussement, le fruit du “don béni” de Marie. Marie n’était que la porteuse de la substance divine.

Dans les versets suivants se trouve décrit le manquement (tout à fait humain) de Marie. Après la fête de Pâques à Jérusalem, alors que tous rentraient chez eux, seul Jésus, âgé de 12 ans, resta en arrière dans le Temple sans que sa famille l’ait tout d’abord remarqué: “Et il arriva qu’après trois jours ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs…” (Luc 2.46). Il est compréhensible que Marie ait été pleine d’inquiétude, et qu’elle ne savait plus ce qu’elle disait lorsqu’elle fit ce reproche à l’enfant: “Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait ainsi? Voici, ton père et moi nous te cherchions, étant en grande peine” (Luc 2.48).

La réponse de l’enfant est visiblement une nette correction faite à ce qu’elle venait de dire: “Ne saviez-vous pas qu’il me faut être aux affaires de mon Père?” (Luc 2.49). Jésus ne se rapportait pas à l’atelier de charpentier de Joseph, mais bien à Son Père céleste, et par cela même Il corrigea immédiatement la déclaration erronée que Marie venait de faire, déclaration faisant alors penser faussement que Joseph aurait été Son père.

Le fait que Marie elle-même avait besoin de la grâce et du salut ressort bien du fait qu’après l’Ascension de Jésus-Christ, elle se rendit elle aussi dans la chambre haute et fit partie du groupe des 120 personnes qui reçurent là le Saint-Esprit: “Tous ceux-ci persévéraient d’un commun accord dans la prière, avec les femmes, et avec Marie, la mère de Jésus, et avec ses frères” (Actes 1.14). Il est dit des frères de Jésus, qui se trouvaient également dans la chambre haute, qu’au commencement ils ne croyaient pas en Lui (Jean 7.3-5).

En ce temps-là on ne rendait pas hommage à Marie; mais Marie faisait partie de ceux qui eux-mêmes priaient pour recevoir l’expérience de l’effusion du Saint-Esprit. La réception personnelle du Saint-Esprit est nécessaire au salut de chaque enfant de Dieu, et par conséquent elle l’était aussi à Marie.

On vous dit: “Le Fils exaucera tous les désirs de Marie”. Où donc cela est-il écrit? Par cette affirmation, une fausse espérance est éveillée dans le coeur de l’homme. Par cette pensée on veut faire croire que Jésus était le Fils de Dieu et de Marie. Mais cette formulation ne se trouve pas une seule fois exprimée dans les Saintes Ecritures. Jésus est le Fils de Dieu; Marie n’a été que le vase qui L’a porté.

Lorsqu’aux noces de Cana, en Galilée, le vin vint à manquer, Marie dit à Jésus: “Ils n’ont pas de vin”. Jésus lui répondit: “Qu’y a-t-il entre moi et toi, femme? Mon heure n’est pas encore venue” (Jean 2.3,4). C’était une réponse bien tranchante pour une remarque faite avec douceur, mais cette réponse devait clairement montrer qu’aucun homme ne pouvait L’influencer, et Marie pas davantage que d’autres.

Sans contredit nous devrions prendre à coeur le bon conseil qu’elle donna aux serviteurs: “Faites tout ce qu’il vous dira” (v. 5). C’est là une grande leçon pour toute l’humanité.

Ce n’est pas seulement dans les évangiles que sont mentionnés les frères du Seigneur selon la chair. Paul en parle aussi: “N’avons-nous pas le droit de mener avec nous une soeur comme femme, comme font aussi les autres apôtres, et les frères du Seigneur, et Céphas?” (1 Cor. 9.5).

L’apôtre écrit aux Galates: “Et je ne vis aucun autre des apôtres, sinon Jacques le frère du Seigneur” (Gal. 1.19).

Ce qu’il y a de remarquable est le fait que depuis la fondation de l’Eglise du Nouveau Testament le jour de Pentecôte, Marie n’est plus mentionnée dans la Bible, c’est-à-dire depuis Actes 2 jusqu’à la fin de la Bible. Ce fait suffit à éclairer un chrétien biblique. Elle avait accompli sa tâche. Chez les chrétiens primitifs n’habitait pas l’esprit d’idolâtrie mais le Saint-Esprit. Ils ne vénéraient pas une créature mais le Créateur.

«… Après le 7ème siècle s’installa la pratique entièrement non biblique de vénérer et d’idolâtrer Marie. Depuis le 12ème siècle on commença avec la prière ‘Ave Maria’. A partir de 1140 environ les fêtes en l’honneur de Marie se multiplièrent, comme la fête de ‘l’immaculée Conception’. Au cours du 12ème siècle apparut aussi la prière du Rosaire… Sous le signe de Marie, l’église catholique veut gagner à soi le monde entier. C’est pourquoi après la seconde guerre mondiale, précisément, le culte rendu à Marie fut renforcé…» (O. Markmann, Irrtümer der katholischen Kirche, S. 48-50).

En voyant tout ce qui se passe, il est facile de discerner si c’est le Saint-Esprit qui est à l’oeuvre, ou si c’est l’esprit antichrist. Nous devons le dire avec la plus grande fermeté: cette Marie présentée par la Bible et à laquelle il a été dit: “… bienheureuse est celle qui a cru; car il y aura un accomplissement des choses qui ont été dites de la part du Seigneur” (Luc 1.45), et qui dit dans un plein abandon: “Voici l’esclave du Seigneur; qu’il me soit fait selon ta Parole” (Luc 1.38), celle-ci est tout autre que la Marie divinisée en 431 lors du Concile d’Ephèse, qui la désigna comme “Mère de Dieu”.


 

Chapitre 6

QU’EST-CE QUE “LE CULTE A MARIE”?

Selon le témoignage des Ecritures, seul Dieu peut être l’objet de la foi, de l’hommage, de la vénération et de l’adoration. Si un autre est élevé à cette place, c’est alors de la superstition et de l’idolâtrie. Des théologiens protestants ont déjà abondamment écrit à ce sujet, et cela de façon convaincante. Pour une meilleure compréhension nous en citerons plus bas quelques extraits. Il n’y a absolument rien qui justifie le culte rendu à Marie. Des apparitions de Marie ne sont nullement promises dans les Saintes Ecritures. Plus de mille ans ont passé sans qu’il y ait de telles apparitions. Etrangement, celles-ci ont toujours eu lieu uniquement dans des pays catholiques comme la Pologne, le Portugal, l’Espagne, la France. Dans les pays protestants, musulmans, bouddhistes et autres, où ces apparitions auraient été nécessaires si le salut en dépendait, aucune n’a eu lieu. Qu’il soit dit pour le soulagement de toute âme: Marie (celle de la Bible) ne peut absolument pas apparaître, aussi certainement que Pierre, Joseph ou n’importe quel autre ne peut apparaître. Cette apparition de Marie survient simplement parce que dans son imagination on le souhaite. Puisse-t-il demandé ici qui est honoré et glorifié dans tous ces pèlerinages? Est-ce Jésus ou Marie? Quelle sorte d’esprit est donc celui qui ne glorifie pas Jésus (le Seul vraiment digne!) mais Marie? Ce n’est certainement pas le Saint-Esprit! C’est l’esprit de tromperie. Le pasteur O. Markmann écrit sous le titre “Die Dämonie im Marienkult”: «Le culte mystique rendu à Marie est également caractérisé par l’influence démoniaque. Il nous est déjà rapporté dans les premiers siècles que certains adoraient Marie. Lors du développement du culte rendu à Marie dans les premiers siècles, l’ancien culte païen des déesses-mères fut particulièrement mis en avant» (O. Markmann, Irrtümer der katholischen Kirche, p. 47).

Depuis quand Dieu aurait-Il une mère? Déjà la formulation de cette pensée est absolument non biblique. Marie n’était pas la mère de Dieu mais elle donna naissance à Jésus, le Christ, notre Seigneur et Sauveur. C’est dans la ville d’Ephèse que la foule cria unanimement: “Grande est la Diane des Ephésiens!” (Actes 19.28). Maintenant, dans les congrès en l’honneur de Marie on chante: “Grande est Marie!”. Combien était-il tentant, dans la foulée, d’abaisser l’une et d’élever l’autre!

Ce n’est que depuis le 5ème siècle seulement que le culte rendu à Marie, lequel s’était entre-temps beaucoup répandu, prit son essor. Arthur Drews a écrit: «Du point de vue historique, la vénération portée à Marie offre un aperçu de toutes les détresses de l’humanité réunies en elle. C’est l’histoire de la plus naïve des superstitions, celle des plus effrontées tromperies, falsifications, interprétations, illusions et machinations, provenant de l’état pitoyable de l’humanité et de son indigence, tramées par la ruse des Jésuites conjointement avec l’ambition du pouvoir ecclésiastique, un spectacle propre aussi bien à en pleurer qu’en rire: une vraie Divine Comédie!» (K. Deschner, Und abermals krähte der Hahn, S. 401).

Depuis “l’Ave Maria” jusqu’au dogme de “l’Assomption” c’est-à-dire de son ascension corporelle, tout est antibiblique; et c’est à cause de cela que tout est faux. Ce sont des inventions introduites au cours des 1600 ans environ de l’église catholique romaine. Aujourd’hui on agit comme si tout cela appartenait au “trésor de la foi chrétienne”, alors qu’en fait c’est l’oeuvre sans valeur et antichrist de l’ennemi qui veut enlever à l’humanité la foi en Jésus-Christ, laquelle seule peut sauver, et la diriger vers la superstition de Marie qui ne peut pas sauver. Depuis le temps de la réformation jusqu’à nos jours, des théologiens renommés ont exprimé cela de façon claire et nette.

La superstition faisant croire à des apparitions de Marie qui auraient eu lieu en divers endroits de pèlerinage, est aux yeux de Dieu une chose abominable par laquelle les âmes sincères sont induites en erreur. Le pasteur Markmann écrit au sujet du pape actuel: «Quand le pape, lors de sa visite en Pologne, déposa une rose d’or aux pieds de la madone noire de Jasna Gora au Tschenstochau et confessa dans une extase silencieuse devant cette idole: ‘Totus tuum’, c’est-à-dire ‘Entièrement à toi’, n’est-ce pas là un blasphème? Cette oraison jaculatoire à Marie ‘Totus tuum’ a de plus été choisie par ce pape comme parole directrice de son pontificat et de toute sa vie de prêtre. Il termina sa prière à la madone noire par ces mots: ‘Je Te consacre toute l’Eglise — jusqu’aux extrémités de la terre! Je te consacre l’humanité et tous les hommes — tous les peuples et les nations. Je Te consacre Rome et la Pologne, unies au travers de Ton serviteur par un nouveau lien d’amour. Mère, prends-nous! Mère, ne nous abandonne pas! Mère, conduis-nous!» (O. Markmann, Endzeit, Entrückung, Antichrist, S. 32,33). Marie a été faite Mère de l’Eglise catholique romaine. Elle n’est nullement la Reine du Royaume des Cieux mais bien la Reine de l’empire catholique romain.

D’après ce que dit le livre “Fatima” de Joaquin Maria Alonso, Marie serait apparue avec éclat le 13 mai 1917 à trois enfants bergers. Ce nombre 13 se retrouve toujours à nouveau. Le 13 juillet 1917, la “Sainte Vierge” pria les trois enfants de revenir le mois suivant. Le 13 septembre 1917, lors de la cinquième apparition, elle leur dit soi-disant: «Je veux que vous reveniez ici le 13 octobre et continuiez à prier le rosaire…». Jusqu’à la sixième apparition on estimait à cinquante mille le nombre des pèlerins accourus. Au cours des années, des millions de personnes ont fait ce pèlerinage pour déposer leurs désirs sur le coeur de Marie, sans savoir que Marie elle-même en était réduite à demander l’aide de Dieu, et que jusqu’aujourd’hui elle n’a pu encore secourir ne fût-ce qu’une seule personne.

A Fatima, Marie est représentée par beaucoup de statues et d’images au moyen desquelles elle est révérée. Le pape actuel, Jean Paul II, s’est agenouillé dans la chapelle de l’apparition devant une telle image. Tout ce culte se trouve être en contradiction directe avec le commandement: “Tu ne te feras point d’image taillée, ni aucune ressemblance de ce qui est dans les cieux en haut, et de ce qui est sur la terre en bas, et de ce qui est dans les eaux au-dessous de la terre. Tu ne t’inclineras point devant elles, et tu ne les serviras point; car moi, l’Eternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui visite l’iniquité des pères sur les fils, sur la troisième et sur la quatrième génération de ceux qui me haïssent” (Ex. 20.4,5).

Les personnes se faisant des images pour se prosterner devant elles doivent donc selon la Parole de Dieu se laisser mettre au rang, de ceux qui haïssent Dieu. Au fond, ce n’est rien d’autre que la danse religieuse autour du veau d’or. L’un a son St-Christophe et l’autre différentes autres images; ils ont même un Christ fabriqué par l’homme et porté autour du cou.

Ceci me rappelle un entretien que j’ai eu avec plusieurs hôtes participants à une cure, entretien au cours duquel la conversation s’orienta sur le sujet de la foi. Ce fut alors que je demandai si quelqu’un d’entre eux avait une relation personnelle avec Jésus-Christ. Une femme répondit spontanément: «J’ai vendu mon Jésus». Sur le moment nous fûmes étonnés de cette déclaration, jusqu’à l’instant où elle nous dit qu’en tant que collectionneuse d’antiquités elle avait vendu à une église une statue de Jésus, haute de 1,25 m. et d’une grande valeur.

Il y a sur la terre entière des millions d’images diverses qui constituent toutes une abomination devant Dieu. Dans Sa sainteté, Dieu a prononcé ce jugement sur la vénération d’images: “Maudit l’homme qui fait une image taillée, ou une image de fonte (une abomination de l’Eternel, oeuvre des mains d’un artisan), et qui la place dans un lieu secret. Et tout le peuple répondra, et dira: Amen!” (Deut. 27.15). Les hommes ne cherchent pas leur refuge en Celui qui seul peut secourir, mais ils cherchent à obtenir le secours par toutes sortes de chemins de traverse et d’expédients. Dieu ne souffre-t-Il pas de tout cela? et n’est-Il pas offensé à l’extrême? Lorsqu’on demanda à Jésus quel était le premier de tous les commandements, Il répondit: “Le premier de tous les commandements est: Ecoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est un seul Seigneur; et tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, et de toute ton âme, et de toute ta pensée, et de toute ta force” (Marc 12.29,30). En vérité il n’y a là aucune place pour Marie, pour les saints, les patrons protecteurs, les statues, les icônes, etc.

Cet être humain, Marie, peut-il exaucer les millions de prières qui lui sont adressées dans le monde entier sans avoir l’omniscience? Marie peut-elle se trouver au Ciel, sur la terre et dans le purgatoire sans être omniprésente? Pourtant Dieu seul est omniscient et omniprésent. Tous ces lieux de pèlerinage, peu importe dans quel pays ils se trouvent, ne sont-ils pas une abomination pour Dieu et par là même condamnable? Ainsi parle le Seigneur: “Cherchez-moi, et vous vivrez; et ne cherchez pas Béthel, et n’allez pas à Guilgal, et ne passez pas à Beer-Shéba; car Guilgal ira certainement en captivité, et Béthel sera réduit à rien. Cherchez l’Eternel, et vous vivrez” (Amos 5.4-6).

Aujourd’hui on dirait ainsi: “Ainsi dit le Seigneur: Cherchez-moi, et vous vivrez. N’allez pas à Lourdes ni à Fatima, ni à Tschenstochau ni à Altötting, etc. etc., mais venez à Moi afin de recevoir réellement la Vie éternelle”. Celui qui cherche Dieu ne peut Le trouver que là justement où Il se trouve, et Dieu est présent partout.

Vittorio Messori cite le cardinal allemand Joseph Ratzinger: «Et le même Jean Paul II, après l’attentat au cours duquel il fut blessé et qui eut lieu un 13 mai (anniversaire de la première apparition dans la localité portugaise), se rendit à Fatima pour remercier Marie d’avoir ‘de sa propre main détourné le projectile d’une façon si admirable’» (V. Messori, Zur Lage des Glaubens, S. 112). Le même cardinal Ratzinger a fait savoir que l’église catholique avait fait connaître ses dogmes sur Marie dans l’ordre suivant: «… premièrement la virginité perpétuelle de Marie et le fait qu’elle est la Mère de Dieu et puis, après une longue période de mûrissement dans la réflexion, l’Immaculée conception de Marie et son Assomption à la gloire céleste». Puis nous trouvons cette phrase monstrueuse: «Ces dogmes protègent la foi originelle en Christ, en tant que Dieu véritable et Homme véritable» (V. Messori, zur Lage des Glaubens, S. 108).

On ne peut accepter ceci comme cela nous est présenté ici. Ces quatre dogmes n’ont pas plus de fondement biblique que tous les autres. Les vérités bibliques ne sont pas le produit de délibérations faites lors de conciles ou au cours d’une votation, bien au contraire, des hommes appelés par Dieu publièrent au Nom du Seigneur ce qui devait être cru et enseigné. C’est avec une pleine assurance que nous devons rappeler ici à M. Ratzinger sa propre déclaration: «D’ailleurs il va de soi que la Vérité ne peut être créée par un vote. Soit une déclaration est vraie, soit elle est fausse. On ne peut que trouver la Vérité, non la créer» (S. 62). Celui qui n’a pas accès à la Vérité, c’est-à-dire à la Parole, est obligé de créer un produit de substitution.

En théologie on passa de la christologie à la mariologie. Déjà on tient même ouvertement des congrès de mariologie dans lesquels tout tourne réellement autour de Marie. Christ n’est plus mentionné qu’incidemment, lorsque cela convient. «Le Pape réclama un renouvellement de la vénération à Marie, vénération qui devrait être alignée sur la Bible, empreinte de trinité et de christologie, appliquée sans restriction et prennant en considération ceux qui croient différemment, et qui corresponde à la forme d’expression du temps présent et de sa culture»(Katholischer Erwachsenen Kateschismus, S. 173). Que doit répondre un croyant biblique en Christ à une telle invitation à la vénération non biblique de Marie, vénération qui égare l’homme et qui constitue pour Dieu un blasphème?

Que sont donc tous ces dogmes, usages et traditions introduits dans les églises? Sont-ils vrais ou faux? Ont-ils, comme le dit le cardinal Ratzinger lui-même, «pris naissance après une longue période de mûrissement dans la réflexion»? Cela veut dire qu’à l’origine ils n’étaient pas considérés comme une vérité, mais qu’au contraire ils ont été établis sur la base d’une acceptation. Les années qui séparent leur établissement parlent d’elles-mêmes. Où se trouve donc la Vérité , s’il est possible de la trouver? Uniquement dans la Parole de Dieu, c’est certain, sans cela nulle part ailleurs! Un chrétien biblique en Christ, appartenant à l’Eglise du Dieu vivant, est édifié “sur le fondement des apôtres et prophètes, Jésus-Christ Lui-même étant la maîtresse pierre du coin" (Eph. 2.20). Tout ce que les papes ont introduit au cours des années ne concorde pas avec la Bible et c’est pourquoi cela non plus n’est pas apostolique. Pour quelle raison Jacques, Jean et Paul, ou même Pierre, n’ont-ils fait aucun cas de Marie? Et pourtant, en ce temps-là, toutes ces choses étaient si fraîches dans les mémoires et leur souvenir en était encore si vivant!

L’apôtre Jean adresse une parole très importante aux véritables croyants, parole valable pour tous les temps: “Je ne vous ai pas écrit parce que vous ne connaissez pas la vérité, mais parce que vous la connaissez et qu’aucun mensonge ne vient de la vérité" (1 Jean 2.21). Aucun des dogmes proclamés par l’église catholique n’est venu de la Parole de Vérité. Leur origine provient d’autres sources.

Dans la liste suivante, sont répertoriées les années (dates qui ne sont pas toujours sûres) dans lesquelles certaines choses n’existant pas dans le christianisme primitif ont été introduites. La liste en est donnée ici sans autres commentaires (L.J. King, House of Death… S. 117-122).

310 Quelques-uns commencent à faire le signe de la croix

320 Des cierges sont allumés lors du service divin

375 Des anges ainsi que des saints décédés sont vénérés

394 La messe journalière est introduite

431 Début de l’élévation de Marie

500 Les prêtres commencent à porter un vêtement uniforme

600 Grégoire Ier introduit la langue latine dans le culte
On commence à adresser des prières à Marie et aux saints décédés

650 Commencement de la fête en l’honneur de la vierge Marie

709 Introduction du baisement du pied du pape

750 Commencement de la puissance temporelle du pape

788 Vénération à Marie et aux saints décédés; vénération devant la croix, les statues, les reliques, etc.

850 Sanctification de l’eau par le sel et les bénédictions des prêtres (eau bénite)

890 Vénération de Joseph, le mari de Marie

965 Introduction de la consécration des cloches

995 La canonisation des morts est introduite

998 Le jeûne du vendredi de la semaine Sainte est introduit

1079 Commencement du célibat des prêtres

1090 Introduction du rosaire (grand chapelet)

1100 Le sacrifice de la messe est introduit

1184 L’inquisition contre les hérétiques est organisée

1190 Commencement du commerce des indulgences

1200 Remplacement du pain de la Cène par l’oublie (pain azyme)

1215 Dogme de la transsubstantiation; confession des péchés (confession auriculaire) au prêtre au moins une fois par année

1220 L’adoration de l’hostie est introduite

1227 La sonnerie des cloches est introduite, pour montrer que le prêtre accomplit la transsubstantiation

1229 La lecture de la Bible est interdite aux laïques

1245 Les cardinaux commencent à porter un chapeau rouge

1264 Introduction de la Fête-Dieu

1410 Interdiction pour l’église de prendre la coupe

1439 Proclamation de la doctrine du purgatoire

1478 Introduction de l’Inquisition en Espagne

1545 Mise à égalité de la tradition et des Saintes Ecritures

1546 Insertion des Apocryphes dans la Bible

1854 Proclamation de l’Immaculée Conception de Marie

1870 Proclamation de l’infaillibilité du pape

1925 Présence corporelle de la vierge Marie dans le Ciel

1950 Publication du dogme de l’Assomption

1954 Pie XII proclame Marie “Reine du monde"

1964 Paul VI proclame Marie “Mère de l’église"

Toute personne sensée devrait pourtant se demander quelle signification peut bien avoir l’introduction de toutes ces doctrines, proclamées à intervalles si éloignés les uns des autres. En réalité le Nouveau Testament est achevé. Rien ne peut être ajouté à ce Testament. “Frères, je parle selon l’homme: Personne n’annule une alliance qui est confirmée, même celle d’un homme, ni n’y ajoute" (Gal. 3.15). Ce qu’il n’est pas permis de faire à l’égard d’un testament simplement terrestre a été fait à l’égard du Testament Divin, et cela par toutes ces adjonctions apportées après coup. Où donc se trouve le respect à l’égard de cet avertissement final de l’Ecriture: “Si quelqu’un ajoute à ces choses, Dieu lui ajoutera les plaies écrites dans ce livre"? (Apoc. 22.18). Voyez aussi Proverbes 30.5,6.


 

Chapitre 7

LA REFORMATION — UN NOUVEAU COMMENCEMENT

L’intervention divine par la Réformation fut plus que nécessaire, mais du point de vue biblique elle fut loin d’être suffisante. La question se pose de savoir si les réformateurs, qui étaient tous des fils de l’église romaine, ont réellement compris qu’un nouveau commencement devait être fait, car il n’y avait plus rien à réformer dans ce système entièrement séculier et non biblique. D’une part, en ce temps-là, se réalisa cette parole du prophète Jérémie: “Défrichez pour vous un terrain neuf, et ne semez pas au milieu des épines” (Jér. 4.3); mais d’un autre côté, cette prophétie du chapitre 51.9 le fut aussi: “Nous avons traité Babylone, mais elle n’est pas guérie; abandonnez-la, et allons-nous-en chacun dans son pays…”. C’était une sortie, une rupture, comme si l’on entendait la voix venant du Ciel qui disait: “Sortez du milieu d’elle, mon peuple, afin que vous ne participiez pas à ses péchés et que vous ne receviez pas de ses plaies…” (Apoc. 18.4).

Bien entendu, Luther, par exemple, avait correctement compris cette parole proclamée par l’apôtre Jean de la part du Seigneur: “… car tes marchands étaient les grands de la terre; car, par ta magie, toutes les nations ont été égarées. Mais en elle a été trouvé le sang des prophètes, et des saints, et de tous ceux qui ont été immolés sur la terre” (Apoc. 18.23,24). De même cette parole du prophète Jérémie s’accomplit: “Babylone a été une coupe d’or dans la main de l’Eternel, enivrant toute la terre. Les nations ont bu de son vin, c’est pourquoi les nations sont devenues insensées” (Jér. 51.7). Cependant les réformateurs n’avaient pas réussi à faire une percée jusqu’au christianisme originel. En fait seule une chose par-ci, une autre par-là furent réformées, changées ou abolies.

Ainsi en premier lieu, le trafic des indulgences, le rôle du pape ainsi que les abus en général furent abolis. La pénétration du puissant témoignage que la justification de l’homme vient par la grâce seule, par la foi en Christ le Sauveur, constitua le point culminant conformément aux Ecritures. Ce fut cela la véritable percée, ce qui enfonça les portes de la prison babylonienne. Mais d’autre part on emporta avec soi des doctrines absolument non bibliques et qui sont typiquement catholiques. Le nombres des soi-disant sacrements, par exemple, furent seulement diminué, le baptême des nouveaux-nés fut maintenu, etc.

Malheureusement la foi en la trinité, que les protestants prirent aussi avec eux, les conduisit en partie à marcher dans les mêmes empreintes que leur mère, l’église catholique. Les Juifs et ceux qui avaient une foi différente (comme par exemple les Anabaptistes) furent même maudits par Luther, Schwenkfeld et d’autres. A Genève, le 27 octobre 1553, le médecin espagnol Michel Servet dut monter au bûcher, avec l’approbation de Calvin, parce qu’il rejetait la doctrine de la trinité (M. Rang et O. Schlisske, Die Geschichte der Kirche, S. 132). L’histoire de l’Eglise nous a transmis ce qu’ont dit Luther et Melanchton, particulièrement en ce qui concerne les Anabaptistes. La position catholique prétendant que seule l’église romaine pouvait sauver n’a visiblement pas été entièrement abandonnée par les réformateurs. C’est pourquoi on peut comprendre leur intolérance à l’égard de ceux qui croyaient différemment. Cet état d’esprit existe aujourd’hui encore! Des églises libres ou indépendantes subsistant depuis des siècles sont encore aujourd’hui appelées des sectes, bien que cette expression vienne en réalité du mot “section”, qui désigne une partie d’un tout, et que selon Webster elle n’énonce rien d’autre qu’une “communauté religieuse organisée”. De ce point de vue toutes les dénominations organisées sont en effet des sectes. Au travers des différents cultes des religions récentes, la notion de “secte” est sortie à nouveau et apporte un mauvais arrière-goût.

Bien que, par la réformation, le but divin du retour de l’Eglise à la communauté biblique du Nouveau Testament n’ait de loin pas été atteint, néanmoins le premier pas vers la foi biblique avait été fait: on était revenu à la prédication de la Parole de Dieu. De ce fait nous devons de la reconnaissance et de la gratitude, premièrement aux précurseurs des réformateurs qui ont été brûlés sur le bûcher, puis aux réformateurs eux-mêmes.

Dès ce moment, le Royaume de Dieu se fraya à nouveau un passage avec puissance. Il s’ensuivit un réveil après l’autre, et chaque fois la Lumière de l’Evangile se répandait de plus en plus. Après la révélation de la justification par la foi, arriva l’expérience de foi suivante, qui était la sanctification du coeur par la Parole et l’Esprit de Dieu. Des prédicateurs de réveil pleins de feu, et qui sont entrés dans l’histoire de l’Eglise, s’avancèrent et publièrent les vérités bibliques, lesquelles furent ensuite expérimentées par ceux qui les écoutaient. Comme les serviteurs de Dieu de tous les âges, ils n’étaient pas, eux non plus, des fonctionnaires ou des dignitaires mais bien des serviteurs de la Parole, et par la prédication de l’Evangile ils mettaient les gens en relation avec Christ. Malheureusement ces hommes employés par Dieu s’arrêtèrent aussi chaque fois à la doctrine qui leur paraissait, à eux, particulièrement importante. Les uns se contentèrent de la justification, les autres de la sanctification, d’autres encore se contentèrent de la conversion et du baptême de la foi, etc. Toutefois Dieu continuait d’agir par Son Esprit.

Au tournant du siècle, parmi les différentes communautés protestantes et libres de croyants convertis qui aspiraient à cela, une action spontanée de l’Esprit se manifesta. Ils firent la même expérience surnaturelle avec Dieu que les croyants de l’Eglise primitive. C’est ainsi que commença au 20ème siècle le mouvement de Pentecôte.

De la progression de la Réformation et des mouvements de renouveau sortirent les différentes églises indépendantes et libres. Les manquements des hommes provoquèrent des déviations et des mélanges, ce qui toutefois ne justifie aucunement de notre part le rejet de l’action infaillible de Dieu. Le sens et le but de tout réveil, c’est de rapprocher l’Eglise de sa condition primitive. Si déjà l’Esprit de Dieu a été actif en chaque réveil, ainsi en fut-il à nouveau de ce que l’on a appelé “le réveil de Pentecôte”. Ceux qui avaient été justifiés, renouvelés et qui étaient nés de nouveau, expérimentèrent une effusion et une action puissante de l’Esprit.

Jean-Baptiste avait bien sûr dit: “Moi, je vous baptise avec de l’eau; mais il vient celui qui est plus puissant que moi, duquel je ne suis pas digne de délier la courroie des sandales: Lui vous baptisera de l’Esprit saint et de feu” (Luc 3.16). Cette parole s’accomplit la première fois à Pentecôte. L’expérience du baptême de l’Esprit donne, à celui qui est devenu véritablement un croyant, la certitude d’avoir été agréé par Dieu. C’est pour les véritables enfants de Dieu le scellement par le Saint-Esprit (Eph. 1.13; 4.30).

Bien entendu nous avons affaire aujourd’hui aux mouvements charismatiques les plus divers, jusqu’à celui du pentecôtisme catholique romain. Une atmosphère est créée dans laquelle les gens font une expérience s’arrêtant aux sentiments, mais dans laquelle ils demeurent prisonniers de leur ancien état et de leurs traditions. Ils reçoivent une certaine onction de l’Esprit; cependant ont-ils fait dans leur âme une véritable expérience avec Dieu, par laquelle ils auraient été renouvelés et seraient nés de nouveau? Seul chacun peut répondre à cette question pour lui-même. Les enfants de Dieu véritablement remplis du Saint-Esprit reconnaîtront la valeur éternelle de la Rédemption et feront de la Parole de Dieu qui demeure éternellement valable leur témoignage exclusif. Ils ont les fruits de l’Esprit par lesquels seuls ils peuvent être reconnus. Beaucoup de personnes peuvent présenter des dons, seuls cependant ceux qui ont été rendus participants de Sa nature divine peuvent porter les fruits de l’Esprit. Cette parole est encore valable: “Ainsi vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Ce ne sont pas tous ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur, qui entreront dans le royaume des cieux; mais celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé en ton nom, et n’avons-nous pas chassé des démons en ton nom, et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles en ton nom? Et alors je leur déclarerai: Je ne vous ai jamais connus; retirez-vous de moi, vous qui pratiquez l’iniquité” (Mat. 7.20-23).

Immédiatement après la seconde guerre mondiale, en mai 1946, commença aux Etats-Unis un puissant mouvement de réveil par le moyen d’un prédicateur simple et humble, William Branham ( 1965). Le Rév. Gordon Lindsay, qui avait suivi ce serviteur de Dieu pendant de longues années, raconte en tant que témoin oculaire dans son livre “William Branham, un homme envoyé de Dieu” qu’au cours de son ministère. Dieu fit les mêmes signes et miracles que ceux manifestés dans les jours du Seigneur Jésus-Christ et des apôtres: les aveugles recouvrèrent la vue, les paralytiques marchèrent et même des personnes atteintes du cancer à son dernier stade furent guéries. Dans la deuxième édition du livre que “Mehr Licht Verlag”, a publié en son temps à Hambourg, nous pouvons voir reproduite à la page 4 la lettre que l’évêque de l’Eglise évangélique luthérienne, le D. Dr Dibelius, a écrite au traducteur, le pasteur M. Gensichen: «Soyez sincèrement remercié pour l’envoi de l’intéressante brochure sur l’évangéliste William Branham que vous avez si clairement traduite. Pour nous, cette méthode utilisée par les Américains est véritablement encore quelque chose d’étrange. Mais il est peut-être bon qu’une fois un autre esprit soit employé dans notre manière d’évangéliser. C’est pourquoi je salue favorablement votre projet d’inviter Branham aussi en Allemagne».

Ce ministère mandaté et confirmé, surnaturellement légitimé, donna une impulsion nouvelle à un grand nombre d’évangélistes qui plus tard présentèrent une action semblable dans leur ministère. De ce renouveau sortirent de nombreuses sociétés d’évangélisation connues, comme l’Association internationale des hommes d’affaires du Plein Evangile; même le mouvement charismatique et diverses autres orientations spirituelles naquirent de cela. Cependant, après un examen plus rigoureux, nous voyons que le chaos religieux est aujourd’hui plus grand qu’il ne l’a jamais été auparavant. Partout on entend dire: «C’est ici qu’est Christ! C’est là qu’Il est!». Pourtant il n’y a toujours aucune communauté qui soit entièrement comparable à l’Eglise du début et qui ait la doctrine biblique qui y corresponde, la pratique et les oeuvres scripturaires qui la confirment. Maintenant, à la fin des âges de l’Eglise du Nouveau Testament, nous avons besoin d’une action puissante de l’Esprit au moyen de laquelle l’Eglise arrive à Son achèvement. Car le but fixé par Dieu est que la fin soit semblable au commencement. Comme Christ agissait au commencement, ainsi le fera-t-Il aussi dans Son Corps à la fin.

Tout ce qui concerne l’Eglise du Dieu vivant doit être ramené à l’état originel. C’est pour Elle qu’un temps de rafraîchissement et de complète restauration est promis avant le retour de Christ (Actes 3.19-21). Celui qui maintenant appartient à l’Eglise du Seigneur ne se laissera pas entraîner par de l’enthousiasme et des tromperies religieuses, mais il sondera l’Ecriture Sainte, découvrira, croira et expérimentera les promesses pour ce temps. Tout ce que Dieu fait, Il le fait conformément à Sa Parole. Avant que nous puissions prier: “Que ta volonté soit faite…”, la volonté de Dieu venant de Sa Parole doit nous être révélée. Ce temps n’est pas celui d’hommes particuliers, mais au contraire l’heure de Dieu, l’heure de la Parole — qui est la Vérité. A partir de ces exposés il doit être rendu possible à chacun d’éprouver s’il croit véritablement selon l’Ecriture ou s’il a seulement la foi d’une église, qu’elle soit officielle ou libre. Or tout dépend du fait que l’on soit connecté ou non à la dernière action menée par Dieu avant le retour de Jésus-Christ.


 

Chapitre 8

LA DIVINITE

C’est avec le plus grand respect et dans une sainte crainte de Dieu que nous nous approchons du thème de la Divinité. De même que nous rencontrons diverses religions, ainsi trouvons-nous les diverses représentations de Dieu et les diverses doctrines à Son sujet. Dans cet exposé nous aimerions laisser Dieu donner Son propre témoignage Le concernant, et faire ressortir la révélation qu’Il donne de Lui-même.

Nous nous abstiendrons des diverses formulations, car on ne peut pas rendre compréhensible ce qui est incompréhensible, ni expliquer ce qui est inexplicable, pas plus que nous ne pouvons comprendre ce qui dépasse notre entendement et qui restera insaisissable jusqu’à notre passage dans l’éternité. “Voici, les cieux et les cieux des cieux, ne peuvent te contenir” (2 Chr. 6.18). Lorsque nous serons nous-mêmes dans l’éternité auprès de Dieu, alors seulement nous pourrons apprendre à connaître davantage le mystère du Tout-Puissant.

Presque tous les apologistes se sont approprié la manière de concevoir la Divinité telle qu’elle avait commencé à être exprimée, discutée et enseignée depuis le IVèmesiècle seulement après Christ. De façon incompréhensible, ni l’Ancien ni le Nouveau Testament n’ont été pris en considération ou consultés. C’est avec raison qu’aucun prophète ni aucun apôtre n’a formulé quoi que ce soit concernant une trinité. Dans le paganisme il y avait beaucoup de trinités; la plus connue se trouve dans l’Hindouisme: Brahmâ, le créateur; Vishnu, le conservateur; Shiva, le destructeur. Il n’est pas davantage question dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament d’un Dieu en plusieurs personnes. Pas une seule fois le Seigneur ne se présente dans Sa Parole comme un “Dieu-en-trois-Personnes” mais bien comme le Dieu personnel. Celui qui cherche à partager Dieu n’a plus “le seul vrai Dieu”, mais au contraire un dieu fabriqué par soi-même ayant deux ou trois visages, c’est-à-dire plusieurs dieux.

Ces dernières années, et plus particulièrement dans les synodes de l’église évangélique, des théologiennes féministes ont présenté des discours qui sont en réalité blasphématoires à l’égard de Dieu. On formule l’objection que Dieu serait masculin, et non féminin. Là on parle du «Dieu masculin de la Bible», des «dix commandements qui ont été écrits seulement pour les hommes», et l’on déclare que «vu que les femmes n’ont pas de membre pouvant être circoncis, elles ne pouvaient donc pas non plus être ‘membres’ du culte de l’assemblée juive» (Idea Spektrum, 1er juillet 1987, S. 17). C’est tout simplement effrayant de voir à quel point les gens peuvent se laisser entraîner jusqu’à porter atteinte à Dieu!

Il y a environ quatre mille ans, le Dieu Vivant conclut une alliance avec Abraham et lui fit la promesse suivante: “… en toi seront bénies toutes les familles de la terre”(Gen. 12.3). Abraham est un personnage central pour les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans. Au temps de Moïse, c’est-à-dire il y a environ 3600 ans, l’Eternel Dieu descendit sur le mont Sinaï et donna les dix commandements. Cet événement n’est aucunement remis en question par l’une ou l’autre des trois religions que nous venons de mentionner. A partir de ce moment, Israël fut destiné à être témoin du seul vrai Dieu, au milieu de tous les peuples païens qui l’environnaient.

Il y a environ deux mille ans apparut le Messie, engendré du Saint-Esprit et né de la vierge Marie selon la promesse de Genèse 3.15. Les chrétiens sont convaincus de cette vérité. Les Musulmans tiennent Jésus pour le plus grand des prophètes, ils croient aussi aux miracles qu’Il a accomplis, mais ne Le reconnaissent pas comme Sauveur du monde. Pour les Juifs il n’en est pas ainsi; cependant le temps approche où ils croiront en Lui. Car comme les frères de Joseph reconnurent celui-ci lors de leur deuxième entrevue, ainsi Israël ne reconnaîtra le Messie que lorsqu’Il viendra à eux pour la deuxième fois (Gen. 45.1-15; Actes 7.13).

Il y a environ 1400 ans, Mahomet survint pour faire sortir ses concitoyens du culte rendu aux idoles et les ramener à la foi au seul vrai Dieu, le Tout-Puissant, qu’il appela Allah. Mahomet crut, conformément à la promesse de Malachie 4.5, qu’il était le dernier prophète. D’après lui, le jugement devait venir sur la terre et Allah devait prononcer la sentance sur l’humanité. Les uns iraient alors au paradis et les autres à la damnation. Bien que près de 1400 ans se soient écoulés, cet événement ne s’est encore pas accompli. Cependant une doctrine religieuse est sortie de cela, laquelle s’est dressée massivement contre le Christianisme et le Judaïsme. Ce n’était pas là l’intention primitive. Sans cesse le Coran exhorte à lire et à croire les Saintes Ecritures (et par cela Mahomet pensait à la Bible), ce qui aujourd’hui n’est observé par aucun Musulman.

Ce qui est déterminant est la connaissance juste de Dieu, ainsi que la connaissance juste de la révélation qu’Il a donnée de Lui-même. Ce n’est que de cette manière que nous pouvons être inclus dans le plan de Dieu. Quant à la révélation personnelle de Dieu, les Juifs, pour le plus grand nombre d’entre eux, ne l’ont pas reconnue; la plupart des Chrétiens l’ont mal interprétée; alors que les Musulmans ne l’ont pas comprise. Cela peut être démontré d’une manière pertinente. Si c’est le même Dieu qui a parlé à Abraham, à Moïse, qui a parlé à travers Christ, et qui a aussi parlé à Mahomet, il faut que tout ce qui a été dit, écrit et cru, soit en accord de A à Z. En tant qu’hommes du 20ème siècle, nous devons cependant nous poser la question de savoir qui a vraiment compris la Parole de Dieu et Son plan, et qui Les a mal compris? Le but originel poursuivi par Dieu avec l’humanité n’est tout simplement plus connu dans nos religions d’aujourd’hui. Une accablante majorité n’a pas davantage reconnu que compris le sens et le but des révélations successives de Dieu, jusqu’à la propre révélation qu’il a données de Lui-même en Christ.

Pour le mot français “Dieu” nous trouvons dans le texte original hébreu le mot “Elohim”. “Au commencement, Elohim créa les cieux et la terre…” (Gen. 1.1). Le mot “Dieu” nous présente le Tout-Puissant comme “objet d’adoration”. Dans le premier chapitre de la Bible il n’est question que de Elohim. A partir de Genèse 2.4 nous trouvons l’expression “l’Eternel Dieu” (Elohim-Yahweh). Ces diverses désignations expriment le sens et le but de la révélation de Dieu. Il s’agit là de la pluralité de Ses attributs. Le mot Elohim lui-même est au singulier, mais il exprime aussi une pluralité, car Dieu est simultanément beaucoup de choses: Créateur, Conservateur, Juge, Roi et ainsi de suite.

Chaque fois que dans le texte original le mot Elohim, Eloah ou El est utilisé, il s’agit de Dieu. Il s’agit donc uniquement de comprendre en quelle qualité Il parle et Se révèle. On utilisait les expressions: El Elyon (Dieu Très-haut, Gen. 14.18); El Shaddaï (Dieu qui pourvoit, qui fortifie, le Tout-suffisant, Gen. 17.1); El Olam (le Dieu Eternel, Gen. 21.33) et El Gibbor (Dieu puissant, Es. 9.5). Il est fort regrettable que la notion hébraïque des mots n’ait pas été rendue par les traducteurs de la Bible. A cause de cela, la connaissance véritable de Dieu a été rendue plus difficile parce que la signification qui se trouve dans les noms mêmes n’est plus exprimée par le mot français utilisé.

Jusqu’au moment où la loi fut donnée les patriarches ont utilisé l’expression Elohim pour parler de Dieu. C’est en s’adressant à Moïse, dans Exode 6.2,3, que Dieu dit pour la première fois: “Je suis Yahweh. Je suis apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob, comme El Shaddaï; mais je n’ai pas été connu d’eux par mon Nom d’Elohim-Yahweh”. Dieu était sur le point de conclure l’Alliance avec le peuple entier d’Israël, et c’est la raison pour laquelle le Seigneur Dieu révèle Son Nom d’alliance, c’est-à-dire Yahweh (qui s’écrit en hébreu YHWH). Partout où dans l’Ancien Testament on trouve “l’Eternel Dieu”, cette expression est écrite dans le texte original Elohim-Yahweh. Yahweh est l’apparition d’Elohim sous une forme visible.

De la même manière que le Nom d’Elohim exprime dans son contexte, partout où ce mot est utilisé, la pluralité de Sa présence, ainsi en est-il du Nom de Yahweh: Yahweh-Jiré (l’Eternel qui pourvoit, Gen. 22.7-14), Yahweh-Rapha (l’Eternel qui guérit) (Ex. 15.26), Yahweh-Nissi (l’Eternel, mon Enseigne, Ex. 17.8-15), Yahweh-Shalom (l’Eternel, notre Paix, Juges 6.24), Yahweh-Raah (l’Eternel est mon Berger, Ps. 23), Yahweh-Tsidkenu (l’Eternel, notre Justice, Jér. 23.6), Yahweh-Shammah(l’Eternel est là, Ezé. 48.35) et Yahweh-Sabaoth (l’Eternel des Armées, 1 Sam. 1.3). Dès le commencement Dieu s’est révélé comme étant le Seigneur (l’Eternel) chaque fois que c’était nécessaire et conforme à Sa volonté.

Avant que l’Eternel Dieu ne fît connaître Son Nom, Il fit savoir à Moïse Qui Il était: “Et Dieu dit à Moïse: JE SUIS CELUI QUI SUIS. Et il dit: Tu diras ainsi aux fils d’Israël: JE SUIS m’a envoyé vers vous… C’est là mon nom éternellement, et c’est là mon mémorial de génération en génération” (Ex. 3.14,15). L’expression “JE SUIS” se trouve dans le Nom de Yahweh et exprime qu’Il existe éternellement, qu’Il est enveloppé dans Sa propre existence. Il est toujours le JE SUIS, indépendamment de l’endroit, du temps et de la manière qu’Il employe pour se faire connaître. Lorsqu’Il quitte Son corps spirituel pour venir dans un corps de chair et qu’Il prend le Nom d’alliance du Nouveau Testament Yashuah (Jésus), qui signifie Yahweh est Sauveur, Il demeure malgré tout cela le JE SUIS. C’est pourquoi nous Le trouvons décrit comme tel jusque dans le dernier chapitre du Nouveau Testament: “Moi, JE SUIS l’Alpha et l’Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin” (Apoc. 22.13).

Seul celui qui reconnaît la manière de Dieu de se révéler dans l’Ancien Testament, a la possibilité de voir également cette révélation dans le Nouveau Testament. Au fond Il est toujours le même Dieu, le même Eternel, avec cependant cette différence que dans l’Ancien Testament Il Se rendit visible dans “un corps spirituel”, alors que dans le Nouveau Testament Il apparut de façon visible dans “un corps de chair”.

Quant à Sa nature, Dieu est Esprit (Jean 4.24). En tant qu’Esprit, personne ne L’a jamais vu (Jean 1.18; 1 Jean 4.2). C’est pourquoi Il est appelé “le Dieu invisible” (1 Tim. 1.17; 6.16). Celui qui a vu Dieu dans l’Ancien Testament L’a vu sous la forme de l’Eternel (Yahweh) et celui qui veut Le voir dans le Nouveau Testament doit Le voir sous la forme du Seigneur Jésus, c’est-à-dire en tant qu’Emmanuel (Dieu avec nous). C’est ainsi que le Père s’est révélé dans le Fils; Dieu, qui est Esprit, est venu en tant que Seigneur dans un corps humain. Toutes les désignations que nous trouvons en rapport avec Dieu, nous les trouvons également en rapport avec le Seigneur.

Dans l’Ancien Testament nous ne trouvons pas encore la relation de Père à Fils. C’est uniquement dans les prophéties qu’elle fut annoncée à l’avance. Aucun prophète ne s’est approché de Dieu en disant: “Notre Père qui es dans les cieux” (Mat. 6.9); aucun d’eux, pendant la période de quatre mille ans de l’Ancien Testament, ne s’est adressé au Fils de Dieu. Il n’y eut aucun entretien entre le Père et le Fils car cet état de fait n’existait encore absolument pas. Comme nous venons de l’exposer dans notre méditation, c’est avec l’Eternel Dieu que le peuple d’Israël entra en relation et c’est vers Lui qu’ils se tournèrent.

Déjà dans Genèse 1.27 nous trouvons le fait que le Dieu invisible s’est présenté de deux manières. Le Dieu véritable entre directement en scène au commencement, lors de la création, premièrement de façon visible, sous une forme d’homme, et c’est pourquoi il est écrit: “Et Dieu créa l’homme à son image” (Gen. 1.27); secondement “Et l’Esprit de Dieu planait sur la face des eaux” (Gen. 1.2). Il ne serait venu à l’idée de personne de dire à cause de cela qu’il y aurait eu plusieurs personnes. Dès le commencement, si l’on veut, nous avons sous les yeux la manière dont Dieu se révèle Lui-même. Les diverses formes sous lesquelles Dieu se révèle dans l’Ancien Testament sont appelées, en termes théologiques, la “théophanie”. Dans le Nouveau Testament Il prend une forme humaine.


 

Chapitre 9

LE TEMOIGNAGE DE DIEU LUI-MEME

Dans les Saintes-Ecritures, nous rencontrons premièrement le témoignage que Dieu rend de Lui-même; en second lieu, nous trouvons le témoignage des prophètes que Lui-même a envoyés, et en troisième lieu le témoignage des apôtres. Dans l’Ancien Testament, Dieu se révéla Lui-même dans un corps spirituel et annonça la révélation qu’il donnerait de Lui même dans un corps de chair. Dans le Nouveau Testament, nous avons le témoignage de l’accomplissement de cette promesse et de la manière dont elle s’est réalisée.

Il est nécessaire que nous nous placions dans la pensée et la manière de croire des Juifs, et que nous puissions considérer Dieu tel qu’Il a été vu dès l’origine. C’est au peuple d’Israël seulement qu’il a été confié de porter le témoignage du seul vrai Dieu. Le Seigneur s’est révélé à Abraham, Isaac et Jacob comme le Dieu Tout-Puissant. Quant à Moïse, l’Eternel lui a parlé face-à-face (Ex. 33.11). Au cours de tout l’Ancien Testament, c’est au travers de prophètes hébreux que Dieu a parlé.

Puisqu’à Dieu appartient la première place, laissons-Le personnellement se présenter par ces quelques paroles:

“Et Dieu prononça toutes ces paroles, disant: Je suis l’Eternel (Yahweh), ton Dieu (Elohim), qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de servitude. Tu n’auras point d’autre Dieu devant ma face” (Ex. 20.1-3).

“Cela t’a été montré, afin que tu connusses que l’Eternel est Dieu, et qu’il n’y en a point d’autre que Lui” (Deut. 4.35).

“Sache donc aujourd’hui, et médite en ton coeur, que l’Eternel Dieu est Dieu dans les cieux en haut, et sur la terre en bas: il n’y en a point d’autre” (Deut. 4.39).

“Voyez maintenant que c’est moi, moi, le Même, et il n’y a point de dieu à côté de moi” (Deut. 32.39).

“… afin que vous connaissiez, et que vous me croyiez, et que vous compreniez que je suis le même: avant moi, aucun dieu n’a été formé, je suis l’Eternel, et hors moi il n’y en a point qui sauve” (Es. 43.10,11).

“… afin qu’ils sachent, depuis le lever du soleil et depuis le couchant, qu’il n’y en a point hors moi. Moi, je suis l’Eternel, et il n’y en a point d’autre” (Es. 45,6).

“Et moi, je suis l’Eternel, ton Dieu, dès le pays d’Egypte: et tu n’as pas connu d’autre Dieu que moi, et il n’y a pas de sauveur hors moi” (Osée 13.4).

Nous allons maintenant prendre quelques passages de l’Ecriture du Nouveau Testament qui confirment les citations de l’Ancien Testament.

“Ecoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est un seul Seigneur… Bien, Maître, tu as dit selon la vérité, car il n’y en a point d’autre que Lui” (Marc 12.29 et 32).

“Puisqu’il y a un seul Dieu…” (Rom. 3.30 — Segond).

“… toutefois, pour nous, il y a un seul Dieu, le Père…” (1 Cor. 8. 6).

“Or un médiateur n’est pas médiateur d’un seul, mais Dieu est un seul” (Gal. 3.20).

“Or, qu’au roi de siècles, l’incorruptible, invisible, seul Dieu, soit honneur et gloire aux siècles des siècles! Amen” (1 Tim. 1.17).

“Car Dieu est un, et le médiateur entre Dieu et les hommes est un…” (1 Tim. 2.5).

“Tu crois que Dieu est un, tu fais bien…” (Jacq. 2.19).

“Au seul Dieu, notre Sauveur, par notre Seigneur Jésus-Christ, gloire, majesté, force et pouvoir, dès avant tout siècle, et maintenant et pour tous les siècles! Amen”(Jude 25).

Les passages de l’Ancien Testament qui sont des paroles prophétiques, ainsi que les passages du Nouveau Testament, qui sont des paroles apostoliques, rendent le même témoignage. A aucun endroit il ne nous est parlé d’une “trinité” ou d’une “bi-unité” de Dieu, comme il n’est jamais question non plus d’un “Fils Eternel”. On aurait pu nous dispenser de nombreux ouvrages parus ayant pour thème “la vérité sur la sainte Trinité” si l’on avait accepté l’enseignement biblique et possédé la connaissance de Dieu. Ce que l’on appelle “la Sainte Trinité” n’a, selon le témoignage des Saintes Ecritures jamais existé, pas plus aujourd’hui qu’elle n’existera dans l’éternité. Il n’y a qu’un seul Dieu qui s’est révélé comme Père, Fils et Saint-Esprit. Dieu est toujours l’Ultime et le Définitif et ce qui est sorti de Lui est toujours mis e relation avec Lui, que ce soit: Fils de Dieu, Parole de Dieu, Esprit de Dieu, et ainsi de suite. Fils, Parole, Esprit, etc. ont Dieu pour point de départ car il est l’Unique, l’Eternel. Il est l’origine, le point de départ, la référence, le Tout en tous.

Il est encore dit dans le Nouveau Testament: “… toutefois, pour nous, il y a un seul Dieu, le Père, duquel sont toutes choses, et nous pour Lui, et un seul Seigneur, Jésus Christ, par lequel sont toutes choses, et nous par Lui” (1 Cor. 8.6). Dans ce passage biblique nous est mis en évidence d’une manière frappante le fait qu’il n’y a qu’un seul Créateur et une seule création, bien qu’une fois le Créateur soit présenté comme étant Dieu, et une autre comme étant le Seigneur.

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C’est ainsi que le “Dieu-en-trois-personnes” est représenté dans d'innombrables publications. Que voyez-vous donc sur ces images? Une seule ou trois personnes? L’une de ces images est censée représenter le Père avec le sceptre, le Fils avec la croix et le Saint-Esprit sous la forme d'une colombe. L’autre image représente la Divinité en trois personnes de même apparence.


 

Chapitre 10

LE CORPS SPIRITUEL DE DIEU

Dans l’Eternité infinie, Dieu était seul. Dieu est Esprit. Dieu est Lumière. Dieu est Vie. Dans cette plénitude originelle d’Esprit et de Lumière, Il était tout d’abord seul. Personne ne L’avait jamais vu ainsi. Commençons à l’endroit où le témoignage de l’action de Dieu nous est apporté, c’est-à-dire à l’origine. “Au commencement Dieu créa les cieux et la terre” (Gen. 1.1). Dans le Nouveau Testament c’est un coup d’œil rétrospectif qui nous est donné en témoignage: “Au commencement était la Parole; et la Parole était auprès de Dieu; et la Parole était Dieu” (Jean 1.1). Dans ce verset nous est décrit Celui qui se révèle sortant de la plénitude de Lumière originelle et commençant à agir, c’est-à-dire Dieu en tant que Logos-Yahweh, Celui qui agit et peut se transformer, et qui plus tard vint dans la chair et prit la forme d’un Fils. En tant que Yahweh Il nous est montré auprès d’Elohim, c’est-à-dire en dehors de l’Esprit et de la plénitude de Lumière originelle. C’est pourquoi il nous est dit du Logos (de la Parole): “Elle était au commencement auprès de Dieu” (Jean 1.2). Il n’est pas écrit: “dans l’éternité” mais bien “au commencement” car l’éternité n’a pas de commencement. Afin que tous sachent qu’il s’agit ici de Yahweh, le Créateur, il est dit un peu plus loin en rapport avec la Parole, le Logos: “Toutes choses furent faites par elle, et sans elle pas une chose n’a été faite de ce qui fut fait” (v. 3). En rapport avec cela il faut aussi considérer ce qui est écrit dans Colossiens 1.16: “Car par lui ont été créées toutes choses, les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre, les visibles et les invisibles, soit trônes, ou seigneuries, ou principautés, ou autorités: toutes choses ont été créées par lui et pour lui”.

Au commencement du processus de création, la terre était désolation (tohu) et vide (bohu), elle n’avait encore aucune forme ni aucune vie. Il y avait des ténèbres sur la face de l’abîme. Quand Dieu commença Son action créatrice, l’Esprit de Dieu planait sur l’abîme. La Parole (le Logos) et l’Esprit de Dieu agirent ensemble harmonieusement dès le commencement dans la création et la rédemption. La création est venue à l’existence par la Parole exprimée. Cependant la vie ne pouvait apparaître qu’avec la coopération de l’Esprit. Dieu parla, et cela fut. Il dit: “Que la Lumière soit!” (Gen. 1.3), et la Lumière fut. Tout ce que Dieu exprima arriva. Il n’y a de puissance créatrice que dans Sa Parole.

A l’origine, comme nous l’avons déjà mentionné, Dieu sortit de Sa plénitude originelle et prit une forme, en tant que Yahweh. Nous lisons que plus tard Dieu dit: “Et Dieu créa l’homme à son image; il le créa à l’image de Dieu…” (Gen. 1.27). L’image de Dieu a la forme d’un homme: “… et, sur la ressemblance d’un trône, une ressemblance comme l’aspect d’un homme” (Ezé. 1.26; Apoc. 4.2).

Dieu est une Personne. Il marchait sous cette forme dans le jardin d’Eden et Il parlait aux premiers hommes. Dans Genèse 18.1 nous est présentée Sa rencontre avec Abraham: “Et l’Eternel lui apparut auprès des chênes de Mamré; et il était assis à l’entrée de la tente, pendant la chaleur du jour. Et il leva les yeux et regarda; et voici, trois hommes se tenaient près de lui…”. C’est alors qu’eut lieu entre le Seigneur et Abraham la conversation que nous pouvons lire dans la Bible. Les deux anges qui accompagnaient le Seigneur s’en allèrent plus tard à Sodome (Gen. 19). La réalité du fait que Dieu se soit révélé sous la forme d’un corps spirituel se trouve confirmée dans tout l’Ancien Testament. Jacob lutta avec Lui, Le saisit et reçut même un coup de poing de Lui sur la hanche qui le rendit boiteux (Gen. 32.22-32 et Osée 12.4-6). En somme, l’Eternel Dieu était, et Il est toujours pour tous ceux à qui Il se révèle et à qui Il parle, la plus grande des réalités qui soient.

Le deuxième point que nous devons relever en ce qui concerne le récit de la création est que les anges ont eux aussi la forme d’un homme, comme en témoignent à maintes reprises les Saintes Ecritures. Daniel nous rapporte ceci: “… et voici, comme l’apparence d’un homme se tint vis-à-vis de moi; et j’entendis la voix d’un homme au milieu de l’Ulaï; et il cria et dit: Gabriel, fais comprendre à celui-ci la vision” (Dan. 8.15,16). Au chapitre 9.21, il rend encore ce témoignage: “… je parlais encore en priant, et l’homme Gabriel, que j’avais vu dans la vision au commencement…”.

Le fait que le Seigneur Lui-même, comme aussi les anges, ait l’aspect de l’homme est d’une si grande signification que c’est une réplique infaillible donnée à l’égard de Genèse 1.26 où il est dit: “Faisons l’homme à notre image…”. Dès le commencement, Dieu était environné d’anges qui avaient la même forme que Lui-même. Il dit à Job: “Où étais-tu quand j’ai fondé la terre? … sur quoi ses bases sont-elles assises … quand les étoiles du matin chantaient ensemble, et que tous les fils de Dieu éclataient de joie?” (Job 38.4-7). La Parole de Dieu confirme ici que les Armées célestes étaient présentes lorsque Dieu créa la terre. C’est à elles qu’Il s’adressait lorsqu’Il disait: “Faisons l’homme à notre image…”. L’interprétation affirmant que ce fut à des personnes formant la Divinité que Dieu s’adressait n’est pas juste. Aucun prophète ni aucun apôtre n’a jamais interprété ce passage dans ce sens. Lorsque le prophète Esaïe eut la vision de la gloire de Dieu, il vit le Seigneur (un seul Seigneur) assis sur le trône et environné des Armées célestes. Puis il entendit la voix du Seigneur dire: “Qui enverrai-je, et qui ira pour nous?” (Es. 6.8).

Le prophète Michée relate un événement semblable. Il rend ce témoignage: “J’ai vu l’Eternel assis sur son trône, et toute l’armée des Cieux se tenant à sa droite et à sa gauche” (2 Chr. 18.18). Lorsque l’Eternel Dieu voulut mettre fin à la construction de la tour de Babel, Il dit: “Allons, descendons, et confondons là leur langage…”(Gen. 11.7). Chaque fois, c’est aux anges L’environnant qu’Il s’adressait. La forme des verbes au pluriel n’est pas davantage interprété par les apôtres dans le Nouveau Testament que par les prophètes dans l’Ancien Testament comme se rapportant à la Divinité.

Le grand mystère qu’aucun homme ne peut expliquer consiste dans le fait que l’Eternel Dieu, dans le Nouveau Testament, se soit pleinement dépouillé de Son corps spirituel pour venir dans un corps de chair et être un homme. Tout d’abord, Adam avait été créé dans un corps spirituel, c’est-à-dire à l’image de Dieu (Gen. 1.27). Ensuite au chapitre 2 il nous est dit que l’Eternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre. C’est ainsi qu’il devint un être terrestre, une âme vivante (v. 7). Lorsqu’il se trouvait dans un corps spirituel, Eve était déjà en lui (Gen. 1.27). C’est seulement après qu’un corps de chair eut été formé à Adam, qu’Eve fut tirée de son côté. De la même manière l’Eglise était déjà en Dieu lorsque Lui-même était dans Son Corps spirituel. Elle n’a été tirée de Lui qu’après qu’Il soit apparu dans Son corps de chair.

Ce n’est pas dans son corps spirituel que l’homme devint désobéissant et qu’il tomba, mais bien dans le corps charnel. Il fallait donc qu’il soit racheté de cet état de chute et replacé à nouveau dans l’immortalité. La raison pour laquelle le Seigneur est devenu semblable à nous est qu’Il a dû payer en Son corps de chair le prix de notre rachat, afin que nous puissions de nouveau être des fils et des filles de Dieu. Un nouveau commencement eut lieu, une nouvelle création, dont Jésus est le Premier-né (Col. 1.15; 2 Cor. 5.17).


 

Chapitre 11

LA GLOIRE DU SEIGNEUR

Tout d’abord l’Eternel Dieu apparut à Moïse comme une flamme de feu au milieu d’un buisson d’épines. Puis Il descendit dans le feu sur la montagne du Sinaï, accompagné de tonnerres, d’éclairs et du son des trompettes. Tout le peuple entendit Sa Voix puissante (Ex. 19 et 20). “Moïse et Aaron, Nadab et Abihu et soixante-dix des anciens d’Israël montèrent; et ils virent le Dieu d’Israël, et sous ses pieds comme un ouvrage de saphir transparent, et comme le ciel même en pureté. Et il ne porta point sa main sur les nobles d’entre les fils d’Israël: ils virent Dieu, et ils mangèrent et burent” (Ex. 24.9-11). Tout un peuple vécut cet événement: le Dieu vivant rendait témoignage de Lui-même sur la terre. Quelques-uns purent même entrer en Sa présence directe, et ils virent l’Eternel Dieu dans une forme visible qu’ils purent décrire.

Peu après cela, Moïse monta de nouveau sur la montagne pour rencontrer l’Eternel Dieu: “Et Moïse monta sur la montagne, et la nuée couvrit la montagne. Et la gloire de l’Eternel demeura sur la montagne de Sinaï, et la nuée la couvrit pendant six jours; et le septième jour il appela Moïse du milieu de la nuée. Et l’apparence de la gloire de l’Eternel était comme un feu dévorant sur le sommet de la montagne, aux yeux des fils d’Israël” (Ex. 24.15-17). Chaque fois qu’il est question de la “gloire de l’Eternel”, il est toujours question de la “Shekinah” qui est le mot hébreu pour la nuée apparaissant sous une forme visible, laquelle est resplendissante de lumière éclatante et de majesté. La “Shekinah” elle-même est déjà la manière surnaturelle exprimant la présence de l’Eternel. C’est de cette manière que l’Eternel, pendant les quarante ans de marche à travers le désert, fut rendu visible à tout Israël lorsqu’Il descendait sur la tente d’assignation pour parler avec Moïse. Durant le jour, la Shekinah était semblable à une nuée alors que pendant la nuit, Elle était une Colonne de feu rayonnant d’une puissante Lumière.

D’autres hommes de Dieu également ont vu la gloire de cette “Shekinah”: “Et il arriva que, comme les sacrificateurs sortaient du lieu saint, la nuée remplit la maison de l’Eternel; et les sacrificateurs ne pouvaient pas s’y tenir pour faire le service, à cause de la nuée, car la gloire de l’Eternel remplissait la maison de l’Eternel” (1 Rois 8.10,11).

Le prophète Esaïe vit l’Eternel sur Son trône et il entendit les séraphins crier: “Saint, saint, saint est l’Eternel des armées; toute la terre est pleine de sa gloire!” (Es. 6.3).

Le prophète Ezéchiel put également voir l’Eternel. Il nous relate ceci: “… depuis l’aspect de ses reins vers le haut et depuis l’aspect de ses reins vers le bas, je vis comme l’aspect du feu; et il y avait une splendeur tout autour. Comme l’aspect de l’arc qui est dans la nuée en un jour de pluie, tel était l’aspect de la splendeur tout autour” (Ezé. 1.27,28).

Le passage de l’Ancien au Nouveau Testament s’est fait d’une manière tellement parfaite que seul Dieu a pu être capable de l’accomplir. Lorsque Dieu devint homme, la même “Shekinah” descendit: “Et voici, un ange du Seigneur se trouva avec eux, et la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux, et ils furent saisis d’une fort grande peur” (Luc 2.9). Il en fut de même lors de la transfiguration du Seigneur Jésus: “Comme il parlait encore, voici, une nuée lumineuse les couvrit; et voici une voix de la nuée, disant: Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir; écoutez-le… Et comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur enjoignit, disant: Ne dites à personne la vision jusqu’à ce que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts” (Mat. 17.5 et 9).

Dans la prière sacerdotale, le Seigneur dit: “Et maintenant glorifie-moi, toi, Père, auprès de toi-même, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût”(Jean 17.5). Avant que le monde existât Il sortit de Dieu en tant que Logos-Yahweh, et c’est dans cette gloire que Jashuah fut transfiguré sur la montagne de la Transfiguration. Ce même événement est placé devant les rachetés comme une espérance vivante. “Et la gloire que tu m’as donnée, moi, je la leur ai donnée, afin qu’ils soient un, comme nous, nous sommes un” (v. 22). Notre Seigneur décrit notre perfectionnement final par les paroles suivantes: “Père, je veux, quant à ceux que tu m’as donnés, que là où moi je suis, ils soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire, que tu m’as donnée; car tu m’as aimé avant la fondation du monde” (v. 24). Nous aussi, Il nous a aimés et élus déjà avant la fondation du monde (Eph. 1.4,5).


Chapitre 12

ISSUS DE DIEU

Christ est aussi désigné comme “le commencement de la création de Dieu” (Apoc. 3.14). Adam était un fils que Dieu avait créé, alors que Christ est un Fils engendré [Selon Scofield, la traduction littérale de Jean 1.18 parlant du “Fils unique” devrait être rendu par “le Dieu seul engendré”. — N.d.T.]. Adam avait été créé à l’image de Dieu en tant que créature, Christ était l’Image de la nature même de Dieu. Adam avait la même forme que l’Eternel Dieu (Elohim-Yahweh), cependant il ne possédait pas la substance de Dieu, Sa nature. Adam n’était pas sorti de Dieu, mais il avait au contraire été créé par Lui. Cependant Dieu voulait des fils et des filles qui soient sortis de Lui, qui aient Sa substance, qui manifestent Sa nature. Jésus, le seul Fils engendré, est issu de Dieu, et c’est avec Lui, le Premier-né, que la race divine des fils de Dieu a commencé.

Yahweh était Dieu Lui-même; Il était le “JE SUIS”, Celui qui est éternellement; le Logos, Celui qui agit et qui ensuite est devenu un homme. Ce que la plupart des théologiens ont négligé de voir, et qui est à proprement parlé le coeur de la chose, c’est que de même que Yahweh est sorti de la plénitude originelle de Dieu, ainsi le Fils, qui est Yahweh Lui-même, est sorti du Père:

“Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car moi je procède de Dieu et je viens de lui” (Jean 8.42).

“Car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé et que vous avez cru que moi je suis sorti d’auprès de Dieu” (Jean 16.27).

“Car je leur ai donné les paroles que tu m’as données, et ils les ont reçues; et ils ont vraiment connu que je suis sorti d’auprès de toi, et ils ont cru que toi tu m’as envoyé” (Jean 17.8).

Quand ce mystère eut été révélé aux disciples, ceux-ci dirent: “Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et que tu n’as pas besoin que personne ne te fasse des demandes; à cause de cela, nous croyons que tu es venu de Dieu” (Jean 16.30).

Toujours, dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, il s’agit du même Seigneur: là dans un corps spirituel, ici dans un corps charnel. Il ne s’agit pas d’un Fils de Dieu qui aurait existé en tant que tel auprès de Dieu, puis serait devenu un Fils de Dieu sur la terre. Il ne pourrait y avoir quelque chose d’aussi paradoxal. Jésusest sorti de Dieu. Il a été engendré en tant que Fils par l’Esprit et Il est de la même essence que Dieu. Il avait la Vie de Dieu en Lui car Il était Dieu Lui-même. De Dieu ne pouvait sortir que Dieu et Il ne pouvait engendrer qu’à Sa manière. C’est au travers de Lui que tous les fils et filles de Dieu participent à la nature divine (2 Pier. 1.4).

La théologie cherche principalement à définir la relation entre le Père et le Fils, et entre le Fils et le Saint-Esprit, de telle sorte que chacun d’eux est opposé à l’autre. Il est inconcevable que cela puisse avoir un sens quelconque. Que la philosophie vienne encore s’ajouter à la théologie, il en découle un cercle magique dont ceux qui s’y trouvent enfermés ne peuvent plus s’échapper. Mais la “théologie” biblique consiste en la réalisation du plan de salut éternel de Dieu à l’égard de l’humanité, par le moyen de Jésus-Christ notre Seigneur. Il ne s’agit pas de la clarification de la révélation de Dieu nécessaire à chacun pour recevoir le salut, mais bien de la clarification des relations que Dieu veut avoir avec nous: Qu’est-Il pour nous? et comment nous comportons-nous à Son égard? C’est là le point essentiel. Dieu a clarifié Ses relations avec l’humanité!

La doctrine de ce que l’on appelle “la confession de foi de Nicée” est tout simplement non biblique. Il y est écrit: «… seul Fils de Dieu, qui est né du Père avant le monde entier, Dieu venant de Dieu, Lumière de la Lumière, véritable Dieu né du véritable Dieu, qui n’a pas été créé…» (F. Hauss, Väter der Christenheit, S. 40). Là on prétend que le Père aurait, dans le ciel, enfanté le Fils. Comment peut-on se représenter cela? Où dans les Saintes Ecritures peut-on trouver, même par allusion, le témoignage d’une telle pensée?

Par l’Esprit, le Père a engendré le Fils sur terre (Mat. 1) et c’est ainsi qu’Il a agi pour commencer une nouvelle race divine. Quant à Son Esprit, Jésus était Fils de Dieu; quant à la chair Il était homme, et cela afin de pouvoir transporter l’humanité dans la position divine. Il devait être un homme afin de pouvoir mourir; et Il devait être Dieu pour vaincre la mort, le séjour des morts, et le diable. “Dieu a été manifesté en chair, a été justifié en Esprit, a été vu des anges, a été prêché parmi les nations, a été cru au monde, a été élevé dans la gloire” (1 Tim. 3.16). Paul n’a pas le moins du monde jugé utile de donner d’explication au sujet de ce grand mystère. Cette constatation lui suffisait: “Et, sans contredit, le mystère de la piété est grand” (1 Tim. 3.16).

La procréation du Fils n’a pas eu lieu dans l’éternité et pas davantage pendant la durée de l’Ancien Testament, mais bien, avec toute la précision souhaitable, de la manière claire et nette décrite dans le Nouveau Testament. C’est pourquoi l’expression “aujourd’hui” a été utilisée dans la promesse du Psaume 2. Tout ce qui dans l’Ancien Testament était contenu dans la prophétie était encore en ce temps-là à venir. Ce n’est que dans le Nouveau Testament que nous en trouvons l’accomplissement.

Ce n’est pas par hasard que le terme “décret de Dieu” est utilisé dans le passage suivant: “Je raconterai le décret: l’Eternel m’a dit: tu es mon Fils; aujourd’hui, je t’ai engendré” (Ps. 2.7). En rapport avec cette parole, nous lisons ce qui suit dans Hébreux 1.5: “Car auquel des anges a-t-il jamais dit: Tu es mon Fils, moi je t’aiaujourd’hui engendré?”.

Dans l’épître aux Hébreux, cet “aujourd’hui” a été annoncé et placé devant nos yeux comme étant un jour particulier: “… encore une fois il détermine un certain jour, disant en David, si longtemps après: Aujourd’hui…” (Héb. 4.7). Cet aujourd’hui est “le jour du salut”. “Car il dit: Au temps agréé je t’ai exaucé, et en un jour de salut je t’ai secouru. Voici, c’est maintenant le temps agréable; voici, c’est maintenant le jour du salut (2 Cor. 6.2; Es. 49.8). L’auteur de l’épître aux Hébreux apporte l’exemple des croyants de l’Ancienne Alliance qui ne crurent pas et il donne un avertissement aux lecteurs de cette épître par ces mots: “Mais exhortez-vous l’un l’autre chaque jour, aussi longtemps qu’il est dit: Aujourd’hui, afin qu’aucun d’entre vous ne s’endurcisse par la séduction du péché” (Héb. 3.13). Pendant tout le temps de la grâce, qui s’étend de la venue “Epiphanie” de Christ jusqu’au temps de Son retour “Parousie”, nous vivons dans le “jour du salut”, dans le “aujourd’hui” du Nouveau Testament.

Dans Romains 1.3,4 nous lisons ceci au sujet du Fils: “… la semence de David, selon la chair, déterminé Fils de Dieu, en puissance, selon l’Esprit de sainteté, par la résurrection des morts, Jésus Christ, notre Seigneur…”. La résurrection est la preuve triomphale que Jésus est le Fils promis et que le Psaume 2 s’est accompli de cette manière. “Et nous, nous vous annonçons la bonne nouvelle quant à la promesse qui a été faite aux pères, que Dieu l’a accomplie envers nous, leurs enfants, ayant suscité Jésus; comme aussi il est écrit dans le Psaume second: Tu es mon Fils, moi je t’ai aujourd’hui engendré” (Actes 13.32 et 33).

Lorsque l’ange Gabriel apporta à Marie le Message divin du Messie promis, elle lui dit: “Comment ceci arrivera-t-il, puisque je ne connais pas d’homme? Et l’ange, répondant, lui dit: L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-haut te couvrira de son ombre; c’est pourquoi aussi la sainte chose qui naîtra sera appelée Fils de Dieu” (Luc 1.34,35). D’après le témoignage des Saintes Ecritures ce n’est pas Dieu mais bien Marie qui a enfanté le Fils.

Marie ne nous est pas présentée dans la Bible pour être honorée et admirée, mais par son exemple Dieu nous montre qu’aucun homme n’a à faire avec la création divine. Le Fils de l’homme, Jésus, était d’origine entièrement divine; Marie était seulement la porteuse naturelle d’une substance divine qui avait été procréée par un processus tout à fait surnaturel.

Aucun acte religieux ne peut remplacer l’action de Dieu. Il est écrit dans Matthieu 1.20: “… car ce qui a été conçu en elle est de l’Esprit Saint”. A l’évidence il ressort de ceci que le Saint-Esprit n’est pas une Personne en soi, mais qu’Il est bien l’Esprit de Dieu, car Jésus n’est jamais appelé “Fils du Saint-Esprit” (quoi qu’Il ait été conçu par l’Esprit), mais bien: Fils de Dieu. Il est dit au verset 22 qu’il s’agit ici de l’accomplissement de la Parole annoncée par Dieu au travers du prophète Esaïe:“Voici, la vierge concevra et elle enfantera un Fils, et appellera son nom Emmanuel” (Es. 7.14).

En rapport avec le Fils il nous est dit: “Demande-moi, et je te donnerai les nations pour héritage, et, pour possession, les bouts de la terre” (Ps. 2.8). C’est uniquement par le fait que le Père s’est révélé dans le Fils, et qu’Il devint ainsi notre Sauveur, que nous pouvons être sauvés. C’est pourquoi la foi dans le Fils de Dieu est l’absolue et seule condition pour être sauvé. Ce n’est que là où Dieu se réconcilia avec l’humanité, c’est-à-dire en Christ, que cesse la colère de Dieu. La foi dans le Fils est uniquement, et simultanément, la foi dans le Père. “Quiconque nie le Fils n’a pas non plus le Père; celui qui confesse le Fils a aussi le Père” (1 Jean 2.23). Celui qui nie la Divinité du Fils n’a pas Dieu pour Père.

D’un même souffle le psalmiste parle de Yahweh et du Fils. “Servez l’Eternel (Yahweh) avec crainte, et réjouissez-vous avec tremblement; baisez le Fils, de peur qu’il ne s’irrite et que vous ne périssiez dans le chemin, quand sa colère s’embrasera tant soit peu. Bienheureux tous ceux qui se confient en lui” (Ps. 2.11,12). La foi dans le Fils est nécessaire au salut, car ce n’est pas en tant que Père mais bien dans le Fils que Dieu nous a apporté le salut. C’est pourquoi il est écrit: “Qui croit au Fils a la vie éternelle; mais qui désobéit au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui” (Jean 3.36).

Dieu ne nous donne pas un enseignement sur Lui-même, mais Il se révèle de diverses manières. Les formulations dogmatiques du 4ème siècle à l’égard du Fils de Dieu ne sont que des produits de l’imagination humaine. Pour les uns Il était un Dieu “engendré”, pour les autres un Dieu “créé”, pour d’autres encore un Dieu “né de Dieu”, et tout cela doit avoir eu lieu avant tous les temps, c’est-à-dire dans l’éternité. A quoi pourrait bien nous servir un Dieu “engendré”, “créé” ou “né de Dieu”? Mais un tel Dieu n’existe pas. L’engendrement se rapporte au Fils, tel est le clair témoignage des Ecritures et ce Fils est le seul Fils engendré qui provienne entièrement de Dieu. Il n’est pas le Fils de Dieu et de Marie, mais bien uniquement le Fils seul engendré de Dieu. Beaucoup de théologiens pensent, en prenant en considération la génétique moderne, qu’une ovule de Marie aurait été divinement fécondée par le moyen du Saint-Esprit! Mais il est certain qu’alors la nature pécheresse venant des chromosomes de l’ovule aurait influencé la structure génétique divine, et de nouveau un mélange aurait eu lieu. C’est donc exclu! Engendré signifie que tout, y compris l’ovule, tire son origine de Dieu.

Le caractère prophétique de l’Ancien Testament en paroles, en images et en paraboles, est de voir et de faire connaître à l’avance une révélation dont la réalisation était encore à venir. Dans le témoignage de l’Ancien Testament il s’agissait du noyau des paroles dites en tant que “témoignage des choses qui devaient être dites”(Héb. 3.5). Les prophètes, parlant par l’Esprit de Dieu, regardaient dans l’avenir; il leur fut révélé que ce n’était pas pour eux mais pour nous qu’ils administraient ces choses (1 Pier. 1.12). Depuis que Celui qui parlait et agissait est devenu Lui-même un homme, nous avons affaire à une révélation de Dieu, personnalisée en Christ, réalisée et parvenue à son plein accomplissement. Les prophètes ont dit à l’avance ce qui allait arriver, et les apôtres, eux, ont rendu témoignage que la chose était arrivée. Celui qui avait été annoncé par la publication de la Parole révélée est donc apparu et “en lui habite toute la plénitude de la déité corporellement” (Col. 2.9).

Comment des paroles de révélation divine ont-elles pu être transformées en doctrines humaines, et la si majestueuse révélation divine de Christ être interprétée en philosophie trinitaire? Ce sont là des choses tout à fait incompréhensibles! Le professeur Emil Brunner a écrit à cet égard: «De la même manière, la notion de trois Personnes est égalemenmt plus que douteuse. Déjà Augustin l’a ressenti» (Vgl. “De Trinitate”, V. 9). Il semble que Karl Barth partage cette réflexion (Kirchliche Dogmatik, I, S. 703). «On peut bien commander à la pensée: ‹Tu dois penser à ces trois Personnes comme étant pourtant une seule› — cela ne sert à rien: il reste qu’il y a un tangage douteux entre le trinithéisme et le monothéisme. Non seulement la notion de la substance mais encore la notion de cette Personne étaient beaucoup trop rigides pour saisir le mystère de l’unité entre ce qui paraît évident et ce qui est révélé. Il s’ensuit qu’on a placé trois Personnes l’une à côté de l’autre, à tel point que l’on n’a plus compris la pensée de l’histoire du salut. On se préoccupait de l’arrière-plan transcendantal de la révélation qui nous avait été donnée et l’on a fait de cette vie trinitaire intérieure l’objet principal de la réflexion; c’est cela qui est profondément antibiblique dans la doctrine trinitaire de l’église» (E. Brunner, Dogmatik, Band I, S. 243,244).

Les prophètes et les apôtres n’ont jamais connu de trinité et c’est pourquoi la formule d’un “Dieu triple” ne se trouve pas une seule fois dans la Bible. Comment trois Personnes qui se sont unies pourraient-elles après cela n’être qu’un seul Dieu? On ne peut réellement qualifier cela que de doctrine étrangère à la Bible, de doctrine païenne! Le seul Dieu vrai et éternel qui ait jamais existé, qui est et qui sera éternellement, s’est fait connaître d’une triple manière: dans le Ciel comme Père, sur la terre dans le Fils et dans les croyants par le Saint-Esprit. C’est le témoignage des Saintes Ecritures. Les prophètes et les apôtres ont fait une expérience avec Dieu; ils L’ont entendu, vu et connu, et comme Il s’est révélé à eux, c’est ainsi qu’ils L’ont annoncé. Les théologiens ont dénaturé Dieu, et d’Un ils en ont fait trois. L’écrasante majorité des théologiens admettent que la Bible ne connaît pas la doctrine de la trinité, mais malgré cela ils la défendent. Comment une telle chose est-elle possible?

Ce que le Seigneur a dit reste à jamais vrai: “… et personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père; ni personne ne connaît le Père, si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils voudra le révéler” (Mat. 11.27).


Chapitre 13

LE NOM DU SEIGNEUR

Après que l’Eternel Dieu eut donné les dix commandements, Il fit dans le même chapitre une très importante déclaration: “En tout lieu où je mettrai la mémoire de mon nom, je viendrai à toi, et je te bénirai” (Ex. 20.24). Ce n’est que là où l’Eternel Dieu fait connaître Son Nom, que l’on peut également Lui présenter, en Son Nom, l’adoration en Esprit et en Vérité. Dès le commencement il y eut des hommes auxquels le Seigneur se révéla et qui connurent Son Nom. “Et à Seth, à lui aussi, naquit un fils; et il appela son nom Enosch. Alors on commença à invoquer le nom de l’Eternel (Yahweh)” (Gen. 4.26).

Exode 33.11-23 nous donne des éclaircissements sur l’importance de la révélation de Dieu, ainsi que de la révélation de Son Nom. Là où le Seigneur parle et accorde à un homme d’avoir part à Sa grâce, Il lui révèle aussi Son Nom. L’Eternel parlait à Moïse face à face. Celui-ci eut le désir de voir la gloire de Dieu, et l’Eternel lui répondit: “Je ferai passer toute ma bonté devant ta face, et je crierai le nom de l’Eternel devant toi” (Ex. 33.19). Dieu ne demeure pas l’inconnu, Celui qui se cache. Il se présente aussi comme Celui qui se fait connaître afin de révéler Son Nom.

On ne peut jamais assez insister sur la révélation du Nom de l’Eternel. L’Eternel commanda à Moïse: “Parle à Aaron et à ses fils, disant: Vous bénirez ainsi les fils d’Israël, en leur disant: L’Eternel (Yahweh) te bénisse, et te garde! L’Eternel (Yahweh) fasse lever la lumière de sa face sur toi et use de grâce envers toi! L’Eternel (Yahweh) lève sa face sur toi et te donne la paix! Et ils mettront mon nom sur les fils d’Israël; et moi, je les bénirai” (Nom. 6.23-27).

En aucun temps personne ne s’est adressé à Dieu en Le nommant par des titres mais bien en prononçant Son Nom. Soit que les hommes L’aient invoqué, soit qu’ils aient agi, tout se faisait en Son Nom. Cela est valable aussi bien pour l’Ancien que pour le Nouveau Testament.

C’est la “loi fondamentale” de Dieu: Dieu ne peut être cherché, trouvé et honoré qu’uniquement dans le lieu où Il se révèle Lui-même ainsi que Son Nom. “Mais vous chercherez le lieu que l’Eternel, votre Dieu, choisira d’entre toutes vos tribus pour y mettre son nom, le lieu où il habitera, et vous y viendrez” (Deut. 12.5).

Dans la prière de consécration du temple de Dieu, Salomon s’exprima ainsi: “… afin que tous les peuples de la terre connaissent ton nom, et te craignent, comme ton peuple d’Israël, et qu’ils sachent que cette maison que j’ai bâtie est appelée de ton nom (1 Rois 8.43).

“C’est pourquoi mon peuple connaîtra mon nom; c’est pourquoi, en ce jour-là, il connaîtra que c’est moi-même, qui dis: Me voici!” (Es. 52.6).

Ce fut Le même dont Moïse dit: “JE SUIS m’a envoyé vers vous” (Ex.3.14), qui Se présenta avec les mêmes paroles au peuple d’Israël sur la montagne du Sinaï: “Et Dieu prononça toutes ces paroles, disant: JE SUIS l’Eternel (Yahweh), ton Dieu (Elohim), qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de servitude” (Ex. 20.1,2). Dans le prophète Esaïe nous trouvons cette référence particulièrement accentuée: “Moi, l’Eternel (Yahweh), le premier; et, avec les derniers, JE SUIS le même” (Es. 41.4). “Je suis l’Eternel (Yahweh): c’est là mon nom; et je ne donnerai pas ma gloire à un autre, ni ma louange à des images taillées” (Es. 42.8). “Moi, moi, JE SUIS l’Eternel (Yahweh), et hors moi il n’y en a point qui sauve… Et vous êtes mes témoins, dit l’Eternel, que JE SUIS Dieu” (Es. 43.11,12). “Ainsi dit l’Eternel, le roi d’Israël, et son rédempteur, l’Eternel des armées: JE SUIS le premier, et JE SUIS le dernier, et hors moi il n’y a pas de Dieu” (Es. 44.6). “C’est MOI, l’Eternel, qui ai fait toutes choses…” (Es. 44.24). “MOI, je suis l’Eternel, et il n’y en a point d’autre, il n’y a point de Dieu si ce n’est MOI… qu’il n’y en a point hors MOI” (Es. 45.5,6).“MOI, JE SUIS le même, MOI, le premier, et MOI, le dernier. Ma main aussi a fondé la terre et ma droite a étendu les cieux…” (Es. 48.12,13).

Dans tout l’Ancien Testament, des hommes ont connu le Nom du Seigneur, ils ont invoqué Dieu en ce Nom-là et L’ont loué. Le passage de l’Ancien au Nouveau Testament est également très clairement défini: “… et tu appelleras son nom Jésus” (Mat. 1.21). Il était né comme Sauveur, qui est Christ, le Messie, le Seigneur (Luc 2.11). Cependant, comme c’était la coutume, Il reçut Son Nom le huitième jour, lors de la circoncision (Luc 2.21).

Dans le Nouveau Testament également, il ne s’agit pas uniquement de la manière par laquelle Dieu se révèle à nous, c’est-à-dire dans le Ciel comme Père, sur la terre comme Fils et dans l’Eglise par le Saint-Esprit, mais il s’agit de l’unique Nom en qui seul reposent notre délivrance et notre salut, en qui seul nous pouvons demander quelque chose à Dieu. Dieu ne s’est fait connaître sur la terre pour notre salut qu’en un seul lieu, c’est-à-dire en Jésus-Christ notre Seigneur. Qui veut trouver Dieu doit Le chercher là où Il se laisse trouver. Celui qui veut Le voir, Le verra où Il peut être vu, et celui qui veut L’entendre, L’entendra là où Il peut être entendu, c’est-à-dire là où Il a placé et révélé Son Nom. Le seul lieu de rencontre personnelle de Dieu avec l’humanité, et par conséquent aussi de l’humanité avec Dieu, est en Jésus-Christ notre Seigneur.

Il demeure incompréhensible que les érudits aient changé Yahweh en Jéhovah et Yashuah en Jeshuah, et qu’ils aient donné de semblables notions des mots. Les lettres hébraïques du Nom de l’Eternel YHWH doivent être pareilles autant dans le Nouveau Testament que dans l’Ancien. Elles ne permettent aucune formulations imaginaire et arbitraire. Yah est l’abrégé de Yahweh-l’Eternel, comme El est l’abréviation de Elohim-Dieu. Le mot: Allélu-Yah signifie: Louez Yahweh. Jesa-Jah signifie:Yahweh est Sauveur. Yah-Shua signifie Jahweh-Sauveur et ainsi de suite. L’Eternel s’est révélé comme le Dieu d’Israël. Le mot Isra-El signifie: Lutter avec Dieu; Isma-El signifie: Dieu exauce; Emmanu-El signifie: Dieu avec nous, et ainsi de suite. Là où l’Eternel Dieu se révèle réellement, c’est là qu’Il se fait connaître ainsi que Son Nom. C’est uniquement en ce Nom que nous pouvons L’adorer.

Notre Seigneur Jésus, dans le Nouveau Testament, a fait tout particulièrement ressortir cet attribut de: “JE SUIS”, qui se rapportait à Dieu dans l’Ancien Testament.“JE SUIS le pain de vie” (Jean 6.48). “JE SUIS la lumière du monde” (Jean 8.12). Deux versets du chapitre 8 sont d’une importance primordiale. C’est ainsi que notre Seigneur dit: “Je vous ai donc dit que vous mourrez dans vos péchés; car si vous ne croyez pas que c’est MOI, vous mourrez dans vos péchés” (Jean 8.24) “Les Juifs donc lui dirent: Tu n’as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham? Jésus leur dit: En vérité, en vérité, je vous dis: Avant qu’Abraham fût, JE SUIS” (Jean 8.57,58). “Moi, JE SUIS le bon berger et je connais les miens” (Jean 10.14). “Moi, JE SUIS la résurrection et la vie” (Jean 11.25). “Moi, JE SUIS le vrai cep” (Jean 15.1), etc. etc.

Notre Seigneur est Tout en tous. C’est pourquoi Il pouvait littéralement relier tout ce qu’Il était, ce qu’Il est et ce qu’Il sera avec le “JE SUIS”. On peut tout spécialement comparer les passages du prophète Esaïe, où il est clairement question de l’Eternel, de Yahweh, où Lui-même se présente comme étant le Premier et le Dernier, et faire le pont entre l’Ancien et le Nouveau Testament, où le Ressuscité, le Rédempteur qui revient déclare: “Ne crains point; moi, JE SUIS le premier et le dernier, et le vivant” (Apoc. 1.7). “Moi, JE SUIS l’Alpha et l’Oméga, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, et qui était, et qui vient, le Tout-puissant” (Apoc. 1.8). Avant Lui, aucun Dieu n’a existé, et après Lui il n’y en aura point. Il n’y a qu’un seul Tout-puissant.

Le Fils dit: “Moi, JE SUIS venu au nom de mon Père” (Jean 5.43). Lorsqu’Il priait, Il disait: “Père, glorifie ton nom (Jean 17.6). En rapport avec les Siens Il dit: “J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu m’as donnés du monde” (Jean 17.6). Comme en Jésus le Seigneur est aussi terrestre, Il ne se présente manifestement sous Son Nom qu’à ceux qui ont eu une rencontre personnelle avec Lui, c’est-à-dire qui ont fait une expérience véritable avec Lui. Nous voyons cela tout particulièrement lors de la conversion de Paul: “Et il dit: Qui es-tu, Seigneur? Et il dit: JE SUIS JESUS que tu persécutes” (Actes 9.5).

Plus loin nous Le voyons prier, disant: “Père saint, garde-les en ton nom que tu m’as donné” (Jean 17.11). Le Nom du Père est également le Nom du Fils. Il fait encore une fois ressortir cela en disant: “Et je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître…” (Jean 17.26). C’est ce qu’Il fait jusqu’aujourd’hui. Il révèle leNom de Jésus. Là où la signification divine de ce Nom n’est pas connue, les hommes se trouvent dans une tradition pieuse non biblique.

“Vous donc, priez ainsi: Notre Père qui est dans les cieux, que ton nom soit sanctifié…” (Mat. 6.9). Comme nous pouvons le voir, le Nom du Père est le Nom du Fils:“… qu’il a hérité d’un nom plus excellent qu’eux” (Héb. 1.4).

La vie éternelle ne se trouve qu’en Son Nom (Jean 20.31). La rémission des péchés est aussi reçue uniquement par Son Nom (Act. 10.43). En principe, tout ce que Dieu nous donne et tout ce qu’Il fait arrive au Nom de Jésus car c’est en Lui qu’Il s’est révélé. Pareillement, aucun de Ses serviteurs n’emploie les titres de Dieu ni une formule, mais il emploie toujours Son Nom. Selon la Parole de l’Ecriture, cela est valable pour tous les croyants: “Et quelque chose que vous fassiez, en paroles ou en oeuvres, faites tout au nom du Seigneur Jésus, rendant grâces par lui à Dieu le Père” (Col. 3.17).

Le jour arrive où, au Nom de Jésus-Yashuah tout genou fléchira et toute langue confessera qu’Il est l’Eternel-Yahweh (Phil. 2.10,11). En Apocalypse 21.3-7 il nous est dit: “Voici, l’habitation de Dieu est avec les hommes, et il habitera avec eux; et ils seront son peuple, et Dieu Lui-même sera avec eux, leur Dieu. Et Dieu essuiera toutes larmes de leurs yeux; et la mort ne sera plus; et il n’y aura plus ni deuil, ni cris, ni peines, car les premières choses sont passées. Et celui qui était assis sur le trône dit: Voici, je fais toutes choses nouvelles. Et il me dit: Ecris! car ces paroles sont certaines et véritables. Et il me dit: C’est fait. Moi, JE SUISl’alpha et l’oméga, le commencement et la fin. A celui qui a soif, JE donnerai, MOI, gratuitement, de la fontaine de l’eau de la vie. Celui qui vaincra héritera de ces choses, et je lui serai Dieu, et lui me sera fils”.


 

Chapitre 14

COMPARAISONS UTILES

Les passages bibliques cités plus bas doivent présenter deux choses à nos yeux: la divinité et l’humanité de notre Rédempteur. Lorsqu’Il nous est annoncé dans Son humanité, il nous est dit après coup qu’Il a été envoyé. Lorsqu’il est question de Lui en tant que l’Eternel Dieu, il nous est dit ensuite qu’Il est venu Lui-même. Les deux choses sont exactes, elles ont la tâche de justifier aussi bien ce qui est du ressort humain que du ressort divin.

Directement après la chute, le Seigneur donna la première promesse concernant la postérité qui devait venir par la femme afin d’écraser la tête du serpent. C’est au serpent qu’Il dit: “Et je mettrai inimitié entre toi et la femme, et entre ta semence et sa semence. Elle te brisera la tête, et toi tu lui briseras le talon” (Gen. 3.15). Tout lecteur de la Bible sait très bien que cette semence de la femme annoncée ici est le Christ, le Messie. C’est pourquoi Jésus n’a jamais appelé Marie “mère” comme d’autres l’ont fait, mais Il s’est toujours adressé à elle en lui disant “femme” (Jean 2.4).

“Le sceptre ne se retirera point de Juda, ni un législateur d’entre ses pieds, jusqu’à ce que le Shilo vienne; et à lui sera l’obéissance des peuples. Il attache à la vigne son ânon, et au cep excellent le petit de son ânesse” (Gen. 49.10,11). “Réjouis-toi avec transports, fille de Sion; pousse des cris de joie, fille de Jérusalem! Voici, ton roi vient à toi; il est juste et ayant le salut, humble et monté sur un âne, et sur un poulain, le petit d’une ânesse” (Zach. 9.9). En Matthieu 21, Marc 11, Luc 19 et Jean 12 nous est relaté de quelle manière Il est entré triomphalement, en tant que Roi, le jour des Rameaux à Jérusalem, sur le petit d’une ânesse, conformément à cette promesse de l’Ecriture. En Apocalypse 5.5, Il est décrit comme le Lion de la tribu de Juda.

“Je leur susciterai un prophète comme toi, du milieu de leurs frères, et je mettrai des paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que je lui commanderai. Et il arrivera que l’homme qui n’écoutera pas mes paroles, lesquelles il dira en mon nom, moi, je le lui redemanderai” (Deut. 18.18,19). Dans les quatre évangiles, le Messie est amplement décrit comme Prophète, comme Fils de l’homme. Dans sa prédication d’Actes 3.22,23 Pierre se réfère à ces passages bibliques que nous venons de mentionner en disant: “Moïse déjà a dit: Le Seigneur, votre Dieu, vous suscitera d’entre vos frères un prophète comme moi; vous l’écouterez dans tout ce qu’il pourra vous dire; et il arrivera que toute âme qui n’écoutera pas ce prophète sera exterminée d’entre le peuple”. Le Messie était le Dieu-Prophète et c’est pourquoi Ses paroles ont un caractère obligatoire pour tous ceux qui veulent subsister devant Dieu, car par Lui Dieu a parlé sur terre de façon définitive et a accompli la Parole annoncée par les prophètes.

“Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui, et le fils de l’homme, que tu le visites? Tu l’as fait de peu inférieur aux anges, et tu l’as couronné de gloire et d’honneur; tu l’as fait dominer sur les oeuvres de tes mains, tu as mis toutes choses sous ses pieds” (Ps. 8.4-6). L’accord parfait entre les prophéties de l’Ancien Testament et leur accomplissement dans le Nouveau Testament est frappant: “… dans le christ Jésus, lequel, étant en forme de Dieu, n’a pas regardé comme une proie à ravir d’être égal à Dieu, mais s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave, étant fait à la ressemblance des hommes; et, étant trouvé en figure comme un homme, il s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l’a haut élevé et lui a donné un nom au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus se ploie tout genou des êtres célestes, et terrestres, et infernaux, et que toute langue confesse que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père” (Phil. 2.6-11).

“Lui me criera: tu es mon Père, mon Dieu, et le rocher de mon salut. Aussi moi, je ferai de lui le premier-né, le plus élevé des rois de la terre” (Ps. 89.26,27). “Car ceux qu’il a préconnus, il les a aussi prédestinés à être conformes à l’image de son Fils, pour qu’il soit premier-né d’entre plusieurs frères” (Rom. 8.29). “Et encore, quand il introduit le premier-né dans le monde habité, il dit: Et que tous les anges de Dieu lui rendent hommage” (Héb. 1.6). “… en qui nous avons la rédemption, la rémission des péchés; qui est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création” (Col. 1.14,15). “En sorte que si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création: les choses vieilles sont passées; voici, toutes choses sont faites nouvelles” (2 Cor. 5.17). “… et de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle, lepremier-né des morts, et le prince des rois de la terre!” (Apoc. 1.5).

“C’est pourquoi le Seigneur, lui, vous donnera un signe: Voici, la vierge concevra et elle enfantera un fils, et appellera son nom Emmanuel” (Es. 7.14). “Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre auprès de toi Marie ta femme, car ce qui a été conçu en elle est de l’Esprit Saint; et elle enfantera un fils, et tu appelleras son nom Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés. Or tout cela arriva, afin que fût accompli ce que le Seigneur avait dit par le prophète” (Mat. 1.20-22).

“Car un enfant nous est né, un Fils nous a été donné, et le gouvernement sera sur son épaule; et on appellera son nom: Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix. A l’accroissement de son empire, et à la paix, il n’y aura pas de fin, sur le trône de David et dans son royaume, pour l’établir et le soutenir en jugement et en justice, dès maintenant et à toujours. La jalousie de l’Eternel des armées fera cela” (Es. 9.6,7).

Cet enfant qui nous est né, ce Fils qui nous est donné est désigné en même temps comme Dieu puissant et Père éternel. Comme nous l’avons déjà dit, les deux faces du Rédempteur, le Divin et l’humain, devaient être annoncés pour que l’on puisse prendre conscience de la sphère d’activité de chacune de Ses deux natures. Dieu dit au travers du même prophète Esaïe: “Fortifiez les mains lassées, et affermissez les genoux qui chancellent. Dites à ceux qui ont le coeur timide: Soyez forts, ne craignez pas, voici votre Dieu… Lui-même viendra, et vous sauvera” (Es. 35.3,4).

Dieu n’a jamais dit qu’Il avait auprès de Lui un Fils qu’Il allait envoyer aux hommes. Il est venu Lui-même et Il nous a apporté le salut dans le Fils. Le signe par lequel on reconnaîtrait cet événement devait être ceci: “Alors les yeux des aveugles s’ouvriront, et les oreilles des sourds seront ouvertes. Alors le boiteux sautera comme le cerf, et la langue du muet chantera de joie” (Es. 35.5,6). C’est exactement ce qui avait été annoncé ici qui s’est accompli dans le ministère de Jésus-Christ, notre Seigneur: les aveugles recouvrèrent la vue, les sourds entendirent, les paralytiques marchèrent et les muets purent parler (Luc 7.22).

Dans Esaïe 40 il nous est dit: “La voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin de l’Eternel (Yahweh), aplanissez dans le lieu stérile une route pour votre Dieu (Elohim) … Elève ta voix avec force, Jérusalem, messagère de bonnes nouvelles: Elève-la, ne crains point; dis aux villes de Juda: Voici votre Dieu! Voici, le Seigneur l’Eternel (Elohim-Yahweh), viendra avec puissance, et son bras dominera pour lui” (v. 3,9,10). Le Yahweh de l’Ancien Testament est Jashuah (Jésus) du Nouveau Testament. Dieu s’est révélé comme Père au-dessus de nous, dans le Fils Il s’est révélé au milieu de nous et par le Saint-Esprit Il s’est révélé en nous. C’est de cette manière qu’Il exécute Ses propres desseins de Rédempteur à l'égard de Ses rachetés.


 

Chapitre 15

JESUS EST LE SEIGNEUR

Dans les rassemblements charismatiques tout particulièrement, ainsi que dans les campagnes d’évangélisation à l’occasion desquelles on crée une certaine atmosphère, on met sans cesse l’accent sur le fait que “Jésus est Seigneur”. Cependant il n’est pas certain, pour ces personnes, qu’Il soit réellement Seigneur au sens des Saintes Ecritures. Celui qui dit: “Jésus est le Seigneur” sans croire véritablement que cela signifie qu’Il est Dieu, n’a en fait pas encore reconnu réellement le Seigneur Dieu. Lorsque Jésus est décrit dans Sa qualité d’homme, nous Le voyons réellement comme un homme auprès de Dieu; c’est-à-dire comme Fils de l’homme et Prophète, Lequel ne peut rien faire de Lui-même. “En vérité, en vérité, je vous dis: Le Fils ne peut rien faire de lui-même, à moins qu’il ne voie faire les choses au Père… Je ne puis rien faire, moi, de moi-même; je juge selon ce que j’entends et mon jugement est juste; car je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé” (Jean 5.19,30). Ici ne se trouvent pas, à l’intérieur de la Divinité et face-à-face, une Personne ayant la connaissance et une autre n’en ayant point, une Personne ayant le pouvoir et une autre n’en ayant point. Mais Celui qui parle ici est Jésus, l’homme, le Christ qui ne cherche pas à faire Sa volonté, mais au contraire celle de Dieu.

Pareillement les Saintes Ecritures présentent sans cesse Jésus comme Seigneur, à tel point qu’Elles relatent cette déclaration majestueuse: “Toute autorité m’a été donnée dans le ciel et sur la terre” (Mat. 28.18). Effectivement, Jésus, dans Son humanité, est présenté au côté de Dieu comme Homme, comme Prophète, Intercesseur, Médiateur, Fils de l’homme. C’est également ainsi qu’Etienne le vit: “Mais lui, étant plein de l’Esprit Saint, et ayant les yeux attachés sur le ciel, vit la gloire de Dieu, et Jésus debout à la droite de Dieu; et il dit: Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu” (Actes 7.55,56). Etienne vit la Gloire surnaturelle de Dieu, la “Shekinah”. C’est dans cette Gloire que le Fils de l’homme reviendra. “Or, quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il s’assiéra sur le trône de sa gloire” (Mat. 25.31).

En considérant ces choses, il s’agit de nouveau de trouver la vraie connaissance et la formulation qui s’y rapporte. Jésus n’est pas seulement un Seigneur, mais le Seigneur. Lors de Sa naissance il fut dit aux bergers: “… qui est le Christ, le Seigneur (Luc 2.11). C’est exactement ainsi que l’entend Paul lorsqu’il dit: “… nul ne peut dire: Seigneur Jésus, si ce n’est par l’Esprit Saint” (1 Cor. 12.3). Il s’agit toujours du même Esprit (v. 4), du même Seigneur (v. 5), du même Dieu, et cela jusque dans le dernier livre de la Bible.

“… saint, saint, saint, Seigneur, Dieu, Tout-puissant, celui qui était, et qui est, et qui vient” (Apoc. 4.8).

“Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire, et l’honneur, et la puissance” (Apoc. 4.11).

Malgré la diversité des désignations et des formulations qui s’accordent avec le contexte actuel, Il est toujours le même Dieu et Seigneur qui agit: “Et il y eut dans le ciel de grandes voix, disant: Le royaume du monde de notre Seigneur et de son Christ est venu, et il régnera aux siècles des siècles” (Apoc. 11.15).

Le 12ème chapitre de l’Apocalypse parle de Dieu et de Son Christ dans le même contexte: “Et j’ouïs une grande voix dans le ciel, disant: Maintenant est venu le salut et la puissance et le royaume de notre Dieu et le pouvoir de son Christ” (Apoc. 12.10).

Finalement nous apprenons de façon exacte qui est Celui qui entre dans Son règne: “Nous te rendons grâces, Seigneur, Dieu, Tout-puissant, celui qui est et qui était, de ce que tu as pris ta grande puissance et de ce que tu es entré dans ton règne” (Apoc. 11.17).

Debout sur la mer de cristal, la troupe des vainqueurs entonne le cantique de l’Agneau par ces paroles: “Grandes et merveilleuses sont tes oeuvres, Seigneur, Dieu Tout-puissant! Justes et véritables sont tes voies, ô Roi des nations!” (Apoc. 15.3).

Au chapitre 16, une voix sort de l’autel disant: “Oui, Seigneur, Dieu, Tout-puissant, véritables et justes sont tes jugements!” (v. 7).

Pour l’entendement humain c’est le plus grand de tous les mystères et il est tout simplement insaisissable. Cela demeurera ainsi, car c’est la volonté de Dieu que nous ne puissions ni le pénétrer, ni l’approfondir, ni l’expliquer ou le comprendre. Dieu voudrait que nous gardions pour l’éternité le respect et la crainte qui Lui sont dus.

Le Christ, Jésus, est né comme un simple homme, et comme tout autre enfant Il fut présenté au Seigneur (Yahweh) dans le temple de Jérusalem (Luc 2.22-24).

Siméon le prit dans ses bras, et “bénit Dieu et dit: Maintenant, Seigneur, tu laisses aller ton esclave en paix selon ta parole…” (Luc 2.28,29).

Conformément à Esaïe 9.5,6, cet enfant, ce Fils, est “Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix”. Le Fils, en tant qu’homme, a dit que Son Père était plus grand que Lui (Jean 14.28). Lorsqu’Il parle comme Seigneur, Il dit que Lui et le Père sont un (Jean 10.30). Le Père est dans les cieux et le Fils est sur la terre, et cependant tous devraient arriver à la connaissance “… que le Père est en moi, et moi en lui” (Jean 10.38). Lorsqu’il est dit que le Fils est à Ses côtés, ou qu’il est dit qu’Il est dans le Père, tout est exact, y compris cette déclaration: “Celui qui m’a vu, a vu le Père” (Jean 14.9).

Lorsque Pierre décrivit le ministère de Jésus-Christ, il employa cette formule: “Jésus le Nazaréen, homme approuvé de Dieu auprès de vous par les miracles et les prodiges et les signes que Dieu a faits par lui au milieu de vous … ayant été livré par le conseil défini et par la préconnaissance de Dieu — lui, vous l’avez cloué à une croix et vous l’avez fait périr par la main d’hommes iniques, lequel Dieu a ressuscité, ayant délié les douleurs de la mort, puisqu’il n’était pas possible qu’il fût retenu par elle” (Actes 2.22-24). Il était homme; et en cette qualité Il mourut dans Son corps de chair pour vaincre la mort, cela afin que nous aussi soyons libérés du corps de cette mort et puissions être transformés et recevoir un corps de résurrection.

L’apôtre Pierre continue en disant: “Le Seigneur (Yahweh) a dit à mon Seigneur (Eloah): Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que j’aie mis tes ennemis pour marchepied de tes pieds. Que toute la maison d’Israël donc sache certainement que Dieu a fait et Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié” (Actes 2.34-36).

L’apôtre Paul parle, comme il le dit lui-même, de “la sagesse de Dieu en mystère, la sagesse cachée, laquelle Dieu avait préordonnée avant les siècles pour notre gloire”, et il décrit Celui qui a été frappé à la croix comme étant le Seigneur de gloire, qu’aucun des chefs de ce siècle n’a reconnu “car s’ils l’eussent connue (la sagesse de Dieu), ils n’eussent pas crucifié le Seigneur de gloire (1 Cor. 2.7,8).

Dans 1 Corinthiens 6.14 il dit encore: “Mais Dieu a ressuscité le Seigneur, et il nous ressuscitera par sa puissance”.

Quiconque se convertit à Christ ne se tourne pas vers l’Enfant, qu’Il soit dans la crèche ou dans les bras de Marie, mais bien vers le Seigneur qui a été crucifié, qui est mort et est ressuscité. Ce Seigneur nous est même présenté après Son ascension comme “l’Esprit”. Jusque là nous avons seulement lu dans Jean 4.24 que Dieu est Esprit et que ceux qui L’adorent doivent L’adorer en Esprit et en Vérité. Dans le passage que nous citons maintenant, le Seigneur nous est présenté ainsi: “Or le Seigneur est l’Esprit; mais là où est l’Esprit du Seigneur, il y a la liberté” (2 Cor. 3.17). Puis l’apôtre continue: “Or nous tous, contemplant à face découverte la gloire (la Shekinah) du Seigneur, nous sommes transformés à la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit” (v. 18).

Ce qui pour les uns ne semble pas présenter une image cohérente, est vu par les autres comme un tout harmonieux, une image d’une perfection insurpassable. Dans 2 Corinthiens 4.5,6 Paul parle de la gloire de Christ, qui est l’image de Dieu, et il dit: “Car nous ne nous prêchons pas nous-mêmes, mais nous prêchons le christ Jésus comme Seigneur…”. Le point culminant de cette parole se trouve au verset suivant: “Car c’est le Dieu qui a dit que du sein des ténèbres la lumière resplendit, qui a relui dans nos coeurs pour faire luire la connaissance de la gloire de Dieu dans la face de Christ”.


 

Chapitre 16

CELUI QUI CONFESSERA JESUS…

VRAIE OU FAUSSE CONFESSION?

Dans les mouvements de réveil, lors des campagnes d’évangélisation des groupements protestants et des communautés indépendantes, on attache un grande importance à la confession du Nom de Jésus-Christ. Dans ces campagnes d’évangélisation, les personnes qui se sont avancées pour la conversion sont conduites par leurs évangélistes à répéter après eux une confession de Christ. Le prédicateur assure ensuite à ceux qui se sont avancés qu’ils sont désormais devenus la propriété de Jésus-Christ. Comme pour tous les autres thèmes et témoignages il convient là aussi de considérer la choses bibliquement, car tous ceux qui confessent Jésus comme Fils de Dieu ne sont pour autant pas déjà justifiés devant Dieu.

Le fait de confesser personnellement Jésus, le Christ, comme Fils de Dieu, a une extrême importance pour notre salut. L’ennemi et adversaire de Dieu est de nouveau parvenu ici à conduire par des demi-vérités à une totale tromperie, en se servant de la même formulation que la Bible. A cet égard il y a seulement trois passages des Ecritures où la partie adverse ait pris la Parole.

Les esprits habitant les personnes possédées ont eux aussi crié et fait une confession: “Et voici, ils s’écrièrent, disant: Qu’y a-t-il entre nous et toi, Jésus, Fils de Dieu?” (Mat. 8.29). L’évangéliste Marc nous dit: “Et les esprits immondes, quand ils le voyaient, se jetaient devant lui et s’écriaient, disant: Tu es le Fils de Dieu!”(Marc 3.11). Et Luc écrit: “Ah! qu’y a-t-il entre nous et toi, Jésus Nazaréen? Es-tu venu pour nous détruire? Je te connais, qui tu es: le Saint de Dieu… et des démons aussi sortaient de plusieurs, criant et disant: Tu es le Fils de Dieu” (Luc 4.34 et 41).

Nous voyons un homme de Dieu dire à un malade: “Au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche!” (Act. 3.6) et cependant, comme nous venons de le lire, il nous est relaté que de mauvais esprits avaient à la bouche le Nom de Jésus et même qu’ils employaient la désignation correcte de “Jésus de Nazareth” ou de “Fils de Dieu”.

Une confession correctement exprimée ne sert de rien, si l’on n’a pas fait une expérience personnelle avec Jésus, le Christ, ni eu une relation personnelle avec Lui. Il nous faut tout d’abord recevoir une révélation du Ciel. La confession de Jésus comme étant le Christ, ainsi que la marche avec Lui vont incontestablement de paire. Quant à l’obéissance, c’est pareil. “Qui croit au Fils a la vie éternelle; mais qui désobéit au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui” (Jean 3.36).

La foi dans le coeur doit précéder la confession de la bouche: “La parole est près de toi, dans ta bouche et dans ton coeur, c’est-à-dire la parole de la foi, laquelle nous prêchons, savoir que, si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur et que tu croies dans ton coeur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé” (Rom. 10.8,9). Paul l’exprimait de cette manière: “J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé” (2 Cor. 4.13). Une confession qui n’est pas faite dans la foi en Christ, le Seigneur, et dans la foi en la Parole de Dieu, n’a pas de sens.

L’apôtre Jean dit: “Qui est celui qui est victorieux du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu” (1 Jean 5.5).

A la fin du récit de la tentation de Jésus, alors que le diable se tenait auprès du Seigneur sur le faîte du temple, il Lui dit: “Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi d’ici en bas”(Luc 4.9).

Tous peuvent confesser que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, que ce soit les enfants de Dieu ou les enfants du diable, les chrétiens de tout bord, et même jusqu’à l’Antichrist. Mais une confession de Jésus n’est réellement valable que lorsqu’elle est en fait reliée en même temps au témoignage d’ensemble des Ecritures, à la foi et à l’obéissance personnelles envers Dieu. L’homme faisant cette confession doit avoir reçu une révélation directe à l’égard de Jésus.

La parole qui réserve de grandes difficultés aux exégètes se trouve dans 1 Jean 4: “Par ceci, vous connaissez l’Esprit de Dieu: tout esprit qui confesse Jésus Christ(Messie) venu en chair est de Dieu, et tout esprit qui ne confesse pas Jésus Christ venu en chair n’est pas de Dieu; et ceci est l’esprit de l’antichrist” (v. 2,3). Dans ce passage, à nouveau il y a davantage que ce qui, au premier coup d’oeil est extérieurement perceptible. Il s’agit là de la véritable connaissance, à savoir que c’est Yahweh en tant que Yashuah, (c’est-à-dire Yahweh-Sauveur), qui est venu dans la chair comme Christ, comme Oint de Dieu, Lequel est le Seigneur Dieu.

Une confession superficielle des lèvres, une confession de foi apprise et répétée, passe à proprement parler à côté du noyau même de la chose. Jean continue en disant que tout esprit qui ne confesse pas Jésus de cette façon ne vient pas de Dieu; c’est bien davantage l’esprit même de l’antichrist. Celui qui annonce un autre Jésus que Celui qui nous est présenté dans la Bible, manifeste qu’il n’a aucune connaissance de Dieu; la connaissance consiste dans le fait que Yahweh de l’Ancien Testament est le Jésus (Yashuah) du Nouveau Testament. La Parole de Dieu nous dit avec toute l’autorité divine que celui qui nie ce fait est victime de l’esprit antichrist.

Paul parle d’une manière plus approfondie sur le thème de la venue de Dieu dans la chair, c’est-à-dire sur le fait qu’Il est devenu un homme: “Dieu, ayant envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de péché, et pour le péché, a condamné le péché dans la chair, afin que la juste exigence de la loi fut accomplie en nous, qui ne marchons pas selon la chair, mais selon l’Esprit” (Rom. 8.3,4).

C’est parce que l’homme, en son corps de chair, est tombé dans le péché et par cela a été livré à la mort, que le Rédempteur devait naturellement venir, à cause de nous, dans la même forme en qui habite le péché. Mais lorsqu’on nous enseigne que Marie était sans péché, c’est bien là une doctrine antichrist. Christ, Lui, était saint, sans péché et sans tache (1 Pier. 1.19). Mais Il devait venir dans une chair de péché et être fait péché pour nous (2 Cor. 5.21) afin de faire sortir la création déchue de son état d’esclavage du péché. Jésus devait satisfaire les justes exigences de la loi en prenant sur Lui la malédiction qui aurait dû tomber sur nous (Gal. 3.13).

L’immaculée conception d’une soi-disant bienheureuse Marie n’existe absolument pas car celle-ci faisait partie de la création déchue. Mais il y a réellement une Marie que Dieu a employée pour recevoir, dans sa nature pécheresse à l’instar de toute autre créature humaine, Celui qui était sans péché. Il s’agit donc d’un saint et divin Contenu dans un vase impur et pécheur comme tous les autres. Il en va exactement de même pour les hommes qui, nés dans le péché, reçoivent et acceptent Christ. Eux aussi portent ce Trésor céleste dans des vases de terre: ce n’est pas le vase qui est important mais bien son précieux Contenu. “Mais nous avons ce trésor dans des vases de terre, afin que l’excellence de la puissance soit de Dieu et non pas de nous” (2 Cor. 4.7).

Ainsi celui qui dit de façon superficielle: “Jésus est le Fils de Dieu” et qui, malgré cela, pense et croit ce qu’il veut à Son sujet, n’a pas vraiment compris de quoi il s’agit. Et celui qui dit avec légèreté: “Je crois que Jésus est venu dans la chair” n’a de loin pas exprimé ce qui nous a été légué dans le témoignage des Saintes Ecritures. Jésus Lui-même était sans faute, sans péché, et Satan n’avait aucun droit sur Lui. Mais Il dut être fait péché pour tous afin de payer le salaire du péché, c’est-à-dire subir le châtiment qu’exigeait la justice de Dieu à cause du péché. C’est la raison pour laquelle Il dut mourir pour nous, afin de nous racheter et de nous libérer de la mort. “Car le salaire du péché c’est la mort, mais le don de grâce de Dieu c’est la vie éternelle par Jésus-Christ notre Seigneur” (Rom. 6.23 — Segond).

A ce que nous venons de dire s’ajoute un deuxième point important par lequel la doctrine antichrist, et ce vers quoi elle tend, peuvent être reconnus. L’apôtre Jean dit dans sa seconde épître, verset 7: “Car plusieurs séducteurs sont sortis dans le monde, ceux qui ne confessent pas Jésus Christ venant en chair: celui-là est le séducteur et l’antichrist”. Il est significatif que dans la soi-disant confession de foi des apôtres, rien ne soit dit au sujet du retour corporel de Jésus Christ. On lit seulement ceci: “… duquel il reviendra pour juger les vivants et les morts”. Mais le jugement final n’a somme toute rien à faire avec le retour de Jésus-Christ.

Immédiatement après l’ascension de Jésus il fut dit aux disciples: “Ce Jésus, qui a été élevé d’avec vous dans le ciel, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en allant au ciel” (Actes 1.11). Jésus-Christ ressuscité avait un corps de résurrection dans lequel Il pouvait manger et boire, et dans les meurtrissures duquel Thomas pouvait mettre sa main (Jean 20.27). “Jésus donc leur dit: Enfants, avez-vous quelque chose à manger?… Jésus vient et prend le pain, et le leur donne, et de même le poisson” (Jean 21.5,13).

Quiconque “spiritualise” le retour de Jésus-Christ manifeste l’esprit antichrist et propage une doctrine antichrist. Conformément à Jean 14, le Seigneur s’en est allé préparer une place pour les Siens et Il reviendra pour nous prendre avec Lui. C’est alors que s’accomplit ce qui est écrit dans 1 Corinthiens 15 dès le verset 51, et dans 1 Thessaloniciens 4 depuis le verset 13, ainsi que dans d’autres passages bibliques. La compréhension du plan de salut de Dieu, telle que l’avaient les prophètes et les apôtres, s’est perdue parce qu’au cours de l’histoire de l’Eglise il n’y avait pas davantage de vrais apôtres que de vrais prophètes qui aient pu poursuivre la prédication à la manière des apôtres et des prophètes. La doctrine antichrist consiste en ce que l’on ne croit pas au retour corporel de Jésus-Christ venant en tant qu’Epoux prendre Son Epouse à la Maison (Mat. 25). Dans cette soi-disant confession de foi des apôtres on n’enseigne rien non plus à propos du fait que lors de la première résurrection, ceux qui se sont endormis en Christ ressusciteront incorruptibles, que ceux qui vivent en Christ seront transmués dans un corps de résurrection et que tous ensemble iront à la rencontre du Seigneur (1 Cor. 15 et 1 Thess. 4). On ne parle pas davantage du Repas des noces de l’Agneau (Apoc. 19) ou du Règne de mille ans (Apoc. 20).

Le même Jésus-Christ, monté au Ciel, reviendra prendre les Siens avant que ne commencent la grande tribulation et le temps du jugement sur cette terre. Dans tout les cas nous pouvons voir qu’il ne s’agit pas d’avoir seulement une confession formelle des lèvres, mais qu’il s’agit d’avoir la vraie révélation que Jésus-Christ est notre Seigneur. Dans notre témoignage de Jésus-Christ ces deux choses doivent être formulées selon la Bible: qu’Il est le Fils de Dieu et qu’Il est le Seigneur. Le témoignage que nous rendons de Sa première venue (1 Jean 4) et celui de Son retour (2 Jean 7) doivent également être en accord avec l’Ecriture.


 

Chapitre 17

L’HOMME JESUS, LE CHRIST

“Voici l’homme!”, dit Pilate (Jean 19.5). Dans les Saintes Ecritures, le Seigneur est si clairement décrit dans Son humanité, de Sa naissance à Sa mort, que maintes personnes n’arrivent justement pas à comprendre ce fait. Comme tout autre homme Il est né dans ce monde, a été emmailloté dans des langes et placé dans une crèche (Luc 2.7). Il a mangé et bu, Il a été fatigué et a dormi, Il a pleuré et prié. En mourant Jésus s’est écrié d’une voix forte: “Père, entre tes mains je remets mon Esprit. Et ayant dit cela, il expira” (Luc 23.46). C’est en tant que Substitut pour nous tous, parce qu’Il prenait notre place et que, par conséquent, Il devait expérimenter d’une manière concrète notre séparation d’avec Dieu, qu’Il s’écria: “Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?” (Mat. 27.46). C’est nous qui étions abandonnés de Dieu. Il prit notre place, et nos fautes et nos péchés furent chargés sur Lui. En ce moment même, Dieu, l’Esprit, Se retira de Lui.

Sans contredit, lorsqu’un instant plus tard la lance pénétra Son côté et que Son précieux Sang coula pour notre pardon, cette Parole s’accomplit: “Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même” (2 Cor. 5.19). Ces deux choses donc sont exactes: Tout d’abord la séparation d’avec Dieu, puis la réconciliation.

C’est à cause de nous, hommes pécheurs, que tout cela était nécessaire: “Dieu, ayant envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de péché, et pour le péché, a condamné le péché dans la chair…” (Rom. 8.3). L’Ecriture nous relate également comment l’envoi de cet Oint devait avoir lieu: “Mais, quand l’accomplissement du temps est venu, Dieu a envoyé son Fils, né de femme, né sous la loi, afin qu’il rachetât ceux qui étaient sous la loi, afin que nous reçussions l’adoption (Gal. 4.5).

Le Seigneur Eternel est devenu un serviteur: “… mais s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave, étant fait à la ressemblance des hommes; et, étant trouvé en figure comme un homme, il s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix” (Phil. 2.7,8). En tant que serviteur, Il nous est décrit en relation avec l’accomplissement de la volonté du Seigneur. Dans le prophète Esaïe nous voyons le plan du salut exposé très clairement, jusque dans les détails. Dans ces écrits nous trouvons la notion du “Serviteur”: “Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui mon âme trouve son plaisir. Je mettrai mon Esprit sur lui; il fera valoir le jugement à l’égard des nations” (Es. 42.1). Ce même passage est cité dans le Nouveau Testament dans Matthieu 12.17-21. Il y est dit:“… afin que fût accompli ce qui a été dit par Esaïe le prophète”. Il a donc trouvé son accomplissement en ce temps-là.

Nous apprenons dans Matthieu 3 de quelle manière l’approbation de Dieu est venue sur l’homme Jésus-Christ: “Et Jésus, ayant été baptisé, remonta aussitôt, de l’eau; et voici, les cieux lui furent ouverts, et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe, et venir sur lui. Et voici une voix qui venait des cieux, disant: Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir (Mat. 3.16,17). Le corps de Jésus était mortel, c’est pourquoi l’Esprit de Dieu devait venir sur Lui, pour revendiquer la transmutation de ce corps et le placer dans l’immortalité. En même temps eut lieu Son établissement dans le service. C’est cela dont Pierre rend témoignage dans Actes 10.38.

Dans Matthieu 17.2-5 nous est présentée la transfiguration de Son humanité en Divinité, et, à la parole prononcée dans le chapitre 3 dans laquelle Dieu avait déclaré avoir trouvé Son plaisir en Lui, est ajouté le: “Ecoutez-le!”. Les véritables fils et filles de Dieu L’écoutent, ils croient l’Evangile de Jésus-Christ, ils se font baptiser de la façon biblique et reçoivent le Saint-Esprit de la même manière que le Premier-né; car c’est ainsi que Dieu Lui-même rend témoignage d’avoir trouvé en eux Son plaisir.

L’homme créé à l’image de Dieu avait été doté du libre arbitre, qu’il utilisa pour prendre la mauvaise décision — et c’est ainsi qu’il se perdit. Puisque Dieu avait créé l’homme “faillible”, Il dut prendre Lui-même la responsabilité de son salut. Dans la nouvelle création, amenée à la vie à travers Christ, l’approbation de Dieu repose sur tous les fils et filles de Dieu, de la même manière qu’elle reposait sur le Premier-né. Ils ont été retirés de la chute et placés dans la position divine. Lors de l’achèvement sera manifesté que tous les fils et filles de Dieu possédaient leur libre arbitre, et que c’est de leur propre volonté qu’ils ont pris la libre détermination de faire la volonté de Dieu selon l’exemple du Premier-né: “Non pas comme moi je veux, mais comme toi tu veux” (Mat. 26.39) et: “C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir” (Ps. 40.8).

“Et vous qui étiez autrefois étrangers et ennemis quant à votre entendement, dans les mauvaises oeuvres, il vous a toutefois maintenant réconciliés dans le corps de sa chair, par la mort, pour vous présenter saints et irréprochables et irrépréhensibles devant lui” (Col. 1.21,22).

“Puis donc que les enfants ont eu part au sang et à la chair, lui aussi semblablement y a participé, afin que, par la mort, il rendît impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable; et qu’il délivrât tous ceux qui, par la crainte de la mort, étaient, pendant toute leur vie, assujettis à la servitude” (Héb. 2.14,15). C’est là le magnifique message de l’évangile de Jésus-Christ, notre Seigneur et notre Rédempteur.

Nous voyons dans l’Ancien Testament le plan du rachat se profiler comme une ombre des choses à venir, au travers des divers sacrifices, ainsi que du culte et des descriptions symboliques. Lorsque l’homme se trouva séparé de Dieu, il ne pouvait plus entrer en Sa présence. Il avait besoin d’un sacrifice d’expiation, d’un médiateur, d’un intercesseur, ou d’un souverain sacrificateur. Tout d’abord ce furent des personnes individuelles qui donnaient une indication sur le Messie à venir, comme par exemple Abraham par le sacrifice de son fils Isaac (Gen. 22), préfigurant le Fils de Dieu qui devait mourir par notre faute. Isaac porta le bois sur lequel il allait être placé plus tard comme sacrifice. Cela nous parle de Christ portant la croix sur laquelle Il fut ensuite cloué. Jusqu’à la sortie de l’Egypte, l’Eternel Dieu s’adressait à la postérité d’Abraham en tant que peuple d’Israël. Mais depuis le temps de son rachat et de sa libération (Ex. 12), Israël est alors désigné comme assemblée. Moïse s’avança comme médiateur et intercesseur dans diverses situations. C’est lui qui apportait la Parole de Dieu directement au peuple de Dieu. “… celui-là, Dieu l’a envoyé pour chef et libérateur, par la main de l’ange qui lui était apparu au buisson” (Act. 7.35,36).

Le Messie devait être Prophète, Médiateur, Intercesseur, Souverain sacrificateur, etc. etc. Moïse agissait déjà par l’Esprit de Christ lorsqu’il intercédait pour le peuple, disant: “Et maintenant, si tu pardonnes leurs péchés… sinon, efface-moi, je te prie, de ton livre que tu as écrit” (Ex. 32.32). Moïse portait le peuple de Dieu sur son coeur et c’est pourquoi il intercédait en sa faveur.

Une fois par année, le souverain sacrificateur entrait dans le lieu Très-Saint, devant la face de Dieu, pour faire l’expiation pour lui-même d’abord, puis pour le peuple (Héb. 9.7). Depuis le verset 11 il est écrit au sujet de Christ: “Mais Christ étant venu, souverain sacrificateur des biens à venir, par le tabernacle plus grand et plus parfait qui n’est pas fait de main, c’est-à-dire qui n’est pas de cette création… mais avec son propre sang, est entré une fois pour toutes dans les lieux saints(célestes), ayant obtenu une rédemption éternelle”. Cette rédemption éternelle fut rendue possible parce que Christ s’est offert lui-même à Dieu sans tache: “… combien plus le sang du Christ… purifiera-t-il votre conscience des oeuvres mortes pour que vous serviez le Dieu vivant!” (v. 14).

C’est probablement dans le livre de Job qu’est décrite de la manière la plus frappante ce qu’est un intercesseur. Bien qu’auparavant Job se soit déjà écrié: “Je sais que mon rédempteur est vivant!” et qu’il ait été persuadé de voir Dieu de ses propres yeux (Job 19.23-27), c’est Elihu qui fit ressortir la nécessité d’avoir un intercesseur, c’est-à-dire un médiateur: “S’il y a pour lui un messager, un interprète, un entre mille, pour montrer à l’homme ce qui, pour lui, est la droiture, il lui fera grâce, et il dira: Délivre-le pour qu’il ne descende pas dans la fosse: j’ai trouvé une propitiation. Alors sa chair aura plus de fraîcheur que dans l’enfance; il reviendra aux jours de sa jeunesse” (Job 33.23-25). Remarquez qu’ici il n’est pas seulement question d’un intercesseur et d’une rançon, mais bien de la délivrance de l’homme tout entier dans laquelle l’âme, l’esprit et le corps sont inclus. Lors de la première résurrection, les rachetés seront réellement rétablis dans la fleur de leur jeunesse. Ils seront dans un état d’absolue perfection. Il n’y aura plus rien d’imparfait, ni de nourrissons ou de vieillards, mais tous les rachetés auront pour toujours le même âge, sans aucune trace de péchés, de maladies, ou de vieillissement.

Job a fait le portrait d’un homme conscient de ce qu’il peut se tourner vers Dieu, en disant plus loin: “Il suppliera Dieu, et Dieu l’aura pour agréable; et il verra sa face avec des chants de triomphe, et Dieu rendra à l’homme sa justice” (Job 33.26). Il s’agit de la parfaite justice que Dieu nous a donnée en Christ. C’est à un tel homme que se rapporte cette parole: “Il chantera devant les hommes, et dira: J’ai péché et j’ai perverti la droiture, et il ne me l’a pas rendu, il a délivré mon âme pour qu’elle n’allât pas dans la fosse, et ma vie verra la lumière”.

Nous qui sommes devenus des croyants du Nouveau Testament avions aussi besoin d’un Souverain Sacrificateur: “Car nous n’avons pas un souverain sacrificateurqui ne puisse sympathiser à nos infirmités, mais nous en avons un qui a été tenté en toutes choses comme nous, à part le péché” (Héb. 4.15).

Nous avions aussi besoin d’un Médiateur: “Car Dieu est un, et le médiateur entre Dieu et les hommes est un, l’homme christ Jésus, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous” (1 Tim. 2.5,6).

“Comme en Adam tous meurent, de même aussi dans le Christ tous seront rendus vivants” (1 Cor. 15.22). “Le premier homme est tiré de la terre, — poussière; le second homme est venu du ciel. Tel qu’est celui qui est poussière, tels aussi sont ceux qui sont poussière; et tel qu’est le céleste, tels aussi sont les célestes. Et comme nous avons porté l’image de celui qui est poussière, nous porterons aussi l’image du céleste” (1 Cor. 15.47-49). Ici Christ est présenté à nos yeux comme étant l’Homme Céleste, le dernier Adam, à l’image duquel nous serons transformés.

Partout où nous voyons Jésus-Christ auprès de Dieu, Il nous est montré en tant qu’homme réalisant une tâche qui était nécessaire pour l’accomplissement de la délivrance de l’humanité. Nous Le voyons ainsi comme Fils de Dieu, Fils de l’homme, Fils de David, comme Roi et Prophète, comme Souverain Sacrificateur, comme Médiateur, Intercesseur, comme Agneau de Dieu, Parole de Dieu, Chemin de Dieu, Pain de Dieu, etc. etc. La doctrine des “Jésus Seul” n’est pas davantage attestée par les apôtres et les prophètes que ne l’est la doctrine de la “Trinité”. La raison en est simplement que Dieu voulait placer l’homme dans un rapport de filiation divine, c’est-à-dire qu’Il voulait, de l’homme pécheur, faire des fils et des filles de Dieu. C’est pourquoi Jésus-Christ est devenu le Premier-né entre plusieurs frères (Rom. 8.29). Après Sa résurrection Jésus dit à Marie de Magdala: “Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père; mais va vers mes frères, et dis-leur: Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu” (Jean 20.17).

De même que le Fils de Dieu a été engendré par l’Esprit, nous devons nous aussi faire l’expérience de la nouvelle naissance par l’engendrement de l’Esprit. C’est une obligation absolue que le Seigneur Jésus a requise pour l’entrée dans le Royaume de Dieu lorsqu’Il dit: “En vérité, en vérité, je te dis: Si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu … ce qui est né de la chair est chair; et ce qui est né de l’Esprit est Esprit” (Jean 3.3,6) “… parce que tout ce qui est né de Dieu est victorieux du monde; et c’est ici la victoire qui a vaincu le monde, savoir notre foi” (1 Jean 5.4). Toutes les actions religieuses sont vaines, car c’est Dieu qui doit agir, sinon absolument rien ne se fait. Cependant Dieu ne peut agir qu’en ceux qui reconnaissent Son action dans le Fils pour leur salut.

“Car il convenait pour lui, à cause de qui sont toutes choses et par qui sont toutes choses, que, amenant plusieurs fils à la gloire, il consommât le chef de leur salut par des souffrances. Car, et celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous d’un; c’est pourquoi il n’a pas honte de les appeler frères, disant: J’annoncerai ton nom à mes frères, au milieu de l’assemblée je chanterai tes louanges” (Héb. 2.10-12; Ps. 22.23). Le Sauveur ressuscité qui appelle Ses disciples frères est appelé par Thomas: “Mon Seigneur et mon Dieu” (Jean 20.28).

Jusqu’à ce que les fils et les filles de Dieu soient parvenus à la perfection, Jésus-Christ demeure auprès du Père comme Intercesseur: “Mes enfants, je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez pas; et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus Christ, le juste; et lui est la propitiation pour nos péchés, et non pas seulement pour les nôtres, mais aussi pour le monde entier” (1 Jean 2.1,2). Le même apôtre écrit encore: “Voyez de quel amour le Père nous a fait don, que nous soyons appelés enfants de Dieu; c’est pourquoi le monde ne nous connaît pas, parce qu’il ne l’a pas connu. Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté; nous savons que quand il sera manifesté, nous lui serons semblables, car nous le verrons comme il est” (1 Jean 3.1,2).

L’apôtre Paul parle aussi de cet achèvement: “Car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait mis tous les ennemis sous ses pieds” (Ps. 110.1). “Le dernier ennemi qui sera aboli, c’est la mort. Car il a assujetti toutes choses sous ses pieds” (Ps. 8.7). “Or quand il dit que toutes choses sont assujetties, il est évident que c’est à l’exclusion de celui qui lui a assujetti toutes choses. Mais quand toutes choses lui auront été assujetties, alors le Fils aussi lui-même sera assujetti à celui qui lui a assujetti toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous” (1 Cor. 15.25-28). On ne peut dire ces choses plus clairement. Lorsque la tâche du Fils sera accomplie, que tous les fils et filles de Dieu auront été transformés à Son image et seront arrivés à la perfection pour l’éternité, que tous les ennemis auront été anéantis et la mort abolie, alors Dieu sera de nouveau tout en tous. Dans l’éternité il ne sera plus question du Père, du Fils et du Saint-Esprit, de même qu’il n’en était pas question auparavant; mais ce sera à nouveau comme il en était avant le commencement des temps: Dieu tout en tous. Amen.


 

Chapitre 18

LE BAPTEME

Comme nous le verrons, les Saintes Ecritures nous donnent aussi tous les renseignements nécessaires sur le baptême biblique. On pratique le baptême dans l’ensemble de la chrétienté, mais malheureusement une grave déviation s’est également produite sur ce point. C’est pourquoi nous allons exposer ici le baptême conforme aux Saintes Ecritures, tel qu’il a été ordonné et pratiqué au commencement de l’Eglise du Nouveau Testament. Peut-être sera-t-il choquant pour certains lecteurs d’apprendre que tant de personnes qui, apparemment, semblent servir Dieu, se trouvent elles-mêmes dans l’erreur. Pourtant il est généralement connu que les églises nationales ou indépendantes ne s’en tiennent pas toujours à la Bible, mais aux choses qui ont été reconnues comme étant valables par leurs dénominations et décidées par elles-mêmes.

Notre Seigneur a dit: “Celui qui aura cru et qui aura été baptisé sera sauvé” (Marc 16.16). La première condition que le Seigneur Lui-même exige du candidat au baptême est qu’il croie. Comme il nous est dit dans Romains 10.17, la foi vient de la prédication, et la prédication vient de la Parole de Dieu. C’est la raison pour laquelle l’ordre de mission fut de prêcher d’abord l’Evangile, et ensuite de baptiser ceux qui étaient devenus croyants. Ce fait se trouve confirmé dès la première prédication de Pierre, ainsi que par la pratique de tous les autres apôtres. “Ceux donc qui reçurent sa parole furent baptisés” (Act. 2.41). Il est important que les gens écoutent d’abord la prédication de la Parole et qu’ensuite ils prennent personnellement leur décision pour Christ.

L’exemple donné ci-après doit rendre évident le fait que la foi personnelle est vraiment une condition indispensable pour recevoir le baptême biblique. L’évangéliste Philippe fut envoyé par l’Esprit de Dieu vers un eunuque éthiopien, lequel, assis sur son char lors de son voyage de retour de Jérusalem, lisait dans le prophète Esaïe. Philippe lui annonça l’Evangile. Là-dessus, cet homme lui demanda spontanément: “Voici de l’eau, qu’est-ce qui m’empêche d’être baptisé?”. L’homme de Dieu savait que la foi était indispensable et il répondit à l’eunuque: “Si tu crois de tout ton coeur, cela est permis. Et répondant, il dit: Je crois que Jésus Christ est le Fils de Dieu. Et il donna l’ordre qu’on arrêtât le char, et ils descendirent tous deux à l’eau; et Philippe le baptisa” (Act. 8.36-38). Du temps de Jean-Baptiste, de notre Seigneur et des apôtres, c’est uniquement en plongeant entièrement la personne dans l’eau que se faisait le baptême. Le candidat au baptême et celui qui baptisait entraient tous deux dans l’eau. C’est ce qui s’est passé également lors du baptême de Jésus-Christ: “Et Jésus, ayant été baptisé, remonta aussitôt de l’eau” (Mat. 3.16). Un baptême au cours duquel la personne baptisée n’entre pas dans l’eau, où elle n’est pas plongée dans les eaux et ressortie des eaux, n’est pas le baptême de Christ, ni celui des apôtres: c’est-à-dire que ce baptême n’est pas pratiqué de la manière biblique.

Les disciples avaient très bien compris les paroles et la pensée de leur Seigneur quand Il avait dit: “Celui qui aura cru et qui aura été baptisé sera sauvé” (Marc 16.16). Dans les Saintes Ecritures et dans les premiers siècles de notre ère, aucune indication ne nous est donnée disant que parmi les disciples de Jésus un nourrisson ait jamais été baptisé. Les Saintes Ecritures ne connaissent pas de parrain et ne mentionnent pas davantage qu’un nourrisson ait été libéré du péché originel et aurait été fait un enfant de Dieu à son insu. L’expression “péché originel” ne se trouve pas une seule fois dans la Bible et il n’est pas fait non plus mention d’une nouvelle naissance survenue au travers du baptême. Quiconque accepte la Parole de Dieu comme étant la Vérité se laissera lui-même convaincre par les Saintes Ecritures Elles-mêmes car Elles seules font autorité dans toute question de foi.

Comme il ressort de la première prédication de Pierre et qu’on peut le voir dans tous les autres cas, la repentance qui conduit à la conversion à Christ précède le baptême (Rom. 2.4). Un nourrisson ne sait encore rien de ces choses, n’ayant pas la connaissance du péché; il ne peut donc non plus éprouver de repentence. L’arrosage (ou l’aspersion) de nourrissons ne peut, à juste titre, être considéré comme un baptême car il n’est aucunement un baptême. La thèse selon laquelle “la circoncision pratiquée comme un signe dans l’Ancienne Alliance a été remplacée par le baptême dans la Nouvelle Alliance” n’est pas valable parce qu’il n’y a à ce sujet aucune indication conforme à l’Ecriture.

Certains théologiens, pour justifier “le baptême des nourrissons”, cherchent une “échappatoire”. Pour cela ils se réfèrent à Actes 16.32 et allèguent que le geôlier de Philippes s’était fait baptiser avec toute sa maison, et ils émettent l’hypothèse que des enfants pouvaient éventuellement se trouver au milieu d’eux, ce que de toute façon le récit ne prouve nullement. Avant que le baptême eut lieu il nous est dit: “Et ils lui annoncèrent la parole du Seigneur ainsi qu’à tous ceux qui étaient dans sa maison” (Marc 16.32). Il s’agit ici à l’évidence d’une maison dans laquelle les personnes présentes, ayant entendu la Parole de Dieu par la prédication, vinrent à la foi en Dieu et se firent baptiser.

En ce qui concerne le “baptême des nourrissons”, d’autres se réfèrent à cette déclaration du Seigneur Jésus: “Laissez venir à moi les petits enfants…” (Marc 10.14). Celui qui continue à lire ce texte peut constater que le Seigneur n’a pas aspergé les enfants mais qu’Il les a pris dans Ses bras, a posé Ses mains sur eux et les a bénis.

Puis il y a aussi certaines personnes qui n’attribuent aucune signification au baptême. A cet égard ils se réfèrent à cette parole de Paul: “Car Christ ne m’a pas envoyé baptiser mais évangéliser” (1 Cor. 1.17). Ce verset néanmoins n’annule en fait aucunement l’ordre de mission donné par le Seigneur de prêcher l’Evangile et de baptiser ceux qui croiraient. Ce verset montre seulement que Paul se consacrait principalement à la prédication et à l’enseignement de la Parole, et qu’il laissait aux autres frères le soin de baptiser.

Les historiens de l’Eglise ont aussi remarqué que dans le christianisme originel et dans les premiers siècles, ceux qui étaient venus à la foi étaient baptisés seulement au Nom de Jésus-Christ, et non pas comme cela a été fait depuis l’institution de l’église romaine dans la formule: “Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit” (Dr. J.J. Herzog, Abriss der gesamten Kirchengeschichte, Bd 1, S. 29; K.D. Schmid, Grundriss der Kirchengeschichte, S. 73, ainsi que d’autres). L’ordre de baptême de Matthieu 28.19: “Allez donc, et faites disciples toutes les nations, les baptisant pour le nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit” a été bien compris des apôtres, et aussi correctement exécuté dans les temps consécutifs à l’âge apostolique. Le lecteur attentif remarquera le fait qu’il ne s’agit pas là d’une formule, mais bien d’unNom qui doit être invoqué lors du baptême. “Les baptisant pour le nom…”. C’est pourquoi, conformément à l’ordre reçu, ils baptisèrent au Nom du Seigneur Jésus, le Christ.

Dieu s’est révélé comme Père, Fils et Saint-Esprit. Cela s’est accompli dans le Nom d’alliance du Nouveau Testament Yashuah = Jésus, Nom dans lequel les enfants de la Nouvelle Alliance doivent être baptisés. Dieu est notre Père, et c’est pourquoi nous Le prions en disant: “Notre Père qui es dans les Cieux, que ton nom soit sanctifié”, mais ici il s’agit de Son Nom dans lequel on doit être baptisé.

Le témoignage unanime de l’âge apostolique est saisissant et clair. Après l’effusion du Saint-Esprit, lors de sa première prédication, l’apôtre Pierre dit à ceux qui avaient été saisis intérieurement: “Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ, en rémission des péchés” (Actes 2.38). Par ces paroles, les personnes venant à la foi sont reconduites directement à la fondation de l’Eglise primitive et il leur est dit ce qu’elles doivent faire, c’est-à-dire se repentir; ensuite il leur est dit comment elles doivent être baptisées. Pierre savait par révélation de quel Nom il s’agissait et c’est ce Nom qu’il exprima à cette occasion. C’est ainsi que dès le commencement la pratique du baptême apostolique a été établie.

Philippe prêcha l’Evangile en Samarie et baptisa ceux qui étaient devenus croyants, comme il nous en est rendu témoignage dans Actes 8.16: “… mais seulement ils avaient été baptisés pour le nom du Seigneur Jésus. Comme les faits bibliques doivent être établis sur le témoignage de deux ou trois personnes, nous voulons voir de quelle manière l’apôtre Paul baptisait: “Et ayant ouï ces choses, ils furent baptisés pour le nom du Seigneur Jésus (Act. 19.5). Que ce soit donc à Jérusalem, en Samarie ou à Ephèse, que ce soit par Pierre, Philippe ou Paul: tous baptisèrent au Nom du Seigneur Jésus-Christ. Le Saint-Esprit ne peut que révéler toujours la même chose.

Pour une meilleure compréhension, mentionnons l’exemple suivant: Lorsqu’un instituteur pose le problème de savoir combien font trois fois trois, les élèves ne vont pourtant pas répondre: “Trois fois trois font trois fois trois”. Ils doivent donner la réponse qui est le produit de leur réflexion, c’est-à-dire le résultat. Il est incompréhensible que le monde ecclésiastique presque tout entier ait traité le problème de Matthieu 28.19 comme une formule magique que l’on emploie en la répétant sans en connaître le résultat, la solution. Pierre, Paul, tous les apôtres ainsi que tous les hommes de Dieu, jusqu’aux premiers siècles du christianisme inclus, connaissaient la solution, c’est-à-dire le NOM.

Lorsque les disciples de Jésus baptisèrent en invoquant le Nom du Seigneur Jésus-Christ, il s’en tinrent exactement à l’ordre de mission reçu, qu’ils accomplirent à cent pour cent selon les directives de leur Maître. Celui qui ne baptise pas de cette manière n’a pas baptisé au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. L’hypothèse selon laquelle Père, Fils et Saint-Esprit seraient des noms, hypothèse que défendent presque toutes les dogmatiques théologiques, est fausse. Ce ne sont que les désignations des différentes révélations de Dieu dans le Nouveau Testament. Dieu ne s’appelle pas “Père”, Il est Père. Dieu ne s’appelle pas “Fils”, Il est Fils. Il est Esprit, mais Il s’est révélé dans le Nom d’alliance qu’Il a choisi Lui-même.

Comme c’est si souvent le cas, ici se trouve caché le mystère du Nom. Il faut tout simplement qu’Il soit révélé. Le baptême n’est en aucun cas une chose accessoire car il fut déjà exigé de notre Seigneur lorsque Jean-Baptiste baptisa Jésus, alors que Dieu confirmait ce baptême. Il faut seulement qu’il soit exécuté correctement. Il n’existe pas un seul cas dans les Saintes Ecritures où quelqu’un aurait été baptisé selon une formule à trois titres.

La raison pour laquelle les grandes églises nationales protestantes de différentes orientations, jusqu’aux églises libres même ont repris la pratique catholique du baptême, est également incompréhensible. Ce dont les chrétiens fondés sur la foi biblique doivent se souvenir, est le fait que toute personne baptisée dans la formule “au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit” a été à proprement parler baptisée en vue d’être introduite dans l’église catholique romaine. L’opinion suivante du cardinal jésuite Augustin Bea doit nous aider à saisir la portée de ce baptême. L’auteur de ce commentaire écrit: «D’après Bea, le pape est le Père de tous les croyants, également des chrétiens évangéliques baptisés valablement. Ils n’ont besoin que d’un retour plein d’amour à l’église-mère» (O. Markmann, Irrtümer der katholischen Kirche, S. 22). Ce que veut dire l’expression “être baptisé valablement” n’a pas besoin d’explications supplémentaires. Le baptême biblique au Nom du Seigneur Jésus-Christ est rejeté par l’église romaine qui le considère comme étant une hérésie.

Par une sorte “d’inconscience spirituelle”, les conducteurs protestants de toutes tendances retournent dans le giron maternel pour y être embrassés, et cela par le moyen des diverses commissions du Conseil mondial des Eglises et de l’oecuménisme. Les uns aspergent, les autres arrosent et quelques-uns plongent même le candidat trois fois en utilisant la formule bien connue. Il est dit de Paul, lors de sa conversion: “… et il recouvra la vue; et se levant il fut baptisé” (Actes 9.18). Dans son épître aux Romains, il nous dit ce qui se passe lors du baptême: “Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés pour le christ Jésus, nous avons été baptisés pour sa mort? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême, pour la mort, afin que comme Christ a été ressuscité d’entre les morts par la gloire du Père, ainsi nous aussi nous marchions en nouveauté de vie” (Rom. 6.3,4).

Celui qui considère plus exactement le contexte du baptême pourra constater qu’il ne s’agit pas seulement d’un acte extérieur, mais bien de ce que la personne concernée a auparavant expérimenté une conversion, avec la repentance et un esprit de contrition, et qu’elle a reçu l’assurance du pardon de ses péchés par la foi en l’oeuvre de Jésus-Christ; c’est alors qu’elle se fait baptiser par une seule immersion dans les eaux, comme symbole de son ensevelissement avec Jésus-Christ, afin de marcher désormais avec Lui dans une nouvelle vie, car elle a cru au fait d’avoir été crucifiée avec Lui et d’être morte avec Lui. Le renouvellement et la nouvelle naissance n’arrivent pas par le baptême, mais bien comme il est écrit: “Il nous sauva, non sur le principe d’oeuvres accomplies en justice, que nous, nous eussions faites, mais selon sa propre miséricorde, par le lavage de la régénération et le renouvellement de l’Esprit Saint, qu’il a répandu richement sur nous par Jésus-Christ notre Sauveur” (Tite 3.5,6). Le vrai baptême ne peut être effectué correctement que sur des personnes ayant été régénérées et ayant passé par la nouvelle naissance.

L’apôtre Paul écrit aux Colossiens: “… étant ensevelis avec lui dans le baptême, dans lequel aussi vous avez été ressuscités ensemble par la foi en l’opération de Dieu qui l’a ressuscité d’entre les morts” (Col. 2.12). Au chapitre suivant il continue en disant: “Si donc vous avez été ressuscités avec le Christ, cherchez les choses qui sont en haut… car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu” (Col. 3.1 et 3).

L’apôtre Pierre désigne le baptême comme étant “l’alliance d’une bonne conscience envers Dieu” et il parle de l’eau dans laquelle le croyant est plongé, en prenant la comparaison de l’arche de Noé: “Or cet antitype vous sauve aussi maintenant, c’est-à-dire le baptême, non le dépouillement de la saleté de la chair, mais la demande à Dieu d’une bonne conscience, par la résurrection de Jésus Christ” (1 Pier. 3.21).

Lors de sa prédication dans la maison de Corneille, Pierre dit, en rapport avec Jésus: “Tous les prophètes lui rendent témoignage, que, par son nom, quiconque croit en lui reçoit la rémission des péchés” (Actes 10.43). Ensuite au verset 47 il pose la question: “Quelqu’un pourrait-il refuser l’eau, afin que ceux-ci ne soient pas baptisés, eux qui ont reçu l’Esprit Saint comme nous-mêmes? Et il commanda qu’ils fussent baptisés au nom du Seigneur. L’homme reçoit le pardon des péchés par la foi en l’oeuvre de rachat parfaitement accomplie. Et la preuve que cette personne a reçu Christ est qu’elle se fait baptiser au Nom du Seigneur. “… car vous êtes tous fils de Dieu par la foi dans le christ Jésus. Car vous tous qui avez été baptisés pour Christ, vous avez revêtu Christ” (Gal. 3.26,27).

L’apôtre Paul écrit à l’Eglise d’Ephèse: “Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême” (Eph. 4.5). Aujourd’hui il y a beaucoup d’orientations diverses dans la foi, de même qu’il y a différentes façons de pratiquer le baptême et diverses connaissances au sujet du Seigneur. En ce qui concerne le baptême biblique, l’harmonie et l’unité des Ecritures ne doivent pas être foulées au pied. Aussi longtemps que l’Eglise du Dieu vivant se trouve sur la terre, les doctrines fixées au commencement, dans le christianisme primitif, demeurent le seul modèle valable. Cette pratique trinitaire du baptême, introduite lors de l’institution de “l’Eglise d’Etat”, et qui a également été pratiquée lors de la christianisation par la force, est en fait une pratique non biblique. Il n’y a qu’un seul original. Tout ce qui est différent est falsification, même si Matthieu 28.19 doit en l'occurrence être inclus. Les apôtres ont correctement compris cet ordre de mission, et ils l’ont également exécuté correctement.

Avec la formule “au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit”, beaucoup de choses pernicieuses sont commises dans les milieux chrétiens d’Occident. Un seul exemple: la conjuration d’hommes et de bêtes, de même que tout le spiritisme. Le voeu pour l’entrée dans une loge maçonnique se fait en utilisant la formule trinitaire. Toute personne ayant la charge des âmes sait dans quelle détresse les hommes peuvent être plongés par les pratiques occultes. Lorsque vous questionnez les personnes concernées, elles vous disent: «Pourtant cela s’est fait au Nom de Dieu!». Elles ne comprennent pas que ce n’est rien d’autre qu’un tour de passe-passe effectué dans un encadrement des plus pieux. De cette manière, sans même en être conscients, les gens tombent sous l’influence de Satan. Cette pieuse ignorance crie jusqu’aux cieux. Ces pratiques magiques proviennent d’une fausse compréhension de la divinité — la notion de la trinité — et sont donc reliées à une fausse conception de l’ordre de baptême donné par le Seigneur.

On peut constater à quel point cette fausse pratique du baptême était profondément enracinée, et cela même chez le réformateur Martin Luther, lorsqu’on lit la plus ancienne de ses propres traductions de la Bible. Au lieu de rendre la signification littérale du texte original, il suivit l’habitude de ce temps-là en traduisant librement: “… les baptisant dans le Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit”. La traduction actuelle rend correctement le texte: “… les baptisant au Nom…”. Pour celui qui a de la connaissance cela fait une énorme différence. Une personne peut faire quelque chose au nom ou dans le nom d’une firme, d’un gouvernement, etc. etc., cependant lors du baptême, il s’agit de faire entrer consciemment le racheté, par un baptême, dans le Nom rédempteur. Il s’agit d’une alliance avec Dieu qui peut être conclue uniquement au Nom d’alliance du Nouveau Testament: Jésus. De même que l’épouse prend le nom de l’époux, ainsi tous ceux qui appartiennent à l’Epouse de Christ prennent le Nom de leur Epoux céleste et confirment de leur côté l’alliance avec Lui.

Pierre continue en disant: “Et il n’y a de salut en aucun autre; car aussi il n’y a point d’autre nom sous le ciel, qui soit donné parmi les hommes, par lequel il nous faille être sauvés” (Act. 4.12). L’importance du Nom du Seigneur en rapport avec le baptême nous est montrée dans ce contexte par le fait que Pierre se réfère, lors de sa première prédication de Pentecôte, à la promesse de l’Ancien Testament apportée par le prophète Joël: “Et il arrivera que, quiconque invoquera le nom de l’Eternel sera sauvé” (Joël 2.32; Act. 2.21). Le prophète Joël parlait de Yahweh. Quiconque invoquera Yahweh sera sauvé. Pierre ne peut avoir pensé qu’au Seigneur, c’est-à-dire à Yahweh, Lequel s’est révélé en Yah-Shuah comme Sauveur. Le baptême en ce Nom seul valable pour la Nouvelle Alliance est d’une grande importance et il est indispensable pour le véritable croyant.

Il n’est absolument pas écrit: “… sur les Noms”, ce qui grammaticalement serait juste si “Père”, “Fils” et “Saint-Esprit” étaient des noms propres. Dieu merci, le tout est clairement écrit au singulier: “… les baptisant au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit”, lequel Nom, conformément au témoignage des apôtres est: Seigneur Jésus-Christ. A cet égard aussi, malheureusement, la connaissance biblique s’est perdue, de telle manière que presque tout le monde religieux honore et défend des traditions non bibliques. L’une des causes de cette condition vient de ce que le Nom de Yah-Shuah, qui fait clairement ressortir de Qui il s’agit, c’est-à-dire de Yahweh-Sauveur, a été changé en “Jésus”. C’est ainsi que plus tard, au travers d’une tradition inqualifiable, on put remplacer ce Nom par les trois titres “principaux” du seul vrai Dieu.

Si aujourd’hui comme aux premiers jours de Pentecôte les gens demandent ce qu’ils doivent faire pour être sauvés, alors la même réponse doit leur être donnée:“Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé pour le nom de Jésus Christ, en rémission des péchés, et vous recevrez le don du Saint Esprit” (Act. 2.38-41). Personne n’a le droit de changer l’Evangile de Jésus-Christ. Des exégètes renommés prétendent que le baptême biblique au Nom du Seigneur Jésus serait une hérésie. Nous devons ici poser la question: Qu’est-ce qu’une hérésie? Est-ce ce qui est juste ou ce qui est faux? Il reste au lecteur majeur de décider lui-même s’il faut croire et suivre le Seigneur et Ses apôtres, ou bien des conducteurs spirituels non établis par Dieu, et par conséquent non légitimés par Lui, ni en accord avec Lui:“Ainsi dit l’Eternel: Tenez-vous sur les chemins, et regardez, et enquérez-vous touchant les sentiers anciens, quelle est la bonne voie; et marchez-y, et vous trouverez du repos pour vos âmes. Mais ils ont dit: Nous n’y marcherons pas” (Jér. 6.16).


 

Chapitre 19

LE SOUPER DU SEIGNEUR

En premier lieu nous voulons voir courtement la signification de la Pâque de l’Ancien Testament. Le Souper du Seigneur a été institué lors d’un Repas de la Pâque. Ce jour-là, le Seigneur dit à Ses disciples: “Allez à la ville, auprès d’un tel, et dites-lui: le Maître dit: Mon temps est proche; je ferai la Pâque chez toi avec mes disciples”(Mat. 26.18). Lors de ce Repas, Judas mit la main dans le même plat que le Seigneur et c’est pourquoi Jésus dit au verset 23: “Celui qui aura trempé la main avec moi dans le plat, celui-là me livrera”.

L’évangéliste Marc nous raconte ces événements en détail: “Et comme ils mangeaient, Jésus, ayant pris un pain et ayant béni, le rompit et le leur donna, et dit: Prenez; ceci est mon corps. Et ayant pris la coupe et ayant rendu grâces, il la leur donna; et ils en burent tous. Et il leur dit: Ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui est versé pour plusieurs” (Marc 14.22-24). Il n’y a probablement aucun autre texte dans toute la Bible qui ait été aussi mal compris et mal interprété que celui présentant le Souper du Seigneur. Dans le passage biblique que nous venons de citer, la Nouvelle Alliance était sur le point d’être conclue. Le Sang de la Nouvelle Alliance ne fut pas versé lors de cette Pâque, de ce Souper, mais bien à la croix de Golgotha. Pendant le Repas, le Sang divin se trouvait encore dans le corps du Rédempteur, et non pas dans la coupe! Nous devons considérer le passage se rapportant à la conclusion de l’Alliance de l’Ancien Testament, afin de comprendre quelle correspondance il a avec le Souper du Seigneur et la conclusion de l’Alliance du Nouveau Testament.

L’Eternel Dieu avait communiqué à Moïse toutes les ordonnances. Celui-ci les écrivit et il les communiqua au peuple: “Et il prit le livre de l’alliance, et le lut aux oreilles du peuple; et ils dirent: Tout ce que l’Eternel a dit, nous le ferons, et nous écouterons. Et Moïse prit le sang, et en fit aspersion sur le peuple, et dit: Voici le sang de l’alliance que l’Eternel a faite avec vous selon toutes ces paroles” (Ex. 24.7,8).

Le peuple de l’Ancienne Alliance avait expérimenté la délivrance, l’affranchissement et la sortie de l’esclavage, et cela au moment où, conformément à l’ordonnance divine, chaque maison avait sacrifié l’agneau, mangé la viande rôtie au feu et mis le sang sur les poteaux et les linteaux pour sa propre protection. C’était un signe que l’ange destructeur devait respecter. Dans une maison placée sous la protection du sang, le fils premier-né ne pouvait pas être frappé par la mort.

Nous lisons au sujet de l’institution du repas de la Pâque dans Exode 12.1-13: “Et le sang vous sera pour signe sur les maisons où vous serez; et je verrai le sang, et je passerai par-dessus vous, et il n’y aura point de plaie à destruction au milieu de vous, quand je frapperai le pays d’Egypte” (v. 13). Tous les premiers-nés des Israélites furent épargnés. Le sang de l’Agneau apporta la sécurité face à la destruction. L’alliance conclue par Dieu avec Son peuple prit force de loi par ce sang. Nous lisons au verset 14 en rapport avec la Pâque: “Et ce jour-là vous sera en mémorial, et vous le célébrerez comme une fête à l’Eternel”. C’était donc un souvenir de la délivrance: c’est-à-dire de la sortie de l’esclavage et de la protection accordées par Dieu à Son peuple.

Deux choses ressortent ici. Premièrement, le fait que ce sang répandu pour le peuple d’Israël a donné force de loi à l’Alliance et qu’il sauva la vie des rachetés; deuxièmement que la fête a été instituée en souvenir de leur rachat et de la sortie de l’esclavage. Ces deux faits importants se trouvent également confirmés lors du Souper du Nouveau Testament.

Il ressort de cela que les rachetés devaient se déclarer prêts à suivre et à mettre en pratique toute la Parole de Dieu. Ce n’est qu’après cette déclaration que Moïse les aspergea de sang, comme d’un signe visible montrant que cette assemblée rachetée se trouvait alors sous la protection du sang. C’est en souvenir de cet événement qu’Israël devait célébrer le repas de la Pâque.

Dans Luc 22 notre Seigneur dit: “J’ai fort désiré de manger cette Pâque avec vous, avant que je souffre… Et ayant pris un pain, et ayant rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, en disant: Ceci est mon corps, qui est donné pour vous: faites ceci en mémoire de moi” (Luc 22.15,19). Lors du Souper du Seigneur, les croyants du Nouveau Testament pensent à la rédemption pleinement accomplie par le Sang de la Nouvelle Alliance versé pour le peuple de la Nouvelle Alliance. Le Seigneur a représenté symboliquement de quoi il s’agissait. Le pain qu’Il brisa avait été préparé pour le repas de la Pâque et par ce fait il était sans levain. Le vin de la coupe qu’Il donna à boire à Ses disciples, venait de la vigne. Selon Matthieu, le Seigneur dit: “Mais je vous dis que désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu’à ce jour où je le boirai nouveau avec vous dans le royaume de mon Père” (Mat. 26.29). Comme le pain est rompu de façon visible lors du Souper, ainsi de façon tout aussi visible le corps de Jésus fut-il frappé, torturé et crucifié. Aussi vrai que le vin se trouve dans la coupe, tout aussi réellement le Sang de l’Agneau de Dieu a-t-il coulé pour le pardon de nos péchés.

Ce qui a souffert, ce n’est pas le pain même que nous brisons et mangeons, mais bien notre Seigneur lorsqu’Il a pris toutes choses sur Lui, dans le corps de Sa chair, et qu’Il a souffert pour toute l’humanité. Le vin n’a pas davantage été transformé qu’il n’a été répandu à terre; il fut bu lors du Souper du Seigneur par ceux qui étaient présents. C’est le Saint Sang de notre Rédempteur qui a été répandu, et Lui-même en tant que Souverain Sacrificateur “avec son propre sang, est entré une fois pour toutes dans les lieux saints, ayant obtenu une rédemption éternelle” (Héb. 9.12). Plus loin, au verset 14, il nous est encore dit: “Combien plus le sang de Christ, qui, par l’Esprit éternel, s’est offert lui-même à Dieu sans tache, purifiera-t-il votre conscience des oeuvres mortes, pour que vous serviez le Dieu vivant!”.

Il n’est rien écrit d’une transformation du pain et du vin. Quand le Seigneur dit en tenant le pain dans Sa main: “Ceci est mon corps” (Mat. 26.26), le pain est déjà prêt et n’a plus besoin d’être transformé au moyen d’une cérémonie ou du tintement d’une clochette. Lorsque le Seigneur dit: “Ceci est mon sang…”, c’est donc bien cela et cela n’a pas davantage besoin d’être transformé pour le devenir. Il est parfaitement évident que le Seigneur n’a pas littéralement donné aux Siens la chair de Son corps terrestre, ni Son Sang, mais qu’il s’agit ici d’une représentation symbolique.

Il n’est pas davantage mentionné dans les Saintes Ecritures qu’à chaque fois Christ, dans la Cène, Se sacrifie à nouveau pour les vivants et même pour les morts, et qu’Il devient Lui-même Seigneur Dieu dans l’hostie que les hommes mangent ensuite. (Quelle pensée horrible!) Naturellement que les Saintes Ecritures ne font pas mention de cela, et ce sont là des affirmations en contradiction directe avec l’enseignement de Christ: “… mais celui-ci, ayant offert un seul sacrifice pour les péchés… Car, par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés… C’est ici l’alliance que j’établirai pour eux après ces jours-là, dit le Seigneur… Et je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés, ni de leurs iniquités. Or, là où il y a rémission de ces choses, il n’y a plus d’offrande pour le péché”(Héb. 10.12-18).

Celui qui lit plus loin dans ce chapitre y trouve exprimée la pensée de l’historique du salut: que, par le moyen du Sang de Jésus, ce salut nous donne une libre entrée dans le Sanctuaire céleste par le chemin nouveau et vivant. Ce qui est arrivé à Golgotha l’a été une fois pour toutes et cette oeuvre a force de loi pour tous ceux qui, par la foi en Jésus-Christ, reçoivent le pardon de leurs péchés et la vie éternelle. La Bible dit: “Et comme il est réservé aux hommes de mourir une fois, et après cela le jugement, ainsi le Christ aussi, ayant été offert une fois pour porter les péchés de plusieurs, apparaîtra une seconde fois, sans péché, à salut à ceux qui l’attendent” (Héb. 9.27,28). Christ ne s’offre pas chaque jour des millions de fois. C’est quelque chose d’impossible et d’entièrement non biblique.

La notion catholique de “transsubstantiation” et de “sacrifice de la messe” devrait, dans la pensée catholique, exprimer le fait que les substances, le pain et le vin, seraient véritablement transformées en Corps et en Sang de Christ, et celles-ci seraient chaque fois à nouveau sacrifiées, puis mangées et bues. Si la chose arrivait réellement ainsi, ce serait terrible, et cela non seulement pour les végétariens! Mais la transsubstantiation n’existe pas car cela n’a pas été promis par l’Ecriture, et une telle superstition n’a pas non plus existé dans le christianisme primitif des premiers siècles. Singulièrement il ne se trouve, dans la “tabernacle” des catholiques, que l’hostie seule, que le prêtre va placer sur la langue du participant. Le vin, c’est lui, le prêtre, qui le boit ensuite pour tous. Et tout ce qui accompagne cela, les clochettes de l’autel, l’encens, le cri de “Sanctus, sanctus, sanctus!” ainsi que la génuflexion devant le “tabernacle” et l’adoration qui y est faite: tout cela est complètement étranger à l’Eglise de Jésus-Christ.

L’Eglise primitive célébrait le Souper du Seigneur de la manière la plus simple. On l’appelait “la fraction du pain”, et cela avait lieu ici et là dans les maisons. “Et ils persévéraient dans la doctrine et la communion des apôtres, dans la fraction du pain et les prières” (Actes 2.42). Les ordonnances que l’apôtre Paul donne dans 1 Corinthiens 10 et 11 sont très importantes: “Je parle comme à des personnes intelligentes: jugez vous-mêmes de ce que je dis. La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas la communion du sang de Christ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas la communion du corps de Christ? Car nous qui sommes plusieurs, sommes un seul pain, un seul corps, car nous participons tous à un seul et même pain” (1 Cor. 10.15-17). Quel clair témoignage!

Aujourd’hui encore, toute Eglise biblique célèbre le Souper du Seigneur tel qu’il a été établi et pratiqué dans l’Eglise primitive: il s’agit d’un pain cuit, fait de farine de blé et évidemment sans levain, préparé proportionnellement au nombre de participants. Le berger de l’église locale élève le pain, pour lequel il remercie le Seigneur, puis il le bénit au Nom du Seigneur. Ensuite ce pain est rompu et distribué par les anciens aux participants, et chacun en prend un morceau, car l’ensemble des membres de l’Eglise forme le Corps de Christ. Le pain doit représenter l’unité du Corps, c’est-à-dire de l’Eglise, alors que ce qui a été brisé en menus morceaux représente les divers membres du Corps, comme cela est exprimé dans 1 Corinthiens 10.17. Pendant ce Repas, les véritables croyants faisant partie du Corps de Christ ont, dans une sainte crainte de Dieu, une communion toute particulière avec le Seigneur, l’Agneau de Dieu qui mourut pour eux, et également les uns avec les autres. Le pain ayant été partagé entre tous, la coupe est élevée à son tour et bénie, après qu’on ait remercié le Seigneur pour le rappel de ce Sang précieux versé à Golgotha. Ensuite, la coupe est présentée à chacun pour qu’il en boive. Comme l’apôtre l’a exposé, c’est la coupe de bénédiction et de communion des croyants, lesquels constituent la troupe des rachetés par le Sang qui ont été crucifiés avec Christ et sont ressuscités avec Lui.

Au chapitre 11 de l’épître aux Corinthiens, Paul met l’accent sur le fait qu’il a reçu du Seigneur ce qu’il nous a laissé en partage: “… c’est que le Seigneur Jésus, la nuit qu’il fut livré, prit du pain, et après avoir rendu grâces, il le rompit et dit: Ceci est mon corps, qui est pour vous; faites ceci en mémoire de moi” (1 Cor. 11.23,24). Il est très important de noter qu’il n’est pas seulement dit ici: “Ceci est mon corps”, mais bien: “Ceci est mon corps, qui est pour vous”. En fait, avec Son corps de chair (littéralement parlant), Il est ressuscité et s’en est allé au Ciel. Pour recevoir la clarté, nous devons autant que possible y ajouter beaucoup de passages bibliques qui concernent et traitent du même thème. Il s’agit de la Vie divine qui se trouvait ici sur terre dans le Sang divin. “En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes” (Jean 1.4). “Et c’est ici le témoignage: que Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est dans son Fils: Celui qui a le Fils a la vie, celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie” (1 Jean 5.11,12).

“Car l’âme de la chair est dans le sang; et moi je vous l’ai donné sur l’autel, pour faire propitiation pour vos âmes; car c’est le sang qui fait propitiation pour l’âme. C’est pourquoi j’ai dit aux fils d’Israël: Personne d’entre vous ne mangera du sang, et l’étranger qui séjourne au milieu de vous ne mangera pas de sang” (Lév. 17.11,12). Donc il ne s’agit pas du sang en tant que composé chimique, mais de la Vie de Dieu (existant en Jésus pendant Sa présence sous une forme humaine) qui devrait venir maintenant en tous les rachetés qui ont été réconciliés avec Dieu par le Sang précieux. En transmettant cette pensée, nous ne devrions pas perdre de vue ceci: que celui qui a part au Sang versé, prend en Lui la Vie qui s’y trouve. Comme la Vie de Dieu était en Christ, il s’agit ici de la Vie éternelle. C’est la pensée principale qui, dans les Saintes Ecritures, est énoncée dans la proclamation de l’Evangile ainsi que dans le Souper du Seigneur.

Au verset 12 de Lévitique 17 il est expressément interdit de manger du sang, et il en est de même ultérieurement dans la Nouvelle Alliance, selon qu’il l’a été ordonné dans Actes 15.29. Si le vin dans la coupe était véritablement changé en sang, les croyants, en connaissance de cause, agiraient en contradiction avec les ordonnances de Dieu. En cela aussi nous avons besoin de la compréhension spirituelle. Lors du Souper du Seigneur il ne s’agit pas d’une transformation de substances, lesquelles ne sont là que comme un symbole visible exprimant le sens et le but divins, mais ici il s’agit bien davantage de mettre clairement devant nos yeux le fait que par la foi en l’expiation et en la délivrance pleinement accomplies à la Croix nous avons reçu en nous la Vie de Christ.

Notre Rédempteur dit: “Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel: Si quelqu’un mange de ce pain il vivra éternellement; or le pain aussi que je donnerai, c’est ma chair, laquelle je donnerai pour la vie du monde… Comme le Père qui est vivant m’a envoyé, et que moi, je vis à cause du Père, de même celui qui me mangera, celui-là aussi vivra à cause de moi” (Jean 6.51,57).

En rapport avec la soi-disant “transsubstantiation”, il serait bon que chacun relise de quelle manière eut lieu le premier miracle que Jésus fit à Cana en Galilée. Il transforma l’eau en vin, et le maître d’hôtel lui-même fut étonné de l’excellence de la qualité de ce vin (Jean 2). Ce vin qui provenait de l’eau était bien meilleur que le vin qui avait été distribué auparavant. Les gens ne buvaient pas de l’eau en faisant semblant de croire que c’était du vin. Non, au contraire, ils buvaient du vrai vin. Mais jusqu’aujourd’hui, pas une seule personne mangeant l’hostie n’a pu remarquer que celle-ci aurait été changée en viande. En fait, cette pratique n’est rien d’autre qu’un culte du mystère, et cela n’a rien à voir avec le christianisme.

D’une part, le pain de ce Souper symbolise le corps de Christ qui a été offert en sacrifice, et d’autre part il symbolise l’Eglise, le Corps de Christ qui, selon 1 Corinthiens 10.15-17, est clairement visible. L’accent est mis sur: “Faites ceci en mémoire de moi. De même il prit la coupe aussi, après le souper, en disant: Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang: faites ceci, toutes les fois que vous la boirez, en mémoire de moi (1 Cor. 11.24,25). Celui qui mange le pain y trouve le goût du pain; celui qui boit le vin y trouve le goût du vin. C’est la pure vérité. Le Seigneur est ressuscité corporellement et est monté au Ciel. Personne n’a le pouvoir ici sur terre de faire, d’un gâteau, Son Corps. D’ailleurs il ne s’agit pas du tout de cela, mais bien de la Vie de Dieu qui se trouvait dans l’Agneau de Dieu et que nous devons recevoir en nous: “Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné le droit d’être enfants de Dieu, savoir à ceux qui croient en son nom” (Jean 1.12). Ceci ne peut être dit d’une manière plus claire et nette.

La coupe représente la Nouvelle Alliance qui, par le Sang de l’Agneau sacrifié, a acquis force de loi. Ce ne sont pas le pain et le vin qui doivent être changés pour être faits Christ mais c’est le vieil homme qui doit être transformé en un nouvel homme, et cela en vertu de la puissance de rédemption, par la Parole, le Sang et l’Esprit du Seigneur. Quiconque a fait une telle expérience biblique peut prendre part au Souper du Seigneur (de la juste manière). Ce Repas commémoratif a été établi de manière à perpétuer jusqu’à la fin du temps de la grâce le souvenir de l’action de notre salut. “Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez la coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne”. Remarquez bien qu’il n’est pas dit: “Chaque fois que vous mangez cette chair” mais bien: “… toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez la coupe”. Ce n’est que ce qui a été versé dans la coupe qui peut être bu. La pratique de l’église romaine se trouve hors de la volonté de Dieu et de Sa Parole. La controverse au sujet de la notion “cela signifie” ou “c’est ceci” était somme toute inutile. Il n’y a pas lieu de philosopher à ce sujet. Ce thème aussi doit être considéré du point de vue de Dieu et c’est également ainsi qu’il doit être traité et compris.


 

Chapitre 20

LA CHUTE

Les Saintes Ecritures parlent souvent en images et en paraboles sans que la chose même apparaisse à la surface. C’est ainsi que Dieu l’a voulu afin que les plus profonds mystères de Sa Parole et de Son conseil soient révélés par Son Esprit seul et qu’ils soient amenés à la lumière. C’est seulement lorsque nous avons reçu la compréhension de ce en quoi consista réellement la chute dans le jardin d’Eden, qu’alors nous pouvons être éclairés sur le sens et la portée, pour l’homme, de la possibilité qu’il a d’être soustrait aux conséquences de cette chute par la rédemption qui eut lieu ensuite. Déjà rien que la notion de “chute” fait entrevoir ce qui s’est passé.

La vocation attribuée par Dieu à l’homme était celle de régner sur la terre. C’est par la chute qu’il a perdu cette position élevée. Seule la chute, dans laquelle les premiers hommes sont tombés sous la puissance de Satan, explique la raison pour laquelle le prince de ce monde a pu, à partir de cet instant, exercer sa domination sur les hommes ainsi que sur toute la terre. L’ennemi s’est introduit dans l’humanité au moyen du serpent. Personne ne peut dire combien de temps Adam et Eve ont vécu avec Dieu dans une communion sans mélange. Ils ne connaissaient aucune douleur, aucune peine, aucune larme; il n’y avait point de maladie, point de mort. Ils jouissaient du fait d’être en sécurité dans le Paradis, et ils vivaient avec le Seigneur Dieu dans une divine harmonie. L’Eternel les visitait au frais du jour; c’était le Ciel sur la terre. Lors du rétablissement de toutes choses il en sera de nouveau ainsi. “Voici, l’habitation de Dieu est avec les hommes, et il habitera avec eux; et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux, leur Dieu” (Apoc. 21.3).

Le chérubin Lucifer, qui s’était élevé dans les cieux et en avait ensuite été précipité, commença dès lors, en tant qu’ennemi déclaré de Dieu, son oeuvre de destruction sur la terre. Son but était déjà de séparer les hommes, créés à l’image de Dieu, de la communion avec leur Seigneur, et de les précipiter dans la perdition et dans la mort. Conformément à Ezéchiel 28.12-17 il se trouvait déjà dans le jardin d’Eden avant la chute. Dans le texte mentionné, Dieu s’adresse directement par le prophète à Satan dans le roi de Tyr. Les Saintes Ecritures témoignent que Satan peut prendre possession aussi bien des hommes que des animaux. Notre Seigneur chassa les mauvais esprits de beaucoup de personnes possédées par des démons (Mat. 4.24). Il nous est rapporté dans Marc 5.9 que l’esprit méchant parla personnellement par la bouche du possédé: “Et il lui demanda: Quel est ton nom? Il lui dit: J’ai nom Légion, car nous sommes plusieurs”. Cet homme n’était pas seulement dominé par Satan mais encore par beaucoup d’esprits méchants.

Dans le jardin d’Eden il y avait beaucoup d’arbres naturels, et aussi l’Arbre de la Vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal; cependant lors de la chute il s’agissait de bien plus que de manger un fruit naturel; c’est comme cela uniquement que la chute commença. D’ailleurs, dans Genèse 3, il n’est pas dit qu’une pomme aurait été mangée mais bien qu’un fruit a été mangé. Lisons dans Genèse 3.17: “Et les yeux de tous deux furent ouverts, et ils connurent qu’ils étaient nus; et ils cousirent ensemble des feuilles de figuier et s’en firent des ceintures”. Quelque chose de terrible était arrivé, qui les conduisit à cacher la honte de leur nudité physique par un assemblage de feuilles de figuier. Ils ne se bandèrent pas les yeux ni ne se couvrirent la bouche, mais au contraire c’est la partie inférieure de leur corps qu’ils couvrirent avec des ceintures qu’ils se firent.

Dans la relation de l’événement survenu dans le jardin d’Eden, il est question d’une “convoitise des yeux”, du fait “d’être séduite” et ainsi de suite. Chaque homme et chaque femme saura bien en quoi consiste la tentation par la convoitise des yeux, de la pensée et de la chair. Nous devons aussi considérer la propre déclaration d’Eve: “Le serpent m’a séduite” (v. 13). La femme de Potiphar, l’officier du Pharaon, vit que Joseph était beau de taille et de visage, “… et il arriva, après ces choses, que la femme de son seigneur leva ses yeux sur Joseph; et elle dit: Couche avec moi” (Gen. 39.7). Plus tard, pour le diffamer, elle dit: “… il est venu vers moi pour coucher avec moi” (v. 14). Lorsqu’une jeune fille ou un jeune homme a été séduit, il ne s’est certainement pas agi de “manger une glace” ou de “boire un lait frappé”.

Dans Exode 22.15 la notion de “séduction” est exprimée de façon plus précise: “Et si un homme séduit une vierge non fiancée, et couche avec elle…”. Paul savait ce qui s’était passé dans le jardin d’Eden, sinon dans sa préoccupation à l’égard de l’Eglise, il n’aurait pas écrit: “Mais je crains que, en quelque manière, comme le serpent séduisit Eve par sa ruse, ainsi vos pensées ne soient corrompues et détournées de la simplicité quant au Christ” (2 Cor. 11.2,3). L’apôtre écrit, en rapport avec la chute: “Et Adam n’a pas été séduit, mais la femme, séduite, s’est rendue coupable de transgression” (1 Tim. 2.14 — Segond).

Après la chute de l’homme dans le péché, l’Eternel Dieu dit à Eve, directement après son acte: “Je rendrai très grandes tes souffrances et ta grossesse; en travail tu enfanteras des enfants…” (Gen. 3.16). Il ressort clairement de ces paroles, la réalité de ce qui s’était passé. Eve ne devrait pas désormais manger dans les douleurs, ce qui aurait été logique dans le cas où le péché aurait été commis seulement par la bouche. Jusqu’aujourd’hui il n’existe aucune femme qui en mangeant un fruit aurait eu des enfants. L’Eternel Dieu savait exactement ce qui s’était passé et de quelle manière Il devait punir. C’est pourquoi aujourd’hui encore dans le monde entier, comme le Seigneur l’a dit, toute femme, dans des conditions normales, met au monde ses enfants dans la douleur en souvenir de la chute.

Celui qui s’arrête encore à cette parole: “Le serpent m’a séduite, et j’en ai mangé”, devrait lire Proverbes 30.20: “Tel est le chemin de la femme adultère; elle mange et s’essuie la bouche, et dit: Je n’ai point commis d’iniquité”.

L’Eternel Dieu maudit le serpent et dit: “Parce que tu as fait cela, tu es maudit par-dessus tout le bétail et par-dessus toutes les bêtes des champs; tu marcheras sur ton ventre, et tu mangeras la poussière tous les jours de ta vie” (Gen. 3.14). Jusqu’à ce moment-là le serpent se tenait debout, sinon ce jugement n’aurait eu aucun sens. Mais le verset suivant est très important: “Et je mettrai inimitié entre toi et la femme, et entre ta semence et sa semence. Elle te brisera la tête, et toi tu lui briseras le talon” (v. 15). Selon le témoignage de l’Eternel Dieu, il est question ici de deux semences: l’une est la semence du serpent, l’autre est la semence de la femme. Dans toutes l’Ecriture Sainte le mot “semence” veut dire “postérité”.

Le diable, quant à lui, ne peut ni engendrer ni créer; il est un esprit déchu et sans sexe. C’est pour cela qu’il se servit d’une bête, laquelle, à l’époque, se trouvait être la plus proche de l’homme et pouvait même parler. Comme nous pouvons le voir au chapitre 3 de la Genèse, le serpent eut une véritable conversation avec Eve. Nous trouvons là aussi bien les questions que les réponses échangées entre eux; l’argumentation toute entière nous y est rapportée. Ce n’est qu’après la malédiction que le serpent devint un reptile et qu’il perdit sa forme primitive (Gen. 3.14).

Dans le jardin d’Eden la conversation commença par la question bien connue: “Dieu a-t-il réellement dit?”. Aujourd’hui encore, le serpent ancien utilise la même méthode: semer le doute dans les pensées de l’homme à l’égard de la Parole de Dieu. Après cela, le serpent prit Eve dans ses filets en faisant valoir des arguments au sujet de la Parole de Dieu et il tordit magistralement cette Parole. Puis vint ensuite le grand mensonge: “Vous ne mourrez point, certainement… vos yeux seront ouverts, et vous serez comme Dieu” (Gen. 3.4,5). C’était une parole agréable et Eve tomba dans le piège. A quoi serviraient ensuite les termes: “vos yeux seront ouverts”, et “connaissant le bien et le mal”, alors qu’on se retrouvait séparé de Dieu, livré à la mort? Depuis lors, chaque homme peut juger par lui-même ses actions et différencier le bon du mauvais, le mensonge de la vérité et ainsi de suite. C’est pourquoi tous les hommes seront responsables, au jour du jugement dernier et ils seront jugés d’après leurs oeuvres.

Nous pouvons lire ainsi la parole de Genèse 3.1 dans le texte grec de la Bible: “… ho Ophis”, que l’on devrait traduire par “l’ophidien” (en français: le serpent). D’après les anciennes traditions hébraïques la chute n’a été comprise que sous l’angle de l’acte sexuel. Un commentateur écrit: «… l’ange, le cavalier du serpent, s’approcha d’Eve et elle devint enceinte et enfanta Caïn» (F. Braun, Blicke ins Wort, S. 67).

Comme on le sait, la nature, le caractère et les particularités de l’être humain sont des dispositions héréditaires qui se trouvent dans les chromosomes. Leur transmission se fait par l’union des cellules lors de la procréation. C’est de cette manière qu’est entrée dans l’humanité la nature pécheresse du serpent (c’est-à-dire de Satan), ladite nature étant rebelle, opposée à Dieu. Satan lui-même, qui avait entraîné l’humanité dans la mort par la désobéissance et la transgression, disposait de la puissance de la mort, et c’est pourquoi le Sauveur devait venir dans un corps de chair: “… afin que, par la mort, il rendît impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable; et qu’il délivrât tous ceux qui, par la crainte de la mort, étaient, pendant toute leur vie, assujettis à la servitude” (Héb. 2.14,15). En remportant la victoire sur la mort, le Seigneur victorieusement ressuscité a pris Lui-même l’une et l’autre choses: les clefs de la mort et celles du séjour des morts (Apoc. 1.18).

Dieu avait donné cet ordre: “Fructifiez, et multipliez…” (Gen. 1.28). C’est Lui qui avait institué le mariage et avait uni le premier couple. Mais la tragédie consiste dans la rupture de la première union, c’est-à-dire dans le mélange catastrophique et mortel qui se produisit. Tous les êtres vivants devaient s’apparier, s’unir l’un avec l’autre, et chaque genre devait se multiplier selon son espèce. Mais ici prend origine un être qui est le fruit d’un croisement, croisement dont Dieu n’était pas responsable mais bien Satan au travers du serpent. Ce mélange ne procédait pas de la création originelle. Le serpent trompa et séduisit Eve, puis elle se donna ensuite à Adam. Cela, Dieu ne pouvait pas l’accepter, car ce n’était pas conforme à Sa volonté originelle. Ce qui ne provient pas de Sa volonté ne peut pas davantage se conformer à Sa volonté que s’y soumettre.

Adam se trouva subitement placé devant la terrible évidence que sa bien-aimée Eve, celle qui avait été prise de lui-même et qui lui avait été confiée, n’était plus vierge! Elle s’était donnée au serpent, puis elle eut immédiatement après cela ses premiers rapports sexuels avec Adam. C’est ainsi que se produisit la chute de l’homme. De ces deux unions, qui eurent lieu peu de temps l’une après l’autre, naquit de chacune d’elles un enfant: Caïn, puis Abel.

Jusqu’au jours où nous vivons il arrive que naissent des “jumeaux” engendrés par deux pères différents. Les deux cas les plus connus se sont présentés en Suède et en France. A Stockholm, Madame Bjoerlen donna naissance le même jour à un enfant négroïde, et à un enfant blond aux yeux bleus. Son mari refusa d’assumer l’entretien de l’enfant qui ne venait visiblement pas de lui. Lors des débats judiciaires, Madame Bjoerlen reconnut avoir eu des rapports intimes avec un homme à la peau noire. Elle avait donc eu le même jour des rapports sexuels aussi bien avec son mari qu’avec son amant. A Marseille, Madame Duvalle mit au monde également un enfant blanc et un enfant noir.

Celui qui lit attentivement Genèse 3.15 constatera qu’immédiatement après la chute déjà, l’Eternel Dieu parle de deux semences, c’est-à-dire de la postérité du serpent et de celle de la femme. Déjà au commencement il n’y eut pas que deux lignées naturelles mais aussi deux lignées spirituelles.

En ce qui concerne Caïn, ni dans la généalogie de l’Ancien Testament ni dans celle du Nouveau Testament il n’est cité comme fils d’Adam. Pareillement Adam n’est jamais désigné comme étant le père de Caïn. C’est aussi la raison pour laquelle Eve est en effet appelée “mère de lignées de tous les vivants” (Gen. 3.20), alors qu’Adam, lui, n’est pas appelé le père de lignées “de tous les vivants”. Si Caïn avait réellement été le premier-né d’Adam, on lui aurait certainement accordé une attention toute particulière dans la généalogie.

S’il est écrit dans Genèse 4.1 qu’Eve a dit, après avoir mis au monde son premier enfant: “J’ai acquis un homme avec l’Eternel!”, on doit bien se représenter qu’en ce temps-là il n’y avait encore aucune sage-femme ni aucun médecin pour l’aider. Les douleurs étaient fortes et Adam ne savait pas comment lui venir en aide. C’est ainsi que dans la détresse de l’enfantement elle cria au Seigneur. Droit après, au deuxième verset, il est dit: “Et elle enfanta encore son frère Abel”. La traduction du rabbinat dit: “Elle continua et enfanta son frère Abel”.

Visiblement, l’apôtre Jean connaissait aussi ce qui s’était passé dans le jardin d’Eden car il écrit: “… non comme Caïn qui était du méchant et tua son frère” (1 Jean 3.12). Par l’expression “du méchant” dont, selon cette déclaration, Caïn était l’enfant, il est impossible que l’apôtre Jean ait pu avoir Adam dans l’esprit. Jean écrit aux croyants: “Parce que vous avez vaincu le méchant” (1 Jean 2.13,14). Par “le méchant” Jean pense de nouveau à Satan qui, en Apocalypse 20.2, est appelé le dragon, le serpent ancien et le diable. Nous pouvons apprendre, en lisant les Saintes Ecritures, qui est le méchant, à savoir le contraire de Dieu qui, Lui seul, est “bon”. Dans le “Notre Père” il est dit: “Et ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du mal (ou: du malin) (Mat. 6.13). Satan, l’adversaire de Dieu est le méchant, le mauvais, c’est-à-dire celui qui se trouve à l’origine de tout ce qui est contre Dieu.

Caïn était plein d’envie et de jalousie; il fut le premier homicide et meurtrier. Satan est meurtrier dès le commencement (Jean 8.44). Ce n’est pas dans le Ciel qu’il commis ce meurtre mais sur la terre. Ainsi il est exclu que Caïn soit issu d’Adam car lui, bien sûr, avait été créé à l’image du Dieu Saint. Rien de méchant ne peut provenir de Dieu. Parce que Satan, en collaboration avec le serpent, est entré directement dans la race humaine et l’a entraînée dans la perdition et dans la mort, il était nécessaire que Dieu Lui-même vienne dans la chair pour nous racheter du pouvoir de Satan. Lorsque les rachetés entreront dans leur héritage ils posséderont la terre comme Dieu l’avait voulu à l’origine, et ils seront placés à nouveau dans leur position de prédestinés.

Selon Jude 14, Enoch était le septième depuis Adam. Caïn ne compte pas, et Abel fut tué avant d’avoir une descendance. C’est pourquoi la généalogie passe directement d’Adam à Seth et c’est ainsi que sur ce point également la Parole est parfaite: Adam, Seth, Enos, Caïnan, Maléléel, Jared, Enoch (Gen. 5.5-18; Luc 3.37).

De même que les douleurs de la femme en couches lui rappellent la rupture originelle et la chute, ainsi la circoncision devait rappeler la même chose à l’homme. Lorsque Dieu fit une alliance avec Abraham et sa postérité, Il exigea la circoncision en disant: “C’est ici mon alliance, que vous garderez entre moi et vous et ta semence après toi: que tout mâle d’entre vous soit circoncis” (Gen. 17.10). La circoncision fut déclarée être le signe d’une alliance éternelle. Quiconque ne voulait pas se laisser circoncire devait être retranché du peuple, parce qu’il rompait pour sa part l’alliance de Dieu (v. 18). Lorsque Moïse avait omis de faire circoncire son fils, le Seigneur voulut faire mourir Moïse: “Et Séphora prit une pierre tranchante et coupa le prépuce de son fils, et le jeta à ses pieds, et dit: Certes tu m’es un époux de sang!” (Ex. 4.25).

Dans Matthieu 13 le Seigneur a parlé clairement et sans ambiguïté de deux semences, ou “lignées”, spirituelles: “Celui qui sème la bonne semence, c’est le Fils de l’homme; et le champ, c’est le monde; et la bonne semence, ce sont les fils du royaume; et l’ivraie, ce sont les fils du méchant” (Mat. 13.37,38). Aux hommes endurcis et dominés par le méchant, Jésus dit: “Vous, vous avez pour père le diable, et vous voulez faire les convoitises de votre père. Lui a été meurtrier dès le commencement et il n’a pas persévéré dans la vérité, car il n’y a pas de vérité en lui. Quand il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur, et le père du mensonge” (Jean 8.44).

La semence du serpent fut tout autant une réalité que ne le fut la semence de la femme. La semence du serpent était Caïn, alors que la Semence de la femme fut Christ. Paul saisit cette pensée et il écrit dans Galates 3 au sujet de la Semence promise: “… et à ta semence, qui est Christ” (v. 16). Christ est: “la semence à laquelle la promesse est faite” (v. 19). Nous pouvons lire ceci dans l’Ancien Testament: “S’il livre son âme en sacrifice pour le péché, il verra une semence” (Es. 53.10). Chaque semence produit selon son espèce, c’est une loi de Dieu. C’est là que s’éclaire également le mot inimitié: “Et je mettrai inimitié entre toi et la femme, et entre ta semence et sa semence” (Gen. 3.15). Satan est venu dans l’humanité à l’aide du serpent pour détruire l’ordre divin. C’est pourquoi Dieu devait Lui aussi venir dans l’humanité par procréation pour mettre à mort et abolir l’inimitié (Eph. 2.13-16). C’est dans le corps de Sa chair que notre Seigneur a accompli la rédemption afin de pouvoir faire de nouveau Sa demeure dans les rachetés. Il les a arrachés à l’influence de Satan et les a transportés dans le Royaume de Dieu. Dieu a vaincu toute la puissance de l’adversaire et a triomphé d’elle en Christ (Col. 2.15).

Parce que Satan s’est infiltré dans la chair humaine et s’est introduit de cette manière dans le sang des hommes, Dieu devait participer à notre chair et à notre sang sous la forme humaine de Fils. Il en allait de notre vie, du salut de notre âme, et c’est pourquoi la réconciliation et la rédemption ne sont possibles qu’au travers du Sang de l’Agneau de Dieu. Dans les mains de notre Rédempteur ne coulait pas du sang juif, mais bien un pur et saint Sang de nature Divine dans Lequel se trouvait la Vie Divine.

Il n’y a pas eu évolution, comme les savants pensent l’établir par les divers crânes et squelettes qu’ils ont trouvés, mais au contraire il y a diverses espèces qui peuvent aussi fortement se différencier extérieurement l’une de l’autre. Même la chair était “une autre chair”, comme le dit Jude 7. Paul écrit dans 1 Corinthiens 15.39:“Toute chair n’est pas la même chair; mais autre est celle des hommes, autre la chair des bêtes…”.

C’est là que se trouve le chaînon manquant de l’histoire de l’humanité, connu sous l’appellation anglaise “the missing link”, (c’est-à-dire “forme intermédiaire disparue”) et que les hommes de science recherchent encore aujourd’hui. C’est à cause des diverses formes de crânes et de squelettes que l’on sait qu’un genre d’êtres a existé. Les chercheurs n’ont encore trouvé aucune réponse à ce sujet et ils poursuivent toujours leurs investigations. De tels mystères ne trouvent réellement leur réponse que dans ce Livre mystérieux qu’est la Bible.

L’une des espèces humaines provenait du mélange qu’il y eut entre Eve et le serpent: c’était la lignée de Caïn car il avait épousé une fille d’Adam. L’autre espèce était constituée des descendants d’Adam et d’Eve au-delà de Seth, lequel avait épousé sa propre soeur, car Adam et Eve eurent beaucoup de fils et de filles: “Et les jours d’Adam, après qu’il eut engendré Seth, furent 800 ans; et il engendra des fils et des filles. Et tous les jours qu’Adam vécut furent 930 ans; et il mourut” (Gen. 5.4,5). Plus tard apparut encore une autre espèce, à savoir celle qui était issue du mélange des deux lignées. Les descendants de Caïn, appelés dans la Bible “les enfants des hommes”, avaient encore un peu d’attraction qu’avait Lucifer. Lorsque les hommes de la lignée de Seth, “les fils de Dieu”. “… virent les filles des hommes, qu’elles étaient belles, ils se prirent des femmes d’entre toutes celles qu’ils choisirent” (Gen. 6.2). C’est à cause de ce croisement que Dieu décida de mettre fin à la race humaine, car le Messie devait, quant à la chair, provenir d’une lignée pure. C’est pourquoi, depuis le déluge, il n’y eut plus qu’une lignée naturelle, celle qui remonte à Adam. Des trois fils de Noé: Sem, Cham et Japhet provient toute la race humaine actuelle recouvrant la face de la terre (Gen. 9.18,19; Actes 17.26).

Mais quant aux deux lignées spirituelles, elles se retrouveront jusqu’à la fin dans tous les peuples. Ce n’est qu’à l’Eternel Dieu qu’il appartient de déterminer pour chacun le qui, le pourquoi et le comment. Cependant il est permis de recommander à chacun en particulier de s’éprouver soi-même en considérant ceci: Quiconque écoute la Parole sortie de la bouche de l’Eternel, La croit et agit en conséquence, celui-là devrait être de la Semence-Parole et de l’Esprit de Dieu. Quiconque repousse intérieurement la Parole et parle contre Elle, n’a vraiment rien de commun avec le Seigneur. En tout cas, c’est ce qui ressort de son propre comportement. Bien entendu, c’est encore jour de grâce et celui qui le veut peut se convertir au Seigneur Jésus, Le croire et Le suivre.

Du sommet d’une très haute montagne, Satan montra à notre Seigneur tous les royaumes du monde avec leur gloire et il Lui dit: “Je te donnerai toutes ces choses, si, te prosternant, tu me rends hommage” (Mat. 4.8,9). Notre Sauveur savait qu’Il allait verser Son Sang sur la terre pour la rédemption et le rachat de ceux qui étaient destinés à la Vie éternelle. En tant que propriétaire originel le Seigneur renvoya le tentateur, Satan. Le psalmiste avait déjà dit: “Lève-toi, ô Dieu! Juge la terre; car tu hériteras toutes les nations” (Ps. 82.8). L’apôtre Paul exprime ce fait par ces paroles: “Et si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers; héritiers de Dieu, cohéritiers de Christ; si du moins nous souffrons avec lui, afin que nous soyons aussi glorifiés avec lui” (Rom. 8.17). C’est à la fin de cet âge que cela s’accomplira. Nous avons le privilège de vivre dans un temps où tous les mystères des Ecritures ont été dévoilés, et ce qui s’est passé au jardin d’Eden en fait aussi partie.


 

Chapitre 21

JUSTIFICATION

La condamnation de l’homme rendait sa justification nécessaire. La pensée qu’exprime la justification lors d’un jugement est qu’elle annule l’état de fait d’une accusation. La justification ne produit pas un acquittement par manque de preuves, mais elle signifie que l’accusé n’est aucunement coupable et que l’inculpation portée contre lui avait été levée. Alors celui qui est traduit en justice n’a commis aucun délit, il s’est présenté uniquement à cause d’un accusateur, lequel n’avait rien pu faire parce qu’il ne pouvait rien prouver qui fût répréhensible contre lui. La plainte étant retirée, le procurateur a dû clore l’acte d’accusation parce que les poursuites avaient cessé.

Les deux choses sont bien-fondées: d’une part l’homme s’est rendu coupable envers Dieu, et c’est pourquoi il a besoin de pardon. La justification, dans la pensée divine, constitue l’autre part: Dieu voit en Christ l’homme auquel Il a pardonné les péchés comme s’il n’avait jamais péché. Un proverbe de ce monde dit: “Pardonné, oui, mais non oublié”. Même si nous nous pardonnons les uns les autres de tout notre coeur, il arrive cependant que souvent nous nous rappelons ce qui s’est passé. Auprès de Dieu c’est différent. Il a pardonné les péchés et ne se souvient plus. Personne n’a le droit de ressortir de la vie d’un homme les choses dont Dieu l’a justifié. Celui qui le fait est coupable et annule pour lui-même le pardon et la justification divine.

Puisque l’homme est né dans cet état de péché en dehors de sa propre volonté, Dieu a pris sur Lui la juste condamnation qu’Il avait dû prononcer dans Sa justice au moyen de Sa loi, et Il a accompli Lui-même une pleine justification des hommes par l’expiation réalisée dans le Fils. “Mais il a été blessé pour nos transgressions, il a été meurtri pour nos iniquités; le châtiment de notre paix a été sur lui, et par ses meurtrissures nous sommes guéris” (Es. 53.5).

Dans l’épître à l’Eglise de Rome, l’apôtre Paul a abondamment enseigné la justification biblique, et il nous l’a montrée telle qu’elle nous est accordée et que nous pouvons l’expérimenter. Il est écrit en rapport avec l’évangile de Jésus-Christ: “Car je n’ai pas honte de l’évangile, car il est la puissance de Dieu en salut à quiconque croit, et aux Juifs premièrement, et aux Grecs. Car la justice de Dieu y est révélée sur le principe de la foi pour la foi, selon qu’il est écrit: Or le juste vivra de foi”(Rom. 1.16,17).

Non seulement Dieu nous a sauvés de la mort et de la perdition, mais Il a pleinement justifié l’homme et lui a restitué sa justice divine. La justification de l’homme par ses propres oeuvres qui proviennent de ses efforts personnels n’est plus nécessaire puisque la justice de Dieu lui a été accordée. La propre justice est sans valeur devant Dieu, et elle peut être pour nous le plus grand obstacle. Il est écrit: “C’est pourquoi nulle chair ne sera justifiée devant lui par des oeuvres de loi…” (Rom. 3.20).

Par l’action souveraine de Dieu l’homme a été retiré de l’état de perdition auquel il était condamné, et il a été ramené à sa position originelle devant Dieu. C’est là qu’est le point central de l’Evangile de Jésus-Christ. Dieu ne nous a pas seulement pardonné, Il nous a aussi justifiés et nous a même donné Sa propre justice divine.“… la justice, dis-je, de Dieu par la foi en Jésus Christ envers tous, et sur tous ceux qui croient; car il n’y a pas de différence, car tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu, étant justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est dans le Christ Jésus” (Rom. 3.22-24).

Il ne reste ici aucune place pour une oeuvre personnelle qui puisse conduire à une propre justification. Nous avons à donner au Message divin, à l’Evangile de Jésus-Christ, la place qui lui revient. C’est là, en fait, le Message du salut qui libère et rend heureux et qui doit être claironné dans le monde entier. L’humanité a été réconciliée avec Dieu. “… afin de montrer, dis-je, sa justice dans le temps présent, en sorte qu’il soit juste, et justifiant celui qui est de la foi de Jésus” (Rom. 3.26). Ce n’est pas la foi en un fondateur de religion ou en une confession qui produit cette justification divine, mais bien la foi en Jésus en qui Dieu et l’homme se sont rencontrés et réconciliés. Les oeuvres pieuses ne comptent pas: “Car nous concluons que l’homme est justifié par la foi, sans oeuvres de loi” (Rom. 3.28).

Manifestement, Paul avait été tellement saisi par la pensée de la justification qu’il a éclairé ce thème sous tous ses aspects. Du chapitre 3 au chapitre 8 des Romains nous trouvons une introduction approfondie au plan de salut de Dieu. Chacun n’a besoin de prendre, dans la foi, que ce que Dieu a donné, et de Le remercier pour cela. Quiconque veut acquérir cette justice par ses propres oeuvres ne pourra jamais reconnaître, dans sa véritable et pleine signification, l’oeuvre parfaitement achevée de Dieu. Ce que l’on fait soi-même nous empêche de voir ce que Dieu a réellement fait. “Mais à celui qui ne fait pas des oeuvres, mais qui croit en celui quijustifie l’impie, sa foi lui est comptée à justice” (Rom. 4.5).

Une leçon d’intérêt vital nous est donnée par l’exemple d’Abraham, à savoir que celui à qui Dieu a parlé, et qui a reçu la parole de promesse, ne regarde plus à lui-même ni aux circonstances qui l’environnent, mais il croit de tout son coeur ce que Dieu a dit. Bien que les choses promises ne soient pas encore présentes, il les voit déjà et en donne gloire à Dieu, vivant dans la certitude de la foi, c’est-à-dire dans une ferme conviction que Dieu réalise ce qu’Il a promis.

Dans Romains 5.1, l’apôtre poursuit en disant: “Ayant donc été justifiés sur le principe de la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ”. Il montre que, par la foi, nous avons accès à notre position de grâce actuelle, que nous pouvons nous glorifier dans l’espérance de la gloire de Dieu, et cela même dans le besoin et les tribulations. Puis il revient à ce qui est le point central de la justification: “Beaucoup plutôt donc, ayant été maintenant justifiés par son sang, serons-nous sauvés de la colère par lui” (Rom. 5.9). Il fait ressortir sans cesse de quoi il s’agit: non d’une foi en n’importe quoi, mais bien de la foi en Celui qui a été crucifié, Jésus-Christ, ainsi qu’en Son saint et précieux Sang répandu pour notre rédemption pleinement accomplie.

L’apôtre résume le tout par ces paroles: “Ainsi donc, comme par une seule faute les conséquences de cette faute furent envers tous les hommes en condamnation, ainsi aussi par une seule justice les conséquences de cette justice furent envers tous les hommes en justification de vie. Car comme par la désobéissance d’un seul homme plusieurs ont été constitués pécheurs, ainsi aussi par l’obéissance d’un seul, plusieurs seront constitués justes (Rom. 5.18,19). Aussi certainement que nous constatons que le décret de condamnation a touché tous les hommes depuis Adam, ainsi devons-nous croire, d’autre part, que cette condamnation a été enlevée, que nous avons trouvé grâce auprès de Dieu et avons été pleinement justifiés.

Au chapitre 6 des Romains nous est présenté de quelle manière nous avons été identifiés avec Christ à la ressemblance de Sa mort, et comment nous avons été crucifiés avec Lui, ensevelis avec Lui et ressuscités avec Lui pour une vie nouvelle et divine.

Romains 7 montre l’homme dans toute son incapacité. Il se voit trompé à cause du péché et ressent la dureté de la loi divine. Ce n’est que là où existe une loi qu’une transgression peut être commise. Si, au Sinaï, la loi n’avait pas été donnée avec tous ses commandements et interdictions, l’humanité n’aurait pas su ce qui était juste aux yeux de Dieu. Ainsi le commandement a été donné afin que l’homme prenne conscience de sa transgression. En promulguant Sa loi, le juste Juge a prononcé la condamnation, et en venant comme Sauveur, Il a fait en sorte que viennent la grâce et la miséricorde. “La miséricorde se glorifie vis-à-vis du jugement” (Jacq. 2.13).

L’homme devient conscient de son esclavage, de la réalité de ce qu’il est esclave de ses habitudes, de ses passions, etc., au point que son âme s’écrie: “Car ce que je fais, je ne le reconnais pas, car ce n’est pas ce que je veux, que je fais, mais ce que je hais, je le pratique… car je sais qu’en moi, c’est-à-dire en ma chair, il n’habite point de bien; car le vouloir est avec moi, mais accomplir le bien, cela je ne le trouve pas … Misérable homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort?”(Rom. 7.15-24). Tout homme, s’il se convertit au Seigneur, doit passer par ce processus intérieur sans lequel aucune conversion n’est possible.

Après cela seulement vient ce qui est décrit au chapitre 8, et qui est l’expérience d’une réalité divine. L’homme justifié par la foi en Christ et en Son oeuvre de rédemption pleinement accomplie peut alors s’écrier: “Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le christ Jésus!” (Rom. 8.1). Ils ont trouvé la paix avec Dieu et sont entrés dans Son repos.

Satan, l’accusateur des frères (Apoc. 12.10), et ceux qui se mettent à sa disposition, élèvent toujours à nouveau de nouvelles accusations contre ceux qui sont devenus croyants et ont été justifiés. Paul prend aussi en considération cet état de fait lorsqu’il dit: “Qui intentera accusation contre les élus de Dieu? C’est Dieu quijustifie; qui est celui qui condamne?” (Rom. 8.33).

La justification véritable ne se limite pas, en vérité, à un traité doctrinal; il faut qu’elle devienne une expérience vécue. La justification est la seconde partie du pardon. Dieu devait condamner l’homme parce qu’il s’était rendu coupable. En vertu de la rédemption par le Sang de l’Agneau, la dette fut réglée. Une accusation nouvelle ne peut plus être élevée contre nous, même si Satan cherche sans cesse à le faire. Il essaya aussi cela auprès de Martin Luther, à qui la certitude de la foi avait été accordée, et en vertu de laquelle il s’écria: “Le juste vivra par la foi!”. La justification divine vient uniquement par la foi en la rédemption pleinement accomplie par Jésus-Christ.

De même que l’homme se tourne vers Dieu par la conversion, qu’il fait l’expérience de la fin de sa vie propre, et par la nouvelle naissance commence une vie divine nouvelle, ainsi en est-il du pardon (qui est lié aux souffrances et à la mort de Jésus-Christ), et de la justification qui est associée à la résurrection et à la vie de Dieu.“… lequel a été livré pour nos fautes et a été ressuscité pour notre justification (Rom. 4.15). Aussi certainement que Jésus est mort, tout aussi certainement le péché nous a-t-il été pardonné. Aussi certainement que Jésus est ressuscité, tout aussi certainement sommes-nous justifiés une fois pour toutes.

L’apôtre Jacques montre comment la foi en la justification de Dieu telle qu’Il l’a dite est rendue parfaite par une obéissance dans les oeuvres conformes à la Parole: “Tu vois que la foi agissait avec ses oeuvres; et par les oeuvres la foi fut rendue parfaite. Et l’Ecriture a été accomplie qui dit: Et Abraham crut Dieu, et cela lui fut compté à justice; et il a été appelé ami de Dieu” (Jacq. 2.22,23).

Ce ne sont pas les oeuvres par elles-mêmes qui justifient l’homme; mais elles sont seulement un élément de la justification reçue par la foi. Celui qui croit Dieu agit conformément à ce qu’Il a commandé. Abraham croyait que Dieu allait ressusciter son fils Isaac d’entre les morts et il était prêt à offrir son fils en sacrifice, comme Il le lui avait commandé. Dans sa position de foi, l’obéissance ne lui paraissait pas difficile. Jacques ne se réfère pas aux oeuvres que les hommes font arbitrairement en vue d’obtenir quelque chose de Dieu, mais bien à celles qui sont faites selon le commandement et la Parole de Dieu. Celui qui croit réellement accomplit ce que Dieu a dit: “Vous êtes mes amis, si vous faites tout ce que moi je vous commande” (Jean 15.14). C’est de cette manière que la foi “respire” et qu’elle est rendue vivante.

L’homme justifié par la foi en Jésus-Christ se tient devant Dieu comme s’il n’avait jamais péché. Il a été placé à nouveau dans son état originel comme il y avait été prédestiné dans l’éternité, et attend uniquement encore la transmutation de son corps et l’achèvement. Celui qui croit réellement en donnera la preuve par sa vie et ses actions, c’est-à-dire comme Abraham le fit, par sa joyeuse obéissance. Dans Hébreux 12 les rachetés nous sont présentés comme des justes accomplis: “Mais vous êtes venus à la montagne de Sion; et à la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste; et à des myriades d’anges, l’assemblée universelle; et à l’assemblée des premiers-nés écrits dans les cieux; et à Dieu, juge de tous; et aux esprits des justes consommés (v. 22,23).


 

Chapitre 22

RENOUVELLEMENT ET
NOUVELLE NAISSANCE

L’expérience de la justification met fin à l’ancienne vie que l’on a vécue sans Dieu, et elle dirige le renouvellement intérieur. Bien qu’il s’agisse d’une seule oeuvre de rédemption et de délivrance, l’oeuvre de grâce divine s’accomplit dans les divers domaines de notre vie et c’est pourquoi différentes notions sont employées pour l’exprimer.

C’est par le réveil que tout commence: L’homme séparé de Dieu et qui de ce fait est spirituellement mort, est comme secoué pour être réveillé. Ceci arrive par l’Esprit de Dieu pendant la prédication de l’Evangile. Jusqu’à ce moment précis et sans le savoir cet homme est en vérité spirituellement mort. Pour lui, tout est en ordre dans le monde et il n’a nullement conscience que quelque chose pourrait ne pas aller.

Qu’un homme soit religieux ou pas, il repousse toute pensée d’un au-delà, celle d’une responsabilité personnelle devant Dieu et d’un jugement dernier. S’il n’exclut pas totalement une telle possibilité, il se dit en lui-même et le proclame à haute voix: «Je n’ai tué personne. Je n’ai pas fait ceci ou cela, ainsi, cela ne sera pas si grave au cas où une telle chose devrait arriver». Eh bien voilà! en réalité il arrivera effectivement quelque chose. C’est pourquoi tous devraient savoir que Dieu n’est pas un bon vieux grand-père ou un cher oncle auprès duquel on peut trouver faveur par quelque bonne parole. Car à ce moment-là Dieu ne sera plus le bienveillant Sauveur, mais le Juge sévère. Il est lié à Sa propre Parole et doit juger tout homme conformément à Celle-ci.

De même que maintenant Il est lié à Sa Parole et qu’Il pardonne à chacun de ceux qui croient en Lui, qu’Il lui fait grâce, le libère et le justifie, ainsi Il jugera justement en cette occasion tous ceux qui L’ont bravé, contredit, et ont rejeté Ses voies de salut. Ceux également qui ont tenté de chercher le salut à leur propre manière, sans se confier réellement en Dieu, seront grandement désappointés. En réalité il ne s’agit pas seulement de croire “en Dieu”, mais bien de “croire Dieu” et de croire conformément aux voies de salut qu’Il a établies pour l’humanité. Celui qui ne croit pas Dieu fait de Lui un menteur (1 Jean 5.10).

Tout d’abord, il est de fait que l’homme naturel, même s’il est très religieux et agit comme tel, ne discerne pas les choses spirituelles. Cela commence donc, comme nous l’avons déjà mentionné, par le réveil, par une secousse de la conscience, laquelle sort du sommeil de la mort spirituelle. Lors de la prédication de Pierre à Pentecôte, les gens furent tellement saisis, ébranlés intérieurement et réveillés, qu’ils s’écrièrent: “Que ferons-nous, frères?” (Act. 2.37).

Lors de la prédication de l’Evangile, différentes expériences sont faites par les auditeurs croyants. Lorsque Pierre prêcha dans la maison de Corneille et au cours d’une seule prédication, toute l’oeuvre de Dieu s’accomplit en une seule fois, allant de la conversion jusqu’au baptême du Saint-Esprit (Act. 10.34-48). C’est selon la position intérieure de l’auditeur, de son attente dans la foi et de la pleine autorité de la prédication que l’Esprit de Dieu peut agir conformément à la Parole annoncée. Il est bon qu’à cet égard aucun “chablon” n’ait été donné à appliquer. La foi agissante, réellement valable auprès de Dieu, vient de la prédication, c’est-à-dire du message du Plein Evangile. Toutes les expériences nécessaires au salut peuvent être faites par ceux qui écoutent la Parole. L’Esprit de Dieu commence à agir dans une personne, lui accordant la connaissance d’elle-même qui va la conduire au repentir. Alors cette personne ressent avec douleur les choses qu’elle n’avait pas faites correctement et elle en demande pardon à Dieu.

La conviction de péché pénètre si profondément un homme qui se trouve dans la présence du Dieu saint, qu’il s’écrie: “Seigneur, j’ai péché contre le Ciel et contre Toi!”. Il s’ensuit un changement de vie et une réparation. Celui qui volait ne vole plus. Celui qui mentait ne ment plus. Il y a une réelle conversion à Christ et un renouvellement qui aboutit à une nouvelle naissance. Celui qui a été ainsi saisi par la conviction de péché prie le Seigneur de lui pardonner tous ses méfaits et il reconnaît devant Lui ce qui charge son coeur et l’oppresse. Pendant la prière se passe quelque chose de tout à fait extraordinaire, à savoir l’oeuvre surnaturelle de la grâce: subitement, la certitude du salut et la paix de Dieu entrent dans son coeur. Une personne qui éprouve la repentance sait qu’en cet instant c’est la foi en Jésus-Christ qui sauve. C’est une expérience réelle, un événement intérieur perceptible, une action directe de l’Esprit de Dieu dans la personne qui devient croyante. L’Esprit de Dieu rend ensuite témoignage à son esprit qu’elle est devenue une enfant de Dieu (Rom. 8.16). Le salut en Christ peut être aujourd’hui encore expérimenté. Il est une expérience pratique.

Lorsqu’un homme se tourne vers Dieu avec une foi véritable et Lui ouvre Son coeur en toute confiance, c’est-à-dire en ne disant pas seulement: «J’y entre une fois juste pour écouter ce qui se dit», mais bien celui qui vient dans la position correcte, et qui commence à parler avec le Seigneur après avoir écouté ce qu’Il lui a dit à travers la prédication, cet homme peut, aujourd’hui encore, faire une expérience véritable avec Dieu comme dans le christianisme primitif. Dieu est digne d’être cru, on peut réellement Lui faire confiance.

Le fait est que malheureusement, au travers des nombreuses et diverses orientations de foi dans l’Eglise, le chemin étroit suivi par le Seigneur et Ses disciples, avec les expériences qui les accompagnèrent, n’a été présenté qu’au travers d’une image totalement défigurée.

Lors de notre conversation avec Dieu, nous devons croire Le comme un enfant et Lui répondre comme si nous répondions à une lettre qui nous serait adressée. Nous nous reportons à ce qu’Il nous a écrit car, au travers de Sa Parole, Dieu nous parle réellement, et dans la prière nous parlons à Dieu. Il nous offre Sa grâce et nous fait connaître Sa volonté. Nous nous rapportons à cela dans la prière et Le remercions pour tout cela. C’est ainsi que l’homme parvient à une communion personnelle avec Dieu.

Dans la foi et la confiance nous nous laissons interpeller par la Parole, et nous réalisons subitement que c’est à nous qu’Elle s’adresse tout personnellement, comme lorsque Jésus dit à Nicodème: “… en vérité, en vérité je te le dis: si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu” (Jean 3.3). L’événement de la nouvelle naissance est somme toute une condition divine absolue pour pouvoir entrer dans le Royaume de Dieu. “Ne t’étonne pas de ce que je t’ai dit: Il vous faut être nés de nouveau” (Jean 3.7). Cet événement de la nouvelle naissance n’a absolument rien à voir avec la philosophie de la réincarnation, laquelle est souvent désignée, par incompréhension, comme étant la nouvelle naissance. Lors de la nouvelle naissance telle qu’elle nous est enseignée dans les Saintes Ecritures, l’homme ne revient pas sous une autre forme ou une autre figure; mais au contraire, lorsque l’homme tel qu’il vit en sa chair devient un croyant et reçoit la Parole de Dieu en Lui, le Saint-Esprit accomplit l’engendrement et apporte dans l’âme de cette personne une Vie nouvelle, une Vie divine.

Nous pouvons alors témoigner dans la joie: “Mais, quand la bonté de notre Dieu sauveur et son amour envers les hommes sont apparus, il nous sauva, non sur le principe d’oeuvres accomplies en justice, que nous, nous eussions faites, mais selon sa propre miséricorde, par le lavage de la régénération et le renouvellement de l’Esprit saint, qu’il a répandu richement sur nous par Jésus Christ, notre Sauveur, afin que, ayant été justifiés par sa grâce, nous devinssions héritiers selon l’espérance de la vie éternelle” (Tite 3.4-7).

Au chapitre 2 de Tite, verset 11, l’apôtre Paul écrit: “Car la grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes…”. L’homme qui a reçu la grâce reconnaît les choses qui servent à son salut et qui lui sont nécessaires. Dans les épîtres nous sont présentées les expériences de ceux qui, pour la plupart, avaient vu le Christ et avaient vécu avec lui. Et comme Il est Le même hier, aujourd’hui et éternellement (Héb. 13.8), Il fait les mêmes choses envers tous ceux qui viennent à Lui. Celui qui reçoit la Parole de la Vérité fait l’expérience de ce qui est promis en Elle. “De sa propre volonté, il nous a engendrés par la parole de la vérité (nés de nouveau), pour que nous soyons une sorte de prémices de ses créatures” (Jacq. 1.18).

L’apôtre Pierre exprime la même pensée lorsqu’il écrit: “Ayant purifié vos âmes par l’obéissance à la vérité, pour que vous ayez une affection fraternelle sans hypocrisie, aimez-vous l’un l’autre ardemment, d’un coeur pur, vous qui êtes régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la vivante et permanente parole de Dieu” (1 Pier. 1.22,23). Celui qui a fait une expérience personnelle avec Dieu, telle que celles qui nous sont décrites dans la Parole de Dieu, celui-là devient une partie de Sa Parole et de Sa volonté, et par ce fait même il se trouve inclus dans les desseins de salut de Dieu. De telles personnes peuvent à leur tour classer correctement dans son contexte tout ce qui est écrit. Cette parfaite union des rachetés avec leur Rédempteur est indispensable afin que chacun voie les choses de la manière qu’Il les voit, Lui, et qu’il veuille ce qu’Il veut.

C’est avec l’expérience de la conversion, du renouvellement et de la nouvelle naissance que commence la marche de disciple avec Jésus-Christ. L’être tout entier est engagé dans cette marche. En ce qui concerne la marche d’un disciple, beaucoup de passages bibliques pourraient être lus. Pour un disciple, le Seigneur occupe subitement la première place dans sa vie. Si cela est nécessaire pour le Royaume de Dieu, même sa maison et ses biens, sa femme ou son mari, ses frères et soeurs, ses parents ou ses enfants, ses amis et tout le reste doivent être laissés en arrière (Luc 18.29). C’est-à-dire que si seule de toute une famille cette personne vient à la foi, il ne peut se laisser retenir par elle. Devenir disciple de Christ ne signifie pas que l’on va entrer dans un couvent ou dans un ordre religieux mais que, tout en demeurant dans sa situation familiale et professionnelle, le disciple de Christ va organiser sa vie de chaque jour conformément a la volonté de Dieu. Le fait d’abandonner le chemin large pour suivre le chemin étroit entraîne certaines conséquences pour chacun. Personne ne peut servir deux maîtres, personne ne peut suivre deux chemins différents en même temps. Le choix doit être fait et la décision prise, ce qui fait que la manière de vivre de chacun rend témoignage du chemin sur lequel il est engagé.

L’expérience du renouvellement concerne le coeur de l’homme, et cela conformément à la parole d’Ezéchiel 36.26: “Et je vous donnerai un coeur nouveau, et je mettrai au-dedans de vous un esprit nouveau”. L’homme intérieur renouvelé se trouve placé devant la grande tâche de se défaire de toutes les choses qui enlaçaient si facilement le vieil homme. A proprement parler, chaque homme incrédule mène une vie double: il n’est pas ce qu’il prétend être ni ce que les autres pensent qu’il est. Chaque personne a deux visages: une fois il se montre tel qu’il voudrait être, puis à nouveau tel qu’il est réellement. Sur ce point aussi l’Ecriture nous enseigne des plus clairement: “… c’est-à-dire, en ce qui concerne votre première manière de vivre, d’avoir dépouillé le vieil homme qui se corrompt selon les convoitises trompeuses, et d’être renouvelés dans l’esprit de votre entendement, et d’avoir revêtu le nouvel homme, créé selon Dieu, en justice et sainteté de la vérité” (Eph. 4.22-24). Aux versets suivants nous est présenté tout une liste des choses qui n’appartiennent pas à la vie nouvelle.

Après que la conscience de l’homme ait été réveillée de la mort spirituelle, l’Esprit de Dieu nous met en garde contre les choses qui ne sont pas justes à Ses yeux. Cela fait partie de la sanctification de la personne venue à la foi: “Et ne vous conformez pas à ce siècle; mais soyez transformés par le renouvellement de votre entendement, pour que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, bonne et agréable et parfaite” (Rom. 12.2). Quiconque devient disciple de Jésus ne porte pas la croix en tant qu’ornement suspendu au cou ou agrafé sur la poitrine, mais il prend sur lui l’opprobre de Christ, le Crucifié, et suit le chemin étroit qui conduit à la Vie éternelle (Mat. 16.24).

Paul termine son épître aux Galates par ces mots: “Mais qu’il ne m’arrive pas à moi de me glorifier, sinon en la croix de notre Seigneur Jésus Christ, par laquelle le monde m’est crucifié, et moi au monde” (Gal. 6.14). Seul celui qui est mort pour le monde, et pour lequel ce monde est mort, peut vivre avec Christ déjà dans ce monde et dans le monde à venir. Tout le reste ne constitue que voeux de piété religieuse, venant de son propre fond, et qu’efforts humains sans cesse accompagnés de nouveaux et bons préceptes, mais qui tous ensemble sont destinés à l’échec. Les rachetés représentent réellement pour Dieu une troupe de prémices qui Lui sont agréables.

On doit malheureusement relever, dans ce domaine également, un développement erroné qui n’a rien à voir avec la notion biblique de “tout abandonner pour suivre le Seigneur”. Dans le christianisme primitif et au cours des premiers siècles, tout comme chez les véritables croyants de tous les temps (et maintenant encore au vingtième siècle), ceux qui faisaient une expérience avec Christ vivaient, juste là où ils habitaient, de la manière que l’on attend de ceux qui sont venus à la foi. Aucun d’eux ne se retirait dans un cloître ni ne se plongeait dans de pieuses méditations fondées de nouveau sur sa propre justice. Les apôtres et les croyants de l’Eglise primitive vivaient à tout point de vue une existence tout à fait normale, mais ils la vivaient avec Christ! Au lieu de travail, dans sa famille, au village ou en ville, chacun était uni à Christ et de cette manière il était un témoin vivant de la grâce qu’il avait expérimentée. Celui qui est venu à la foi a la possibilité, par la force que Dieu lui donne, de vivre une vie tout à fait normale dans les limites de la Parole de Dieu. Le mariage, la profession et tout ce qui fait partie du domaine terrestre sont compris dans cette vie normale du croyant. Il ne s’agit pas de retirer les gens du monde, mais bien du fait que ce qui est du monde soit retiré d’eux.


 

Chapitre 23

LA SANCTIFICATION

Comme l’apôtre Paul, tout véritable serviteur de Christ aura soin de prêcher l’Evangile de telle manière que tous parviennent à vivre une vie agréable à Dieu: “… pour que je sois ministre du christ Jésus envers les nations, exerçant la sacrificature dans l’évangile de Dieu, afin que l’offrande des nations soit agréable, étantsanctifiée par l’Esprit Saint” (Rom. 15.16).

Ce thème de la sanctification fait également partie de la prédication du plein Evangile. Dans Hébreux 12.14 il nous est dit clairement: “Poursuivez la paix avec tous, et la sainteté, sans laquelle nul ne verra le Seigneur”. C’est une affaire à prendre au sérieux. Il est dit ici de ceux qui ont cru, qui ont été justifiés, régénérés et qui sont nés de nouveau que sans la sanctification ils ne verront pas le Seigneur. Cela signifie que sans cette sanctification ils n’auront aucune part à la première résurrection, qu’ils ne seront pas transmués et enlevés pour avoir part aux noces de l’Agneau. C’est justement cela le but de tous les efforts des croyants. Ils voudraient Le voir, car c’est alors qu’ils seront transformés à Son image (1 Jean 3.2,3). C’est à ce moment-là que s’accomplit ce que notre Seigneur a dit dans le sermon sur la montagne:“Bienheureux ceux qui sont purs de coeur, car c’est eux qui verront Dieu” (Mat. 5.8).

Les rachetés sont exhortés à entrer dans une purification et une sanctification produites par la Parole et l’Esprit de Dieu, et cela sur le fondement des promesses que Dieu leur a données et qu’ils croient. Ils s’attendent à les voir se réaliser conformément à ce qui a été dit: “Ayant donc ces promesses, bien-aimés, purifions-nous nous-mêmes de toutes souillures de chair et d’esprit, achevant la sainteté dans la crainte de Dieu” (2 Cor. 7.1). Les versets précédant directement celui-ci nous montrent de quel groupe de personnes il s’agit ici. C’est-à-dire de personnes au milieu desquelles le Seigneur marche, de personnes qu’Il appelle Son peuple, de personnes qui sont sorties et se sont séparées de tout ce qui n’est pas d’origine divine. Elles prennent à coeur ce que le Seigneur a dit: “… et ne touchez pas à ce qui est impur, et moi, je vous recevrai; et je vous serai pour Père, et vous, vous me serez pour fils et pour filles, dit le Seigneur, le Tout-puissant” (2 Cor. 6.17,18).

Dans le verset que nous venons précisément de citer il est question de deux domaines: de la souillure de la chair, c’est-à-dire des transgressions coupables que nous commettons dans notre corps, et du domaine dans lequel nous souillons notre âme et notre esprit. La pleine sanctification englobe l’homme tout entier. Il nous est dit dans quel but Christ, qui a profondément aimé l’Eglise et s’est donné pour Elle, a fait cela: “… afin qu’il la sanctifiât, en la purifiant par le lavage d’eau par la Parole; afin que lui se présentât l’assemblée à lui-même, glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, mais afin qu’elle fût sainte et irréprochable” (Eph. 5.26,27).

C’est lorsqu’ils seront dans la sanctification, sans reproche et sans faute, que les rachetés verront leur Rédempteur. En ce qui concerne la sanctification, c’est par le“lavage d’eau par la Parole” qu’elle s’accomplit. Pour illustrer cela nous pouvons également prendre un exemple bien compréhensible: c’est qu’il ne s’agit pas d’une aspersion mais d’un bain tout entier, c’est-à-dire qu’il s’agit d’être plongé dans toute la plénitude de la Parole, Laquelle est Esprit et Vie. L’homme tout entier, âme, esprit et corps, est placé dans les limites tracées par la Parole. Cela signifie que c’est volontairement et avec joie que nous accomplissons la volonté de Dieu, et non par contrainte. Ce bain dans la Parole nous lave de toute tradition non biblique et inutile, de toute mauvaise habitude, nous débarrasse de tout fardeau et lien. Notre Seigneur a dit: “Vous, vous êtes déjà nets, à cause de la Parole que je vous ai dite” (Jean 15.3). C’est par la Parole que l’homme reconnaît ce qui n’est pas dans la volonté de Dieu, et qu’il ordonne sa vie conformément à cela.

La purification et la sanctification par la Parole et par l’Esprit, ne peuvent avoir lieu que là où l’homme est prêt à croire toute la Parole et est disposé à L’expérimenter. Notre Seigneur Jésus n’a pas seulement été fait rédemption pour nous, mais aussi justification et sanctification (1 Cor. 1.30). La raison nous en est donnée immédiatement après dans le verset suivant: “… afin que, comme il est écrit, celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur” (1 Cor. 1.31). Il est absolument exclu ici qu’un homme se glorifie lui-même, car rien de ce que nous sommes capables de faire ne compte, mais seulement ce que Lui a fait en nous. A Lui seul revient l’honneur et la gloire. “Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés dans le christ Jésus pour les bonnes oeuvres que Dieu a préparées à l’avance, afin que nous marchions en elles” (Eph. 2.10). Dieu a pourvu à toutes ces choses. Il a même déjà préparé ce que nous devons faire, les choses qu’Il exige de nous. Nous n’avons besoin que de les vivre et de marcher en elles.

Jésus met devant nos yeux ce que signifie la véritable sanctification, de quelle manière elle s’accomplit et Il nous fait savoir qu’Il a déjà pourvu à cela. Sanctifie-les par la vérité; ta parole est la vérité … et moi, je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu’eux aussi soient sanctifiés par la vérité” (Jean 17.17,19). Une sanctification valable devant Dieu n’est possible que lorsqu’elle est fondée dans la Parole de Vérité, Laquelle est sainte. Tout propre effort humain ne peut conduire qu’à une sanctification hypocrite.

Dans les Saintes Ecritures nous trouvons l’expression “saint” employée tout d’abord uniquement à l’égard de Dieu, car Lui seul est Saint. Ensuite tout ce qui est issu de Lui est également saint. En outre, ce qu’Il revendique pour Lui-même en tant que Saint, Il le sanctifie. Son peuple est un peuple saint (Ex. 19.6), Ses sacrificateurs sont saints par leur appel et leur consécration (Lév. 21); sur la lame d’or pur placée sur la tiare du souverain sacrificateur se trouve écrit: “Sainteté à l’Eternel” (Ex. 28.36). Ce n’est qu’en relation avec Lui que les choses et les hommes peuvent être sanctifiés, c’est-à-dire ceux qu’Il a mis à part pour Lui et placés dans le service.

Le prophète Esaïe fit une puissante expérience. Il vit le Seigneur sur Son trône et entendit les êtres célestes s’écrier: “Saint, saint, saint, est l’Eternel des armées; toute la terre est pleine de sa gloire!” (Es. 6.3). L’apôtre Jean nous relate quelque chose de semblable lorsqu’il vit le Seigneur sur Son trône: “… Saint, saint, saint, Seigneur, Dieu, Tout-puissant, celui qui était, et qui est, et qui vient” (Apoc. 4.8). Le Dieu saint et parfait est Celui qui sanctifie et qui rend parfait. Il met à part, appelle à Lui, et en tant que Sauveur Il accorde une part de Lui-même à ceux qu’Il a sauvés. “Car, et celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous d’un” (Héb. 2.11).

Jésus-Christ, le Sauveur, est appelé le Saint de Dieu parce qu’Il est issu du Dieu Saint. La nouvelle vie que reçoit de Dieu un homme racheté est en fait la vie de Jésus-Christ avec toutes ses saintes vertus et ses attributs. C’est ainsi que s’accomplit la sanctification selon la parole des Ecritures: “Soyez saints, car moi je suis saint” (1 Pier. 1.16)

Sans cesse Paul salue les croyants en les appelant des saints et des bien-aimés: “… à l’assemblée de Dieu qui est à Corinthe, aux sanctifiés dans le christ Jésus,saints appelés” (1 Cor. 1.2).

“Paul, apôtre de Jésus Christ par la volonté de Dieu, aux saints et fidèles dans le christ Jésus, qui sont à Ephèse” (Eph. 1.1).

“Paul et Timothée, esclaves de Jésus Christ, à tous les saints dans le Christ Jésus qui sont à Philippes, avec les surveillants et les serviteurs: Grâce et paix à vous, de la part de Dieu notre Père et du seigneur Jésus Christ!” (Phil. 1.1,2).

“Revêtez-vous donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de longanimité” (Col.3.12).

Auprès de Dieu il n’y a que perfection. Dieu voit par Jésus-Christ la troupe des rachetés en tant qu’appelés et bien-aimés, purifiés et sanctifiés, comme étant Sa propriété toute particulière. Nous sommes pour Lui, par Sa Sainte présence, un peuple sanctifié. L’apôtre Paul parle de la sanctification accomplie par l’Esprit qui, par le moyen de la foi en la Vérité, agit pour le salut de ceux qui ont été élus (2 Thess. 2.13).

Celui qui n’a pas fait l’expérience de Jésus, telle qu’elle a été vécue dans le christianisme primitif, peut essayer de se mettre à part en pensant qu’il parviendra à la sainteté par une séparation, et même par l’exercice de pénitences, par des renoncements et des privations de ce qu’offre la vie de ce monde; tout cela cependant est nul et inexistant devant Dieu! Seul celui que Dieu a appelé à sortir de ce monde, qu’Il a mis à part, rendu participant de Sa grâce et dont Il a fait Sa propriété par la nouvelle naissance peut être sanctifié par Lui. Seules des personnes s’étant pleinement consacrées au Seigneur Lui seront entièrement obéissantes, se laisseront pénétrer par la Parole de la Vérité divine et seront sanctifiées. L’homme converti qui, à cause de cette haute et divine vocation, est destiné à un but divin particulier ne peut plus prendre part aux plaisirs mondains car il est écrit: “Et le monde s’en va et sa convoitise, mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement” (1 Jean 2.17). Ceci se rapporte à tout ce que Dieu a commandé ou défendu: aux dix commandements, à toutes les autres prescriptions (Lév. 19.21), à celles qui concernent la vie personnelle, au sermon sur la montagne, aux évangiles et aux épîtres. L’homme sanctifié par le Seigneur porte en soi-même la Parole, afin de L’accomplir par la grâce de Dieu et de ne pas La transgresser.

C’est à de telles personnes que Paul adresse cette parole: “Or le Dieu de paix lui-même vous sanctifie entièrement; et que votre esprit, et votre âme, et votre corps tout entiers, soient conservés sans reproche en la venue de notre seigneur Jésus Christ. Celui qui vous appelle est fidèle, qui aussi le fera” (1 Thess. 5.23,24).

Les Saintes Ecritures ne connaissent pas la pratique catholique de la béatitude et de la canonisation. Elles ne connaissent pas davantage le fait d’invoquer des morts, que l’on a déclarés être saints, ou de même se réclamer de patrons protecteurs. Mais ce ne sont que de faux apaisements. Des millions de personnes se tournent ainsi vers de soi-disant saints qui n’existent pas. L’Ecriture nous commande de nous tourner directement vers Dieu et non vers des hommes. Celui qui veut se documenter à ce sujet constatera que, tout particulièrement dans les religions de l’Extrême-Orient, la croyance superstitieuse dans les ancêtres joue un très grand rôle. Mais seul le Dieu Bienheureux et Saint peut nous rendre bienheureux et saints. Celui qui, de son vivant, n’a pas été rendu bienheureux et saint ne le deviendra pas non plus après sa mort. Là, les prières de ceux qui sont restés ne lui seront alors d’aucune secours dans ce lieu.

En rapport avec le grand jour à venir, Pierre exhorte ceux qui sont venus à la foi en leur disant: “Toutes ces choses devant donc se dissoudre, quelles gens devriez-vous être en sainte conduite et en piété, attendant et hâtant la venue du jour de Dieu, à cause duquel les cieux en feu seront dissous et les éléments embrasés se fondront” (2 Pier. 3.11,12).

Nous devons mettre l’accent sur le fait que ce n’est pas l’homme qui parvient à atteindre quelque chose dont il puisse se glorifier. Mais la sanctification est une condition qui nous est donné par Dieu, que nous approuvons, que nous prenons et que expérimentons. La sanctification comme le salut ont été rendus possibles par l’offrande de Jésus-Christ, parce que c’est ce que Dieu voulait: “C’est par cette volonté que nous avons été sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes” (Héb. 10.10).


 

Chapitre 24

LE BAPTEME DE L’ESPRIT

Celui qui est devenu croyant se fait baptiser dans l’eau par immersion de la manière biblique, c’est-à-dire en invoquant le Nom du Seigneur Jésus-Christ. C’est ainsi que l’homme, pour sa part, confirme à l’égard de Dieu avoir accepté la nouvelle Alliance que Dieu a établie Lui-même. La réponse de Dieu à celui qui est devenu croyant consiste en ce qu’Il le baptise du Saint-Esprit. Il s’agit en cela d’une expérience surnaturelle vécue, que fait tout véritable croyant depuis la première Pentecôte. Des volumes pourraient être écrits à ce sujet. Dans cet exposé nous ne pouvons qu’esquisser en style télégraphique les phases les plus importantes de l’action de Dieu. Nous devons considérer en premier lieu les promesses données à l’avance en rapport avec la réception du Saint-Esprit. Le prophète Joël a décrit l’événement de Pentecôte dans le chapitre 3 de son livre.

Aucun homme n’a d’influence sur cette expérience, car c’est un événement surnaturel que Dieu accorde à l’homme. C’est la raison pour laquelle Pierre dit: “… mais c’est ici ce qui a été dit par le prophète Joël: Et il arrivera aux derniers jours, dit Dieu, que je répandrai de mon Esprit sur toute chair, et vos fils et vos filles prophétiseront, et vos jeunes hommes verront des visions, et vos vieillards songeront en songes” (Actes 2.16,17). Par cette expression “aux derniers jours”, il fait allusion aux deux derniers millénaires, car un jour est devant le Seigneur comme mille ans (2 Pier. 3.8).

Cette expérience est surnaturelle et c’est pourquoi elle est environnée de phénomènes surnaturels qui l’accompagnent et qui sont en dehors des capacités humaines, en dehors des dons de l’homme ou de ses talents. Par l’effusion du Saint-Esprit, d’une part, les neufs dons du Saint-Esprit décrits dans 1 Corinthiens 12.4-11 commencent à agir dans l’assemblée; et d’autre part, par le même Saint-Esprit, les neuf différentes faces de Son fruit sont manifestées dans la vie de l’individu en qui l’Esprit règne, comme Galates 5.22,23 en donne la liste. Là où se trouve véritablement l’Esprit de Dieu, là se trouvent également les dons de l’Esprit et les fruits de l’Esprit, lesquels manifestent la Nature et la Vie de Jésus dans le croyant. Nous ne pouvons pas entrer ici de façon plus détaillée dans l’usage des dons de l’Esprit; cependant ils servent, exactement comme les cinq ministères de la Parole (1 Cor.12.28; Eph. 4.11), à l’édification de l’Eglise (1 Cor. 12 et 14).

Dans l’Ancien Testament Dieu a promis de répandre Son Esprit sur toute chair. Dans le Nouveau Testament il nous est dit que c’est Jésus-Christ, le Fils de Dieu, qui baptise d’Esprit et de feu (Mat. 3.11). Luc nous relate l’annonce que Jean-Baptiste fit par ces paroles: “Moi, je vous baptise avec de l’eau; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi, duquel je ne suis pas digne de délier la courroie des sandales; Lui vous baptisera de l’Esprit Saint et de feu” (Luc 3.16). C’est en relation avec cette notion “vous baptisera de l’Esprit Saint et de feu” que vient l’expression de “baptême de l’Esprit”, parce qu’il s’agit dans le cas particulier d’être “plongé” dans l’Esprit. De même que Jean-Baptiste avait baptisé les croyants en les plongeant dans l’eau, ainsi les croyants doivent-ils être plongés dans une plénitude de l’Esprit.

L’ensemble des événements du salut ont un rapport central avec Christ; Il est le centre de l’histoire du salut. En Lui Dieu a fait un nouveau commencement, faisant de Lui le Premier-né sur Lequel l’Esprit est venu, afin de pouvoir répandre au travers de Lui le même Esprit sur tous les premiers-nés: “Et il arriva que, comme tout le peuple était baptisé, Jésus aussi étant baptisé et priant, le ciel s’ouvrit; et l’Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe” (Luc 3.21,22). Jésus, le Fils de l’homme, pria. Le Ciel s’ouvrit et le Saint-Esprit apparut de façon visible, de la même manière que dans Genèse 1.2, Il planait visiblement sur la face des eaux. Mais ici, à cette occasion, l’Esprit vint sous la forme d’une colombe. Ce n’est pas que l’Esprit de Dieu ait une forme, mais Il peut se révéler sous une forme.

Dans le symbole de la Colombe, comme aussi dans celui de l’Agneau, quelque chose nous est montré au travers de ces images. Le Fils de Dieu n’a pas la forme de l’Agneau car Il se tient debout et marche comme nous les humains. Mais par ce symbole, la pensée divine nous est montrée par rapport au rachat: l’agneau est l’animal du sacrifice et il a la nature la plus douce parmi les animaux. La colombe que Noé avait déjà laissé sortir de l’arche était l’oiseau du ciel qui n’a pas de glande biliaire et qui est pur. C’est la raison pour laquelle l’Esprit de Dieu est représenté ici par une colombe descendant sur l’Agneau de Dieu. Dieu peut se révéler de diverses manières et cependant Il demeure toujours Le même.

Dieu n’est pas un vieil homme à longue barbe. Et cela même si Daniel Le vit comme un vénérable vieillard prenant place sur le trône du jugement (Dan. 7.9-14). Parce qu’Il n’est pas soumis aux circonstances temporelles, Il ne peut pas non plus vieillir. Mais lorsqu’il s’agit de se présenter comme Juge et faire connaître Son autorité et Sa dignité, Dieu Se révèle alors comme Daniel L’a vu. Parallèlement à cela on peut lire dans Apocalypse 1 et l’on constatera, peut-être avec un grand étonnement, que le Fils de l’homme présenté à Daniel sous la forme d’un digne vieillard venu pour recevoir la puissance sur tous les peuples et les langues (Dan. 7), est présenté dans l’Apocalypse sous la forme de ce même vieillard: “Sa tête et ses cheveux étaient blancs comme de la laine blanche, comme de la neige; et ses yeux, comme une flamme de feu” (Apoc. 1.14).

Il est impressionnant de voir la diversité dans laquelle Dieu se révèle. L’Esprit de Dieu venait comme une onction sur les prophètes de l’Ancien Testament et les inspirait. Il nous est dit de Jean-Baptiste que dès sa naissance il était rempli du Saint-Esprit (Luc 1.15). Il est dit que le Saint-Esprit était sur Siméon (Luc 2-25,26). Il est écrit de Zacharie qu’il fut rempli de l’Esprit Saint (Luc 1.67). Avant l’effusion du Saint-Esprit déjà, le Seigneur Jésus donna par l’Esprit Saint des ordres aux apôtres qu’Il avait élus (Act. 1.2).

Le Saint-Esprit agit de diverses manières. Il parle, Il révèle, Il publie, etc. Le Fils de Dieu, qui avait été engendré par l’Esprit et qui était en même temps Fils de l’homme, reçut le Saint-Esprit ici sur terre au commencement de Son action, afin de pouvoir donner à tous ceux qui naîtraient de Dieu et qu’Il allait racheter le même Saint-Esprit, Lequel est aussi appelé l’Esprit d’adoption (Rom. 8.15). C’est à l’occasion de ce baptême du Seigneur Jésus qu’eut lieu l’établissement du Fils de Dieu dans Son ministère, et ici a lieu l’établissement des fils et filles de Dieu dans leur position d’adoption.

Les prophètes étaient oints, éclairés et inspirés; mais ils étaient venus dans ce monde comme tout être humain, par le moyen de l’engendrement naturel. La nouvelle race divine, qui a commencé avec Jésus-Christ, est d’origine céleste (1 Cor. 15.47). Nous ne sommes sur la terre que des pèlerins et des étrangers; notre patrie est “là sur les hauteurs”. Dans beaucoup de passages bibliques les prophètes ont prophétisé sur la venue du Saint-Esprit, et le Seigneur Jésus nous a donné l’espérance de la venue du Consolateur, de l’Avocat: “Mais quand le Consolateur sera venu, lequel moi je vous enverrai auprès du Père, l’Esprit de vérité, qui procède du Père…”(Jean 15.26).

Dans la confession de foi de Nicée il est dit: «Qui est issu du Père et du Fils…» (F. Hauss, Väter der Christenheit, S. 40). Cependant la Parole de Dieu rend ce clair témoignage: de même que le Fils est la révélation visible de Dieu en tant qu’Emmanuel, et qu’Il est issu de Dieu, ainsi le Saint-Esprit est issu de Dieu. Dans ces deux cas il ressort que la provenance est la même, à savoir: Dieu comme étant le Dieu définitif, Celui qui est à l’Origine. La formule de prière: “Honneur soit à Dieu le Père, et au Fils et au Saint-Esprit” est une invention humaine et non biblique.

Il n’y a dans la Bible aucun passage où l’Esprit de Dieu aurait été adoré. Pareillement, le Fils n’a accepté aucun honneur, mais Il a dit au contraire: “Je ne reçois pas de gloire des hommes” (Jean 5.41). Au compliment que lui fit un chef: “Bon maître, que faut-il que j’aie fait pour hériter de la vie éternelle?”, Jésus répondit en tant que Fils de l’homme: “Pourquoi m’appelles-tu bon? Nul n’est bon, sinon un seul, Dieu” (Luc 18.18,19). Dans le dernier verset du dernier chapitre de l’épître aux Romains, Paul met la chose au point en une seule phrase: “Au Dieu qui seul est sage, par Jésus Christ, auquel soit la gloire éternellement! Amen!”.

Lorsque l’Esprit de Dieu commence à agir dans un homme, trois choses principalement lui arrivent. Celles-ci nous sont désignées dans Jean 16.7-11: “Toutefois, je vous dis la vérité: Il vous est avantageux que moi je m’en aille; car si je ne m’en vais, le Consolateur ne viendra pas à vous; mais si je m’en vais, je vous l’enverrai. Et quand celui-là sera venu, il convaincra le monde de péché, et de justice, et de jugement.

Même ces trois notions n’ont pas été laissées au bon plaisir des hommes. Ainsi lorsque l’Esprit vient, Il ouvre les yeux du pécheur pour le convaincre: de péché, parce qu’il ne croit pas en moi, de justice, parce que je m’en vais à mon Père, et que vous ne me voyez plus; de jugement, parce que le chef de ce monde est jugé” (Jean 16.9-11). Ce fut l’incrédulité du premier couple humain qui les conduisit, par le moyen de la désobéissance, à la transgression. Ce ne sont pas les nombreux péchés, lesquels sont la conséquence de l’incrédulité (c’est-à-dire qu’ils en sont les attributs), qui retiennent l’homme loin de Dieu et de la Vie éternelle, mais bien le péché d’incrédulité. Voici deux passages de l’Ecriture qui doivent faire ressortir cela clairement: Le Seigneur dit: “Je vous ai donc dit que vous mourrez dans vos péchés; car si vous ne croyez pas que c’est moi, vous mourrez dans vos péchés” (Jean 8.24) et “En vérité, en vérité, je vous dis que celui qui entend ma parole, et qui croit celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement; mais il est passé de la mort à la vie” (Jean 5.24).

Lorsque l’Esprit de Dieu vient sur un homme, il commence par dénoncer le mal originel: l’incrédulité envers Dieu et Sa Parole. L’apôtre Jean écrit: “Celui qui ne croit pas Dieu, l’a fait menteur…” (1 Jean 5.10). A l’instant même où un homme ne croit pas Dieu et n’accepte pas ce qu’Il a fait en Jésus-Christ, il fait de Dieu un menteur et renverse les rôles: cet homme se place au côté de l’adversaire. Il lui donne raison et lui attribue la vérité, et par cela même il fait de Dieu celui qui a tort, celui qui est le menteur. Dieu ne peut tolérer cela.

C’est pourquoi le Saint-Esprit convainc tout d’abord le pécheur de son péché d’incrédulité et le conduit à la repentance. Ensuite Il le conduit au deuxième pas qui est la justice, c’est-à-dire la justification. Troisièmement il parvient à la connaissance du jugement, c’est-à-dire à la connaissance que le prince de ce monde est jugé. Dieu a prononcé Lui-même le jugement à l’encontre de Satan. Conformément à Jean 12, la voix de Dieu s’est fait entendre comme un puissant tonnerre: “La foule donc qui était là et qui avait entendu, dit qu’un coup de tonnerre avait eu lieu; d’autres disaient: Un ange lui a parlé. Jésus répondit et dit: Cette voix n’est pas venue pour moi, mais pour vous. Maintenant est le jugement de ce monde; maintenant le chef de ce monde sera jeté dehors” (Jean 12.29-31). Satan, l’auteur de tout péché, est jugé. La tête du serpent a été écrasée.

Le jour de Pentecôte les croyants, qui avaient auparavant été purifiés et sanctifiés par la Parole de Vérité, furent remplis du Saint-Esprit. Chacun peut lire personnellement ce qui s’est passé ce jour-là. Ce fut le point culminant de l’oeuvre du Salut divin qui, en passant par la crucifixion, la résurrection et l’ascension, conduisit à l’effusion de l’Esprit. Afin que cet événement puisse être réellement remarqué “Il se fit tout à coup du ciel un son, comme d’un souffle violent et impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis” (Act. 2.2). Cependant ce n’est pas ce qu’ils entendirent et remarquèrent qui est important, mais bien ce qui plus tard se renouvela sans cesse: ces langues de feu qui se posèrent sur chacun d’eux. Il ne nous est plus dit une seule fois qu’un son comme d’un souffle violent et impétueux se soit fait entendre, mais que chaque fois que de nouveaux croyants furent baptisés de feu et de l’Esprit, le même résultat eut lieu qu’à Pentecôte: “Et ils furent tous remplis de l’Esprit saint, et commencèrent à parler d’autres langues…” (Act. 2.4).

Le jour de Pentecôte il y eut un double miracle surnaturel. Le premier fut que les croyants parlèrent par l’Esprit en d’autres langues, et le deuxième fut que chaque personne de la foule de différents langages qui était accourue entendit dans sa propre langue ce qui était dit dans les diverses langues: “Et ils étaient tous hors d’eux-mêmes, et s’étonnaient disant: Voici, tous ceux-ci qui parlent ne sont-ils pas des Galiléens? Et comment les entendons-nous, chacun dans son propre langage, celui du pays dans lequel nous sommes nés?” (Act. 2.7,8). Le jour de Pentecôte, le don d’interprétation n’était pas encore nécessaire: l’Esprit de Dieu transmettait directement la Parole de celui qui parlait à celui qui écoutait. Le don d’interprétation n’est mentionné que plus tard, parmi les neuf manifestations de l’Esprit. Dans des circonstances normales, l’application se trouve en ce que deux ou tout au plus trois personnes parlent successivement pour donner un message en langue par l’Esprit, et qu’un autre en donne l’interprétation (1 Cor. 14.24-28).

Le Seigneur avait déjà annoncé cela par le prophète Esaïe: “Car par des lèvres bégayantes et par une langue étrangère il parlera à ce peuple, auquel il avait dit: C’est ici le repos, faites reposer celui qui est las; et c’est ici ce qui rafraîchit. Mais ils n’ont pas voulu entendre” (Es. 28.11,12). Même en cette occasion, lorsque le Saint-Esprit parle d’une manière surnaturelle par les lèvres d’un homme à un autre homme, son message n’est souvent pas accepté. Le jour de Pentecôte il y avait dans la foule deux groupes de personnes: “Et ils étaient tous hors d’eux-mêmes et en perplexité, disant l’un à l’autre: Que veut dire ceci? Et d’autres, se moquant, disaient: Ils sont pleins de vin doux” (Act. 2.12,13).

Pierre ne se laissa pas décourager par cela; il développa ce qu’il avait pour mission de dire et exposa ce qui venait de se passer conformément au plan de salut de Dieu. Dans son allocution il parvint au point culminant de cet événement en rendant le témoignage suivant: “Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité, ce dont nous, nous sommes tous témoins. Ayant donc été exalté par la droite de Dieu, et ayant reçu de la part du Père l’Esprit Saint promis, Il a répandu ce que vous voyez et entendez” (Act. 2.32,33). Le même Esprit de Dieu descendu sur le Fils de Dieu venait maintenant, le jour de Pentecôte, sur les premiers fils et filles de Dieu rachetés. Et depuis lors Il vient sur tous les fils et filles de Dieu jusqu’à ce que l’Eglise-Epouse ait atteint son achèvement et que le temps de grâce soit terminé. C’est ce que Dieu a prévu dans Ses desseins de salut.

Parmi les innombrables promesses de l’Ecriture, une seule est qualifiée de “promesse du Père”. A la fin des quarante jours, pendant lesquels le Seigneur ressuscité donna à Ses apôtres l’enseignement sur le Royaume de Dieu, non seulement Il leur donna un bon conseil, mais “Il leur commanda de ne pas partir de Jérusalem, mais d’attendre la promesse du Père, laquelle, dit-il, vous avez ouïe de moi: car Jean a baptisé avec de l’eau; mais vous, vous serez baptisés de l’Esprit Saint, dans peu de jours” (Act. 1.4,5). Même les apôtres n’avaient pas encore tout à fait compris que dès lors il ne s’agirait plus seulement d’Israël, mais bien de toutes langues, peuples et nations du milieu desquels le Seigneur voulait appeler des hommes à sortir pour venir à Lui, car: “Eux donc, étant assemblés, l’interrogèrent, disant: Seigneur, est-ce en ce temps-ci que tu rétablis le royaume pour Israël? Mais il leur dit: Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les saisons que le Père a réservés à sa propre autorité”. Après ces paroles, le Seigneur ressuscité leur dit pour compléter Son ordre de mission: “Mais vous recevrez de la puissance, le Saint Esprit venant sur vous; et vous serez mes témoins à Jérusalem et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’au bout de la terre” (Act. 1.6-8).

La réception du Saint-Esprit est en même temps l’équipement pour un service pleinement approuvé de Dieu, et qui doit se faire dans le monde entier par la publication de l’Evangile de Jésus-Christ. Les véritables témoins de Jésus-Christ ont fait avec Lui une expérience de Sa résurrection et ils ont été remplis de la puissance du Saint-Esprit. Du temps des apôtres, et par la suite également, ceux qui sont venus à la foi en Christ ont fait l’expérience du baptême de l’Esprit. Pour celui qui devenait croyant, cette expérience était inclue. Lorsque Paul visita pour la première fois un groupe de disciples à Ephèse, il leur demanda directement: “Avez-vous reçu l’Esprit Saint après avoir cru?” (Act. 19.2).

Les fondamentalistes enseignent que l’on reçoit automatiquement le Saint-Esprit en devenant croyant en Jésus-Christ, sans avoir besoin de faire une expérience correspondante à celle des disciples. Cependant Paul, à cette occasion, demanda très clairement à ces disciples s’ils avaient reçu le Saint-Esprit “après” qu’ils aient cru. “Et ils lui dirent: Mais nous n’avons même pas ouï dire si l’Esprit Saint est. Et il dit: De quel baptême donc avez-vous été baptisés? Et ils dirent: Du baptême de Jean. Et Paul dit: Jean a baptisé du baptême de la repentance, disant au peuple qu’ils crussent en celui qui venait après lui, c’est-à-dire en Jésus. Et ayant ouï ces choses, ils furent baptisés pour le nom du Seigneur Jésus; et, Paul leur ayant imposé les mains, l’Esprit Saint vint sur eux, et ils parlèrent en langues et prophétisèrent” (Act. 19.1-6). Par conséquent ces croyants furent baptisés dans l’eau et dans le Saint-Esprit, c’est-à-dire qu’ils furent remplis du Saint-Esprit.

Philippe vécut un puissant réveil en Samarie. Puis les apôtres Pierre et Jean vinrent là-bas. “… leur envoyèrent Pierre et Jean, qui, étant descendus, prièrent pour eux, pour qu’ils reçussent l’Esprit Saint: car il n’était encore tombé sur aucun d’eux, mais seulement ils avaient été baptisés pour le nom du Seigneur Jésus. Puis ils lui imposèrent les mains, et ils reçurent l’Esprit Saint” (Act. 8.15-17). Les évangélistes du 20ème siècle tiennent de grandes campagnes d’évangélisation, ils enthousiasment les foules, récoltent de grosses sommes d’argent, et les voici déjà partis. Ils ne prêchent pas sur le baptême et n’enseignent comme action de l’Esprit qu’une expérience émotionnelle qu’ils provoquent eux-mêmes en entretenant une certaine atmosphère.

Dieu avait agi d’une manière surnaturelle en même temps sur Corneille et sur Pierre, et de cette façon Il conduisit l’apôtre dans la maison de ce capitaine qui avait la crainte de Dieu. Lorsque Pierre parvint au point culminant de sa prédication, le Saint-Esprit tomba sur tous ceux qui écoutaient ses paroles: “Et les fidèles de la circoncision, tous ceux qui étaient venus avec Pierre, s’étonnèrent de ce que le don du Saint-Esprit était répandu aussi sur les nations, car ils les entendaient parler en langues et magnifier Dieu. Alors Pierre répondit: Quelqu’un pourrait-il refuser l’eau, afin que ceux-ci ne soient pas baptisés, eux qui ont reçu l’Esprit Saint comme nous-mêmes?” (Act. 10.45-47). Ceci est la preuve pour ceux qui viennent à la foi que le baptême d’eau et celui de l’Esprit vont ensemble. L’ordre de succession peut cependant en être différent.

Il vaut la peine de faire ressortir ce que Pierre, en rapport avec cet événement, relève expressément devant l’assemblée de Jérusalem: “Et comme je commençais à parler, l’Esprit Saint tomba sur eux, comme aussi il est tombé sur nous au commencement” (Act. 11.15). En tout ce qui concerne la vie de la foi, nous devons revenir au commencement. Aujourd’hui, toutes les notions bibliques sont confuses, effacées et interprétées différemment. On emploie les mêmes formulations et cependant on dit quelque chose de tout différent.

Il y a plusieurs marques distinctives qui décrivent l’action du Saint-Esprit. Il est un Consolateur, un Enseignant, Il conduit dans toute la Vérité. Le Seigneur disait: “J’ai encore beaucoup de choses à vous dire; mais vous ne pouvez les supporter maintenant. Mais quand celui-là, l’Esprit de vérité, sera venu, il vous conduira dans toute la vérité; car il ne parlera pas de par lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses qui vont arriver. Celui-là me glorifiera, car il prendra de ce qui est à moi et vous l’annoncera. Tout ce qu’a le Père est à moi; c’est pourquoi j’ai dit qu’il prend du mien, et qu’il vous l’annoncera” (Jean 16.12-15).

Tout ce qui appartenait à Dieu a été racheté par Christ, qui en a payé le prix, et cela Lui appartient; et tout ce qui Lui appartient reçoit Son Esprit. C’est pourquoi il est écrit: “… mais si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, celui-là n’est pas de lui” (Rom. 8.9). L’Esprit de Vérité nous enseigne tout ce qui se trouve écrit dans la Parole de Dieu. Il nous révèle le contexte et nous donne une idée de la volonté directe de Dieu et de Son dessein de salut. De véritables enfants de Dieu sont soumis à la conduite directe de l’Esprit. “Car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu” (Rom. 8.14). L’Esprit de Dieu conduit toujours conformément à la Parole de Dieu.

A l’égard aussi de la première résurrection et de la transmutation de notre corps mortel, la puissance du Saint-Esprit est nécessaire. Sans elle il n’y a pas de transmutation possible. “Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité le Christ d’entre les morts vivifiera vos corps mortels aussi, à cause de son Esprit qui habite en vous” (Rom. 8.11). Une expression populaire dit: “Si le petit mot “si” n’existait pas…”. Nous voyons là clairement l’importance de ce mot: et “si” l’Esprit habite en nous, cela arrivera comme c’est écrit; mais “si” Il n’habite “pas” en nous, alors les corps mortels ne peuvent pas être transmués ni vivifiés. Dans le même chapitre, l’apôtre Paul développe encore cette pensée: “Car la vive attente de la création attend la révélation des fils de Dieu… dans l’espérance que la création elle-même aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour jouir de la liberté de la gloire des enfants de Dieu… et non seulement elle, mais nous-mêmes aussi qui avons les prémices de l’Esprit, nous aussi, nous soupirons en nous-mêmes, attendant l’adoption, la délivrance de notre corps” (Rom. 8.19-23).

Pour la troupe des prémices, l’Esprit de Dieu est les arrhes, le Sceau, la certitude que non seulement l’âme est sauvée mais que, lors du retour de Jésus-Christ, leur corps mortel sera transmué. L’Esprit est aussi défini comme étant le Sceau, c’est-à-dire que l’Esprit de Dieu est Celui scelle, et Il est aussi appelé et décrit comme étant l’Onction. “Or celui qui nous lie fermement avec vous à Christ et qui nous a oints, c’est Dieu, qui aussi nous a scellés, et nous a donné les arrhes de l’Esprit dans nos coeurs” (2 Cor. 1.21,22). Jésus est “le Christ”, Il est “l’Oint de Dieu” (Act. 3.19,21; 10.38). Le mot “Christ” signifie par lui-même “Oint”. C’est pourquoi tous ceux qui ont reçu le Saint-Esprit peuvent être appelés “des christs”, c'est-à-dire des “chrétiens”. Quiconque n’a pas été oint du Saint-Esprit de la manière biblique et n’a pas reçu le Sceau divin n’aurait pas le droit, selon le témoignage des Ecritures, de s’appeler “chrétien”.

Comme il y a dans tous les domaines deux semences et diverses imitations de l’original, le Seigneur n’a pas pu parler de “faux Jésus” (au pluriel), mais de “faux christs”, de “faux oints” et de “faux prophètes” qui s’élèveraient dans le temps de la fin. En disant cela Il se rapporte au développement de l’esprit antichrist, lequel d’une part est oint, mais qui d’autre part est contre Christ et contre Sa Parole. “Car il s’élèvera de faux christs et de faux prophètes; et ils montreront de grands signes et des prodiges, de manière à séduire, si possible, même les élus” (Mat. 24.24). Dieu répand Son Esprit sur toute chair comme de la pluie. Cela ne dépend donc pas seulement de la pluie, mais bien de la semence qui se trouve dans le terrain du coeur de l’homme. “Car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et envoie sa pluie sur les justes et sur les injustes” (Mat. 5.45). Il y a des oints du temps de la fin qui ne se laissent pas amener à l’accord avec la Parole de Dieu, comme il y avait déjà, avant la fin de la première époque de l’Eglise, de faux oints: “Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n’étaient pas des nôtres; car s’ils eussent été des nôtres, ils fussent demeurés avec nous; mais c’est afin qu’ils fussent manifestés comme n’étant aucun d’eux des nôtres” (1 Jean 2.19).

Dans Matthieu 7.21-23, le Seigneur décrit ce groupe de gens qui font de grandes choses en Son Nom, mais ne se laissent pas mettre à la place que Dieu leur attribue dans Son dessein de salut; ils ne reconnaissent pas l’oeuvre que Dieu opère dans leur temps et c’est pourquoi Dieu ne les reconnaît pas non plus. Est-il peut-être question, par ces paroles, des télévangélistes d’aujourd’hui, des mouvements charismatiques, des évangélistes qui font des miracles et qui tous cependant suivent chacun sa propre direction, sans se soumettre à la Parole de Dieu ni se subordonner à Christ pour Le considérer comme leur Chef, bien qu’ils utilisent Son Nom selon leur bon plaisir personnel?

“Car la terre qui boit la pluie qui vient souvent sur elle, et qui produit des herbes utiles pour ceux pour qui elle est aussi labourée, reçoit de Dieu de la bénédiction; mais si elle porte des épines et des chardons, elle est réprouvée et près de la malédiction, et sa fin est d’être brûlée” (Héb. 6.7,8). Le fait de se référer à une expérience de Pentecôte est loin d’être suffisant. S’il s’agit de véritables semences, il faut que les mêmes fruits de l’Esprit qu’ont portés les véritables croyants du commencement soient également manifestés. C’est pourquoi Jésus, notre Seigneur, ne dit pas: “C’est à leurs dons que vous les reconnaîtrez!” mais bien: “Vous les reconnaîtrez à leurs fruits” (Mat. 7.16). Les dons se trouvent dans les deux groupes, mais le vrai fruit de l’Esprit se trouvera uniquement dans la véritable Semence divine, laquelle sera scellée du Saint-Esprit. Beaucoup expérimentent une onction; mais seuls les premiers-nés, qui se laissent amener par l’Esprit à être en parfait accord avec la Parole de Dieu, ont le scellement du Saint-Esprit.

C’est aux véritables croyants d’Ephèse que Paul adresse cette parole: “… en qui vous aussi vous avez espéré, ayant entendu la parole de la vérité, l’évangile de votre salut; auquel aussi ayant cru, vous avez été scellés du Saint-Esprit de la promesse, qui est les arrhes de notre héritage, pour la rédemption de la possession acquise, à la louange de sa gloire” (Eph. 1.13,14). Il ne s’agit véritablement pas ici d’un acte religieux accompli par un dignitaire. Plus loin, dans ce chapitre, l’apôtre écrit: “Et n’attristez pas le Saint Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption” (Eph. 4.30).

Chapitre 25

ELECTION — PREDESTINATION

Etre “élu de Dieu” signifie premièrement: être destiné à un service ou à une tâche, et y être consacré. Dans le cas d’Abraham et du peuple d’Israël, l’élection nous est clairement montrée: “Et toi, Israël, mon serviteur, Jacob, que j’ai choisi, semence d’Abraham mon ami, toi que j’ai pris des bouts de la terre et appelé de ses extrémités, et à qui j’ai dit: Tu es mon serviteur, je t’ai choisi et je ne t’ai pas rejeté;… ne crains point, car je suis avec toi; ne sois pas inquiet, car moi je suis ton Dieu. Je te fortifierai; oui, je t’aiderai; oui, je te soutiendrai par la droite de ma justice” (Es. 41.8-10).

Comme c’était le cas habituellement pour les prophètes, Jérémie pouvait témoigner de son appel au ministère: “Et la parole de l’Eternel vint à moi, disant: Avant que je te formasse dans le ventre de ta mère, je t’ai connu, et avant que tu sortisses de son sein, je t’ai sanctifié, je t’ai établi prophète pour les nations” (Jér. 1.4,5).

D’entre les douze tribus Dieu avait élu la tribu de Lévi pour le service sacerdotal: “… car l’Eternel, ton Dieu, l’a choisi, lui et ses fils, d’entre toutes les tribus, pour qu’ils se tienne toujours devant lui pour faire le service au nom de l’Eternel” (Deut. 18.5).

D’entre tous les fils d’Isaï, l’Eternel a élu David et Il le destinait à être roi sur Son peuple (1 Sam. 16.6-14).

C’est pour un service particulier que Jésus a aussi élu les apôtres. “Ce n’est pas vous qui m’avez choisi; mais c’est moi qui vous ai choisis et qui vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure” (Jean 15.16).

Lors de la conversion de Saul, le Seigneur dit à Ananias: “Va; car cet homme m’est un vase d’élection pour porter mon nom devant les nations et les rois et les fils d’Israël” (Act. 9.15). Bien que sa conversion ait eu lieu passablement plus tard, Paul savait qu’il avait été mis à part dès le sein de sa mère, comme il en était également des prophètes: “Mais quand il plut à Dieu, qui m’a mis à part dès le ventre de ma mère et qui m’a appelé par sa grâce, de révéler son Fils en moi…” (Gal. 1.15).

En général nous voyons se réaliser ce que Paul écrit à l’église de Corinthe: “Mais Dieu a choisi les choses folles du monde… et Dieu a choisi les choses faibles du monde… et Dieu a choisi les choses viles du monde, et celles qui sont méprisées, et celles qui ne sont pas… en sorte que nulle chair ne se glorifie devant Dieu” (1 Cor. 1.27-29).

Pour mieux comprendre ce sujet, on doit faire appel à d’autres déclarations, car l’appel et l’élection touchent deux groupes différents de croyants. Les élus sont aussi appelés, mais les appelés ne sont pas tous élus. Dans la parabole du repas des noces notre Seigneur dit, dans Matthieu 22.14: “Car il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus. Dans chaque âge d’Eglise les élus forment la troupe des vainqueurs, lesquels héritent de tout conformément aux promesses faites dans les lettres aux sept Eglises d’Apocalypse 2 et 3. Les appelés croient en effet que Jésus-Christ est leur Sauveur personnel, mais ils ne se laissent pas conduire dans toute la Vérité et à cause de cela ils ne peuvent pas être amenés à un parfait accord avec la Parole de Dieu. Leurs noms se trouvent dans le Livre de Vie et lors du jugement dernier ils seront reçus dans le Royaume de Dieu (Apoc. 20.11-15).

Dans Apocalypse 17.14 il est question de l’Agneau qui combattra et qui vaincra, ainsi que de la troupe des vainqueurs, lesquels ont atteint le but le plus élevé, et nous trouvons là les trois expressions “appelés, élus et fidèles”: “… car il est Seigneur des seigneurs et Roi des rois, et ceux qui sont avec lui, appelés, et élus, etfidèles.

Tous deux, le Rédempteur aussi bien que la troupe des prémices, sont appelés les élus de Dieu: “Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui mon âme trouve son plaisir (Es. 42.1). “Vous êtes mes témoins, dit l’Eternel, vous et mon serviteur que j’ai choisi…” (Es. 43.10; Mat. 12.18). Le bon plaisir de Dieu vient premièrement sur l’Elu, afin de pouvoir venir au travers de Lui sur les élus (Mat. 3.17; 17.5). Ainsi s’accomplit ce qui avait été annoncé lors de la naissance de notre Rédempteur: “Gloire à Dieu dans les lieux très hauts; et sur la terre, paix, et bon plaisir dans les hommes!” (Luc 2.14). Il y a des hommes sur terre sur lesquels le bon plaisir de Dieu repose par Sa grâce.

L’élection marche la main dans la main avec la prédestination. De même qu’il n’y a qu’une seule élection donnant le salut, ainsi n’y a-t-il également qu’une seule prédestination au salut. Le Fils, qui naquit il y a environ 2000 ans, avait été élu avant la fondation du monde et c’est pourquoi Il se réfère à la gloire de Dieu qu’Il possédait avant la fondation du monde: “Et maintenant glorifie-moi, toi, Père, auprès de toi-même, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût”(Jean 17.5). La formulation “avant la fondation du monde” se trouve très souvent en relation avec l’histoire du salut. Ce “avant la fondation du monde” était ce qui se trouvait à l’origine lorsque le Logos sortit de la plénitude originelle de Dieu et qu’Il était par conséquent: “… auprès de Dieu” (Jean 1.1). A cette époque, tous les fils et filles de Dieu étaient déjà élus en Christ conformément à Son plan de salut éternel. La même gloire manifestée lorsque Jésus fut transfiguré sera également manifestée pour transfigurer les rachetés à Son image: “Père, je veux, quant à ceux que tu m’as donnés, que là où moi je suis, ils y soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire, que tu m’as donnée; car tu m’as aimé avant la fondation du monde” (Jean 17.24).

La même chose est dite des rachetés, c’est-à-dire qu’ils ont également été élus avant la fondation du monde: “… selon qu’il nous a élus en lui avant la fondation du monde, pour que nous fussions saints et irréprochables devant lui en amour, nous ayant prédestinés pour nous adopter pour lui par Jésus Christ, selon le bon plaisir de sa volonté” (Eph. 1.4,5). Dieu, qui est éternel, a conçu Ses desseins avant la fondation du monde et c’est au cours des temps qu’Il les réalise, jusque dans l’éternité.

Pierre dit ceci au sujet de l’Agneau sans tache de Dieu: “… comme d’un agneau sans défaut et sans tache, préconnu dès avant la fondation du monde, mais manifesté à la fin des temps pour vous” (1 Pier. 1.19 et 20). Les rachetés aussi ont été vus à l’avance en Lui et c’est pourquoi leurs noms ont été écrits avant la fondation du monde dans le livre de Vie de l’Agneau immolé. “Et tous ceux qui habitent sur la terre, dont le nom n’a pas été écrit, dès la fondation du monde, dans le livre de vie de l’Agneau immolé, lui (à l’Antichrist) rendront hommage” (Apoc. 13.8).

Dans l’Ancien Testament Dieu avait élu Israël comme un peuple lui appartenant en propre: “Car tu es un peuple saint, consacré à l’Eternel, ton Dieu, et l’Eternel t’achoisi, afin que tu sois pour lui un peuple qui lui appartienne en propre, d’entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre” (Deut. 14.2). Du point de vue du Nouveau Testament, Paul écrit, en considérant l’Eglise tirée des nations: “En ce qui concerne l’Evangile, ils sont ennemis à cause de vous; mais en ce qui concernel’élection, ils sont bien-aimés à cause des pères” (Rom. 11.28).

L’élection et la prédestination conduisent à la consécration et à la sanctification divines de ceux qui ont été prédestinés. De lui-même, Israël ne s’était pas séparé, ni sanctifié, mais par une séparation divine il était devenu un peuple consacré à Dieu et sanctifié pour lui. “Car toute la terre est à moi; et vous me serez un royaume de sacrificateurs, et une nation sainte” (Ex. 19.5,6). L’apôtre Pierre écrit aux croyants du Nouveau Testament: “Mais vous, vous êtes une race élue, une sacrificature royale, une nation sainte, un peuple acquis…” (1 Pier. 2.9).

Dans les versets suivants l’apôtre Paul présente le sujet de l’élection et de la prédestination de la manière la plus complète: “Mais nous savons que toutes chosestravaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son propos. Car ceux qu’il a préconnus, il les a aussi prédestinés à être conformes à l’image de son Fils, pour qu’il soit premier-né entre plusieurs frères. Et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés; et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés; et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés” (Rom. 8.28-30).

En vérité, Dieu n’a rien vu dans l’homme à quoi Il aurait pu s’attacher, car il n’y avait rien de désirable en lui. Le salut et la délivrance viennent uniquement de Dieu. C’est en Christ qu’Il a vu l’humanité; en Lui les rachetés ont été établis dans la position de fils, par le “oui” qu’Il a prononcé pour les recevoir, et c’est aussi en Lui que “l’amen” a été prononcé. Le témoignage des Ecritures est clair, et il est à cet égard saisissant. Dieu a connu les Siens d’avance et Il les a prédestinés à la Vie éternelle. Lui qui connaissait toutes choses pouvait à la fois les élire et les prédestiner. “Et lorsque ceux des nations entendirent cela, ils s’en réjouirent, et ils glorifièrent la parole du Seigneur; et tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle crurent” (Act. 13.48).

L’élection n’a rien d’arbitraire. Dieu fait connaître Sa volonté d’une manière évidente, mais Il ne contraint personne à y entrer. Il a déclaré Son intention par cette parole: “… qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité” (1 Tim. 2.4). Cependant, parce que Dieu connaît toutes choses, Il savait lequel allait recevoir le salut, et lequel allait le refuser. Quiconque ne vient pas à Dieu demeure éloigné de Lui. Quiconque ne se laisse pas sauver par Lui demeure dans la perdition. C’est ainsi que Dieu déjà à l’avance, c’est-à-dire avant la fondation du monde, pouvait prédestiner au salut ceux qui allaient Le croire.

Très souvent nous comprenons mal cette parole de l’Ancien Testament que Paul cite dans Romains 9: “Je ferai miséricorde à celui à qui je fais miséricorde, et j’aurai compassion de qui j’ai compassion… Ainsi donc il fait miséricorde à qui il veut, et il endurcit qui il veut” (v. 15 et 18). Ceux qui viennent à Lui sont ceux qui ont trouvé grâce auprès de Lui. Seul celui qui vient à Lui peut expérimenter Sa miséricorde et Son amour. C’est à eux que se rapporte le verset 16: “Ainsi donc ce n’est pas de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde”. Cependant celui qui ne vient pas à Dieu ne permet pas à Dieu d’user de miséricorde à son égard. Celui qui ne vient pas et endurcit son coeur, Dieu à Son tour le rend insensible et l’endurcit complètement. Ce n’est pas que Dieu ait renoncé à Ses intentions primitives; au contraire Il les réalise envers ceux qui viennent à Lui et Lui accordent leur foi. Ce qui est écrit plus loin au sujet de la colère de Dieu et des vases de colère destinés à la destruction concerne de nouveau ceux qui demeurent incrédules, qui ne veulent rien avoir à faire avec Dieu et sur lesquels la colère de Dieu demeure, bien qu’à proprement parler, en Christ, elle ait été enlevée de dessus les hommes. Il y a des personnes qui refusent l’acquittement de leur dette et qui, par conséquent, demeurent sous la condamnation. Celui qui ne vient pas à Christ est la personne sur laquelle la colère de Dieu demeure, parce qu’elle ne prend pas pour elle-même la rédemption pleinement accomplie.

Lucifer, par sa propre décision, s’est élevé contre Dieu et il ne se laissera, avec ceux qui le suivent, jamais inclure dans le plan de Dieu. Et précisément, de la même façon, il existe des gens qui ne se laisseront jamais mettre à la place qui leur revient dans le plan de Dieu. Dieu ne peut réaliser le pardon et la grâce, c’est-à-dire la pleine rédemption, que là où des hommes la reçoivent comme un don de Dieu, dans la foi en l’oeuvre substitutive d’expiation pleinement accomplie par Christ.

Ce témoignage nous est donné: “Car la grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes” (Tite 2.11). Le Seigneur invite tous les hommes: “Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos” (Mat. 11.28). Cependant tous ne viennent pas à Lui. Ils n’écoutent pas Son appel. Même parmi les personnes pieuses qui sondent la Parole de Dieu il y en a qui poursuivent leur propre motivation, et de cette manière elles ne pénètrent pas dans une communion personnelle avec leur Seigneur et Sauveur. “Sondez les Ecritures, car vous, vous estimez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui rendent témoignage de moi: et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie” (Jean 5.39,40). Toutes les recherches dans l’Ecriture, toutes les études de théologie ne serviront à rien, à moins que chacun en particulier ne vienne réellement au Seigneur et ne reçoive la Vie éternelle. Le Seigneur déclare: “Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive” (Jean 7.37). La plupart ne viennent pas parce qu’ils n’ont pas soif.

Le “… il endurcit qui il veut” de Romains 9.18 arrive lorsqu’une personne contraint Dieu à faire cela, puisque Dieu ne peut agir contre la volonté d’un homme. Dieu ne pouvait pas vouloir la perdition de l’homme, car Sa volonté est que tous soient secourus et Il veut que tous soient sauvés, parce qu’Il est réellement le Sauveur. Quand l’homme ne veut pas ce que Dieu veut, alors Dieu doit vouloir ce que l’homme veut. Dès le commencement Dieu a doté les hommes de ce libre arbitre. Il ne les a pas contraints, ni n’en a fait des automates ou des marionnettes; les hommes pouvaient choisir entre la vie et la mort, entre l’obéissance et la désobéissance.

L’homme séparé de Dieu s’entête dans son auto-détermination jusqu’au jour où il reconnaît sa vocation divine et l’accepte. Il s’entête également dans ses propres réalisations jusqu’au moment où il devient une partie du plan réalisé par Dieu. L’homme voudrait être indépendant et ne se soumettre à personne. En recherchant sa propre liberté il est tombé dans la perdition qu’il a lui-même choisie. En se détachant de Dieu il est devenu un être assujetti à l’adversaire. C’est la raison pour laquelle une délivrance est indispensable. Notre Sauveur a été en effet envoyé pour publier la liberté aux prisonniers (Luc 4.18).

Ce qui est arrivé à Abraham, le père de la foi, et qui nous est donné en exemple, est également ce qui est arrivé à tous ceux qui entendent la Parole de Dieu, qui La croient et La mettent en pratique. Ils donnent raison à Dieu en se mettant à Son côté, et confirment l’alliance qu’Il a faite avec les hommes. Les élus croient Dieu en tout ce qu’Il dit; ils font ce qu’Il a commandé et obéissent à Ses instructions. Chez eux, la Parole, la foi et les oeuvres sont en parfait accord. Les élus ont soumis leur propre volonté à la volonté de Dieu et ils prient sincèrement: “Que ta volonté soit faite, comme dans le ciel, aussi sur la terre!” (Mat. 6.10). Ils n’ont pas de volonté propre; ils veulent simplement ce que Dieu veut. Dans la mesure où par la nouvelle naissance ils sont devenus une partie de la Parole et du plan de Dieu ils sont, comme le Fils de Dieu, une réalisation directe de la chair devenue Parole. C’est à de telles personnes que Dieu adresse cette exhortation: “C’est pourquoi, frères, étudiez-vous d’autant plus à affermir votre appel et votre élection, car en faisant ces choses vous ne faillirez jamais” (2 Pier. 1.10).

Comme nous pouvons en conclure des exposés faits par l’apôtre Pierre, Christ nous est aussi présenté comme la Pierre élue, une Pierre angulaire pour les uns, et pour les autres une Pierre d’achoppement et un Rocher de chute pour les autres. Celui qui appartient à la race élue, à la sacrificature royale, considérera dans la foi Christ comme la Pierre angulaire et la Pierre de faîte. Celui qui s’achoppe à Lui et se scandalise à Son sujet se trouve dans la désobéissance à l’égard de la Parole de Dieu (1 Pier. 2.3-10).

L’expérience spirituelle enseigne chacun de nous à prendre la place que Dieu lui a réservée, et à croire ce qui lui est destiné. Celui qui, par exemple, ne croit pas à la prédestination ne peut pas être prédestiné. La même chose est valable pour la conversion, le renouvellement, la nouvelle naissance, et à l’égard de toute expérience que l’homme peut faire avec Dieu. Chaque homme n’expérimente que ce qu’il croit. “Mais nous, nous devons toujours rendre grâces à Dieu pour vous, frères aimés du Seigneur, de ce que Dieu vous a choisis dès le commencement pour le salut, dans la sainteté de l’Esprit et la foi de la vérité” (2 Thess. 2.13).

“Nous ayant fait connaître le mystère de sa volonté selon son bon plaisir, qu’il s’est proposé en lui-même pour l’administration de la plénitude des temps, savoir de réunir en un toutes choses dans le Christ, les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre, en lui, en qui nous avons aussi été faits héritiers, ayant été prédestinés selon le propos de celui qui opère toutes choses selon le conseil de sa volonté” (Eph. 1.9-11).


 

Chapitre 26

UN JOUR DE DIEU — MILLE ANS

L’exposé suivant devrait servir à comprendre véritablement la répartition du plan de Dieu pour les temps destinés à l’humanité. Il est écrit dans le Psaume 90.4: “Car mille ans, à tes yeux, sont comme le jour d’hier quand il est passé, et comme une veille dans la nuit”. Dans le Nouveau Testament Pierre exprime la même pensée:“Mais n’ignorez pas cette chose, bien-aimés, c’est qu’un jour est devant le Seigneur comme mille ans, et mille ans comme un jour” (2 Pier. 3.8). Lorsque dans les Saintes Ecritures il est question des derniers jours, nous devons en fait prendre garde s’il s’agit de jours au sens prophétique du terme, ou s’il est réellement question de la dernière génération.

Dieu créa le monde en six jours et se reposa le septième jour. Si on lit attentivement le récit de la création, nous y trouvons cette parole: “Et Dieu eut achevé au septième jour son oeuvre qu’il fit; et il se reposa au septième jour de toute son oeuvre qu’il fit” (Gen. 2.2). Comme nous le verrons encore, ceci est d’une grand importance pour le déroulement des sept mille ans de l’histoire de l’humanité. Le nombre 7 est le nombre de la perfection divine. Le huitième jour serait de nouveau le premier d’une nouvelle période.

Le déroulement du temps biblique peut être divisé en différentes périodes, telles que: deux mille ans (deux jours pour Dieu) qui se sont écoulés d’Adam à Abraham; les deux mille ans suivants se sont écoulés d’Abraham à Christ; et maintenant nous nous approchons de nouveau de l’achèvement d’une époque de deux mille ans. Le septième jour est le jour de repos du Seigneur, c’est-à-dire celui du Règne de mille ans. Les prophètes et les apôtres ont parlé et écrit au sujet du “jour du Seigneur”. Jean fait le récit d’un événement survenu lorsqu’il se trouvait sur l’île de Patmos: “Je fus saisi par l’Esprit au jour du Seigneur…” (Apoc. 1.10 — Segond). Ce dernier jour commence par la grande confrontation connue sous le nom de bataille d’Armaguédon (Apoc. 16.14-16)et qui se terminera par le grand combat de Gog et de Magog, après le millénium, lorsque Satan aura été délié et qu’il aura encore une fois séduit les nations (Apoc. 20.7-10). Entre les deux est manifesté le Règne de paix de mille ans, où “le loup habitera avec l’agneau, et le léopard couchera avec le chevreau; et le veau et le jeune lion, et la bête grasse seront ensemble… La vache paîtra avec l’ourse…” (Es. 11.6,7). “Et de leurs épées ils forgeront des socs, et de leurs lances, des serpes: une nation ne lèvera pas l’épée contre une autre nation, et on n’apprendra plus la guerre” (Es. 2.4; Michée 4.3). “En ce jour-là, il y aura une racine d’Isaï, se tenant là comme une bannière des peuples: les nations la rechercheront, et son repos sera gloire. Et il arrivera, en ce jour-là, que le Seigneur mettra sa main encore une seconde fois pour acquérir le résidu de son peuple, qui sera demeuré de reste…” (Es. 11.10,11).

Du point de vue prophétique nous vivons depuis le début de la Nouvelle Alliance dans les deux derniers jours, que l’on appelle aussi “la fin des temps”. “… préconnu dès avant la fondation du monde, mais manifesté à la fin des temps pour vous…” (1 Pier. 1.20). Cette époque tire à sa fin. A cause de la manière différente de compter les années (années bibliques: 360 jours; années solaires: 365 jours), il n’est pas possible de calculer ce temps. Que Dieu en soit remercié! Cependant, dans les grandes lignes, il nous a été donné un point de repère et une orientation dans le temps. Par l’accomplissement des événements qui apparaissent (les signes des temps), nous pouvons constater que nous vivons maintenant à la fin du temps de la fin. L’imminence des grands changements qui surviennent dans l’histoire de l’humanité, selon la volonté de Dieu, peut être est clairement reconnue et tout cela s’est rapproché de façon évidente.

Le jour de Pentecôte, Pierre avait devant les yeux les deux jours prophétiques, lorsqu’il plaça l’événement de l’effusion de l’Esprit sur le fondement de la Parole de Joël 3: “Mais c’est ici ce qui a été dit par le prophète Joël” (Joël 3.1-5). “Et il arrivera aux derniers jours, dit Dieu, que je répandrai de mon Esprit sur toute chair…” (Act. 2.16,17). A la fin de ces derniers jours, c’est-à-dire après le déroulement de ces deux mille ans de l’histoire du salut, Pierre situe avec toute l’exactitude voulue le jour du Seigneur, lequel ne peut arriver que lorsque le jour du salut sera parvenu à sa fin: “Le soleil sera changé en ténèbres et la lune en sang, avant que vienne la grande et éclatante journée du Seigneur (Act. 2.20). Selon Malachie 4.5, le jour de l’Eternel est un jour grand et terrible.

Certains événements arriveront à la fin de cette époque de deux mille ans, d’autres au commencement du septième jour, donc au jour de l’Eternel. Il n’y a aucun passage biblique qui désigne le sabbat ou le dimanche comme étant le “jour du Seigneur”. Ce jour ne sera magnifique que pour les rachetés (Phil. 1.6; 2.16), mais pour tous les impies ce sera un jour terrible (Es. 13.6-17). De même qu’après avoir achevé Son oeuvre de création Dieu s’est reposé le septième jour, ainsi en sera-t-il à l’achèvement de Son oeuvre de rédemption.

Le temps de la grâce est aussi appelé “jour du salut”, ou “temps favorable” ou “temps agréé” (Es. 49.8; 2 Cor. 6.2); il est aussi appelé “année de la faveur de l’Eternel”(Es.61.2; Luc 4.19). Quand on parle de l’année agréable au Seigneur, on pense aussi au “jour du retentissement des trompettes” ou comme on le dit aussi, au “jour du jubilé”, lequel dans l’Ancien Testament, avait toujours lieu après les sept périodes de sept ans, c’est-à-dire la cinquantième année. Tous ceux qui se trouvaient dans les dettes et qui avaient dû se vendre comme esclaves, tous ceux qui avaient perdu tous leurs biens pouvaient lors du jubilé rentrer en possession de leurs biens primitifs (Lév. 25). Lors du grand jour de l’expiation, l’année du jubilé, les trompettes sonnaient et ce jour-là, tous ceux qui avaient des dettes étaient libérés. Pareillement, après qu’aura eu lieu le grand “jour de la réconciliation de Dieu” avec l’humanité en général, la trompette de l’Evangile retentira et quiconque écoutera et croira pourra s’en aller libre. Indépendamment du lieu et du temps dans lequel tout homme vit, le temps entier de la grâce se trouve être l’année divine du retentissement des trompettes, laquelle est appelée par notre Seigneur “l’an agréable”. Pendant cette période, quiconque croit Dieu et reçoit la rédemption parfaitement achevée a le droit de s’en aller libre. Notre Seigneur Jésus s’est écrié en Son temps: “Aujourd’hui cette Ecriture s’est accomplie, vous l’entendant” (Luc 4.21). Cet “aujourd’hui” est le jour de grâce dont Dieu nous a fait don (Héb. 4.7).

Au sujet des deux derniers jours, c’est-à-dire de cette période de deux mille ans, Pierre dit encore: “Et même tous les prophètes, depuis Samuel et ceux qui l’ont suivi, tous ceux qui ont parlé, ont aussi annoncé ces jours (Act. 3.24).Nous sommes plongés dans l’étonnement lorsque nous voyons comment les hommes de Dieu du Nouveau Testament ont pu décrire par révélation et avec une aussi grande exactitude les desseins de salut de Dieu. “Voici, des jours viennent, dit le Seigneur, et je conclurai, pour la maison d’Israël et pour la maison de Juda, une nouvelle alliance” (Héb. 8.8). Dieu a conclu cette alliance en Christ à Golgotha et Il donne cette promesse à Israël: “Car c’est ici l’alliance que j’établirai pour la maison d’Israël après ces jours-là, dit le Seigneur: En mettant mes lois dans leur entendement, je les écrirai aussi sur leurs coeurs, et je leur serai pour Dieu, et ils me seront pour peuple” (Héb. 8.10).

En rapport avec la période de l’Ancien Testament, laquelle est également appelée “jour” au sens prophétique du terme, nous pouvons lire dans Hébreux 1.1: “Dieu ayant autrefois, à plusieurs reprises et en plusieurs manières, parlé aux pères par les prophètes, à la fin de ces jours-là, nous a parlé dans le Fils”. La fin de ces jours des pères a débouché dans le commencement des jours où Dieu a parlé dans le Fils et apporté par Lui la réponse à tous nos problèmes. C’est-à-dire qu’il s’agit du temps qui dure pour l’Eglise depuis environ 2000 ans et qui trouve son achèvement à la fin de cette époque-ci. Ensuite vient la réalisation des plans de Dieu pour Israël. Ce grand événement tombe au commencement du septième jour, directement avant le commencement du Règne de mille ans.

Osée 6.1,2 nous dit ceci: “Venez, retournons à l’Eternel, car lui a déchiré, et il nous guérira; il a frappé, et il bandera nos plaies. Dans deux jours, il nous fera vivre; au troisième jour, il nous mettra debout, et nous vivrons devant sa face”.

Depuis l’an 70 de notre ère, lorsque le temple fut détruit par les armées romaines sous la conduite de Titus, Israël fut dispersé parmi tous les peuples, comme le prophète Moïse l’avait déjà annoncé à l’avance. Il avait en même temps annoncé son retour dans le pays de la promesse (Deut.4.27,28). Par la bouche du prophète Jérémie, le Seigneur nous a aussi dit: “Celui qui a dispersé Israël le rassemblera et le gardera comme un berger son troupeau… et ils viendront et exulteront avec chant de triomphe sur les hauteurs de Sion… Et je changerai leur deuil en allégresse, et je les consolerai et je les réjouirai en les délivrant de leur douleur” (Jér. 31.10-13). Dans Ezéchiel, aux chapitres 36-38 plus particulièrement, beaucoup de choses nous sont dites à ce sujet: “Ainsi dit l’Eternel, le Seigneur: Voici, je prendrai les fils d’Israël d’entre les nations où ils sont allés, et je les rassemblerai de toutes parts, et je les ferai entrer dans leur terre” (Ezé. 37.21). Au chapitre 38, le temps dans lequel toutes ces choses arrivent nous est décrit de manière encore plus précise: “A la fin des années… ce sera à la fin des jours” (v. 8 et 16).

Dans le texte d’Osée que nous avons mentionné, il nous est dit que cela arrivera après deux jours, c’est-à-dire après deux mille ans, et que le troisième jour l’Eternel secourra Israël et qu’il recevra de Dieu la vie. L’espérance dans le Messie est demeurée vivante jusqu’aujourd’hui parmi les croyants juifs. Généralement la prière faite devant le Mur des Lamentations se termine par la demande du retour du Messie et de la reconstruction du temple. Dans Osée il est dit ensuite: “Et nous connaîtrons et nous nous attacherons à connaître l’Eternel. Sa sortie est préparée comme l’aube du jour; et il viendra à nous comme la pluie, comme la pluie de la dernière saison arrose la terre” (Osée 6.3).

Comme par un miracle de Dieu, l’Etat d’Israël existe à nouveau depuis 1948. Du point de vue de l’histoire du salut divin, Dieu s’occupe d’Israël en le considérant comme un tout dans son propre pays; mais par contre il appelle individuellement les croyants des différents peuples et langues à sortir de la confusion. En ce qui concerne l’achèvement de l’Eglise des nations et le salut d’Israël, Paul écrit: “C’est qu’un endurcissement partiel est arrivé à Israël jusqu’à ce que la plénitude des nations soit entrée; et ainsi tout Israël sera sauvé, selon qu’il est écrit…” (Rom. 11.25,26).

Jacques avait déjà exprimé la même pensée lors du premier rassemblement de l’Eglise à Jérusalem: “Simon a raconté comment Dieu a premièrement visité les nations pour attirer un peuple pour son nom. Et avec cela s’accordent les paroles des prophètes, selon qu’il est écrit: Après ces choses, je retournerai et je réédifierai le tabernacle de David qui est tombé, et je réédifierai ses ruines et je le relèverai” (Act.15.14-16). Le prophète Amos l’exprime de cette manière: “En ce jour-là, je relèverai le tabernacle de David…” (Amos 9.11). En rapport avec le peuple d’Israël, Sophonie écrit: “En ce jour-là, tu ne seras pas honteuse à cause de toutes tes actions…” (Soph. 3.11). “Et il arrivera, en ce jour-là, que je ferai de Jérusalem une pierre pesante pour tous les peuples… et il arrivera, en ce jour-là, que je chercherai à détruire toutes les nations qui viennent contre Jérusalem. Et je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplications; et ils regarderont vers moi, celui qu’ils auront percé…” (Zach.12.3,9,10).

La réalité du retour du peuple d’Israël dans sa patrie est la preuve infaillible que nous vivons maintenant à la fin du temps de la grâce et que le Seigneur va se révéler aux Juifs dans très peu de temps. Avant que ne commence le dernier jour l’oeuvre de Dieu avec l’Eglise doit être achevée. C’est “Ainsi dit le Seigneur”. “Voici, je vous envoie Elie, le prophète, avant que vienne le grand et terrible jour de l’Eternel” (Mal. 4.5). Se pourrait-il que cette promesse se soit déjà accomplie sans que le clergé établi l’ait remarqué? C’est en tout cas ce qui s’était passé au début du temps de la grâce.

Parce que Jean-Baptiste a accompli la première partie du verset 6 de Malachie 4: “Et il fera retourner le coeur des fils vers les pères…” (Luc 1.17), il fut aussi appelé Elie. Cependant depuis ce temps, presque deux mille ans se sont écoulés et le jour du Seigneur n’est toujours pas venu. Jean-Baptiste était le messager qui conformément à Malachie3.1 a préparé le chemin du Seigneur (Mat. 11.10; Marc 1.1-3).

On posa entre autres cette question à Jean-Baptiste: “Quoi donc? Es-tu Elie?”. Là-dessus il répondit: “Je ne le suis pas” (Jean 1.21). Avant que ne se termine le jour de la grâce, et que ne commence le jour du jugement et de la colère, Dieu voulait envoyer un homme avec un ministère semblable à celui du prophète Elie. Cet homme a eu pour tâche de reconduire le coeur des enfants de Dieu vers le coeur et la foi des pères apostoliques (Mal. 4.6). Comme Elie appela le peuple d’Israël sur la montagne du Carmel, qu’il releva l’autel de l’Eternel en prenant exactement douze pierres, lesquelles correspondent aux douze tribus d’Israël, afin que le Dieu du Ciel puisse répondre et provoquer la décision du peuple, ainsi l’Elie de notre temps a replacé la doctrine des douze apôtres sur le fondement de l’Eglise, afin que le Dieu Vivant puisse reconnaître Sa Parole et révéler Sa puissance dans Son Eglise. Cet homme ne peut être un représentant d’une dénomination: il doit être un homme envoyé de Dieu, avec le message divin adressé directement au peuple de Dieu.

Dans Matthieu 17.11, Christ confirme ce ministère qui, en ce temps-là, était encore à venir: “Et lui, répondant, leur dit: En effet, Elie vient premièrement, et il rétablira toutes choses”. Le Dr Scofield confirme ce fait dans la note explicative de sa traduction de la Bible, dans Matthieu 17.10, comme d’autres connaisseurs des prophéties bibliques le font également: «Christ confirme la prophétie précise mais encore inaccomplie de Malachie 4.5,6: “Il est vrai qu’Elie doit venir et rétablir toutes choses”. Ici comme en Malachie, la prophétie réalisée par Jean-Baptiste et celle qui doit l’être encore par Elie sont distinctes. Mais Jean-Baptiste est déjà venu, exerçant un ministère en conformité absolue avec l’esprit et la puissance du ministère futur d’Elie (Luc 1.17); si bien qu’au sens figuré, on pourrait dire: Elie est déjà venu (Mat. 17.12)».

Le précurseur de la première venue de Christ s’est avancé dans l’esprit et la puissance d’Elie. L’homme de Dieu qui précède la deuxième venue de Christ doit mettre de nouveau toutes choses en ordre et à leur juste place, selon l’ordonnance biblique, de la même manière qu’elles se trouvaient dans le christianisme primitif. Conformément aux Saintes Ecritures cela doit arriver avant le retour de Jésus-Christ, car il est écrit de Lui: “… lequel il faut que le ciel reçoive, jusqu’au temps de rétablissement de toutes choses dont Dieu a parlé par la bouche de ses saints prophètes de tout temps” (Act. 3.21).

Concernant le jour du Seigneur, Paul écrit aux Thessaloniciens: “Car vous savez vous-mêmes parfaitement que le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit” (1 Thess. 5.2). Cela veut dire qu’il n’y aura pas d’avertissement préalable particulier et qu’il y aura ce jour-là une grande surprise. Au sujet de ce jour Paul dit encore: “Quand ils diront: Paix et sûreté, alors une subite destruction viendra sur eux, comme les douleurs sur celle qui est enceinte, et ils n’échapperont point” (1 Thess. 5.3). En nul autre temps, la notion de “paix” et de “sécurité” n’a joué un grand rôle qu’en ce temps précisément. Voilà pourquoi des politiciens veulent donner la paix et la sécurité aux peuples éprouvés par la souffrance. Mais c’est aussi précisément juste au moment où l’on insistera sur ces slogans de “paix” et de “sécurité” que surviendra ce jour. Maintenant ce temps est là. Dans toute l’Europe de l’Est et de l’Ouest s’implante la pensée de désarmement et de sécurité, et cela à travers le monde entier. Pour les connaisseurs des Saintes Ecritures ce jour ne viendra pas à l’improviste, car en se fondant sur les signes des temps ils voient combien le développement de ces choses a progressé. “Mais vous, frères, vous n’êtes pas dans les ténèbres, en sorte que ce jour vous surprenne comme un voleur” (1 Thess. 5.4).

L’apôtre Paul saisit le thème du retour du Seigneur Jésus-Christ et de notre rassemblement avec Lui, et dans ce contexte il nous exhorte à ne pas nous laisser troubler: “… comme si le jour du Seigneur était là” (2 Thess. 2.2). Dans ce chapitre, comme aussi en d’autres passages des Ecritures, les signes spirituels de cette dernière époque que l’on appelle également le temps de la fin, nous sont décrits: “… que, à la fin du temps, il y aurait des moqueurs, marchant selon leurs propres convoitises d’impiété” (Jude 18).

Nous trouvons presque les mêmes paroles dans 2 Pierre 3.3: “Sachant tout d’abord ceci, qu’aux derniers jours des moqueurs viendront, marchant dans la moquerie selon leurs propres convoitises”.

Au verset suivant, l’apôtre nous décrit la marque distinctive de ces moqueurs qui ne se moquent pas des choses en général, mais se raillent de la promesse du retour de Christ et disent: “Où est la promesse de sa venue?”.

La situation générale prévalant dans les derniers jours, c’est-à-dire au temps de la fin, nous est décrit en 2 Timothée 3.1-9: “… que dans les derniers jours il surviendra des temps fâcheux; car les hommes seront égoïstes, avares, vantards, hautains, outrageux, désobéissants à leurs parents, ingrats, sans piété, sans affection naturelle, implacables, calomniateurs, incontinents, cruels, n’aimant pas le bien, traîtres, téméraires, enflés d’orgueil, amis des voluptés plutôt qu’amis de Dieu…”.

Le Seigneur a exprimé là quel serait en général l’état moral et spirituel de l’humanité en ces derniers jours; il en est comme aux jours de Noé et au temps de Sodome et de Gomorrhe (Luc 17). Au temps de Noé eut lieu le grand mélange des deux lignées (de Seth et de Caïn), à cause duquel Dieu décida de mettre fin à toute chair (Gen. 6). De la même manière nous trouvons maintenant le plus grand des mélanges religieux qui aient jamais eu lieu.

Dans 2 Timothée 4.1-5, nous sommes mis en garde contre toute prédication qui s’écarte de la Parole de Vérité: “… car il y aura un temps où ils ne supporteront pas le sain enseignement… et ils détourneront leurs oreilles de la vérité et se tourneront vers les fables”. Dans 1 Timothée 4.1-3, ce n’est pas l’apôtre mais bien l’Esprit de Dieu qui nous annonce à l’avance le développement spirituel de ces derniers temps: “Or l’Esprit dit expressément qu’aux derniers temps quelques-uns apostasieront de la foi, s’attachant à des esprits séducteurs et à des enseignements de démons… défendant de se marier (faisant du célibat une obligation), prescrivant de s’abstenir des viandes (par exemple de ne pas manger de viande le vendredi), que Dieu a créées pour être prises avec actions de grâces par les fidèles et par ceux qui connaissent la vérité”. Ce qui est présenté aux hommes comme étant particulièrement digne d’effort est qualifié par les Saintes Ecritures de doctrines de démons.

L’apôtre Pierre a aussi écrit sur le jour du Seigneur, qu’il appelle également ‘jour de Dieu’: “Or le jour du Seigneur viendra comme un voleur; et, dans ce jour-là, les cieux passeront avec un bruit sifflant, et les éléments embrasés seront dissous, et la terre et les oeuvres qui sont en elle seront brûlées entièrement” (2 Pier. 3.10).

Le prophète Daniel se rapporte maintes fois au temps de la fin. Nous lisons au chapitre 2.28: “Mais il y a un Dieu dans les cieux qui révèle les secrets et fait savoir au roi Nebucadnetsar ce qui arrivera à la fin des jours. Au chapitre 8, versets 17,19 et 26 il lui fut dit: “Comprends, fils d’homme, car la vision est pour le temps de la fin… voici, je te fais connaître ce qui aura lieu à la fin de l’indignation; car à un temps déterminé sera la fin… Et toi, serre la vision, car elle est pour beaucoup de jours. Au dernier chapitre, presque les mêmes paroles sont criées à Daniel: “Et toi, Daniel, cache les paroles et scelle le livre jusqu’au temps de la fin… Va, Daniel; car ces paroles sont cachées et scellées jusqu’au temps de la fin (Dan. 12.4 et 9).

Jusqu’ici il n’était réellement pas possible, comme c’est le cas maintenant à cause du développement politique, de classer correctement selon les Saintes Ecritures la partie prophétique de l’histoire. L’Europe religieuse et politique qui prend actuellement naissance est la restauration de “l’empire romain” et cela a en fait commencé avec le traité de Rome du 25 mars 1957. Le développement irréversible en Europe centrale, ainsi que la situation générale dans le monde, nous montrent clairement que nous vivons maintenant très près du retour de Jésus-Christ et du jour du Seigneur qui va le suivre. Non seulement le temps est proche, mais il est là. Aujourd’hui nous n’avons plus besoin d’interpréter la prophétie biblique car nous la voyons se réaliser sous nos yeux. Le temps de grâce, le jour du salut, tire à sa fin; le compte à rebours a déjà commencé. Une époque arrive à sa conclusion et une autre commence. Après le septième jour, le dernier millénaire, le temps se fondra alors dans l’éternité.


 

Chapitre 27

L’EMPIRE ROMAIN ET SON IMPORTANCE
PARTICULIERE AU TEMPS DE LA FIN

L’empire romain est lié à l’église romaine de manière indissociable. Aux jours de Constantin elle était l’église de l’Empire, puis elle devint l’église du peuple, et finalement l’église d’Etat. Le développement religieux déboucha sur le développement de l’Etat, et c’est l’institution religieuse qui devint une forme d’Etat, à savoir “l’Etat Pontifical” lequel exista pendant des siècles. Aucune autre église, à commencer par l’“Eglise d’Orient” jusqu’à la grande église anglicane internationale, n’a en tant qu’institution religieuse le caractère d’Etat. L’église romaine est tout à fait officiellement un Etat indépendant, au milieu d’un autre Etat (Apoc. 17.11), et elle est la puissance politique la plus importante sur la terre. Le Vatican entretient des relations diplomatiques avec plus de 100 pays, c’est-à-dire qu’il y a un échange d’ambassadeurs, lesquels sont appelés par le Saint-Siège des “nonces”. Pour quelle raison aucune autre église nationale ou du peuple n’a-t-elle donc de telles relations diplomatiques? Pourquoi est-ce uniquement l’église de Rome? Parce qu’elle est un Etat, et qu’elle commande dans tous les Etats à tous ceux qui lui appartiennent. Elle n’est absolument pas l’Eglise primitive que Christ a appelée à la Vie.

Lors d’une visite du pape, il s’agit d’une visite d’un Chef d’Etat, lequel doit être reçu avec tous les honneurs dus à son rang. Lorsque Christ a parlé du Royaume de Dieu, a-t-Il eu dans l’esprit “l’Empire de Rome”, que les papes ont élevé devant les yeux du monde entier? Cette puissance mondiale politique, économique et religieuse peut-elle être l’Eglise de Christ? Etait-ce bien là la volonté de Dieu? Etait-ce cela l’intention de Jésus-Christ lorsqu’Il accomplit le salut à Golgotha?

Pour avoir une meilleure compréhension de l’histoire, qui se déroule simultanément sur le plan des pouvoir religieux et temporel, enchevêtres l’un dans l’autre certaines choses doivent encore êtres mentionnées. Conformément à ce qui a été montré en vision au prophète Daniel, quatre empires sont prévus jusqu’à la fin de la civilisation actuelle. Le dernier est l’empire romain (Dan. 2 et 7). Historiquement, c’est ainsi que le cours de ces empires se déroula: l’empire babylonien dura de 606 à 538 av. Christ, l’empire des Mèdes et des Perses de 538 à 330 av. Christ; puis suivit l’empire grec, sous Alexandre le Grand, qui s’étendit de 330 à 30 av. Christ. Depuis l’an 30 av. Christ, c’est l’empire romain qui s’empara du pouvoir et qui subsistera jusqu’à la fin effective de cette époque. Ces quatres empires furent symbolisés dans Daniel 7 par quatre bêtes. Dans la prophétie biblique une bête symbolise toujours une puissance, ou bien un dominateur qui exerce le pouvoir (Dan. 7.17,23).

Il est très important de savoir de quelle manière ces puissances totalitaires exercèrent le pouvoir. Cela commença par cet homme bien connu Nebucadnetsar, qui, subitement influencé par des fanatiques et saisi de mégalomanie, ordonna que soit mise à mort toute personne s’adressant à un autre dieu que ceux reconnus par l’empire. Qui donc n’a jamais entendu parler des trois hommes qui furent jetés dans la fournaise uniquement parce qu’ils invoquaient et servaient le seul vrai Dieu? La même accusation fut portée contre le prophète Daniel, lequel, à cause de cela, fut jeté en pâture aux lions. Mais subitement apparut la main écrivant sur la muraille:“Mené, mené, thékel, upharsin”, et c’est de cette manière, que par un écrit le dominateur apprit, alors que son ciel était serein, que son royaume avait été pesé et que ses jours étaient comptés. C’est ainsi qu’il en sera de nouveau à la fin de cette génération.

Pendant les deux derniers millénaires, l’autorité a de toute manière été exercée par Rome. Tout d’abord cette autorité fut politico-païenne, puis elle devint politico-pagano-“chrétienne”. Qu’ils soient empereurs ou papes, leur intention a toujours été d’agrandir cet empire, de le fortifier et de le défendre, le cas échéant de le rétablir. Ils le firent par tous les moyens possibles. Tous les autres royaumes, jusqu’à “l’Empire britannique” lui-même tombèrent en décadence et durent s’insérer dans ce développement général. Maintenant le grand empire soviétique s’écroule aussi, et le bloc de l’Est dans son ensemble est ébranlé afin que ce seul “Empire universel” puisse prendre place.

Dans cet empire romain, la foi trinitaire catholico-romaine fut proclamée dès le 4ème siècle comme étant la seule valable. Les empereurs, les papes, les princes et tous ceux qui possédaient quelque influence se sentirent obligés de rassembler toutes leurs forces pour veiller à atteindre ce but bien défini. Quiconque ne se tournait que vers le seul vrai Dieu, comme par exemple les Juifs et ceux qui professaient une autre foi, étaient pourchassés sans pitié. La fin a toujours justifié les moyens! Il y eut les croisades et beaucoup de guerres appelées “saintes et justes” et cela parce que derrière elles se tenait l’église “sainte et juste”.

Nous n’avons pas la possibilité de nous représenter aujourd’hui tout ce qui a été ainsi réellement perpétré. Celui qui peut voir les instruments de torture employés par la “sainte” Inquisition en ressort malade. L’intolérance à l’égard de ceux qui avaient une foi autre que la leur, et le fanatisme religieux aveugle qui dégénérait en haine mortelle, ont vraiment dépassé toute mesure. Quelques auteurs ont essayé timidement d’éclairer ce sombre chapitre. On ne pourra jamais assez clairement le dire: toutes ces atrocités ont été commises et légitimées en raison du funeste arrêt décrétant que dans cet empire romain une seule et unique foi était valable, à savoir celle représentée par l’église catholique romaine.

Les papes et les empereurs se partageaient le pouvoir. Aujourd’hui, on appellerait cela “joint-venture” ou “power-sharing”. Ils régnaient dans leur empire avec une indicible brutalité. Mais ce soi-disant “Saint Empire Romain” n’est aucunement saint, pour la bonne raison qu’il n’est pas le Royaume de Dieu. Il n’est que faussement présenté comme tel, à dessein ou par manque de connaissance. A aucune époque un apôtre ou un homme de Dieu appelé du Seigneur ne s’est mêlé de politique ou n’a exercé un pouvoir dans ce monde. Les vrais serviteurs de Dieu ont proclamé de tout temps le Royaume de Dieu et ont laissé la politique aux politiciens.

L’empire romain, composé de la puissance politique, économique et religieuse, s’élève maintenant à nouveau sous nos yeux et il s’étend. Une Europe unie a été de tout temps le rêve des papes et elle joue le plus grand rôle dans les prophéties du temps de la fin.

Quelle qu’ait été la forme de gouvernement de chaque pays ayant appartenu à cet empire romain, ou lui appartenant maintenant, que ce soient des démocraties ou des dictatures (car les Etats et les diverses formes de gouvernements sont venus et s’en sont allés), cette “église de l’empire” a survécu à tous ceux-là et demeure d’acier. Le Vatican sait utiliser chaque système d’Etat pour atteindre son but! Afin d’en imposer au public du monde entier, il acceptera toutes les autres communautés religieuses, pour ensuite en assumer le commandement. Aujourd’hui, on ne maudit plus et on ne met plus au ban. Aujourd’hui les bras sont ouverts à tous. Au cours de la même semaine, le pape reçoit successivement un politicien d’Israël et le chef de l’OLP. Les responsables politiques et religieux de tous les pays souverains viennent à lui, sans considération de leur conception du monde ou leur idéologie. Tous ont déjà compris que sans une visite au pape, ils n’obtiennent pas la considération nécessaire, fût-ce même dans leur propre pays. Le président des Etats-Unis, George Bush, s’est certainement conformé à ce que disaient ses conseillers, car lors de son voyage en Europe en mai 1989, il est allé en premier lieu présenter ses civilités au pape. Michaël Gorbatchev le fit également. C’est là que fut décidée la réunification de l’Allemagne. Après l’introduction de cette réunification, en novembre 1989, le Chancelier fédéral Helmut Kohl, depuis Berlin, remercia publiquement le pape pour cela. C’est ainsi que se fait la politique mondiale!

Conformément aux prophéties bibliques, après toutes les guerres qui auront lieu, des ennemis historiques deviendront amis et une paix apparente sera proclamée, afin que soit accomplie cette parole de l’Ecriture: “Quand ils diront: Paix et sûreté…” (1 Thess. 5.3.) Toute l’Europe est bouleversée. A l’Ouest comme à l’Est des hommes se sont levés en faveur de la paix. Ils ont démontré en proclament des slogans comme “des épées faisons des charrues” ou “amenons la paix sans faire parler les armes”. Ces derniers temps de grand progrès ont été atteints dans les négociations pour le désarmement. Cependant aucun politicien ne proclamera cette paix, mais bien l’Antichrist en fonction à ce moment-là, qui se présentera comme étant le pacificateur et le médiateur. Mais après tout cela la paix véritable et durable sera apportée par Christ, car Il est le Véritable Prince de la Paix.

En rapport avec le temps de la fin, le pasteur Markmann cite cette prophétie d’un voyant russe: «Peu avant sa mort, en 1900, le voyant russe Vladimir Soloviev publia sa célèbre ‘Courte relation sur l’Antichrist’. Devant le congrès mondial des peuples il fait dire cette parole à ‘l’homme de l’avenir’: ‘Peuples de la terre, je vous donne ma paix!’ et il termine par ces mots: ‘Peuples de la terre, les promesses sont accomplies, la paix mondiale et éternelle est assurée… Car désormais existe sur la terre une puissance centrale plus forte que le reste des autres puissances prises individuellement ou dans leur ensemble… Et désormais, aucune puissance n’aura la hardiesse de dire: ‘Guerre!’ lorsque je dis: ‘Paix!’. Peuples de la terre! Que la paix soit avec vous!’» (O. Markmann, Endzeit, Entrückung, Antichrist, S. 67).

De telles paroles viendront de la bouche du chef religieux qui dans une grande mesure détermine la politique. Lorsque des apologistes chrétiens parlent du “Superhomme” du temps de la fin et qu’ils le cherchent dans le Judaïsme ou l’Islam, ils témoignent par cela d’une totale ignorance. Cet homme ne sera pas un athée, ni un Juif, ni un Musulman et pas davantage un Boudhiste ou un Hindou. Il s’agit là de l’homme couronné se considérant comme le souverain qui règne sur le monde entier. Ce même homme qui auparavant se présentait avec amabilité deviendra à l’heure H, dès que Satan sera entré en lui comme en Juda et se sera emparé de lui, celui qui mettra le comble au péché et à l’iniquité.

La réalisation de cette prophétie biblique ne concerne pas au premier lieu la Chine, ou les Etats-Unis, mais bien “l’Europe Unie”. Le pasteur Markmann écrit à cet égard: «Après la dernière guerre, le Vatican s’est engagé de façon logique pour une nouvelle Europe unie. Le pape Paul VI a constamment et tout particulièrement souligné la pensée de l’unification de l’Europe. Déjà ses prédécesseurs Pie XII et Jean XXIII se prononçaient pour la création d’une union européenne de caractère supra-national. Paul VI insista sur le fait que c’est la foi catholique qui autrefois avait ‘fait l’Europe’; que cette foi pourrait ‘dans une mesure incomparable contribuer à sa culture commune fondamentale, laquelle devrait animer la vie sociale et politique d’une Europe unie et lui insuffler une vitalité spirituelle’. La nécessité pour l’Europe de s’unir devient de jour en jour plus urgente, déclara-t-il en 1963» (O. Markmann, Endzeit, Entrückung, Antichrist, S. 70).

Pour que le traité de Rome réussisse, le Vatican en a été la force motrice. Déjà en 1970 il établit des relations diplomatiques avec la commission de la C.E.E. à Bruxelles. Cela aboutira finalement à l’unification globale de l’Europe. Michaël Gorbatchev, qui fut hautement apprécié de beaucoup de gens et estimé dans le monde entier, a fait ressortir à nouveau la notion de “construction de la maison européenne” comme cela avait déjà été exprimé lors de la réalisation du traité de Rome en 1957. Des politiciens notoires et les membres du clergé se sont emparés de ce vocabulaire. Ces derniers temps, toutes les voix influentes présentent la pensée de l’union de l’Europe entière et l’expriment avec détermination.

«Le pape appelle à une ‘Europe sans frontières’. Le pape demande la construction d’une ‘Europe sans frontières’ qui n’ait pas renié ses racines chrétiennes. Il a confié ce ‘projet d’une Europe sans frontières’ à l’intercession de Marie, la Mère de Dieu, a-t-il dit lundi devant environ 6’000 personnes à Covadonga aux Asturies, la dernière station de son voyage de trois jours en Espagne» (Frankfurter Allgemeine Zeitung, 22.08.1989).

C’est de nouveau au pape qu’est venue la pensée juste de jeter un pont par-dessus le gouffre séparant l’Est de l’Ouest. La citation suivante donne de plus amples renseignements à ce sujet: «L’intérêt pressant du pape pour une Europe Unie sur un fondement religieux catholique s’exprime aussi dans la proclamation de saints protecteurs pour l’Europe. Le pape Paul VI déjà avait proclamé ‘Benedict de Norcia’ comme patron de l’Europe. Le pape Jean Paul II a proclamé maintenant pour l’église catholique universelle, en tant que saints protecteurs supplémentaires de l’Europe, les saints frères ‘Cyrille’ et ‘Methode’ qui ont oeuvré au neuvième siècle comme apôtres et docteurs des Slaves».

«Par la proclamation solennelle des saints Cyrille et Méthode comme patrons de l’Europe, Jean-Paul II voudrait montrer d’une part sa contribution à la formation de l’Europe, et d’autre part mettre l’accent sur le fait que le profil spirituel et culturel de l’Europe n’est pas seulement imprégné de la civilisation latino-romaine et des traditions spirituelles occidentales, mais qu’il est tout autant imprégné de la culture classique grecque et de la tradition byzantine et byzantino-slave».

«Le président de la conférence épiscopale d’Allemagne, le Cardinal Josef Höffner, déclara à ce sujet à Cologne, que l’action des deux nouveaux saints protecteurs en tant ‘qu’apôtres des Slaves’ peut être comparée à ce que saint Bénédict avait accompli dans l’Europe du Centre et de l’Ouest. Ces trois saints seraient donc pareillement des ’bâtisseurs spirituels de l’Europe, et même de toute l’Europe entière’»

«La décision du pape serait une invitation pressante, faite à tous dans l’ensemble de l’Europe, à se confier en l’intercession de ces trois grands saints et cela aussi dans le cadre des pas décisifs qui ont déjà été engagés sur le chemin d’une complète unité entre l’église catholique et l’église orthodoxe…» (O. Markmann, Endzeit, Entrückung, Antichrist, S. 72-73).

Le Vatican, par le moyen de ses organismes, joue le rôle principal dans la perspective de la réunification de l’Europe, tant à l’égard de la politique que de la religion. Sans lui les prophéties des temps de la fin ne sont pas concevables. Depuis la deuxième guerre mondiale, la stratégie qu’il pratique s’est fondamentalement modifiée au fil des ans, c’est-à-dire de ne plus user de violence, tout en gardant le même but. De l’avis des initiés, la deuxième guerre mondiale est estimée avoir été une tentative en vue d’arriver, par la violence et au moyen de la puissance militaire, à établir une Europe catholique.

Le bolchévisme athée était vu par le Vatican, et en général par la curie et les gouvernements de l’Ouest, comme le grand danger pour l’Occident chrétien. Mussolini s’est mis au service de l’église quand, en 1929, il céda au pape d’alors, Pie XI, l’actuel “Etat du Vatican” comme territoire souverain indépendant. Dès ce moment, le Vatican est redevenu de facto un Etat souverain.

Beaucoup d’historiens se sont occupés du rôle qu’avait joué l’église dans le fascisme et le national-socialisme jusqu’en 1945. Dans les alinéas suivants nous donnons quelques citations du livre “Abermals krähte der Hahn” du Dr Karlheinz Deschner, chapitres 7 et 68. Cet historien a fait, d’une manière très approfondie, des recherches sur les faits historiques.

«Le premier service que l’ex-socialiste (Mussolini) rendit au Saint Siège fut d’ordre financier, c’est-à-dire qu’il sauva de la banqueroute la ‘Banque de Rome’, ainsi que la Curie avec plusieurs de ses dignitaires qui lui avaient confié de fortes sommes, en lui injectant aux frais de l’Etat italien environ un milliard et demi de lires… Le cardinal Vannutelli, le doyen du soi-disant Saint Collège, déclara en ce temps-là déjà à son sujet qu’il avait été ‘élu pour sauver la nation et le rétablissement dans la prospérité’».

«Le pape Pie XI se vit obligé encore une fois le 13 février 1929 de mentionner Mussolini comme étant ‘l’homme que la Providence nous a envoyé…’. Remarquez entre parenthèses qu’après la signature de l’accord du Latran, le premier bourgmestre de la ville de Cologne, qui était en ce temps-là Konrad Adenauer, envoya aussi à Mussolini un télégramme de félicitations lui assurant que son nom serait écrit en lettres d’or dans l’histoire de l’église catholique».

«Alors que le monde presque tout entier condamnait l’agression fasciste (contre l’Abyssinie), l’église catholique, et tout particulièrement le haut clergé italien, se mit aux côtés de Mussolini. Le 27 août 1935, alors que les préparatifs de guerre tournaient à plein régime en Italie, le pape annonçait qu’une guerre de défense (!) ayant pour but l’expansion (!) d’une population croissante pouvait être légitime et juste. Quelques jours après cela seulement, quatre semaines avant l’attaque, 19 archevêques et 57 évêques envoyèrent un télégramme que publia ‘l’Osservatore Romano’ ainsi libellé: ‘L’Italie catholique prie pour la grandeur croissante de sa patrie bien-aimée qui, grâce à son gouvernement, est plus unie que jamais…’. L’archevêque de Tarente, après avoir lu une messe à bord d’un sous-marin, déclara que cette agression était une ‘guerre sainte, de croisade’… L’archevêque de Milan, le cardinal Schuster, qui avait béni en automne 1935 les troupes entrant en campagne, compara Mussolini à César, Auguste et Constantin, et il enseignait aux jeunes écoliers italiens que par l’oeuvre du Duce ‘Dieu avait répondu du ciel…’. Le 12 janvier 1938 encore, Mussolini reçut 72 évêques et 2340 prêtres dans le Palazzo Venezia où l’archevêque Nogaro demanda à Dieu dans son discours d’être au côté du Duce dans toutes ses batailles pour la prospérité de l’Italie chrétienne… ‘Dans un enthousiasme pieux, avec la voix et le coeur du peuple, nous nous écrions: Vive le Duce!’».

«En 1933 déjà, les évêques espagnols réclamaient dans une lettre pastorale, comme le pape le 3 juin dans une encyclique, ‘une sainte croisade pour la pleine restauration des droits de l’église’… Le beau-frère de Franco, Serrano Suñer, secrétaire de l’organisation des Jeunesses catholiques, qui devint plus tard ministre de l’Intérieur et des Affaires étrangères, était un ami de Mussolini et d’Hitler. Et à la fin juin 1942, il fut décoré par le pape de la grand-croix de l’Ordre de Pie IX. Deux mois auparavant Suñer avait déclaré en présence d’un correspondant d’un journal danois, que 15’000 Espagnols luttaient déjà sur le front de l’est et qu’au cas où l’Allemagne en aurait besoin, ce nombre pourrait être élevé à un million… Les évêques allemands sous la consigne directe du Cardinal secrétaire d’Etat Paccelli avaient rendue publique déjà le 30 août 1936 une lettre pastorale où il était dit par rapport à l’Espagne: ‘Quelle que soit la tâche qui incombe à notre peuple et à notre patrie à ce sujet, nous la considérons comme allant de soi. Puisse notre Führer, avec l’aide de Dieu, accomplir cet immense et dur travail de défense (!) avec une fermeté inébranlable et la coopération la plus fidèle de tous les concitoyens’. Le 3 janvier 1937 déjà, les évêques allemands cherchaient de nouveau, en rapport avec l’Espagne, à gagner leurs croyants à leur cause: ‘Bien-aimés diocésiens! Le Führer et Chancelier Adolf Hitler a vu depuis longtemps l’approche du bolchévisme, et sa pensée et son souci sont axés vers le but de détourner ce monstrueux danger de notre peuple allemand et de l’Occident’».

«La même année (1933), le catholique von Papen conclut le concordat entre l’Allemagne nazie et le Vatican… Dans les années 34 à 38, von Papen en tant qu’ambassadeur allemand à Vienne, prépara la prise du pouvoir nazi en Autriche».

«Les évêques allemands ne s’élevèrent jamais contre les meurtres judiciaires de leurs adversaires et la persécution de milliers de leurs adversaires libéraux, démocrates et communistes, car cela correspondait justement à leurs aspiration. Ils ne protestèrent jamais contre les horribles pogromes perpétrés à l’encontre des Juifs, ni contre la destruction de plus de 200 synagogues, contre l’humiliation, la déportation et la gazéification des Juifs que leur propre église avait en vérité sans cesse pourchassés et tués durant mille cinq cents ans. Jamais ils ne protestèrent contre le système national-socialiste en tant que tel. En revanche des éminences du clergé comme le cardinal Faulhaber de Munich, le Cardinal Schulte de Cologne, l’évêque Matthias Ehrenfried de Würzburg et d’autres déclarèrent (en 1935) être prêts à collaborer avec le nazisme et déplorèrent son élimination».

«Le 11 mars 1938, les troupes d’Hitler occupèrent l’Autriche. Le cardinal Innitzer de Vienne, qui en accord avec le Vatican et Schuschnigg avait recommandé la soumission en déclarant: ‘L’annexion est inévitable’, célébra l’entrée de la Wehrmacht au son des cloches et avec des drapeaux à croix gammée décorant son église. Et il demanda à son clergé de faire de même. Le 12 mars, il l’obligea à célébrer une messe de remerciements à Dieu. Lorsque le 15 mars Hitler reçut le cardinal en audience et lui assura la continuité des droits de l’église, tous les évêques autrichiens, à l’exception de l'évêque de Linz, encouragèrent le peuple à voter pour Hitler et ils terminèrent leur appel avec la salutation: ‘Heil Hitler!’».

Considérant le fait que le but politique avoué de cette église universelle est demeuré le même, les événements du passé devraient être compris comme un avertissement pour l’avenir. Le prétendu “Saint Empire Romain de la Nation allemande” consistait en un pouvoir religieux et politique. Cette formulation trouve sa justification dans la mesure où le Vatican s’est servi des Allemands d’une manière toute particulière pour atteindre son but. L’Allemagne joue également le rôle principal dans le processus d’unification de l’Europe, elle est “la locomotive du train tout entier”, et la plaque tournante de l’Est et de l’Ouest. Par prudence ou par crainte de l’église de Rome, beaucoup d’historiens n’ont rien écrit à ce sujet, ou alors ils n’ont mis qu’allusivement sur le papier cet épineux chapitre religieux.

Avant le commencement de la deuxième guerre mondiale le Vatican se concentra sur l’Allemagne, laquelle devenait toujours plus puissante. Cela commença par la Bavière catholique, et cela tout spécialement à Munich où, lors de sa tentative de putsch en 1923, Hitler avait encore échoué. En 1924 le Vatican conclut un concordat avec le pays de Bavière. Il est à remarquer que déjà celui qui devint plus tard le pape Pie XII était cette année-là nonce à Munich et qu’il le fut plus tard à Berlin.

Il y avait déjà en 1938 environ 40’000 opposants politiques enfermés, sans qu’un seul dignitaire ait élevé la voix en faveur de ces hommes que l’on avilissait ainsi. Franz von Papen déclara en tant que bon catholique: «Le nazisme est une réaction chrétienne contre l’esprit de 1789» (E. Paris, L’histoire secrète des Jésuites, page 217). Par cette déclaration il se rapporte indubitablement à la révolution française qui conduisit à la séparation de l’Etat et de l’église, et provoqua la fin du “Saint Empire Romain de la Nation allemande”. Lorsqu’à l’étranger des voix se firent entendre hautement contre les événements qui se passaient en Allemagne, l’éditeur de “Stürmer”, Julius Streicher, se défendit par ces mots: «… c’est la propagande anglo-saxonne des protestants contre nous». Celui qui savait que ses arrières étaient protégés par le pape se sentait simplement fort au-delà de toutes mesures.

Des initiés savent aussi que le Vatican considérait non seulement le bolchévisme comme son adversaire politique mais aussi l’église orthodoxe greco-russe séparée comme une rivale religieuse devant être mise à sa place, tout deux étant respectivement à vaincre. Seul celui qui est au courant du fait que les SS hitlériens étaient tout spécialement organisés et dirigés par des Jésuites en uniformes, dont Goebbels entre autres faisait partie, peut alors comprendre la raison pour laquelle, lors de l’entrée des troupes allemandes en Russie, aucun édifice religieux ne fut endommagé dans l’Ukraine catholique romaine, alors que dans le reste de la Russie ceux-ci furent détruits sans aucun scrupule. Nous donnons encore une fois ci-après quelques citations du livre “Abermals krähte der Hahn” du Dr Karlheinz Deschner, chapitres 67 et 68: «Après l’attaque-surprise allemande contre l’Union Soviétique en 1941, l'évêque catholique des troupes en campagne (Franz Justus Rarkowski), dont même les milieux catholiques avouaient quant à ses lettres pastorales, ‘qu’elles regorgeaient de preuves de soutien à la guerre nationale-socialiste’, adressa une parole pastorale aux membres catholiques de l’armée dans laquelle il est entre autres dit: ‘Comme si souvent déjà dans l’histoire, l’Allemagne est devenue dans le temps présent le libérateur et le pionnier de l’Europe… Beaucoup d’Etats de l’Europe… savent bien que la guerre menée contre la Russie est une croisade européenne… Cet événement puissant et qui vous oblige à entrer en ligne dans l’Est vous amènera à comprendre combien indiciblement grand est le bonheur de pouvoir être allemands’».

«Et dans un mémoire de tous les évêques catholiques d’Allemagne du 10 décembre 1941 les dignitaires de l’église confessent: ‘… C’est avec satisfaction que nous poursuivons la lutte contre le pouvoir du bolchévisme, contre lequel nous, évêques allemands, avons mis en garde l’Allemagne catholique dans de nombreuses lettres pastorales de 1921 à 1936 et l’avons appelée à la vigilance, comme cela est bien connu du gouvernement du Reich’».

«Le grand pape de la paix garda aussi le silence. Il garda également le silence sur la destruction de presque 2’000 églises, de plus de 500 synagogues et du meurtre de nombreux ecclésiastiques pendant la guerre de l’Est. Le Vatican voulait-il donc, comme le firent les armées d’Hitler dans d’autres territoires occupés, ne propager en Russie orthodoxe également que le catholicisme?… Au sujet de la collaboration des Jésuites avec les SS et la Gestapo, le général des Jésuites, le comte Ledochowski (1866-1942, général de l’Ordre depuis 1915), avait déjà eu des pourparlers en 1940 avec les représentants des services secrets hitlériens… Des documents nous disent que depuis 1919, le Vatican avait essayé de renverser le régime communiste… Le Vatican avait l’intention ‘d’envoyer autant de prêtres que possible dans les territoires occupés de Russie, afin de préparer le terrain en vue des plans futurs de la politique vaticane à l’égard de la Russie’. Le 8.11.1941, le commandant en chef de la Wehrmacht recommanda aux chefs d’états-majors des armées de l’Est ‘de tenir compte de l’accord conclu avec le Vatican… de faciliter l’activité missionnaire des prêtres catholiques dans les territoires occupés…’. Et un chef des services secrets allemands, le général SS Schellenberg, écrivit dans un rapport de 5 pages au Ministère des affaires étrangères concernant une conversation avec le pape: ‘Le pape fera tout son possible pour assurer la victoire allemande. Son but est la destruction de la Russie’».

«… vingt ans plus tard le Dr Adenauer disait: ‘C’est pourquoi nous gardons vis-à-vis de ce monde (de l’Est) qui est à la vérité notre ennemi mortel, la plus grande vigilance… Cependant il ne s’agit pas seulement de la zone d’occupation soviétique, mais bien de la libération de toute l’Europe de l’Est se trouvant derrière le rideau de fer… L’Allemagne ne sera pas la proie du communisme athée, mais au contraire elle le fera tomber’».

En avril 1941, lors de l’entrée des troupes allemandes en Yougoslavie, les Croates qui étaient catholiques-romains furent pleinement épargnés, alors que les Serbes, qui eux étaient orthodoxes, furent massacrés en masse. Le mouvement catholico-fasciste croate, les Oustachis, pactisèrent avec le commandement militaire des troupes d’occupation, commandement largement dominé par des catholiques romains. Il est bien connu que l’archevêque Stepinac avait entrepris la coordination. Il put annoncer lui-même au pape que 250’000 Serbes avaient été convertis au catholicisme romain par la violence. Des deux millions d’orthodoxes environ que comptait en ce temps-là la population de la Croatie, 600’000 furent assassinés selon les données officielles. D’autres estiment le nombre de personnes assassinées à 800’000. Non seulement les Juifs, ainsi que d’autres groupes ethniques, furent massacrés sans scrupules, mais encore des minorités ayant la même appartenance nationale le furent aussi, pour la seule raison qu’ils avaient une autre conviction de foi que celle des catholiques romains.

Lors de l’entrée des troupes nazies en Pologne, un massacre des protestants allemands eut lieu. Ce que l’on appela “le bain de sang de Bromberg” est devenu un fait notoire. En ce temps-là, on parlait du massacre de plus de 40’000 personnes, principalement d’hommes, venant des territoires régis par l’administration polonaise. D’après ce que l’on dit, l’appel à perpétrer ce massacre était aussi venu de la chaire des églises. Récemment le nombre des morts fut estimé passablement en dessous de ce chiffre.

Il n’est pas difficile de percer à jour ce qu’Hitler voulait dire par cette déclaration: «Mais j’ai besoin, pour la construction d’un grand mouvement politique, des catholiques de Bavière aussi bien que des protestants de Prusse. Le reste viendra plus tard» (K. Deschner, Ein Jahrhundert der Heils geschichte, Volume I, S. 360). Des théologiens évangéliques de premier plan ont également collaboré avec le nazisme, et cela en opposition avec “l’église protestante”. Au lieu de la bénédiction éternelle de Dieu, ils se trouvent chargés de la malédiction temporelle. Ce qui serait advenu plus tard, nous l’aurions vécu en cas d’une victoire d’Hitler. L’action de “nettoyage” des Juifs, des minorités ethniques et des adversaires politiques, aurait été suivie d’une deuxième action de nettoyage, c’est-à-dire de celle des protestants.

Le 9 avril 1945 encore, soit un mois avant la fin de la guerre, le pasteur luthérien Dietrich Bonhoeffer fut exécuté après deux ans d’emprisonnement sur l’ordre personnel du catholique Himmler, à Flössenberg. Tous les groupes de jeunesse protestants étaient interdits dans le IIIe Reich. Premièrement ce fut aux porteurs de la Parole de l’église protestante qu’on s’en prit, à ceux qui s’étaient élevés ouvertement contre la dictature nationale-socialiste. Puis se fut au tour de tous les croyants des églises libres et autres communautés de subir les mêmes rigueurs. La conception naturelle de l’église romaine et du dictateur qui lui était fidèle, à savoir la certitude qu’aucune foi en dehors de celle qu’ils professent n’a le droit d’exister, est mortelle pour toutes les autres. Mais c’est avec respect qu’il doit être mentionné ici le fait que du côté catholique également la conscience agissait en reprenant quelques-uns, lesquels élevèrent leurs voix contre l’injustice.

En considérant ces faits, on peut sans autre se demander s’il existerait encore aujourd’hui une église protestante et des églises indépendantes dans une Europe gouvernée par un régime hitlérien allemand. Les Jésuites engagés et leurs organisations, tout particulièrement, voudraient enfin arriver à ce qu’ils recherchent depuis la Réformation: présenter au pape “l’église une, sainte, catholique et apostolique” conformément à ce qui est formulé dans la profession de foi catholique. «En 1915 (!) au milieu de la Trêve de Dieu, le pape Bénédict XV qualifie les partisans des ‘sectes évangéliques’, comme étant des ‘émissaires de Satan’ des fondateurs de ‘chaires pestiférées’ et les porteurs de ministère spirituels sont comparés à des ‘brigands et des voleurs’» (O. Markmann, Irrtümer der katholischen Kirche, S. 22). Personne ne peut comprendre la citation suivante: «Le Jésuite Mayrhofer d’Ingolstadt enseignait dans son ‘Miroir du prédicateur’ qu’on n’allait ‘pas plus à l’encontre de la justice en demandant la mise à mort des protestants qu’en réclamant la peine capitale pour les voleurs, les faux-monnayeurs, les meurtriers et les séditieux’» (E. Paris, Histoire secrète des Jésuites, page 56).

En compilant de nombreuses documentations, il est possible de définir aussi bien la position que le comportement de l’église catholique au cours de la deuxième guerre mondiale. Jusqu'à même en tirer la citation suivante que le Vatican fit publier le 3 mai 1945 par le général Franco dans la presse espagnole, à Madrid, à l’occasion de la mort de Hitler: «Adolf Hitler, fils de l’Eglise catholique, est mort en défendant la Chrétienté. On comprendra donc que notre plume ne trouve pas de mots pour pleurer sa mort alors qu’elle en avait tant trouvés pour exalter sa vie. Sur ses restes mortels se dresse sa figure morale victorieuse. Avec la palme du martyre, Dieu remet à Hitler les lauriers de la victoire» (E. Paris, Histoire secrète des Jésuites, page 273).

Beaucoup de ceux qui ont crié: «Heil Hitler!» ne savaient réellement pas ce qu’ils faisaient, mais les dignitaires de ce temps-là n’auraient-ils pas pu le savoir? Cependant ils levaient leur bras et témoignaient par leur cri de «Heil Hitler» [N. d. T.: Heil signifie aussi “sauve"] qu’à présent le salut venait de Hitler, au lieu de venir de Dieu. Né en 1933, je connais cela pour l’avoir vécu. Assez souvent j’ai observé les armées défilant pour la parade! Quelle puissance se dégageait d’un si grand nombre de voix criant: «Sieg Heil! Sieg Heil!» (Vive la victoire!). Beaucoup plus tard seulement, avec l’écroulement de la dictature de Hitler, je devins conscient que nous appartenions à une génération de guerre séduite, méchamment trompée et dupée. La publication des atrocités commises et le dévoilement de l’holocauste des Juifs ont laissé beaucoup de gens stupéfaits et sans voix. Il y a encore aujourd’hui des personnes qui nient cela, parce qu’elles ne peuvent tout simplement pas concevoir une telle cruauté allant jusqu’à gazer des hommes, des femmes et des enfants innocents, et qu’elles ne peuvent placer cette action dans son contexte. Au nom de Dieu et du peuple allemand ont été accomplis au 20ème siècle les crimes les plus abominables. Aujourd’hui encore résonnent aux oreilles de beaucoup de personnes les mots de propagande des temps nazis. Beaucoup se souviennent encore que l’on proclamait avec enthousiasme: «… et une seule foi dans le monde entier…». Sur la boucle des ceinturons des soldats se trouvait écrit: “Dieu avec nous!". Quel blasphème!

Pendant la seconde guerre mondiale, plus de 55 millions de personnes ont été “chauffées à blanc" par la propagande, mais les vrais instigateurs de cela demeurent encore impunis. «Le cardinal Frings, de Cologne, qui avait déjà parlé le 16 décembre 1945 lors d’une allocution à la radio d’une unicité du christianisme (c’est-à-dire évidemment de celle du catholicisme romain), fut le premier à réclamer publiquement, lors de la journée catholique du 23 juin 1950 à Rome en rapport avec l’occident, le réarmement des Allemands et l’établissement d’une paix fondée sur ‘l’ordre de Dieu’… L’évêque Muench, comme Pie XII, demanda dans une lettre pastorale, en 1945, que l’on ait de la ‘retenue’ à l’égard des criminels de guerre allemands. Cet évêque reçut en 1951 du Président de la république allemande, la Grand-croix du mérite envers la République et il fut nommé cardinal par le pape Jean XXIII» (K. Deschner, Abermals krähte der Hahn, S. 647-650).

La citation suivante est tout particulièrement instructive: «Après l’écroulement des régiments catholiques, ce furent précisément et de façon significative les cloîtres franciscains de l’étranger qui devinrent les refuges de ceux qui avaient mis à mort des masses de gens, Klagenfurt en Autriche, Modène en Italie, mais aussi ceux en France» (K. Deschner, Abermals krähte der Hahn, S. 625). Ils s’y connaissaient visiblement très bien et savaient où trouver non seulement des portes ouvertes, mais aussi des bras ouverts. Même Paul Touvier, le boucher de Lyon, complice français du meurtrier de masses Klaus Barbie, fut arrêté en mai 1989 dans un couvent catholique où il vivait en sécurité depuis de nombreuses années.

Après la défaite de l’armée allemande à Stalingrad, le pape essaya d’attirer les Etats-Unis de son côté pour combattre le bolchévisme. La seule condition que le président Roosevelt posa était que Hitler démissionne. Le pape supplia ce dernier de capituler. Mais cette fois le dictateur assoiffé de puissance fit la sourde oreille. Les évêques catholiques qui avaient publié leur solidarité avec Adolf Hitler en mars 1933 à la conférence de Fulda s’exprimèrent tout différemment en 1945, et ils suivirent une tout autre stratégie pour atteindre le but fixé, à savoir une Europe politico-religieuse unie.

Ce qui n’avait pu être réalisé par la violence des armes deviendra désormais et sous peu par la voie diplomatique, une réalité. Alors que des millions de gens — réfugiés, prisonniers de guerre, déportés dans des camps de travail — devaient subir les conséquences de la guerre, le clergé n’hésita aucunement à changer de cap et à faire flotter sa bannière au vent nouveau. Les innocents ont souffert des suites de cette guerre alors que les véritables coupables vivaient en sécurité et continuaient à jouer leur rôle avec une grande élévation.

Depuis le deuxième Concile du Vatican (1962-1965) les aiguillages ont été de nouveau mis en place. Les églises protestantes ne sont plus maudites et traitées d’infidèles, mais sont reçues à bras ouverts en tant que frères séparés. La contre-Réformation est terminée. Chose étrange, aucune des nombreuses malédictions formulées contre les protestants, et celles faites principalement au Concile de Trente, n’ont été retirées. Jusqu’aujourd’hui, aucune parole d’excuse n’a été formulée par le pape et l’église de Rome à l’égard des Juifs, des Protestants et des personnes professant une autre foi que la leur.

Jamais encore la vie des autres n’a joué de rôle chez les dominateurs de Rome. Quiconque se trouvait sur le chemin de leur ambition de puissance, qu’il soit adulte ou enfant, ennemi politique ou religieux, fut supprimé. Néron, Dioclétien, Constantin et d’autres encore ont ouvert ce chemin, et cette tendance a continué plus tard chez les papes romains. Quiconque ne se soumettait pas à eux était poursuivi et assassiné, et cela sans égard à ce qu’il pouvait être: païen, juif, musulman, ou chrétien soumis à une autre foi que la leur. Leur seul crime était de ne pas professer appartenir à l’église catholique romaine.

C’est Constantin qui est à proprement parler le fondateur de cette “église de l’empire" et qui lui donna d’exercer sa puissance brutale. Il prétendit avoir vu dans le ciel une croix de feu à côté de laquelle était écrit: «Par ce signe tu vaincras». Ce meurtrier, qui fit mourir plusieurs personnes dans sa propre famille (ses deux beaux-frères Licinius et Bassanius, son neveu, le fils de Licinius, son beau-père Maximilien, son fils Crispus et sa femme Fausta) était en même temps un habile politicien. Pour lui, l’église représentait un facteur de puissance et il s’en servit. En effet tout d’abord, il laissa faire également les païens. C’est à partir de ce temps-là que fut établie, en rapport avec les persécutions et les meurtres, l’église de l’empire pagano-chrétienne. Augustin, le prince de l’église, exalta presque 70 ans plus tard l’église comme étant “l’Etat de Dieu". Pour lui Satan était déjà lié, alors que l’état des choses donnait la preuve du contraire: c’est-à-dire que Satan venait tout juste d’être délié!

Le jour consacré au dieu soleil fut déclaré anniversaire de la naissance du Fils de Dieu. Jupiter, Diane et autres divinités masculines ou féminines furent destitués, alors que Pierre, Marie et d’autres furent proclamés saints et furent élevés à leur place. Lors de l’institutionnalisation de ce “christianisme", ce qui en somme a eu lieu fut une l’accaparement complet du culte des idoles gréco-romaines et la continuation du culte qui leur était rendu. Les dieux païen furent simplement échangées contre des saints et des patrons. L’ensemble de la population de l’empire romain fut soumise par la force à cette puissance politico-religieuse. Ceux qui ne voulurent pas l’accepter ou qui, par motif de conscience, ne purent s’y soumettre furent éliminés. La collaboration de l’Etat et de l’église dans ce travail ne laissait aucune chance à ceux dont la profession de foi était différente. Que ce soit dans le commerce, les métiers, les corporations, partout le boycott et la persécution étaient à l’ordre du jour.

Lorsque l’église catholique romaine aura demandé des excuses pour les millions de personnes qui ont perdu la vie à cause des poursuites exercées contre elles, alors seulement elle aura le droit de parler de “la protection de la vie de ceux qui ne sont pas encore nés". On veut subitement protéger ceux qui ne sont pas encore nés, tandis que les vivants ont été et sont encore livrés à la mort! N’est-ce pas précisément des papes qui ont lancé l’appel aux croisades et qui ont béni les mercenaires pour la vie desquels ils ne donnèrent absolument rien? Lors de ces croisades ou de ces guerres religieuses, a-t-on pris garde aux femmes enceintes, aux enfants, et en somme aux vies humaines? Combien n’est-il pas funeste que soit sans cesse mis à jour, dans le voisinage des couvents, des squelettes d’enfants!

Dans “Le catéchisme catholique pour adultes", à la page 256, se trouve écrit que l’église est un sacrement. Tous savent généralement qu’il y dans l’église romaine sept sacrements. Mais lorsqu’on dit que l’église elle-même est un sacrement, il doit sans doute s’agir de quelque chose de nouveau! Voici la citation: «L’Eglise en tant que Sacrement de l’Esprit. Difficultés avec l’Eglise. A la question de connaître l’endroit où se trouve le Saint-Esprit, la confession de foi de l’Eglise répond par cette déclaration: ‘Je crois (à) l’Eglise catholique, une, sainte et apostolique’. L’Eglise reconnaît donc qu’en elle et par elle l’Esprit de Jésus-Christ poursuit son action dans l’histoire. Elle croit qu’elle est l’endroit, voire le sacrement, c’est-à-dire le signe et l’instrument de l’action du Saint-Esprit».

Entre la confession des lèvres et la réalité existe cependant une différence aussi grande qu’entre le ciel et la terre. Ce n’était certainement pas l’Esprit de Christ qui a agi avec une telle cruauté au cours de l’histoire de l’Eglise. Et c’est bien parce que dans cette église tout ce qui s’est passé est connu que l’on trouve à la même page du catéchisme catholique pour adultes cette prise de position: «C’est à peine si une autre déclaration de foi suscite autant d’incompréhension et d’opposition, voire de haine que celle-ci. En fait beaucoup de chrétiens catholiques pratiquants ont même des difficultés avec l’Eglise. Ce n’est pas qu’un petit nombre d’entre eux seulement qui disent: ‘Pour Jésus, oui, mais pour l’Eglise non!’. Le reproche principal fait à l’Eglise est qu’elle a, au cours de son histoire, trahi le message original de Jésus. Parce que Jésus — voici leurs objections — était pauvre et qu’Il intervenait en faveur des pauvres; par contre l’Eglise serait riche, elle pactiserait avec les riches et les puissants et elle aurait manqué de s’occuper des questions sociales. Jésus prêchait l’amour et cela même à l’égard de l’ennemi. Par contre l’Eglise serait intolérante et persécuterait (comme cela est montré aux yeux de tous par l’Inquisition) ses adversaires avec une brutale cruauté… Que doit donc dire un chrétien catholique à l’égard de cette ‘énumération de péchés’? Il n’a besoin de rien enjoliver ou camoufler. L’Eglise, qui précisément proclame le pardon des péchés, peut en toute confiance confesser sa propre faute, comme le fit le pape Adrien VI au Reichstag de Nuremberg (1522-1523) ou encore le pape Paul VI lors du Concile de Vatican II (1962-1965). Le Christ n’a donc pas besoin de nier les pages d’ombres de l’histoire de l’Eglise».

Auprès de Dieu les choses ne se passeront certainement pas aussi simplement que cela se trouve écrit dans le catéchisme catholique. Le pardon ne peut être accordé que là où une véritable repentance a lieu. Dieu ne va pas pardonner ces actes cruels, mais au contraire Il va venger le sang innocent qui a été versé (Apoc. 6.9-10; 18.7,8), car les choses ont été faites avec préméditation. Si la perspective d’une persécution des chrétiens croyant en la Bible n’était pas devant nous, nous pourrions considérer ce chapitre comme étant clos. Mais conformément aux prophéties de l’Apocalypse ce qui arrive maintenant est le rassemblement politico-religieux, puis le boycott et la persécution, au point “… que personne ne peut acheter ni vendre, sinon celui qui a la marque, le nom de la Bête, ou le nombre de son nom" (Apoc. 13.17). Ce qui s’est passé pour les Juifs lors du IIIème Reich, et déjà auparavant à diverses époques, arrivera de même pour les chrétiens qui croient conformément à la Bible et qui devront passer par un court laps de temps de persécution. Leur crime consistera en ce qu’ils n’appartiendront pas à une dénomination reconnue, et par cela ni au Conseil Mondial des Eglises ni à l’église romaine. On les considérera comme des hérétiques et comme des gens que la société ne peut tolérer. Lorsque par exemple une personne cherchera du travail et que la religion devra être mentionnée, on pourra tout de suite décider si cette personne recevra ou non le travail. Sera-ce possible que les politiciens arrivent encore à protéger la vie et la dignité des individus, et cela plus particulièrement de ceux qui pensent et qui croient différemment?

Pour confirmer la Parole de la Bible, cet empire est appelé bibliquement “une bête", laquelle a reçu un coup d’épée qui a provoqué une plaie (Apoc. 13.14). L’épée de l’Esprit est la parole de Dieu et c’est avec cette Parole de Dieu que les réformateurs ont porté une plaie mortelle à cette puissance. C’est pour cette raison que tous ceux-ci sont considérés par cette puissance mondiale comme des serviteurs de Satan et qu’ils représentent pour elle une perturbation et une menace. Cependant, comme le dit la prophétie biblique, la plaie mortelle se guérira et c’est ce qui fera l’étonnement et l’admiration du monde entier (Apoc. 13.3-12). Ce processus de guérison est actuellement très avancé.

Lorsque les églises protestantes et églises libres ont commencé, toutes avaient comme thème central la prédication de l’Evangile. Cependant, pour la plupart d’entre elles, il s’agit en fait aujourd’hui davantage de traditions leur ayant été transmises. Les conducteurs de chacune de ces dénominations sont spirituellement aveugles et ne remarquent pas où les conduit le chemin qu’ils ont pris. Même ceux qui sont comptés parmi les fondamentalistes n’ont aucune vision claire à l’égard des prophéties bibliques qui s’accomplissent maintenant sous nos yeux; et ils n’arrivent pas, à la lumière de la Parole révélée, à les mettre en relation les unes avec les autres. Plusieurs d’entre eux sont victimes de la “démythification", les autres de la “théorie libérale de l’affranchissement". Ce qui est resté du côté protestant, c’est aussi un christianisme populaire et nominal, un baptême et un christianisme ayant une apparence de fidélité. Seul un nombre infime et toujours plus restreint de ses membres a fait une expérience avec Christ et peut être mis au rang de ceux qui croient la Bible.

Lors des rencontres préparatoires du Concile “Vaticanum Secundum" le pape Jean XXIII a créé un secrétariat pour les questions oecuméniques sous la direction du Cardinal Augustin Bea. Tout un travail a été accompli; ce qui a été formulé est destiné à chacune des églises séparées, de telle sorte qu’elles puissent sans autre comprendre leur propre langage et qu’elles ferment les yeux sur les différences qu’elles ne devraient pas franchir. Dans le “Lexique pour la théologie et l’Eglise" volume 13, S. 12-26, Herder écrit ce qui suit au sujet du Concile Vatican II et concernant le thème “Oecuménisme et unité". Il est très riche en renseignements pour tous ceux qui veulent le consulter.

«Le Secrétariat est un canal créé pour la communication en vertu de la volonté et de l’autorité papale, et un moyen d’aider sous les formes les plus diverses le travail d’ensemble pour la réalisation de la pleine unité… Paul VI est parti d’une semblable compréhension alors qu’il était encore cardinal et parla aux obsèques de Jean XXIII, au Dôme de Milan, le 7.6.1963 et qu’il discourut sur ‘l’universalité de la foi catholique’ et de ‘l’oecuménisation de l’Eglise romaine’… Pour lui, ‘l’oecuménisme intérieur de la catholicité’ avait le sens de l’unité dans la diversité, avec de grandes possibilités de développement dans une nouvelle période de l’histoire de l’Eglise».

«Eu égard aux autres communautés chrétiennes, il s’agit ici de la véritable reconnaissance de l’héritage chrétien des frères séparés. Cela signifie qu’il faut avoir une véritable prise en considération de toutes les ‘traces’ ou ‘éléments’ de l’Eglise qui par la grâce de Dieu subsistent et sont encore vivantes parmi les frères séparés; il ressort de cela que ceux-ci appartiennent réellement à l’Eglise — même si c’est à un degré différent — quand bien même c’est imparfait et incomplet».

«Dans ce qui suit (§ 7) il n’est parlé que de séparations et de divisions. A cause de ‘faiblesses humaines’, on en est arrivé à des disputes, à de la méconnaissance réciproque et à une aliénation à l’intérieur du troupeau de Jésus-Christ, de telle manière que certaines parties de l’Eglise se sont séparées et organisées en groupements indépendants. A cause de cela l’Eglise de Christ a été cruellement mutilée. Parce que l’Eglise ne peut être qu’une il n’y a, à côté de l’Eglise régie par le successeur de Pierre, ‘aucune autre Eglise qui puisse se reconnaître comme étant unique et véritable’. Aucune Eglise séparée de la chaire de Pierre ne peut de la même manière appartenir à cette Eglise d’une façon à la fois visible et céleste. — Au § 8, l’accent est mis sur l’indispensable unité avec la Tête, laquelle n’exclut pas la diversité à l’intérieur du Corps. Une trop grande uniformité pourrait porter préjudice à la beauté du Corps. De là vient la signification des traditions propres, particulièrement chez les respectables églises d’Orient. Mais plus il sera donné de place à la diversité, d’autant plus sera nécessaire une seule autorité».

«Celui qui, de bonne foi, vit dans une Eglise séparée ne sera pas considéré par la véritable Eglise comme un étranger (§ 9). Mais il lui manque tant de moyens de salut et en particulier la direction par l’enseignement qui contribue à préserver intégralement la foi et les usages. La séparation cause des dommages à la croissance intérieure et extérieure de la famille de Christ. C’est pourquoi le voeu du Concile est que tous les ‘dissidents’ aient souci de la parfaite unité du troupeau de Christ et viennent se réunir au seul parcage (§ 10). C’est pourquoi à cet égard il faut toujours prendre en considération l’héritage commun et la relation spirituelle qui subsiste: ‘Nous sommes demeurés frères’».

«A la suite d’erreurs commises des deux côtés dans le passé, les chemins des frères d’un seul peuple chrétien ont divergé dans différentes directions; ils se sont séparés. Il arrivera que, dans l’esprit de repentance et d’expiation de la part de tous les chrétiens, tous seront rassemblés dans la seule maison du Père (§ 31)».

«Les chrétiens doivent constituer un front commun contre la pénétration de l’athéisme et du communisme (§ 35)».

«Toutes les parties de l’Eglise doivent croître également ensemble sous une seule Tête qui ne provienne ni de l’Orient ni de L’Occident, mais qui soit le Père de tous (§ 47)».

«Dans ce qui suit, les conditions concrètes de la réunification sont citées et le chemin de cette réunification est décrit. Ceux de l’Orient doivent savoir une chose: s’ils veulent se joindre et reprendre leur place, il ne sera pas demandé à ceux qui reviennent à la maison plus que ce qui est requis pour devenir membres de l’Eglise. (§ 48). Ils devront faire aveu de la profession de foi, dans laquelle la reconnaissance de l’unité de l’Eglise est inclue, sans devoir renier les erreurs dans une forme simple. Il sera reconnu à ceux de l’Orient le droit de conserver leur propre discipline (§ 50). Leurs voeux sont valables et peuvent continuer d’être exercés (§ 51)».

«Parlons donc aussi avec nos frères ce langage évangélique qu’ils comprennent et qui les touche. Disons-leur que la primauté de Pierre est tout d’abord une diaconat, une tâche pastorale, un service que le conducteur des apôtres a reçu du Christ, non pour exercer un pouvoir ni encore pour régner, mais pour paître le troupeau de Christ, car finalement les pleins pouvoirs juridiques de Pierre sont néanmoins attribués en vue de sa tâche pastorale… C’est là la véritable image des bergers souverains dans l’Eglise, laquelle exerce d’une manière toute particulière sa puissance d’attraction sur les frères séparés, lesquels sont conduits uniquement par le moyen de l’amour et avec une forte main vers le seul asile de Christ, lequel est l’Eglise catholique».

«Que partout aujourd’hui, à toutes les communautés de Christ séparées à qui Dieu donne le désir d’unité entre tous, soit montré son véritable but: l’Eglise comme étant la seul maison du salut pour tous».

«Le chapitre suivant (§ 50) représente pour chaque chrétien individuellement un appel à répondre à l’invitation de l’Eglise mère. L’existence en eux des éléments de l’Eglise seront perçus uniquement comme un appel à entrer dans l’unité de l’Eglise catholique. Ceci est plus particulièrement valable pour les Saintes Ecritures et les Sacrements qui appartiennent à l’Eglise de Christ et sont des moyens pour parvenir à l’unité. De plus, les chrétiens ne sont pas seulement vus en tant qu’individus, mais également ‘unis dans leur communauté’».

«Cependant, ‘celui qui veut obéir de tout son coeur à la volonté de Christ et croître dans les rangs de l’oecuménisme, doit toujours davantage se placer sous la direction de l’Esprit de Christ, dans cette Eglise, laquelle seule est la Maison de Dieu comprenant diverses habitations dans l’unité de la foi, de la conduite et de la communion, sous l’autorité du vicaire de Christ,’ le pape de Rome».

«Tous les baptisés forment déjà maintenant une communauté en Christ. Les catholiques doivent aussi reconnaître leur culpabilité concernant ces divisions et prier Dieu qu’Il ramène à Sa manière Son peuple divisé à la parfaite unité».

«La nécessité d’appartenir à la vraie et unique Eglise est présentée comme principe de base dans le premier chapitre sur l’oecuménisme catholique, et il est exposé de telle manière à pouvoir vaincre les difficultés et les appréhensions des frères séparés».

«Le mouvement oecuménique a uniquement à faire avec la ‘préparation’ de voies qui doivent finalement amener à la restauration de l’unité de tous les chrétiens dans le troupeau de Christ».

Il est très intéressant de lire les documents et les éclaircissements de l’ensemble du Concile Vatican II dans l’ouvrage de Herder que nous venons de mentionner. A la page 747 il est écrit pour terminer: «Rome, en Saint Pierre, le 7 décembre 1965. Moi, Paul, évêque de l’Eglise catholique». Si le tracé en est aussi parfaitement découpé, c’est à seule fin que les Eglises séparées y aient libre accès et soient attirées dans les bras de l’Eglise-mère, étendus pour les accueillir. Tous ceux qui ont été baptisés dans la formule trinitaire seront reconnus valablement baptisés par l’Eglise. Il y a quelques années il n’en était pas encore ainsi et les convertis y étaient baptisés à nouveau.

L’heure de la décision est venue, l’instant approche où le point de non-retour sera atteint. Le dernier avertissement venu du Ciel est: “Sortez du milieu d’elle, mon peuple, afin que vous ne participiez pas à ses péchés et que vous ne receviez pas de ses plaies" (Apoc. 18.4). Celui qui, au temps de la pleine réunion religieuse, se trouvera dans la grande “Eglise de l’Unité" ne pourra pas appartenir à l’Eglise de Jésus-Christ. Cela concerne aussi tous ceux qui seront membres d’églises indépendantes et de tendance de foi protestante, dont les dénominations, par le moyen du Conseil Mondial des Eglises, retourneront dans le sein de l’église de Rome. Chaque dénomination porte automatiquement la marque de la bête, laquelle est le signe de ralliement de “l’église-mère". Quiconque reconnaîtra la doctrine trinitaire catholique romaine et sera baptisé dans la formule trinitaire lui appartiendra sans autre, selon le sens de cette église, et il n’aura pas besoin d’autres formalités d’adhésion.

La pensée moderne de l’unité est basée sur une incompréhension de la prière sacerdotale de Jésus, dans laquelle le Sauveur a prié pour l’unité des rachetés. A cet égard Il avait dans Sa pensée les Siens; Il ne parlait pas d’une unité de diverses orientations de foi dans l’église de Rome, sous l’autorité du Pape. Voici les paroles de Sa prière: “… afin qu’ils soient un, comme nous, nous sommes un; moi en eux, et toi en moi; afin qu’ils soient consommés en un et que le monde connaisse que toi tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé" (Jean 17.22,23). Seul celui qui est né de nouveau peut être inclus dans cette unité divine. Ici, vous trouvez d’une part l’unité biblique avec Christ et Son Eglise; et d’autre part vous trouvez l’unité mondiale, non biblique, dans l’église de Rome. Chacun décide pour soi-même à laquelle des deux il veut appartenir.


 

Chapitre 28

CONCLUSIONS ET REFLEXIONS SUR LE
CHIFFRE MYSTERIEUX DE 666

La possibilité pour la majeure partie du “clergé” d’ignorer le développement historique que nous venons de démontrer est difficilement concevable, à moins qu’ils ne ferme intentionnellement les yeux devant cela ou alors qu’il n’éprouve pas d’intérêts à trouver la vérité. Ce développement (tout spécialement depuis Constantin) et par cela même de l’église romaine de l’empire) a été si abondamment décrit qu’il ne subsiste réellement aucune nécessité de faire de nouvelles recherches. Du 5ème au 11ème siècle ce furent les empereurs qui désignèrent les papes. Après cette époque, c’est le prétendu “clergé” qui a pris cette affaire en main.

«Pour faire obstacle à l’influence de l’empereur du Saint Empire germanique romain et des princes romains lors de l’élection d’un pape, le pape Nicolas II lors du synode de Pâques 1059, émit un décret sur l’élection papale, remettant l’élection exclusivement entre les mains d’un collège de cardinaux» (B. Harenberg, Chronik der Menschheit, S.287). Les papes furent bientôt supérieurs aux potentats du monde parce qu’ils avaient derrière eux la masse du peuple, lequel craignait l’enfer. Mais cela n’était pas encore suffisant, et bientôt les choses tournèrent à l’avantage de l’église. Finalement, ce ne furent plus les empereurs qui installèrent les papes, mais bien les papes qui installèrent les empereurs. «Rome, mars 1075. Diktat papal. Dans ce qui est appelé le “Dictatus Papae” prononcé pendant le synode romain du jeûne, le pape Grégoire VII déclara que l’Evêque de Rome était le Souverain absolu de l’Eglise universelle. Seul le pape avait le droit de porter les emblèmes impériaux. Il pouvait déposer l’empereur et délier les sujets d’un roi injuste de leur voeu de fidélité à son égard, et ne pouvait lui-même être jugé par personne» (B. Harenberg, Chronik der Menschheit, S.288). Qu’ont donc à faire toutes ces prises de position du pouvoir mondain, politique et religieux avec l’église de Jésus-Christ ou avec la proclamation de Son Evangile et avec le Royaume de Dieu? Qu’ils aient été revêtus d’un vêtement civil ou clérical, ceux qui régnaient ont tous bâti leur propre royaume.

Les papes sont élevés à la haute charge qu’ils ont eux-mêmes inventée. C’est à cause de cela qu’ils sont placés et portés sur le trône portable (Sedia gestatoria). Le monde entier lève les yeux sur eux et cherche à s’attirer leur bienveillance, leur faveur, leur intercession. Lorsque nous pouvons constater, et cela par des preuves irréfutables, que dans cette église universelle, rien, mais absolument rien n’est en accord avec les Saintes Ecritures, doit-on passer cela sous silence devant le public et se rendre ainsi coupable aux yeux de Dieu? Les nombreuses personnes qui appartiennent à cette église universelle ne sont pas à blâmer, et pas davantage l’homme aimable qui porte le titre de pape, mais bien l’institution et le système en soi-même. Il est permis de chercher à discerner s’il ne s’agit pas ici réellement de la plus grande tromperie et falsification — peut-être somme toute involontaire — de l’histoire de l’humanité.

Conformément au déroulement des temps bibliques et dans le domaine spirituel, nous nous trouvons maintenant devant le plus grand des règlements de comptes. Dans l’histoire de l’Eglise il y eut dans tous les âges des hommes qui se sont attachés à traiter ce thème. En son temps le Dr Martin Luther a parlé très durement contre la papauté. Sa manière de s’exprimer quelque peu grossière n’a plus cours aujourd’hui, et à cet égard nous vous prions de nous excuser de ce qui suit. Au travers de lui, deux mondes: le monde protestant et le monde catholique se sont affrontés. Ce n’était pas chose facile pour Martin Luther et il était visiblement appelé par Dieu à faire cela. Il a élevé sa voix à la manière des prophètes de l’Ancien Testament. Dans la deuxième édition améliorée de son introduction au livre de Daniel, il écrit: «Il est clair que celui qui est ici dépeint c’est le pape qui, dans toutes ses souillures et sans la moindre honte, braille que toutes les Eglises et tous les trônes sont soumis à son jugement, mais que lui ne peut être jugé par personne. Et Cap. Solite: Comme le soleil est supérieur à la lune, ainsi le pape est au-dessus des empereurs. Là où se trouve l’autorité supérieure, là est exigée la puissance. Les autres ont le devoir d’obéir… Si le pape séduisait et conduisait un nombre incalculable d’âmes en enfer, personne ne pourrait même dire: Que fais-tu? Ce n’est pas seulement enseigné ainsi, mais encore mis en oeuvre et pratiqué: car ce n’est pas l’empereur qui est empereur, mais bien le pape à qui il est soumis comme l’est un serviteur, et à qui il doit aussi baiser les pieds malgré tous ses droits. C’est ce que Pierre a annoncé (2 Pier. 3.3) disant qu’il arriverait que certains vivraient selon leurs propres convoitises et leur volonté. C’est par cela qu’il explique cette parole de Daniel. Entre autres, au verset 36 (Dan. 11):

«Et le roi agira selon son bon plaisir, et s’exaltera, et s'élèvera contre tout dieu et prophétisera des choses impies contre le Dieu des dieux; et il prospérera jusqu’à ce que l’indignation soit accomplie».

Voilà l’image que le pape donne de lui-même, alors qu’il se glorifie dans ses souillures, disant qu’il serait au-dessus du salut. C’est l’Ecriture qui devrait le confirmer sur son trône et en recommander la valeur. Mais c’est bien davantage lui qui pourchasse ceux qui sont pris sur le fait d’avoir à un moment donné parlé contre lui conformément à ce que dit l’Ecriture; il les a maudits, condamnés, brûlés comme hérétiques et enfants du diable, et il le fait encore journellement. Et les siens crient encore maintenant et continuellement que l’Eglise (le pape) serait au-dessus de l’Ecriture. Cela veut dire ici que Daniel déclare qu’il proférera des choses horribles contre le Dieu de tous les dieux…

D’autres tyrans aussi ont persécuté la Parole de Dieu, cependant ils l’ont fait par incompréhension. Mais celui-ci le fait en toute connaissance de cause, et ces Saintes Ecritures et cette Parole de Dieu sur laquelle il veut régner en Seigneur et qu’il condamne comme doctrine du diable, il la mentionne où il veut et quand il veut. C’est pourquoi il se fait appeler un dieu sur la terre et même le dieu de tous les dieux, le seigneur de tous les seigneurs, le roi de tous les rois, c’est-à-dire qu’il prétend ne pas être qu’un simple homme, mais bien être mélangé avec Dieu ou être un homme-dieu, de même que Christ lui-même est Dieu et homme, dont il veut être le vicaire et au-dessus duquel même il veut s’élever.

Saint Paul, dans 2 Thessaloniciens 2.3,4, a aussi pris ce texte de Daniel: “… et que l’homme de péché n’ait été révélé, le fils de perdition, qui s’oppose et s’élève contre tout ce qui est appelé Dieu, ou un objet de vénération, en sorte que lui-même s’assiéra au temple de Dieu, se présentant lui-même comme étant Dieu”. En fait personne ne peut s’élever au-dessus de ce que Dieu est par Sa nature et Sa majesté, mais bien contre le Dieu qui est invoqué, prêché et honoré, c’est-à-dire contre la Parole de Dieu et le culte à Dieu.

Car l’homme de péché, le fils de la perdition, n’est pas seul mentionné ici, lequel est lui-même un pécheur et un perdu, “privatus”, donc personnellement un pécheur, mais aussi “publicus”, c’est-à-dire qu’il conduit les autres avec lui dans le péché et la perdition… c’est un tel office de péché que le pape a exercé de deux manières .

Premièrement il a instauré beaucoup de nouveaux cultes tels que mentionnés ci-contre dans son “Mausim”: l’oblat, l’eau bénite, le culte des saints, les pèlerinages, la fraternité, les couvents, la messe, le jeûne, les célébrations, etc. En outre il a troublé et profané le véritable service divin en tant que Parole de Dieu, la foi, ainsi que les sacrements, etc.

D’autre part, il a opprimé les chrétiens par un nombre incalculable de lois, et par cela il a suscité des péchés où Dieu n’en voit point, et il a en somme souillé de péchés presque toutes les créatures de Dieu, surtout où et quand il l’a voulu, de telle sorte que manger du beurre, des oeufs, du fromage, du lait, de la viande doit être considéré comme des péchés, alors que Dieu nous a donné d’en jouir librement dans la pureté et sans péché. Il a aussi souillé de péchés le temps et les jours: car à l’endroit et aux jours qu’il a voulus nous avons dû jeûner et célébrer des fêtes, et de même il a établi un temps pour toutes sortes de nourritures; même au sujet du précieux pain et de ce que nous buvons, il a décrété que nous serions des pécheurs en les prenant.

De la même manière il a aussi souillé de péchés les lieux et les ustensiles: car les églises et les lieux consacrés ont été également rendus saints, de telle sorte qu’on n’a presque pas eu la permission de toucher la pierre ou le bois. Par extraordinaire, on peut le faire aux autels et ustensiles appartenant à l’autel. C’était autrefois quelque chose de terrible qu’un laïc touche à mains nues la coupe, la patène et le corporal. Lorsqu’on devait laver ces choses, même aucune sainte nonne n’osait le faire, car c’était au prêtre à le faire premièrement: c’est ainsi que la coupe était frappée d’une quantité de lois et de péchés… Le mariage lui aussi, librement institué par Dieu, devait être considéré comme un péché lorsqu’il était célébré au temps interdit. Le lit conjugal également devait être enfermé dans le péché, au gré du prêtre.

… Et afin de ne rien laisser qui ne soit ravagé, il veut aussi déchirer la troisième hiérarchie de Dieu, c’est-à-dire le mariage, que non seulement il a interdit au clergé mais qu’il a sans cesse calomniée, déshonorée, méprisée et anéanti, afin qu’elle soit présenté comme étant de nature impure, charnelle, impie, de telle manière que Dieu ne puisse être servi à travers ces choses. Et cela sans tenir compte du fait que Dieu a béni le mariage, qu’Il l’appelle Son alliance et Son plaisir et de ce que, grâce au pardon des péchés, il a déclaré le lit conjugal pur et honorable et qu’Il ne tiendra pas compte de la fâcheuse convoitise de la chair. De cette manière le “Endechrist” doit maudire ce que Dieu bénit, déchirer ce que Dieu unit, couvrir d’opprobre ce que Dieu loue: en somme ravager et détruire, être au-dessus et contre tout ce que Dieu a fait. Le pape n’ordonne pas une telle interdiction du mariage par amour de la pudeur, ou pour l’apparence seulement, mais bien parce qu’il veut être libre et faire sans contrainte ce qu’il désire, et n’être ni soumis ni lié à personne…» (M. Luther, Bibel II, Ausgabe, S. 836). Ce que Martin Luther a développé là n’est pas nouveau et ne date pas seulement du temps de la Réformation, mais au contraire cela a toujours été plus au moins su des véritables connaisseurs de la Bible:

«Dans la concordance de poche de la Bible établie par Büchner est exprimé ce qui suit: L’interprétation selon laquelle le pape serait l’Antichrist, interprétation qui prédominait le plus souvent dans les anciennes églises protestantes et qui même avait été reprise dans la confession de foi de l’Eglise Réformée de France… ne devait pas exclusivement aux seuls protestants d’être tenue en une telle estime, car elle existait au 9ème siècle déjà, soit bien avant la Réformation… et cela au travers de tous les siècles jusqu’à ce que Luther la reprenne à nouveau» (O. Markmann, Endzeit, Entrückung, Antichrist, S. 62).

En comparant ces choses avec les Saintes Ecritures, il ressort de façon visiblement que tout a été fondamentalement modifié, et que le service divin tout entier a été changé. De la foi originelle, “qui a été une fois enseignée aux saints” (Jude 3), il ne reste plus une seule trace. Lors de l’établissement d’un dogme on n’a en premier lieu pas tenu compte de la Parole. Afin de pouvoir introduire d’une façon crédible sa propre pensée il fallait que l’original biblique soit annulé! Nous en avons des preuves en comparant les proclamations imaginées par la religion avec ce que dit l’Ecriture. Par exemple, comme il l’a déjà été mentionné: “Et personne n’est monté au Ciel, sinon celui qui est descendu du Ciel, le Fils de l’homme qui est dans le Ciel” (Jean 3.13) Malgré cette parole claire, qui ne peut être mal comprise, le dogme de l’enlèvement corporel de Marie au Ciel a été proclamé dans un passé encore assez récent, ce qui est en parfaite contradiction avec cette Parole de Dieu. Ne peut-on pas rendre justice à Dieu et dénoncer comme anti-christ toutes les doctrines et ordonnances publiées par les papes, car elles sont en opposition absolue (c’est-à-dire “anti”) avec les doctrines de Christ?

La déclaration: «Celui qui n’a pas l’Eglise pour Mère, n’a pas Dieu pour Père» a plongé les gens dans la crainte, car finalement l’homme a été créé pour être en communion avec Dieu. Mais lorsqu’on enseigne que cette église a été fondée par Christ même, et que pour ainsi dire au commencement tous étaient catholiques, même Marie, cette affirmation est tout simplement fausse. L’ensemble des livres d’histoire le confirme. Comme nous l’avons déjà dit en divers passages de ce livre, dans les premiers siècles du christianisme il n’y avait aucune église catholique romaine unifiée, ni aucune autre église organisée. Dans la période qui suivit le temps des apôtres on connaissait seulement diverses orientations de foi, mais aucune église unifiée n’existait car cette unification n’a eu lieu qu’aux jours de Constantin. Il n’y avait aucun pape, aucun cardinal, etc. Le malheur est que les recherches protestantes concernant les premiers siècles n’ont également pas été assez conséquentes, parce qu’on ne dirigeait pas ses pensées dans cette direction, ou qu’on ne le pouvait pas parce que les efforts faits en vue d’atteindre l’unité supplantaient les pensées en faveur d’un développement réel. Les protestants issus de l’église catholique romaine sont aussi pour la plupart de l’avis qu’il s’agit là de l’Eglise de Jésus-Christ, et ils ne se donnent aucunement la peine de chercher à être éclairer par l’histoire des premiers siècles de l’Eglise. A ce sujet on ne parle que de divergences et de fautes commises dans le passé.

Les papes se présentent arbitrairement eux-mêmes comme étant des successeurs de Pierre, les évêques comme étant des successeurs des apôtres, mais le sont-ils réellement? Il n’y a jamais eu de trône de Pierre, pas plus à Jérusalem qu’à Rome. Il n’a jamais existé non plus de “primat” (primauté) de Pierre. Lors du Concile des apôtres, c’est-à-dire lors du rassemblement de l’Eglise à Jérusalem, c’est visiblement Jacques qui en exerçait la présidence, car après que Pierre, Barnabas et Paul eurent parlé, c’est Jacques qui prit la parole et qui sous la direction du Saint-Esprit, résuma ce qui venait d’être dit conformément à la Parole prophétique (Actes 15, dès le verset 13). Au verset 28, il est écrit: “Car il a semblé bon au Saint-Esprit et à nous…”. Dieu a toujours pris celui qu’Il voulait, une fois l’un, une autre fois l’autre. Il y eut des situations dans lesquelles Pierre, Paul ou d’autres furent employés par le Seigneur. Mais ce que Dieu n’a jamais établi, c’est un “primat”, une primauté, la prééminence d’un apôtre. Cette pensée n’est venue que pour soutenir la propre conception de Rome, mais elle n’a aucun fondement biblique.

Le pape se fait passer pour le remplaçant de Christ, bien que dans les Ecritures Saintes pas une seule fois il ne soit fait allusion à cet office; il déclare être l’Evêque universel alors que dans le Royaume de Dieu il n’y en a également aucun. L’apôtre Pierre pensait à Christ et non pas à un pape lorsqu’il écrit: “Car vous étiez errants comme des brebis, mais maintenant vous êtes retournés au berger et au surveillant (évêque) de vos âmes” (1 Pier. 2.25). Le pape prétend être le “Chef des bergers” c’est-à-dire respectivement “La tête”. Comment peut-on se représenter cela? Nous savons que Christ en tant que Bon Berger a donné sa vie pour ses brebis (Jean 10) et qu’Il a été établi Chef suprême de l’Eglise (Eph. 1.22). Où donc y a-t-il encore de la place pour une “super-tête”? Certainement pas dans l’Eglise de Jésus-Christ, mais tout au plus dans la propre église du pape!

Le pape se plaît à attirer les hommages du monde entier en se faisant appeler “Saint Père”. Il est cependant écrit: “Et n’appelez personne sur la terre votre père; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux” (Mat. 23.9). Des millions de personnes blasphèment Dieu en donnant à un homme le nom de “Père” qui appartient à Dieu seul. Où donc se trouve le Père “Saint”, est-il dans le Ciel ou à Rome? Le Père de tout véritable enfant de Dieu se trouve dans le Ciel et c’est Son Nom qui doit être sanctifié.

Les dignitaires de l’église prennent partout les places honorifiques et se font célébrer. On veut bien le leur accorder, car selon l’Ecriture ils devront crier aux montagnes et aux rochers: “Tombez sur nous et tenez-nous cachés de devant la face de celui qui est assis sur le trône et de devant la colère de l’Agneau!” (Apoc. 6.16).

L’église catholique romaine a su s’y prendre pour faire croire au monde qu’elle était une institution divine sur la terre, c’est-à-dire qu’elle serait l’Eglise appelée à la vie par Christ Lui-même, et qu’elle seule aurait le pouvoir de sauver. Mais ce n’est pas vrai! Cette affirmation contredit l’histoire des trois premiers siècles de l’ère chrétienne. De même, aucune autre église organisée n’a été fondée par Christ et ne peut davantage sauver. Les diverses conceptions existant dans les premiers siècles, qui ensuite avaient été réprimées par “l’unité sous la contrainte”, sont réapparues après la Réformation sous la forme de divers courants spirituels. Aujourd’hui on ne se préoccupe plus de maintenir l’accord entre la doctrine et la pratique mais, sans égard pour l’état spirituel des personnes, on ne pense qu’à tous s’associer. Cependant, au milieu de toute cette évolution dans le monde religieux, Jésus-Christ bâtit Lui-même Son Eglise. Il appelle, au moyen de la publication de l’Evangile, les personnes de tout peuple, de toute langue et de toute nation qui écoutent Sa Voix, à sortir de toutes les églises pour les amener à être en accord avec Sa Parole. Ainsi Il amène Son Eglise à l’achèvement pour le jour de Son glorieux retour.

L’Eglise de Jésus-Christ n’est pas riche en biens terrestres; elle n’a ni or, ni argent, comme Pierre le disait en son temps, mais elle est richement bénie en choses spirituelles. Satan a présenté à Jésus les richesses de ce monde, mais Jésus a repoussé ses avances car Il savait que conformément aux promesses de Dieu, lorsque les temps seraient accomplis, Il régnerait sur tous les royaumes de la terre. La papauté élève la prétention d’avoir la seigneurie jusqu’aux extrémités de la terre. Par cela aussi est révélée ce qu’il y a de contradiction avec Christ. Sans les papes, l’histoire de l’humanité se serait déroulée de façon tout à fait différente. Il n’y aurait pas eu de croisades, ni ces nombreuses guerres de tout genre, ni ces persécutions et ces millions de martyrs. L’esclavage est aussi à mettre sur à leur compte, car c’est leurs soi-disant missionnaires qui ont premièrement ouvert et aplani le chemin aux marchands.

Même les experts en finances ne peuvent évaluer les richesses du Vatican. Celui qui visite les chambres du trésor de la Basilique St-Pierre a le souffle coupé en voyant tout l’or, les pierres précieuses, les perles et autres valeurs. Rome est extérieurement une ville pieuse! Celui qui atterrit à l’aéroport rencontre tout de suite la “Banco di Santo Spirito” (la Banque du Saint-Esprit). Les immenses richesse ne se trouve pas dans les maisons de la population, mais bien dans les diocèses, autrement dit au Vatican.

L’église catholique romaine est une puissance politico-religieuse universelle, agissante à tous les niveaux, et qui use tout spécialement de son influence en utilisant l’ordre des Jésuites, lequel lui est pleinement dévoué. Ses membres occupent déjà toutes les positions-clés. Ils siègent dans les gouvernements, occupent des fonctions d’Etat, s’engagent dans les universités, les milieux sociaux, les hôpitaux, les jardins d’enfants, les écoles, etc. Leur engagement le plus grand et leur assiduité s’exercent en faveur de la reconnaissance de l’église catholique romaine comme “religion d’Etat”, et ils utiliseront tous les canaux officiels pour y arriver. Ils sont les conseillers, les copistes des manuscrits des plus importants politiciens de l’Ouest comme de l’Est. L’“Opus Dei” s’est infiltré partout; aussi bien auprès des protestants que des communistes. Et, maintenant comme autrefois, ils s’en tiennent à leur thèse: “La fin justifie les moyens”.

Bien que l’église catholique prétende être la seule à pouvoir procurer le salut, il est déclaré à ses membres — même s’ils ont toute leur vie eu part à tous les sacrements et ont été déclarés bienheureux — qu’après leur mort ils n’aboutiront qu’à un prétendu purgatoire. Comment donc cette église peut-elle sauver, puisqu’elle doit encore faire dire des messes pour ses morts? Il n’y a aucune trace de cela dans la Bible. A la chapelle du cimetière on entend dire: «Il a plu au Seigneur de reprendre dans Sa gloire notre frère, ou notre soeur…» et cette pensée est également émise sur les pierre tombales: «Ici repose en paix…» ou «Ici repose en Dieu…». Mais dans les “Exsequien” il n’a apparemment pas plu au Seigneur de prendre à Lui celui qui est parti à la Maison, car il doit premièrement passer par le purgatoire! Celui qui réfléchit quelque peu à cela doit bien être conscient que quelque chose ne peut jouer.

En son temps, Jésus-Christ demanda: “Le baptême de Jean était-il du ciel, ou des hommes?” (Luc 20.4). Aujourd’hui Il demanderait: “La réformation et tous les réveils qui ont suivi venaient-il du Ciel, ou des hommes?”. Du temps de Jésus les scribes ne purent répondre à cette question. Qu’en est-il des docteurs de la loi de ce temps-ci? Quelle réponse donnent-t-ils? Aucune! Le sang de tous les martyrs qui ont livré leur vie afin qu’aujourd’hui nous puissions lire la Bible et que les vérités qu’Elle contient puissent être mises à nouveau sur le chandelier, criera au jour du jugement dernier contre les conducteurs spirituels de cette génération, qui poussent maintenant le monde protestant à revenir dans le giron de la mère romaine. Les églises protestantes comme aussi les églises indépendantes ont été magistralement trompées. Il y a encore quelques années, la soi-disant confession de foi de Nicée s’y énonçait ainsi: «… la sainte église universelle et apostolique…» mais aujourd’hui, également chez les protestants, on récite: «… la sainte église catholique et apostolique».

Quel est l’homme qui, du point de vue biblique, dans le stade de football de Casablanca parle à 85’000 Musulmans, et qui distribue à Abidjan ses bénédictions aux féticheurs? Quel est donc celui qui, devant l’ONU à New York ou au Conseil mondial des Eglises à Genève, ou devant le Parlement européen à Strasbourg ou dans les pays scandinaves et presque partout dans le monde, fait son entrée même là où sa venue n’est pas souhaitée?

Dans les Saintes Ecritures, et cela tout spécialement dans l’Apocalypse, cette fonction et la puissance qui s’y rattache nous sont décrites d’une façon évidente et infaillible. La désignation de sa personnalité y est exprimée dans la valeur du nombre 666 (Apoc. 13.17,18). Là il nous est dit clairement: “… car c’est un nombre d’homme; et son nombre est 666”. C’est ce qui ressort réellement de la valeur numérique, du titre en latin, qu’il se donne et que personne d’autre sur la terre ne s’est attribué: “Vicaire du Fils de Dieu”:


 

V

I

C

A

R

I

V

S

F

I

L

I

I

D

E

I

5+

1+

100

+

.

1+

5

.

+

.

1

+50

+1

+1

+

500

+

1

=

666

Ce n’est pas non plus par hasard, le fait que les empereurs romains ont porté la désignation de “LATINUS REX SACERDOS”, qui signifie “Roi Sacrificateur Latin”. C’est certes de la Rome païenne qu’est sortie la Rome papale. Singulièrement, cette désignation a en latin également la valeur numérique de 666.

L

A

T

I

N

V

S

R

E

X

S

A

R

C

E

D

O

S

50

+

.

1

+

5

.

+

.

.

10

+

.

.

.

100

+

500

.

.

=

666

Dans Apocalypse 17, cette institution du monde est décrite symboliquement, et elle est désignée comme étant une mère. Parce que l’humanité entière a été trompée, mais de façon pieuse, et qu’elle a même été ensorcelée, égarée et plongée dans l’anathème, le Seigneur Lui-même a prononcé Son jugement sur le siège de cette institution universelle. Plusieurs fois il nous est dit dans Apocalypse 18 qu’en une seule heure la destruction viendra sur Babylone, cette soi-disant “ville éternelle”.“Autant elle s’est glorifiée et a été dans les délices, autant donnez-lui de tourments et de deuils. Parce qu’elle dit dans son coeur: je suis assise en reine, et je ne suis point veuve, et je ne verrai point de deuil; — c’est pourquoi en un seul jour viendront ses plaies, mort, et deuil, et famine, et elle sera brûlée au feu; car le Seigneur Dieu qui l’a jugée est puissant!” (Apoc. 18.7,8). Jusqu’à maintenant chaque parole de Dieu s’est accomplie au temps déterminé pour cela.

Sur la base de la seule autorité valable et formelle de la Parole de Dieu qui pour toujours fait autorité, nous prions toute personne sincère de s’en remettre à la Parole de Dieu et de croire ce que dit l’Ecriture.

Ceci ne doit aucunement constituer une polémique ressemblant à un règlement de comptes. Au jugement dernier l’arrêt final sera porté par Dieu seul qui, sans contredit, jugera conformément à Sa Parole. Mais il en va de plus de 800 millions de catholiques dans le monde entier (qui croient tout ce qui leur est enseigné sans savoir que cette institution universelle n’a pas été appelée à l’existence par Christ, et qu’en aucun temps elle n’a été l’Eglise de Jésus-Christ) et de presque autant de protestants dont la plupart voudraient être sauvés. Ces personnes mettent leur confiance dans leur appartenance à leur église, pensant ainsi être sauvés. Ils ne savent pas qu’ils sont dupés et s’en iront de cette vie terrestre trompés pour l’éternité. Qu’une telle tromperie ait lieu dans une religion qui n’a aucune relation avec Christ est une chose fâcheuse; mais qu’elle ait lieu au Nom de Christ est impardonnable. Ce qui demeure valable pour toujours est ce que Dieu a fait prononcer le jour de l’établissement de l’Eglise du Nouveau Testament, par une bouche qu’Il avait habilitée à parler de Sa part: “Et il arrivera que quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé” (Actes 2.21; Joël 3.5). On a manifestement enlevé le salut qui vient du Seigneur pour le reporter sur une institution et ses pratiques religieuses. Probablement que le clergé n’en est même pas conscient.

Le peuple protestant et les églises nationales prétendent s’en tenir uniquement aux Saintes Ecritures. La réalité de cette prétention est tout autre, car eux aussi ont, pour la plupart, institué des traditions et des pratiques en dehors de la Bible. Les catholiques, selon les dires de certains, sont établis sur les deux: l’Ecriture et la tradition. Mais après un examen rigoureux, ne découvre-t-on pas qu’il s’agit de traditions bien enjolivées à partir de passages bibliques? Concernant de pareilles traditions, le Seigneur condamne les participants à de tels “services divins” par un énergique “en vain”: “… mais ils m’honorent en vain, enseignant, comme doctrines, des commandements d’hommes… et il leur dit : vous annulez bien le commandement de Dieu afin de garder votre tradition” (Marc 7.7-9). Par cette parole des Ecritures, et d’autres encore, nous voyons que toute action religieuse est vaine si elle n’est pas accomplie conformément à la volonté de Dieu; vain est tout Ave Maria, vaine toute prière du Rosaire, vaine toute action religieuse, vain tout pèlerinage! Tout est en vain! La volonté de Dieu n’est pas fixée selon le bon plaisir ou l’humeur des papes, ou celle d’autres personnes; mais cette volonté a déjà été proclamée par les prophètes et les apôtres, et elle est établie une fois pour toutes dans les Saintes Ecritures.

Quoi donc? Quelqu’un peut-il maintenant encore demeurer neutre, indifférent, après que la Vérité a jailli à la surface et que la tromperie, à la Lumière de la Parole révélée, a été pleinement dévoilée à nos yeux? Dès l’instant où ces choses sont dévoilées, chacun porte sa propre responsabilité devant Dieu. “Dieu donc, ayant passé par-dessus les temps de l’ignorance, ordonne maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent” (Actes 17.30). Personne, ayant lu cet exposé, ne pourra présenter d’excuses au jour du jugement dernier. Une vraie adoration de Dieu ne peut venir réellement que d’une personne à laquelle Dieu S’est révélé, à laquelle Il a fait connaître Sa Parole, Son Nom et Sa volonté; d’une personne qui, par la grâce de Dieu, a fait une expérience personnelle de salut.

L’éventualité selon laquelle le pape et la curie auraient le courage, pour le moins, d’entamer un dialogue avec la Vérité est peu envisageable, mais personne, depuis les dignitaires de l’église jusqu’aux curés de village, qui aura lu ces exposés, ne pourra dès lors continuer d’agir avec une bonne conscience. Tous ceux qui sont opprimés par la religion, toutes les personnes trompées, maintenues sous tutelle, ont le droit d’exiger que la dignité humaine leur soit restituée, et qu’ils puissent exprimer librement leur décision personnelle pour Christ, et par cela même pour la Vérité. On ne peut pourtant pas demander aux enfants à la mamelle, qui sont automatiquement baptisés pour faire partie d’une confession, de déclarer s’ils veulent ou non appartenir à cette église! Sans qu’ils le sachent et sans leur accord ils sont constitués membres de ladite église par contrainte. C’est à quoi ressemblent encore, au 20ème siècle, les droits et la dignité de l’homme. Ceci est en parfaite opposition avec la liberté de religion et n’est que la poursuite de la “christianisation” commencée il y a plus de 1500 ans. Toute autre église, qu’elle soit nationale ou populaire, s’est approprié les mêmes méthodes non bibliques; et c’est pourquoi ces églises sont tout autant coupables devant Dieu.

L’heure est arrivée où chacun doit prendre pour soi-même personnellement sa décision devant Dieu. Le but de notre exposé est d’apporter au lecteur les informations nécessaires. Nul n’a besoin de croire sans autre ce plaidoyer, mais chacun au contraire devrait sonder les Saintes Ecritures et l’histoire de l’Eglise afin de se former son propre jugement à ce sujet.

 

“Ce sont les sages qui parviennent à la
Vérité au travers de l’erreur; ceux
qui persévèrent dans l’erreur,
ce sont eux les fous”.

 

POSTFACE

Nous pouvons constater que souvent la politique et les choses spirituelles suivent une évolution parallèle et simultanée. Ces derniers temps, une atmosphère de changement, de délogement s’est manifestée de façon notable, aussi bien au niveau des individus que de nations entières. Les gens veulent la liberté, ils veulent décider des choses par eux-mêmes et ne plus être opprimés et maintenus sous tutelle. Partout sont exigées la transparence et la transformation, de même que la libre expression des opinions et l’auto-détermination.

Il serait à souhaiter que soit aussi reporté cet état d’esprit au domaine spirituel, et qu’un retour vers la pensée et l’orientation des valeurs bibliques et de la Vérité puisse avoir lieu aussi bien pour l’individu que pour toutes les dénominations. Cet ouvrage dérangeant pourra éventuellement contribuer à déclencher un tel processus.

Ainsi conscient de ma responsabilité, j’ai fait ainsi de mon mieux en vue d’aider mon prochain à s’approcher de la pure Vérité de la Parole de Dieu. Il se peut que par cette publication soit apporté le dernier appel de Dieu à la fin du temps de la grâce. Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux Eglises. J’abandonne le reste entre les mains du Seigneur, qui, par Son Esprit agissant en chacun de ceux qui Le croient, pourra accomplir ce qui reste encore à faire. Que le Seigneur veuille répandre Sa bénédiction sur chaque lecteur! Amen!

“Cherchez l’Eternel tandis qu’on le trouve; invoquez-le pendant qu’il est proche. Que le méchant abandonne sa voie,et l’homme inique, ses pensées, et qu’il retourne àl’Eternel, et il aura compassion de lui, — et à notre Dieu,car il pardonne abondamment. Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l’Eternel: car comme les cieux sont élevés au-dessus de la terre, ainsi mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées. Comme la pluie et la neige descendent des cieux, et n’y retournent pas, mais arrosent la terre et la font produire et germer, et donner de la semence au semeur, et du pain à celui qui mange, ainsi sera ma parole qui sort de ma bouche: elle ne reviendra pas à moi sans effet, mais fera ce qui est mon plaisir, et accomplira ce pour quoi je l’ai envoyée” (Es. 55.6-11).


Sources de références:

Alonso, Joaquim Maria: “Fatima, Botschaft und Weihe”

Braun, Fritz: “Blicke ins Wort”

Brunner, Emil: “Dogmatik Band I”

Deschner, Karlheinz: “Abermals krähte der Hahn”

Deschner, Karlheinz: “Der gefälschte Glaube”

Deschner, Karlheinz: “Ein Jahrhundert der Heilsgeschichte”

Deschner, Karlheinz: “Kriminalgeschichte des Christentums”

Deutsche Bischofskonferenz (Hrsg.): “Katholischer Erwachsenenkatechismus”

Gamm, Hans-Jochen: “Das Judentum”

Harenberg, Bodo (Hg.): “Chronik der Menschheit”

Hauss, Friedrich: “Väter der Christenheit”

Herder-Verlag: “Lexikon für Theologie und Kirche”

Heinz, H.: “Zwischen Zeit und Ewikeit”